Les deux nations qui s’opposent pour leur répétition générale avant le Mondial choisissent toutes deux de mettre les titulaires sûrs en tribune pour mettre à l’épreuve les joueurs qui doivent gagner leur place. Les Tchèques évoluent donc la ligne Voženilek-Tomášek-Flek, et les Suisses sans leur quatre joueurs majeurs de NHL (Josi, Hischier, Meier, Niederreiter) ou le buteur Thürkauf. En faisant le compte, on peut donc s’attend donc à une Nati offensivement affaiblie, déjà blanchie deux fois par ce même adversaire cette saison en l’absence des stars.
Ce n’est pas du tout ce qui se passe. Ce sont les blancs qui n’ont l’air d’avoir plus grand chose dans le réservoir. Les joueurs rouges à croix blanche, eux, convertissent deux attaques rapides en deux minutes. Ken Jäger centre de la droite pour Simon Knak qui dribble le gardien Petr Kváča et marque du revers. Tout aussi démarqué dans l’enclave, le seul joueur suisse de NHL aligné Pius Suter hérite d’un rebond après un tour de cage de Malgin et place le palet entre les bottes de Kváča. 2-0 en six minutes, ça pique déjà. Les Tchèques essaient de réagir mais Sandro Aeschlimann est sauvé par sa barre transversale sur un puissant lancer de Michal Kunc.
Le deuxième tiers est plus disputé. Parti dans une contre-attaque fribourgeoise avec Bertschy, Attilio Biasca bénéficie d’une déviation favorable sur un défenseur tchèque pour ajouter le troisième but. Malgin est proche du quatrième quand il tire sur la transversale. Mais une pénalité de Baechler permet à Jan Mandát d’inscrire son premier but en équipe nationale, d’un tir précis en lucarne, côté mitaine. L’attaquant champion avec Pardubice est le gagnant tchèque du jour, pour se faire une place comme invité-surprise au Mondial.
Côté suisse, la grande incertitude concernait Sven Andrighetto. Cela fait deux semaines qu’il n’est jamais aligné, pour le laisser se remettre d’une commotion cérébrale. Son retour s’est très bien passé, et il a même réussi un beau tir sur réception en avantage numérique – sa spécialité – en reprenant une passe de son éternel complice Malgin. Celui-ci ajoute un but en double supériorité numérique (Adam Klapka a pris une attitude anti-sportive en plus d’une pénalité de rudesse) puis Bertschy ponctue un succès éclatant, 6-1. C’est la plus large victoire de la Suisse sur les Tchèques dans toute son histoire !
Dans le camp tchèque, la nervosité règne. Tout le monde a peur d’avoir perdu sa place. Les renforts venus d’Amérique du Nord qui devaient gagner la leur n’ont vraiment pas brillé, à l’exception de Matyáš Melovský. Le sélectionneur Radim Rulík confie à chaud que sa sélection est prête pour les attaquants, mais pas pour les défenseurs. Il se donne trois heures de réflexion avec son staff, le temps du vol retour qui doit les ramener de Suède à Prague. Un salon a été réservé à l’aéroport de la capitale tchèque : c’est là que la liste est d’abord annoncée aux joueurs, puis présentée aux journalistes.
Entre-temps, la décision s’est donc affinée en défense. Des deux arrières venus de Floride, l’un reste (Alscher) et l’autre pas (Hovorka). Les plus expérimentés Zábranský et Pyrochta doivent aussi faire leurs valises. En attaque, le jeune talent Petr Sikora, qui a éclaboussé la fin de saison tchèque avant son départ vers l’Amérique du Nord, est sacrifié, de même que Pavlík, Kunc, Reichel… et Adam Klapka, le seul titulaire de NHL présent, qui se fait encore sortir de l’effectif tchèque après sa non-sélection aux JO !
Les forfaits de Pastrňák et Zacha ayant été confirmés, le seul renfort de NHL possible pour les Tchèques sera un gardien. Les portiers de l’Utah (Karel Vejmelka et Vítek Vaněček) se sont tous deux excusés. On attend donc avec d’autant plus de fébrilité l’inspection médicale de sortie de Dan Vladař.

Commentaires d’après-match :
Jan Mandát (attaquant de la Tchéquie) : « L’évaluation est difficile. On n’a tout simplement pas réussi. C’est une grande honte, malheureusement, on ne peut pas revenir en arrière, mais rien n’a fonctionné. L’une des raisons était le mouvement. Quand je compare au match avec la Suède, on était actif tout le match, on avait attaqué et patiné. Aujourd’hui c’était seulement dans quelques passages, très peu. La nervosité [liée a la sélection finale] a peut-être joué un rôle, mais au contraire, nous aurions tous dû vouloir nous montrer sous notre meilleur jour. On ne peut même pas trouver d’excuses sur la qualité de la glace. Elle était mauvaise pour les deux équipes. […] Je suis très fier de mon but, c’est un grand objectif personnel. C’est quelque chose dont je rêve depuis que je suis enfant. Surtout les cinq dernières années. Mais ce but a le goût de la défaite. [Sur la nomination] Je suis sûr que ça va être un peu nerveux, mais ça en fait partie. Nous verrons ce qui nous attend à Prague… »
Radim Rulík (entraîneur de la Tchéquie) : « Avant le match, nous étions à environ 80% de la sélection. Quelque part, le match d’aujourd’hui aura un impact. Nous avons laissé jouer les joueurs qui se battent pour leur place. Nous ne voulions pas risquer de blessure [des titulaires]. Nous n’avons jamais eu un bon dernier match avant le championnat du monde. Nous poursuivons la série… L’adversaire était meilleur en tout. Nous n’avons pas rivalisé en patinage, sur une grande glace le patinage est la base. Nous n’avions pas l’énergie et la vitesse des Suisses, ils ont ajouté de la qualité technique. [3h plus tard, lors de la nomination finale] On ajoutera Matěj Blümel dans l’alignement. Nous le considérons comme un joueur offensif et un excellent patineur. C’est ce qu’on a regardé sur grande glace. Si quelqu’un ne patine pas, c’est terriblement difficile de jouer. Le second critère était la prise décision dans un espace réduit pour éviter les pertes de palet. Sikora n’a pas perdu sa place sur ce dernier match. Pour le dire ainsi, il ne rentrait pas dans l’alignement. Pareil pour Klapka. En ce qui concerne les jeunes, j’ai réprimandé Tomáš Galvas après le tournoi à Budějovice, mais il a ensuite progressé et très bien joué, surtout contre les Suédois jeudi. Matyáš Melovský a une histoire un peu similaire à Petr Sikora, mais il a un an de plus dans le hockey adulte, en AHL. C’est un droitier, très habile. En défense, désolé pour les trois gars qui n’y sont pas arrivés. Le patinage et l’habileté avec le palet ont décidé. David Jiříček ? Nous l’avons considéré, comme David Špáček, mais ils ont connu leur dernier match en compétition le 18 avril, ils sont sortis du rythme de jeu, c’est pourquoi nous avons choisi d’autres défenseurs. »

Suisse – Tchéquie 6-1 (2-0, 1-1, 3-0)
Dimanche 10 mai 2026 à 12h00 à la Catena Arena d’Ängelholm. 1599 spectateurs.
Arbitres : Kristoffer Folkstrand et Alexander Österberg assistés de Philip Hanning et Rasmus Strömberg (SUE).
Pénalités : Suisse 6’ (2’, 2’, 2’) ; Tchéquie 12’ (0’, 4’, 8’).
Tirs : Suisse 27 (7, 9, 11) ; Tchéquie 20 (9, 7, 4).
Évolution du score :
1-0 à 04’33” : Knak assisté de Jäger et Riat
2-0 à 05’29” : Suter assisté d’Andrighetto et Malgin
3-0 à 33’00” : Biasca assisté de Bertschy et Rochette
3-1 à 36’00” : Mandát assisté de Cibulka et Melovský (sup. num.)
4-1 à 53’51” : Andrighetto assisté de Malgin et Kukan (sup. num.)
5-1 à 54’55” : Malgin assisté d’Egli et Suter (sup. num.)
6-1 à 57’12” : Bertschy assisté de Rochette (sup. num.)
Suisse
Attaquants :
Sven Andrighetto (C, +1) – Denis Malgin (+1) – Pius Suter (+1)
Simon Knak (+2) – Ken Jäger (+2) – Damien Riat (+1)
Attilio Biasca (+1) – Théo Rochette (+1) – Christoph Bertschy (A, +1)
Yannick Frehner – Nicolas Baechler (+1, 2’) – Tyler Moy
Défenseurs :
Tim Berni – Dominik Egli
Dean Kukan – Christian Marti (A, 4’)
Lukas Frick (+1) – Giancarlo Chanton (+1)
Simon Seiler (+3) – Fabian Heldner (+3)
Gardien :
Sandro Aeschlimann
Remplaçant : Leonardo Genoni (G). En réserve : Reto Berra (G), Roman Josi, Sven Jung (D), Nino Niederreiter, Nico Hischier, Timo Meier, Tristan Scherwey, Calvin Thürkauf (A).
Tchéquie
Attaquants :
Ondřej Beránek (-1, 2’) – Jiří Černoch (-2) – Jan Mandát (-2)
Dominik Kubalík (-1) – Matyáš Melovský – Martin Kaut (A)
Radovan Pavlík (-2) – Michal Kovařčík (2’) – Petr Sikora (-1)
Michal Kunc – Kristian Reichel (-2) – Adam Klapka (-1, 6’)
Défenseurs :
Tomáš Cibulka – Mikuláš Hovorka
Jiří Ticháček (-1) – Marek Alscher (-2)
Libor Hájek – Libor Zábranský (-2)
Filip Pyrochta (-1) – Jan Ščotka (-2, 2’)
Gardien :
Petr Kváča
Remplaçant : Dominik Pavlát (G). En réserve : Josef Kořenář (G), Tomáš Galvas, Michal Kempný (D), Daniel Voženílek, David Tomášek, Jakub Flek (A).








































