Comme chaque saison, la CHL lance la saison officielle du hockey sur glace. Trois grandes organisations représentent le hockey allemand cette année. Cologne revient de très loin et n’avait plus joué la CHL depuis 2015. Le club du Rhin porte dans son histoire de grands faits d’armes avec deux finales de Coupe des clubs champions en 1985, et 1989. Ces souvenirs sont bien loin maintenant ! Les Kölner Haie vont-ils marquer de leurs patins cette édition ? En tout cas, ils ont sorti un match solide, la veille, dans un duel ultra physique à Salzbourg et remporté leur match d’ouverture sur la glace autrichienne (2-5).
Le finaliste du championnat Mannheim revient, lui aussi, sur la scène européenne, mais seulement après deux années d’absence. Si le club est une institution sur la scène nationale, il peine à s’imposer dans les sériés éliminatoires européenne. Lors de leur dernière prestation en CHL, en 2024, les Adler ont caracolé en tête du parcours principal, mais ont subi une rapide élimination par les Suisses de Rapperswil, dès les huitièmes de finale.
Mais ce soir nous allons nous intéresser au champion en titre berlinois. Les Eisbären sont les leaders incontestés du hockey allemand. La saison dernière, on se souvient que les Berlinois ont vécu l’enfer européen avec une équipe minée par les blessures. Grenoble s’était même imposé sur la glace berlinoise dans une victoire française historique. Il a fallu plusieurs semaines pour assister à une retentissante remontada en championnat, conclue par un nouveau titre, le 12e qui constitue un record en DEL.
Cette année, une page s’est tournée avec de le départ du célèbre entraineur Serge Aubin. C’est un duo canadien qui va diriger l’équipe avec Eric Dubois et Dan Lambert. Le Québecois, qui a joué dans les ligues mineures (IHL/AHL) avant de venir finir en Allemagne à Schwenningen, a dirigé pendant de longues années des équipes de Junior Majeur du Québec. Ensuite, en tant qu’assistant, il a vécu neuf saisons au Manitoba Moose en AHL. La saison dernière, il a franchi le cap de l’Europe en assistant Mark French à Ingolstadt. Dan Lambert, a, lui, œuvré en NHL à Nashville et Calgary, sur le banc en tant qu’assistant. Il arrive également pour la première fois dans un club d’Europe, après avoir passé une saison dans le staff de l’équipe nationale junior U18 de Hongrie.
L’équipe de Berlin compte plusieurs départs de joueurs illustres comme son gardien Jake Hildebrand, remplacé par le Canadien Jack Lafontaine qui a remporté le titre en AHL en 2022. Le back up Jonas Stettmer, qui a porté l’équipe lors de la conquête du titre, a quitté l’organisation pour revenir à Ingolstadt. Marcel Noebels, icône pendant 12 saisons, est parti découvrir un autre club emblématique Cologne.
Le gros coup pourrait bien être la venue du défenseur canadien Brandon Davidson. Repêché par Edmonton, il a débuté en Ligue Nationale avec les Oilers lors de la saison 2014-2015. Il a ensuite joué 188 parties pour Montréal, New York Islanders, Chicago, Calgary, San José et Buffalo. Ensuite il a connu l’élite européenne en Suède et le titre de champion en Tchéquie avec Brno. Selon le directeur général Stéphane Richer, « Brandon est un défenseur physiquement fort avec une très bonne compréhension défensive du jeu. Grâce à sa vaste expérience et son leadership, il apportera une stabilité supplémentaire à notre défense. Il connaît déjà le hockey sur glace européen, donc il n’aura guère besoin de temps pour s’y habituer. »
Les Berlinois débutent par un voyage à Genève. Pas le temps de faire du tourisme avant d’aller dans la vieille patinoire des Vernets. Éric Dubois, prend très au sérieux ce parcours européen : « Bien sûr, la DEL passe en premier, mais nous prenons la CHL très au sérieux. Si tout se passe bien et que nous sommes épargnés par les blessures, beaucoup de choses peuvent être possibles. Nous nous sommes préparés intensivement pour le début de la CHL toute la semaine dernière. Je m’attends à des parties très rapides. J’ai joué avec Ingolstadt en CHL contre Zoug et Lausanne la saison dernière. C’étaient des parties incroyablement rapides dans les deux sens de la glace. Ce n’était pas aussi physique qu’en DEL. Nous avons déjà bien joué contre Zoug dans la Dolomitencup. Nous devons prendre des décisions rapides et passer sans délai entre attaque et défense. »
Genève, depuis son titre de champion national en 2023 et la victoire éclatante en CHL en 2024, a subi un contrecoup en championnat et une succession d’entraîneurs après Jan Cadieux, Ville Peltonen et Yorick Treille. Cette saison, c’est le Suédois Sam Hallam qui va diriger le groupe, fort de ses trois titres de champion avec Växjö et de ses quatre ans à la tête de la Tre Kronor, remportant deux médailles de bronze mondiales. Il fallait bien cela pour pouvoir manager un groupe de trentenaires expérimentés. Le club a maintenu ses pointures défensives Roger Karrer et Ramon Untersander, accompagnées de deux internationaux : Jan Rutta qui a passé six saisons NHL, et le Finlandais Vili Saarijärvi, champion du monde en titre. Devant les filets, Stéphane Charlin a brillé, pris la place de Mayer devant les cages et gagné sa sélection en équipe nationale.
À l’avant, les deux flêches finlandaises sont toujours là avec Markus Granlund, meilleur compteur du championnat, et Jesse Puljujärvi (52 points en 52 parties). Les lignes seront bien garnies avec Sakari Manninen, l’Américain Jimmy Vesey, ex-champion du monde U20 qui vient de conclure onze saisons NHL. On retrouve également Vincent Praplan, Noah Rod et Tim Bozon, même s’ils ont un peu baissé leur production offensive. Le Français n’est pas aligné ce soir, dans cette constellation d’étoiles. À noter la présence de jeunes comme Tristan Lemyre, qui sort du circuit universitaire canadien, et du jeune Lituanien de 18 ans Simas Ignatavicius, drafté par la Floride en 2e ronde.
La première occasion est l’oeuvre de Gabriel Fontaine qui s’échappe rapidement pour lancer sur Charlin (0’27). Berlin prend son adversaire à la gorge avec une pression forte dans la zone offensive. Leo Pföderl pousse le palet, juste à côté du poteau droit. Korbinian Geibel envoie de la bleue pour une déviation aérienne d’Andreas Eder. Les Eisbären ont pris un bon départ mais encaisse un but dès la première occasion suisse. Vili Saarijärvi s’avance côté droit, dans le slot. Seul, il capte la passe et place le puck entre les jambes de Jack Lafontaine (1-0).
Et ça continue avec un oubli défensif qui coûte cher, quand Markus Granlund hérite d’un palet gagné dans la bande, derrière la cage. Il joue en une-deux avec Le Coultre devant le portier et place le palet sous la barre (2-0).
La précision du jeu de Genève-Servette a fait mouche. Les Eisbären réagissent avec plusieurs tirs de loin car le bloc défensif grenat est assez hermétique. En infériorité, Berlin coupe la passe et alimente Liam Kirk qui part en contre. Sans succès car Stéphane Charlin bloque le tir. Les joueurs d’Éric Dubois trouvent la solution en power-play. Gabriel Fontaine, derrière la cage, à l’aide d’un pokecheck, pousse le puck, que Liam Kirk récupère et remet en jeu en changeant de côté. Leo Pföderl tire en one timer et le palet est freiné par la botte de Charlin. Gabriel Fontaine, qui s’est replacé au poteau, pousse le palet en cage vide (2-1). Berlin est bien revenu dans cette fin de période.
Le jeu en début de deuxième tiers est très intense avec de nombreuses luttes pour la conquête du palet. Genève accélère le jeu et se projette vite à l’avant. Les Berlinois, avec un repli défensif rapide, organisent une défense solide. Les blancs subissent et seul Vikingstad parvient à à trouver une ouverture dans le slot suisse. Passé ce moment de domination suisse, les Allemands se créent un temps fort. Ils concrétisent avec Ty Ronning qui profite d’un énorme rebond sur le portier. En pivot, il renvoie le palet d’un lancer balayé (2-2).
Ce but a le don de doper le jeu berlinois qui prend encore plus de vitesse. La transmission rapide du palet bloque dans leur zone les Suisses, obligés de faire le dos rond. Les tirs se multiplient et Charlin tient son équipe. La pression est très forte sur une offensive d’Eric Hördler, suivi de Mika Henauer pour le gêner. Ceci ne l’empêche pas de rabattre le palet dans le dos du portier. La rondelle longe la ligne de but, mais Pföderl pousse le palet… à côté de la cage. Le public genevois souffle de soulagement (35’20). Geibel, on le retrouve en pénalité, ce qui permet au géant Jesse Puljujärvi d’envoyer trois énormes tirs à la cage. Jack Lafontaine est lui aussi impérial. Les pénalités se succèdent après une « prise de chou » entre Wiederer et Vesey. En toute fin de période, Berlin encaisse un but qui fait mal à 12 secondes de la fin, quand Sakari Manninen trouve une lucarne hallucinante (3-2).
Berlin a outrageusement dominé ce tiers mais n’a pas été récompensé de ses efforts face à un Stéphane Charlin solide avec une grosse occasion non concrétisée.
Dès le début de la troisième période, le jeu prend encore de la vitesse. Gabriel Fontaine récupére le palet pour Leo Pföderl qui lève trop (41’04). Genève-Servette a modifié son approche avec une agressivité supplémentaire sur le porteur du palet et exerce une pression constante. La partie s’affole avec une vitesse de jeu impressionnante et une maîtrise du palet de très haut niveau. Markus Granlund nous gratifie encore de sa précision en captant la passe issue d’un gain dans la bande. Il contourne Lafontaine, le fixe et place minutieusement le palet sous la barre (4-2).
Le break est fait pour les Suisses. Sur un powerplay, le jeu de passes rapides trouve une conclusion de Vesey en one timer (5-2).
Berlin n’abdique pas mais le système défensif employé est rude et d’une efficacité sans concession. Dubois est obligé de sortir son gardien. Noah Rod crucifie les Berlinois dans les filets désertés (6-2).
Les deux équipes nous ont offert une belle prestation de très haut niveau mais Berlin a péché dans l’efficacité offensive (7% quand Genève dépasse les 30% d’efficience avec ses Finlandais hors norme). Le score est sévère, même si l’écart était proche. Berlin poursuit sa route et ira jouer dans les montagnes à Davos dimanche, alors que Genève recevra Storhamar.
Réactions d’après match :
Éric Dubois (entraîneur de Berlin) : « Nous avons eu quelques problèmes lors de notre voyage hier et aujourd’hui. C’est pourquoi je suis fier de l’engagement de mon équipe. Nous avons bien commencé le match, le premier but de Genève a ensuite laissé le moment basculer en leur faveur. Notre tiers médian était alors très bon. Malheureusement, nous avons encaissé un but quelques secondes avant la fin de la période. En conséquence, l’élan a de nouveau basculé du côté de Servette. La dernière période a alors été très exigeante et malheureusement nous n’avions plus assez d’énergie. Mais je suis fier de mes joueurs et de l’engagement qu’ils ont montré. »
Gabriel Fontaine (attaquant de Berlin) : « Genève a joué très physiquement et simplement dès le début. Nous avons eu quelques problèmes avec leur forecheking. Nous avons montré un engagement total. Malheureusement, nous avons commis quelques erreurs techniques, ce qui a rendu le résultat très clair. Peu importe le score, nous avons tout donné jusqu’à la fin et essayé de faire des actions. J’en suis fier. Mais bien sûr, nous analyserons le match en détail. »

Genève – Berlin 6-2 (2-1, 1-1, 3-0)
Vendredi 4 septembre 2026 à 19h45 à la patinoire des Vernets. 4567 spectateurs.
Arbitres : Michael Tscherrig et Loïc Ruprecht (SUI) assistés d’Aurélien Urfer et Michael Stalder (SUI)
Pénalités : Genève 6’ (2′, 4′, 0′) ; Berlin 8’ (2′, 4′, 2′).
Tirs : Genève 16 (6, 5, 5) ; Berlin 29 (10, 15, 4).
Evolution du score :
1-0 à 01’54” : Saarijärvi assisté de Puljujärvi
2-0 à 04’35” : Granlund assisté de Le Coultre et Vesey
2-1 à 18’20” : Fontaine assisté de Pföderl et Kirk (sup. num.)
2-2 à 30’29” : Ronning assisté de Wiederer et Kirk
3-2 à 39’47” : Manninen assisté de Granlund et Saarijärvi
4-2 à 48’42” : Granlund assisté de Vesey et Müller
5-2 à 53’05” : Vesey assisté de Puljujärvi (sup. num.)
6-2 à 57’07” : Rod assisté de Puljujärvi (cage vide)
Genève-Servette
Attaquants :
Johnny Kneubuehler (+1) – Salkari Manninen (+2) – Jesse Puljujärvi (+3)
Markus Granlund (+3) – Nicolas Müller (+2) – James Vesey (+2, 2’)
Noah Rod (+1) – Vincent Praplan – Marco Miranda
Luca Hischier (-1, 2’) – Matthew Verboon – Simas Ignatavicius
Défenseurs :
Giancarlo Chanton (+1) – Vili Saarijärvi (+3)
Simon Le Coultre – Jan Rutta (+1)
Mika Henauer (+1) – Ramon Untersander (+1)
Roger Karrer
Gardien
Stéphane Charlin
Remplaçants : Robert Mayer (G), Tristan Lemyre. Absents : Jérémie Bucheler, Jason Akeson, Tim Bozon, Josh Jooris, Tanner Richard (blessés), Dave Sutter.
Eisbären Berlin
Attaquants :
Liam Kirk (-1) – Gabriel Fontaine (-2) – Ty Ronning
Eric Hördler (2’) – Andreas Eder – Leo Pföderl (-1)
Yannick Veilleux (-2) – Markus Vikingstad (-2) – Tobias Krestan (-1, 2’)
Noel Saffran – Manuel Wiederer (-1, 2’) – Rihards Griva (-1)
Défenseurs :
Jonas Müller (-2) – Kai Wissmann (-1)
Adam Smith (-1) – Brandon Davidson (-1)
Korbinian Geibel (-2, 2’) – Mitch Reinke (-2)
Erik Mik (-1) – Moritz Kretzschmar
Gardien
Jack LaFontaine [sorti de 54’12” à 57’07”]
Remplaçant : Jonas Neffin (G). Absents : Lean Bergmann (blessé au genou en avril dernier), Patrick Khodorenko (blessé au genou en octobre dernier), Frederik Tiffels (blessé, en reprise).











































