C’est un véritable séisme qui a fait trembler la Suisse à un mois de son championnat du monde. Lundi dernier, le sélectionneur Patrick Fischer annonçait avoir fait le voyage aux Jeux olympiques de Pékin il y quatre ans avec un faux certificat de vaccination contre le Covid-19 (il n’était pas interdit en Chine sans être vacciné mais il aurait fallu passer 21 jours de quarantaine dans une chambre d’hôtel). La fédération déclarait alors que Fischer s’était grandi en reconnaissant son erreur avec autant de responsabilité.
En fait, la confession spontanée avait eu lieu plus tôt, lors d’un entretien pour un portrait avec Pascal Schmitz de la télévision publique suisse SRF. En présence du responsable médias de l’équipe suisse, Fischer avait parlé de son certificat falsifié. En bon journaliste, Schmitz a enquêté, sollicité le parquet de Lucerne en invoquant l’intérêt public et trouvé la preuve de l’amende infligée en 2023 pour falsification de document médical, à laquelle il a confronté Fischer. Celui-ci a alors avoué publiquement pour devancer la révélation. Le sujet a forcément déclenché des réactions polarisées, réveillant des fractures un peu oubliées depuis la fin de la pandémie. Deux jours plus tard, le président de la fédération Urs Fischer avait changé son discours, parlant de « confiance », de « valeurs et de respect ». Il remerciait – dans tous les sens du terme – Fischer, pour qui ce Mondial devait être le point d’orgue final de son mandat. La promotion de son adjoint et successeur Jan Cadieux est donc anticipée !
Cadieux a un mois pour préparer et installer son équipe. Il pourra compter sur ses joueurs-clés des Devils de New Jersey, Jonas Siegenthaler, Nico Hischier et Timo Meier, qui ont annoncé leur venue sitôt leur saison NHL achevée. Ce ne sera pas le cas de leur coéquipier Šimon Nemec. Le sélectionneur slovaque Vladimír Országh avait préparé les esprits à ce forfait depuis plusieurs jours : « Nous savons qu’il n’a pas de contrat pour l’an prochain et qu’il souffre également des séquelles d’une blessure. […] Je me suis blessé aux Championnats du monde alors que je n’avais pas de contrat signé. Peu de temps après, j’ai dû mettre un terme à ma carrière. Je respecte totalement cette décision, c’est une situation difficile. » Országh a annoncé par la même occasion la venue d’Adam Sýkora (New York Rangers) et l’absence de Róbert Lantoši, qui souffre du genou cette saison.

La Slovaquie commence son camp pour le moment avec quatre novices en sélection, Luka Radivojevič, Jakub Meliško, Matúš Vojtech et Aurel Nauš (cet ailier aligné en défense remplace l’autre potentiel débutant Matúš Spodniak qui a dû quitter le camp à cause d’une blessure récoltée en playoffs et non guérie). La Suisse présente pour sa part deux jeunes débutants, le défenseur de 19 ans Niklas Blessing de Bienne et l’attaquant de 21 ans Miles Müller d’Ambrì-Piotta. Et c’est justement ce Miles Müller qui se procure la plus grosse occasion de la première période, il fait se coucher le gardien Roman Rychlík mais celui-ci a un réflexe du bras pour barrer l’accès de sa cage.
La Suisse prend l’avantage après 20 secondes au deuxième tiers-temps par un tir précis de Dario Rohrbach, sorti d’un duel dans les bandes avec le palet. Un score logique, non ? Romain Loeffel a plus de sélections à lui seul que toute la défense slovaque, le trio Herzog-Haas-Scherwey en compte plus que toute l’attaque slovaque. Et ne comparons même Genoni au portier slovaque qui avait joué un seul match international…
Néanmoins, le talent n’attend pas le nombre des années. C’est certes l’expérimenté Marek Hrivik qui montre la voie en tirant sur le poteau. Mais c’est le gamin de 20 ans Matúš Vojtech qui égalise peu après d’un revers inattendu à l’issue d’une contre-attaque. Et c’est encore un débutant (de 29 ans par contre !), Jakub Meliško, qui inscrit le but gagnant de la Slovaquie sur un tir de la bleue que Genoni repousse sur un équipier dans un coup de billard. La Slovaquie est finalement victorieuse 3-1 en cage vide.

Le résultat est presque trop beau pour une équipe si inexpérimentée. Le lendemain au même endroit, le contrecoup est presque prévisible. Avec trois joueurs en moins sur le banc, les Slovaques sont en difficulté défensivement. Leur gardien du jour (Eugen Rabčan) l’est plus encore avec à peine 73% d’arrêts. Sur 15 tirs, il concède 4 buts, dont les 3 premiers pour les piliers de la sélection Fabrice Herzog et Tristan Scherwey qui font cette fois la différence. La Nati prend vite le large.
Le point noir du second match pour la Suisse est l’indiscipline. Elle encaisse son premier but à 3 contre 5 après des pénalités simultanées de Loeffel et Scherwey, se fait rejoindre à 3-4 après un accrochage, et résiste à 4 contre 6 après une crosse haute de Théo Rochette à 2’08” de la fin. Mais elle assure quand même la victoire en cage vide lors des dernières secondes jouées à cinq hommes. C’est bien la Slovaquie qui ressort perdante avec zéro minute de pénalité, mais aussi avec un jeu qui a manqué d’impact physique et de mises en échec.
Même s’ils auront moins de ressources venues de NHL, les Slovaques ont quand même les moyens de renforcer cette jeune équipe par des joueurs encore en play-offs, ou par des blessés dont on attend la guérison (Adam Liška et Kristián Pospíšil notamment). Des profils qui pourront aider dans les duels le long des bandes pour moins subir le jeu que face à la Suisse.
Match 1
Slovaquie – Suisse 3-1 (0-0, 1-1, 2-0)
Jeudi 16 avril 2026 à 16h30 à Topoľčany. 2631 spectateurs (guichets fermés).
Arbitres : Tomáš Hronský et Miroslav Štefik assistés d’Oto Durmis et Lukáš Kacej (SVK).
Pénalités : Slovaquie 4’ (0’, 2’, 2’) ; Suisse 2’ (0’, 2’, 0’).
Tirs : Slovaquie 16 (5, 8, 3) ; Suisse 16 (7, 8, 1).
Évolution du score :
0-1 à 20’20” : Rohrbach
1-1 à 31’02” : Vojtech assisté de Holešinský
2-1 à 41’52” : Meliško assisté de Kollár
3-1 à 59’42” : Kukuča assisté de Petrovský et Valach (cage vide)
Match 2
Slovaquie – Suisse 3-5 (0-1, 1-3, 2-1)
Vendredi 17 avril 2026 à 16h30 à Topoľčany. 2535 spectateurs.
Arbitres : Tomáš Hronský et Peter Stano assistés de Daniel Konc et Peter Jedlička (SVK).
Pénalités : Slovaquie 0’ (0’, 0’, 0’) ; Suisse 10’ (2’, 4’, 4’).
Tirs : Slovaquie 18 (5, 6, 7) ; Suisse 16 (5, 7, 4).
Évolution du score :
0-1 à 14’07” : Scherwey assisté de Herzog et Haas
0-2 à 21’23” : Herzog assisté de Rochette et Jäger
1-2 à 26’27” : Faško-Rudáš assisté de Kollár (double sup. num.)
1-3 à 33’48” : Herzog assisté de Scherwey et Haas
1-4 à 39’25” : Loeffel assisté de Geisser et Hofmann
2-4 à 41’01” : Myklukha assisté de Žiak et Faith
3-4 à 44’24” : Valach assisté de Myklukha (inf. num.)
3-5 à 59’57” : Jäger assisté de Loeffel (cage vide)
Composition des équipes
Slovaquie
Attaquants :
Peter Cehlárik (-1) puis au match 2 Aurel Nauš – Marek Hrivík (-2) – Martin Faško-Rudáš (-2)
Roman Faith (-1) – Oleksiy Myklukha (-2) – Patrik Marcinek (-1, 2’)
Andrej Kukuča (-1) – Andrej Kollár (+1) – Marek Valach (-1, 2’)
Adrián Holešinský [blessé et absent au match 2] – Servác Petrovský (+1) – Matúš Vojtech
Défenseurs :
Samuel Kňažko (-3) – Rayen Petrovický [blessé et absent au match 2]
Dávid Romaňák – Luka Radivojevič (+1)
Marek Korenčík – Jakub Meliško
Adam Žiak (-1) – Aurel Nauš (+1)
Gardien :
Match 1 : Roman Rychlík
Match 2 : Eugen Rabčan [sorti de 57’55” à 58’37” et de 58’49” à 59’57”]
En réserve : Marek Ďaloga (ménagé pour soigner une blessure).
Suisse
Attaquants :
Gregory Hofmann – Calvin Thürkauf (A, 2’) – Dario Rohrbach (+1)
Dario Meyer (+1) – Ken Jäger (+3) – Théo Rochette (2’)
Tristan Scherwey (+1, 2’) – Gaëtan Haas (+1) – Fabrice Herzog (+1, 2’)
Lorenzo Canonica (-1) – Sven Senteler (-1) – Jonas Taibel (-1)
Miles Müller
Défenseurs :
Tobias Geisser (+1) – Romain Loeffel (+1, 2’)
David Aebischer (+2) – Dominik Egli (+2)
Rodwin Dionicio (+2) – Fabian Heldner (+1)
Niklas Blessing (-3) – Dario Wüthrich (-2, 2’)
Gardien :
Match 1 : Leonardo Genoni [sorti à 58’40”]
Match 2 : Kevin Pasche (7/8) puis à 33’48” Ludovic Waeber (8/10)


































