Clin d’œil du calendrier ou du tirage au sort géographique… Le 28 octobre 2023, Dunkerque recevait son voisin valenciennois en championnat, quatre jours après l’avoir sorti de la Coupe de France. Cette année, trois jours après un succès probant à Valigloö, les Corsaires tentent de se frayer un chemin vers une troisième participation de suite aux huitièmes de finale, niveau atteint par les Diables Rouges en 2021 sur la lancée d’une victoire dans cette sorte de derby.
Les forces en présence ont peu évolué depuis samedi. Les Maritimes sont toujours privés de Léo Bertein, Jeremiah Luedtke et Romain Carpentier, ce qui ne les empêche pas de prendre un bon départ. Deux palets glissent dangereusement devant la cage valenciennoise, le premier contré par un défenseur, et Raphaël Chateauvieux use une première fois les bottes aux devants de Davranche. Le HGD cherche à s’appliquer sur les sorties de palet, mais se fait contrer par Jesse Sutton lancé sur la droite par Roth pour trouver le haut du but (0-1 à 06’39″). Et le jeu corsaire de se déliter subitement. Les transmissions se font moins sûres et Matt Barberis perd deux rondelles aux abords de son but. En face, Valenciennes tente d’appuyer sur la tête d’un adversaire fébrile par Altidor, qui perce plein centre face à Young, mais la rondelle glisse vers Luba, contraint de replacer ses arrières après avoir repoussé un tir de Garrido.
Ce dernier s’essaie encore en hauteur, obligeant le portier à utiliser le bâton. Seule une contre-attaque de Budínský réchauffe Chateauvieux, car le jeu se déroule surtout dans la zone du virtuose tchèque, où De Mali est à son tour à l’interception. Dans la tempête, énervé, Hugo Deberge inaugure la prison. Décalé par son compère nordique Jääskeläinen, Karlsson fait sentir la puissance de son lancer… mais est rapidement puni pour dureté. Échaudé par un Clément Garrido pressant, le HGD parvient enfin à monter en puissance. À la renverse, Chateauvieux s’illustre de la mitaine pour frustrer Budínský, seul sur sa gauche. Barberis et Daneau enchainent les lancers face à des visiteurs rattrapés par les pénalités. Gincourt sur le banc des bannis, ils cèdent sur un lancer sans contrôle de Rayan Belharfi, décalé par Cruchandeau (1-1 à 18’35″).
Le deuxième acte s’initie lui aussi par deux centres dangereux. D’un côté, bien trouvé par De Mali, Buttin se rate et trébuche sur une glace encore empreinte d’un excédent d’humidité ; de l’autre, Davranche offre à Budínský l’occasion de marquer, mais le Tchèque est coupable d’un cinglage, invalidant le but (24’14″) et ouvrant la voie à un jeu de puissance surtout marqué par un sacrifice de Daneau et un coup de semonce de Danylenko.
Le retour au complet est assez confus : Valenciennes est porté vers l’avant mais pêche par manque de réussite car Dmytro Danylenko ne peut profiter d’un but grand ouvert, la faute il est vrai à un numéro d’équilibriste de Michael Luba (29’38″). Jesse Sutton cherche à venger son équipier, vigoureusement chargé dans le dos vers la cage, et ne récolte qu’un séjour en prison en compagnie de Timon Davranche, le tout rythmé par la musique emblématique de Rocky… Celle-ci inspire peut-être les Corsaires, cliniques pour donner une leçon de réalisme à leurs visiteurs. Dinda trouve le bouclier d’un jeune gardien vite démuni en voyant le rusé Zackary Daneau oublié au deuxième poteau (2-1 à 31’22″).
Et comme Luba ferme la porte à Patrik Jääskeläinen peu avant que Danylenko ne laisse passer une nouvelle occasion en or, les nerfs valenciennois lâchent. Sutton s’en prend à Pierre Vervoort, permettant à Barberis de trouver la faille à peine sept secondes après la remise en jeu (3-1 à 34’32″). Alors que Jesse Sutton repart à l’attaque pour expédier vers le ciel un palet servi devant l’enclave, l’autre numéro 82, Zackary Daneau, est plus heureux pour forcer le passage malgré la botte de Chateauvieux (4-1 à 36’53″). C’en est trop pour Dmytro Danylenko, expulsé pour bagarre. Ce deuxième tiers-temps tourne au vinaigre, un surnombre des Diables offrant l’opportunité à Adam Young de profiter d’un boulevard sur la droite, d’où il surprend Chateauvieux de façon nonchalante (5-1 à 39’54″).
Renversée en moins de neuf minutes, la troupe venue du Hainaut ne baisse pas pour autant les bras. Les anciens Dunkerquois se rappellent au souvenir du public venu une nouvelle fois en nombre : Lévy Raux, bien positionné, profite du travail de Sutton (5-2 à 44’59″) et Garrido lancé par Breton vient défier Luba. Enfin, Altidor, auteur du dernier but dunkerquois de l’avant-COVID, perd son duel avec Luba.
Plus en jambes, les Corsaires dominent les dernières minutes : nombre de leurs essais sont déviés hors-cadre avant qu’Adam Young ne mette à mal la défense. Auteur de l’arrière de la cage d’une passe qui aurait été décisive pour Torres sans une intervention brillante de Chateauvieux, l’arrière canado-britannique, depuis le cercle gauche, parvient, aidé de Davranche, à égaler le score du récent affrontement en championnat (6-2 à 53’14″). Dernier but d’une performance assez inégale pour les hommes de Jonathan Lafrance, efficaces en supériorité et aidés par la performance d’un Adam Young infatigable.
Désignés meilleurs joueurs de la rencontre : Jesse Sutton pour Valenciennes et Adam Young pour Dunkerque
Commentaires d’après-match
Julien Guimard (entraîneur de Valenciennes) : « Le score n’est pas dur. On a joué un très bon premier tiers, et un très bon troisième tiers, mais entre les deux nous ne sommes pas capables de tenir. Après le 2-1 on a une grosse occasion, mais on ne marque pas. Sur le 3-1, le palet touche l’un de nos patins, sur le quatrième but on ne bloque pas les crosses et on ne prend pas les joueurs, enfin sur le but de Young il n’y a rien à dire. On encaisse trop de buts, on ne peut pas espérer. L’équipe est jeune, certains doivent monter leur niveau s’ils veulent jouer en D1, sortir de leur zone de confort. Offensivement on doute un peu, mais on fait tellement d’efforts pour défendre qu’une perte de lucidité se ressent. Tous les matchs sont un objectif, Coupe de France ou pas, et il reste beaucoup de travail pour rivaliser avec des équipes du haut de tableau comme Dunkerque ou Strasbourg, notre prochain adversaire. »
Dunkerque – Valenciennes 6-2 (1-1,4-0, 1-1)
Mardi 22 octobre 2024 à 19h30 à la patinoire Michel Raffoux. 1 417 spectateurs.
Arbitres : Jérémie Collin et Julien Peyre assisté de Maxime Laboulais et Hugo Maillard.
Pénalités : Dunkerque 13′ (2’, 6’+5’, 0’), Valenciennes 39’ (4’, 8’+5’+20’, 2’).
Tirs : Dunkerque 18 (3, 8, 7), Valenciennes 39 (15, 11, 13).
Évolution du score :
0-1 à 06’39″ : Sutton assisté de Roth et Danylenko
1-1 à 18’35″ : Belharfi assisté de Cruchandeau et Young (sup. num.)
2-1 à 31’22″ : Daneau assisté de Dinda et Belharfi
3-1 à 34’32″ : Barberis assisté de Dinda et Budínský (sup. num.)
4-1 à 36’53″ : Daneau assisté de Belharfi
5-1 à 39’54″ : Young assisté de Torres (sup. num.)
5-2 à 44’59″ : Raux assisté de Sutton et Bataillé
6-2 à 53’14″ : Davranche assisté de Cruchandeau et Young (sup. num.)
Dunkerque
Attaquants :
Clément Thomas (C) – Timon Davranche – Vít Budínský (A)
Rayan Belharfi – Zackary Daneau – Guillaume Desjardin
Antoine Torres – Antonin Germond – Corentin Cruchandeau
Baptiste Meunier, Guillaume Desjardin
Défenseurs :
Lubomir Dinda – Martin Poirier
Hugo Deberge – Adam Young (A)
Matt Barberis – Pierre Vervoort
Logan Ducrocq, Enzo Abis
Gardien :
Michael Luba
Remplaçant : Nunzio Couaillet (G). Absents : Jeremiah Luedtke et Léo Bertein (blessés), Romain Carpentier.
Valenciennes
Attaquants :
Anatole De Mali – Reilly Moran – Patrik Jääskeläinen
Dmytro Danylenko (puis Tocquin à 40’00″) – Jesse Sutton – Kevin Altidor (C)
Ugo Tocquin – Jules Renault -– Clément Garrido (A)
Victor Breton – Lévy Raux – Thomas Vandeputte
Défenseurs :
Mathieu Buttin (A) – Marcus Karlsson
Peter Gincourt – Maxwell Roth
Maxime Bataillé – Thomas Malhouitre
Gardien :
Raphaël Chateauvieux
Remplaçant : Tonin Caubet (G). Absent : Xavier Blanchy.