Le lancement du Mondial élite féminin 2026 est imminent, une édition marquée par des nouveautés… dans un contexte houleux. Retrouvez la présentation complète, scindée en deux parties, à commencer par le Groupe A.
Les dix meilleures nations se retrouveront donc à partir du vendredi 6 novembre au Danemark, une programmation inédite. Le développement spectaculaire de la PWHL rendait de plus en plus problématique la série de pauses internationales pendant la saison, en particulier celle dédiée aux Mondiaux en avril. La grande ligue professionnelle devait stopper ses activités à quelques journées de la saison régulière, avant les derniers matchs décisifs pour les playoffs. Des discussions entre la PWHL, l’IIHF et les fédérations se sont tenues afin de trouver une fenêtre plus favorable, et le créneau du mois de novembre, proposé par la PWHL, a été choisi.
Le choix honore le hockey féminin, dont les championnats du monde ne seront plus noyés dans la multiplicité des compétitions internationales du printemps. A l’image du Mondial Junior devenu incontournable pendant les fêtes de fin d’année, le Mondial féminin bénéficie d’un créneau propre qui lui permettra d’accroître sa visibilité et de recueillir une attention maximale. Cette programmation automnale a toutefois un prix : les joueuses PWHL n’ont pas encore débuté leur saison, ni même les camps d’entraînement, alors que toutes les joueuses évoluant en Europe ont déjà de la compétition dans les jambes. C’est un facteur qui pourrait s’avérer défavorable au Canada et aux États-Unis au début de la compétition, même si celles-ci se sont rencontrées l’une face à l’autre deux fois avant ce Mondial. Cela reste peu face aux nations européennes qui ont déjà disputé plusieurs tournois amicaux, en plus des championnats nationaux.

L’autre nouveauté majeure, c’est le retour des groupes mélangés, une première depuis 2011, les groupes de niveau font donc désormais partie du passé. Toutes les équipes rencontreront donc les superpuissances du hockey féminin, soit le Canada, soit les États-Unis. Cette formule classique permettra également d’ouvrir davantage la voie aux quarts de finale, mettant fin de fait au statut des équipes protégées dont bénéficiaient précédemment celles du groupe A. Enfin, la relégation sera déterminée par un match couperet entre les deux dernières équipes.
Pour la deuxième fois en quatre ans, le Mondial élite se déroule au Danemark, avec le souhait d’attirer davantage de public. Il faut tout de même rappeler que l’édition 2022 intervenait peu de temps après l’ère covid. En plus d’Herning qui accueille de nouveau le tournoi, la ville d’Esbjerg, à la culture hockey très ancrée, s’est substituée à Frederikshavn.
Ce Mondial féminin sera peut-être aussi la dernière compétition internationale à se dérouler en toute sérénité. La décision du Tribunal Arbitral du Sport force désormais la main à l’IIHF de réintégrer la Russie pour les compétitions futures. Une décision contestée par la fédération internationale qui dans les faits doit s’y conformer, mais bon nombre de nations de l’élite y sont fermement opposées et menacent de boycott. D’ailleurs, le Ministère de l’Intérieur de Tchéquie a d’ores et déjà annoncé qu’il ne délivrera aucun visa aux hockeyeuses russes censées désormais disputer le Mondial féminin U18 à Ostrava début janvier 2027. Personne ne sait ce qu’il adviendra des compétitions IIHF après ce Mondial féminin.
GROUPE A

États-Unis
Les États-Unis rejoignent le Danemark avec un objectif : poursuivre leur bonne dynamique. Championnes du monde et championnes olympiques en titre, les Américaines ont remporté deux des trois derniers mondiaux. A Milan, le titre olympique s’est rapidement dessiné quand les USA ont remporté leur groupe sans difficulté (20 buts marqués, un seul encaissé), avant de disposer facilement de l’Italie puis de la Suède. En revanche, Hilary Knight et ses coéquipières ne s’attendaient peut-être pas à ce que les rivales canadiennes, qu’elles avaient surclassées au tour préliminaire, ne leur posent autant de soucis. La médaille d’or obtenue en prolongation grâce à Megan Keller demeure un succès, celui du programme américain qui allie une équipe nationale en réussite et un vivier de talents qui ne cesse de s’accroitre.
Alors qu’une majorité d’équipes, dont le Canada, sont en phase de reconstruction, USA Hockey a priorisé la stabilité en capitalisant sur cette bonne dynamique. En poste depuis août 2022 mais impliqué précédemment dans le programme de développement durant six ans, l’entraîneur en chef John Wroblewski a été prolongé jusqu’en 2030 et les Jeux olympiques en France. Katie Million, la directrice du programme, a loué sa passion, son leadership et son expérience. Les joueuses ont un lien fort de confiance et de respect pour leur coach, Wroblewski n’avait d’ailleurs pu retenir son émotion lors du titre olympique à Milan, mais les États-Unis ne devront pas rester sur leurs acquis pour ce Mondial.
Hormis la finale serrée, les USA ont survolé le tournoi olympique, difficile alors d’en tirer des points négatifs. Aerin Frankel a atteint les 98% d’arrêts durant la quinzaine ; Megan Keller et Laila Edwards ont formé la meilleure paire défensive ; Hannah Bilka et Abbey Murphy ont formé un duo redoutable qui n’aura rien à envier à Alex Carpenter et Hilary Knight ; et Caroline Harvey a logiquement été élue meilleure joueuse de l’année par l’IIHF avec 77% des voix en plus d’avoir hérité du premier rang de la draft PWHL 2026 et du titre de MVP aux JO. Les USA devront toutefois s’accommoder de deux absences pour maternité : Kendall Coyne Schofield et Britta Curl-Salemme, qui l’ont récemment annoncé. En revanche, tout portait à croire que les Jeux olympiques 2026 étaient la dernière compétition d’Hilary Knight… qui a finalement décidé de prolonger le plaisir. Au Danemark, Knight pourrait d’ailleurs atteindre le seuil des 70 buts aux championnats du monde, elle était déjà la seule joueuse de l’histoire à passer le cap des 50 et 60 buts !
Sur la dernière saison PWHL, huit des douze meilleures marqueuses étaient américaines, Kelly Pannek dominant les compteurs de la saison régulière. Et sur les douze premiers choix du premier tour du dernier repêchage PWHL, neuf sont natives des USA. Les États-Unis sont profondément la nation souveraine, et les compétitions internationales ne sont finalement qu’une vitrine. Le Team USA a une réussite insolente et quasiment un monopole sur le hockey féminin sur bien des points. Pour autant, les choix et l’orientation de Wroblewski seront décisifs pour garder cette souveraineté. Autant dire que les baisses de forme risquent de porter préjudice, cela pourrait être le cas de Cayla Barnes et Grace Zumwinkle qui ont connu du moins bon sous le maillot US. Car évidemment, bon nombre de jokers sont prêtes, c’est le cas depuis un moment de Casey O’Brien, au potentiel offensif considérable. La nouvelle génération a pris le pouvoir de cette nation souveraine, les États-Unis demeure l’équipe à battre… et il ne faudra pas rester sur ses lauriers. La dernière victoire 4-0 en préparation sur le Canada a clairement annoncé la couleur.
Gardiennes: Aerin Frankel (Boston Fleet), Gwyneth Philips (Ottawa Charge), Callie Shanahan (New York Sirens).
Défenseures: Lee Stecklein (Minnesota Frost), Caroline Harvey (Vancouver Goldeneyes), Laila Edwards (PWHL San Jose), Haley Winn (Boston Fleet), Emma Peschel (New York Sirens), Rory Guilday (PWHL San Jose), Cayla Barnes (PWHL Detroit), Megan Keller (Boston Fleet).
Attaquantes: Taylor Fox (Minnesota Frost), Kelly Pannek (Minnesota Frost), Casey O’Brien (New York Sirens), Grace Zumwinkle (Minnesota Frost), Hilary Knight (PWHL Detroit), Hannah Bilka (PWHL Detroit), Lacey Eden (PWHL Las Vegas), Kirsten Simms (Toronto Sceptres), Joy Dunne (Ohio State University / NCAA), Jesse Compher (PWHL Detroit), Tessa Janecke (PWHL Las Vegas), Alex Carpenter (Seattle Torrent), Abbey Murphy (Seattle Torrent), Hayley Scamurra (PWHL Las Vegas).

Tchéquie
Une page s’est tournée pour la Tchéquie, non sans émotion. Après quatre ans de service, Carla MacLeod a quitté son poste d’entraîneuse en chef. Le contrat était arrivé à son terme mais ce sont évidemment ses problèmes de santé, un diagnostic du cancer du sein fin 2025, qui l’ont forcé à se consacrer à un tout autre combat. Avec deux médailles de bronze et deux quatrièmes places en quatre championnats du monde, MacLeod, très proche de ses joueuses, aura permis à la Tchéquie de renforcer sa place parmi le top 5 mondial. C’est un personnage différent, moins expressif, plus dur et strict en apparence, qui lui a succédé : l’Américain Brian Idalski. Il a un objectif qu’il admet ruminer depuis plusieurs années : mettre fin à la suprématie canado-américaine dans le hockey féminin.
Avant de rêver de contrarier l’un des mastodontes en finale, il faut d’abord à Idalski, qui par le passé avait contribué au développement du hockey chinois, de s’imprégner du hockey tchèque. Hormis ses leçons sur Duolingo dont il est assidu et de déclarer que la Pilsner est la meilleure bière au monde, il doit convaincre. Il peut s’appuyer sur son adjointe Karolína Erbanová, au profil atypique puisqu’elle a la particularité d’avoir obtenu cinq médailles en patinage de vitesse – dont le bronze à PyeongChang 2018 – et le bronze en hockey au Mondial 2022. La vitesse fait désormais la spécificité de l’équipe tchèque, mais sur le début de saison, Idalski a regretté le manque de combattivité et d’engagement devant le but. Il faut dire que l’équipe a éprouvé beaucoup de difficultés à se trouver sous Idalski, dernière lors des deux premiers tournois de l’Euro Hockey Tour féminin (WEHT), et blanchie trois fois avant ce Mondial. L’optimisme a été retrouvé avec les deux dernières rencontres, avec deux victoires convaincantes contre la Finlande et la Suisse.
Idalski ne voulait pas de choses figées, il était prêt à tout pour retrouver une dynamique. Même à sacrifier la plus grande contributrice en PWHL, Tereza Vanišová, qu’il a envoyée en tribunes pour les derniers matchs de l’Euro Hockey Tour… et qu’il n’a finalement pas sélectionnée. Vanišová n’a inscrit que 2 points en 6 matchs cette saison d’Euro Hockey Tour, et elle n’avait délivré qu’une passe lors des JO. Rappelons tout de même qu’Idalski était l’entraîneur de Vanišová la saison passée à Vancouver. Une joueuse qui a rejoint les Goldeneyes, Dominika Lásková, a d’ailleurs été écartée également. Quant à l’attaquante des New York Sirens Denisa Křížová, son absence serait davantage liée à un problème de visa. Certes, une génération a éclos, portée par Kristýna Kaltounková, premier choix de la draft PWHL 2025, ainsi que les redoutables Adéla Šapovalivová et Tereza Plosová. Šapovalivová et Plosová ont ouvert une porte, celle de la NCAA, et fait des émules. Cette saison, une vingtaine de joueuses tchèques jouent au plus haut niveau universitaire américain, un record. Le déclic offensif est primordial alors que la Tchéquie affiche rigueur et solidité dans une défense toujours menée par Aneta Tejralová et Daniela Pejšová, en plus de la jeune Sára Cajanova devenue l’une des meilleures défenseures de Suède.
La Tchéquie bénéficie en plus des services de la meilleure gardienne de Suède, Klára Peslarová, deux blanchissages en 5 matchs et 96,7% d’arrêts. Solide à Milan, sa régularité à son poste ne faiblit pas. Mais il faudra plus que les arrêts de Peslarová pour insuffler un second souffle à cette sélection qui a enchaîné dernièrement les résultats frustrants. C’est le défi du staff et de Brian Idalski, qui cumule également la casquette de coach pour Syracuse University, tout comme la manageuse Tereza Sadilová, nommée Directrice des opérations hockey aux Toronto Sceptres. On peut se questionner sur ces doubles casquettes, quand leurs adversaires bénéficient d’un staff dédié uniquement à l’équipe nationale. Est-ce compatible avec l’objectif de bousculer la haute hiérarchie ? Le pari est audacieux, avec sept joueuses qui disputeront leur premier championnat du monde.
Gardiennes : Daniela Nováková (St. Thomas University / NCAA), Klára Peslarová (Brynäs IF / SUE), Aneta Šenková (Clarkson University / NCAA).
Défenseures : Sára Cajanová (Brynäs IF / SUE), Ellen Jarabková (MoDo Hockey / SUE), Noemi Neubauerová (Seattle Torrent), Aneta Tejralová (Seattle Torrent), Aneta Paroubková (Stoney Creek / OWHL), Daniela Pejšová (PWHL San Jose), Tereza Radová (HK Budapest / DFEL), Klára Seroiszková (HC Davos / SUI).
Attaquantes : Anežka Cabelová (Boston University / NCAA), Tereza Gildainová (Lovell Academy / NGHL), Klára Hymlárová (Minnesota Frost), Barbora Juříčková (St. Lawrence University / NCAA), Kristýna Kaltounková (New York Sirens), Natálie Mlýnková (PWHL San Jose), Kateřina Mrázová (Ottawa Charge), Michaela Pejzlová (Frölunda HC / SUE), Tereza Pištěková (SDE Hockey / SUE), Tereza Plosová (Minnesota University / NCAA), Vendula Přibylová (Linköpings HC / SUE), Adéla Šapovalivová (Wisconsin University / NCAA), Linda Vocetkova (Colgate University / NCAA), Barbora Bartáková (Djurgårdens IF / SUE).

Suisse
Le siège confortable du top 5 mondial, la Suisse l’occupe depuis 2019. Il n’y a peut-être pas d’autre nation qui a le plus profité de l’ancienne formule qui protégeait les équipes du groupe A. En 2019, les Helvètes placées dans ce groupe n’avaient remporté aucun match sans pour autant être inquiétée par la relégation, une aberration qui avait incité l’IIHF à ajouter au format un match pour la cinquième place. Lors des deux derniers championnats du monde, la Frauen Nati s’est d’ailleurs contentée de ne remporter que ce seul match. La nouvelle formule l’exposera donc davantage à la bataille des quarts de finale, sans parler de la relégation, une configuration inhabituelle qui lui faudra gérer, tout comme la Tchéquie et la Finlande.
Le renforcement du championnat national, la PostFinance Women’s League (PFWL), est toutefois un facteur de développement de l’équipe nationale. Tout un noyau de joueuses de la sélection en bénéficie, en tête Sinja Leemann, Rahel Enzler, Ivana Wey, Lena-Marie Lutz, Lisa Rüedi, ainsi que l’infatigable Lara Stalder… hélas forfait. La capitaine s’est blessée au genou avec Zoug à douze jours du Mondial. Un coup dur alors que Stalder a été nommée meilleure joueuse de la PFWL en 2026, en plus d’être capitaine depuis sept saisons de la formation à la croix blanche avec 220 sélections au compteur. Le rôle de locomotive reviendra donc à Alina Müller, élue six fois meilleure hockeyeuse suisse de l’année et dont l’impact ne s’est pas démenti en trois saisons au Boston Fleet. Il lui faudra toutefois apprivoiser un nouvel environnement puisqu’elle portera désormais les couleurs d’Hamilton. Les autres représentantes suisses de la PWHL sont la défenseure Nicole Vallario, qui est parvenue à se faire une place dans l’alignement des New York Sirens, et les deux gardiennes Andrea Brändli et Saskia Maurer, repêchées respectivement par Détroit et Vegas cet été. Contrairement à Maurer qui devra faire ses preuves au camp, Brändli est déjà signée par la franchise du Michigan, et demeure en position de force en sélection. Brändli avait joué les trois dernières saisons en Suède, avec au total 94% d’arrêts. Titulaire indiscutable, elle a rayonné aux Jeux olympiques, 95,3% en quatre matchs et le titre de meilleure gardienne. Son arrivée en PWHL semblait pour ainsi dire inéluctable.
A Milan, Brändli a d’ailleurs été magistrale contre le Canada en demi-finale (44 arrêts), une courte défaite 2-1, avant de contribuer à une superbe médaille de bronze qui a ponctué de belle manière un tournoi olympique très satisfaisant. Colin Muller a pu quitter par la grande porte un mandat qui a duré huit saisons, redorant un blason parfois terni par des résultats mitigés et la forte concurrence. Muller laisse tout de même dans de bonnes dispositions une sélection qu’entraîne désormais Shannon Miller, nommée cet été. Miller est une pionnière du hockey, elle avait d’ailleurs entraîné la première sélection olympique canadienne de l’histoire, aux JO de Nagano, avant d’entraîner de 1999 à 2015 Minnesota-Duluth. C’est d’ailleurs Lara Stalder, ancienne joueuse de Duluth sous les ordres de Miller, qui est à l’initiative de ce recrutement. La capitaine était en vacances en Californie au début de l’été, elle a alors reçu une invitation de Miller qui résidait à Palm Springs. Stalder a alors parlé du poste vacant d’entraîneur en chef… et finalement convaincu la technicienne de 62 ans. Le jeu des coïncidences.
L’objectif de Shannon Miller n’est pas seulement de développer l’équipe nationale, mais de mettre en œuvre un véritable système permettant l’essor à tous les niveaux, une filière permettant de relier U16, U18 et seniors, et de nourrir de grandes ambitions pour le Mondial 2028 en Suisse. Le projet s’inscrit à long terme mais la méthode Miller avait montré ses effets en début de saison avec deux victoires contre la Suède et la Finlande au Tournoi de Kloten. Les jeunes talents seront à surveiller, l’attaquante phénomène Norina Müller en tête, seulement 18 ans mais qui ne cesse d’impressionner, notamment en club aux côtés d’une certaine Estelle Duvin. Avec déjà 24 points en 11 matchs sous les couleurs de Fribourg-Gottéron, Müller surpassera ses 30 points de l’année dernière. Elle ne sera d’ailleurs que la troisième fribourgeoise de l’histoire à disputer les championnats du monde… 36 ans après deux pionnières, Christiane Bischofberger et Nicole Schumacher. La Suisse entame donc un nouveau cycle, mais confirmer la médaille de bronze à Milan demeure tout de même un grand défi. Les trois dernières défaites lors du dernier tournoi de l’Euro Hockey Tour (2 buts marqués, 12 encaissés) n’ont toutefois pas rassuré.
Gardiennes : Andrea Brändli (PWHL Detroit), Saskia Maurer (SC Bern / SUI), Chiara Pfosi (EV Zug / SUI).
Défenseuses : Alessia Baechler (Northeastern University / NCAA), Mara Frey (EV Zug / SUI), Nina Harju (EV Zug / SUI), Laure Mériguet (Genève-Servette / SUI), Alena Lynn Rossel (HC Davos / SUI), Lucie Tenenbaum (Minnesota State University / NCAA), Nicole Vallario (New York Sirens), Stefanie Wetli (ZSC Lions / SUI).
Attaquantes : Leoni Balzer (HC Davos / SUI), Elisa Dalessi (HC Davos / SUI), Rahel Enzler (EV Zug / SUI), Nora Harju (ZSC Lions / SUI), Naemi Herzig (Holy Cross University / NCAA), Sinja Leemann (SC Bern / SUI), Ilana Leibundgut (HC Davos / SUI), Jael Manetsch (EV Zug / SUI), Alina Marti (EV Zug / SUI), Alina Müller (PWHL Hamilton), Norina Müller (HC Fribourg-Gottéron / SUI), Luisa Waser (EV Zug / SUI), Ivana Wey (Northeastern University / NCAA), Laura Zimmermann (St. Cloud University / NCAA).

Allemagne
Si on exclut 2022 et un improbable dénouement contre le Danemark, l’Allemagne n’a jamais véritablement été inquiétée par la relégation ces dix dernières années. Le Tournoi olympique de Milan-Cortina a été plutôt satisfaisant, deuxième place de groupe et défaite honorable contre le Canada en quart de finale. Selon l’expérimentée Laura Kluge, il aura manqué « d’un peu d’expérience et de sang-froid », même si l’opposition contre les deux surpuissances nord-américaines ne tourne jamais en leur faveur.
La nouvelle formule des Mondiaux pourrait être profitable à l’Allemagne, capable de battre des équipes longtemps installées dans le confort et la sécurité du groupe A. La Suisse peut en témoigner, battue deux fois (5-1 et 5-3) en avril dernier. A cela s’ajoute un très bon début de saison, la Frauen Mannschaft ayant remporté sa manche à domicile de la Coupe d’Europe des Nations avec trois victoires en trois matchs, ainsi qu’une nette victoire 5-1 sur le Japon le 31 octobre. En tout cas, la fédération allemande (DEB) s’est récemment félicitée « d’une régularité encourageante ». Le Directeur sportif de DEB Christian Künast, ancien dirigeant de la sélection féminine, a d’ailleurs exhorté les clubs et les associations à davantage s’impliquer pour l’essor du hockey féminin. La subvention de 100 000 € accordée par DEB aux équipes de la ligue féminine (DFEL), par exemple, vise à inciter les clubs à créer une équipe féminine.
Côté sportif, la gardienne Sandra Abstreiter demeure toujours la pierre angulaire de la sélection, auréolée du titre PWHL avec Montréal même si elle ne pouvait assurer qu’un rôle de doublure d’Ann-Renée Desbiens. A 28 ans, elle tentera de se faire une place, cette fois-ci à Hamilton et sa nouvelle franchise PWHL, avec un temps de jeu théorique a priori plus important. Une certitude demeure, la Bavaroise, meilleure gardienne du Mondial 2024, reste la titulaire de qui peut permettre à l’Allemagne de rester dans le match, avec toute la confiance de l’entraîneur Jeff MacLeod. En défense, MacLeod pourra se réjouir du retour d’une membre de confiance, Tabea Botthof, qui avait dû déclarer forfait pour les Jeux olympiques. La capitaine et poumon Daria Gleissner et Nina Jobst-Smith – passée de Vancouver à Détroit – continueront de prendre un temps de jeu considérable.
Habituée à un registre plus défensif en PWHL, Laura Kluge, qui a récemment fêté sa 150e sélection, n’a jamais été autant productive en équipe nationale. Une complémentarité est née avec Emily Nix et Nicola Hadraschek-Eisenschmid, le trio a été très performant aux JO. La problématique de la complémentarité ne se pose pas non plus, naturelle celle-ci, pour les jumelles Welcke, Lilli et Luisa, mais elles sont clairement à un tournant majeur de leur jeune carrière, à 24 ans. Les anciennes attaquantes de Boston University, qui ont toujours joué ensemble, tenteront d’être retenues en PWHL mais à deux camps différents : Minnesota pour Lilli, Boston pour Luisa. Pour être dans de bonnes conditions, elles ont toutes deux signé un contrat de six matchs avec Mannheim en DFEL, rejoignant ainsi temporairement leur grand sœur Lea. La contribution des Welcke sera prépondérante dans ce Mondial, mais elle le sera aussi pour la suite de leur carrière. La plus jeune représentante de la délégation allemande aux JO de Milan-Cortina est également présente, Mathilda Heine (17 ans) a littéralement explosé la saison dernière et pourrait créer la surprise dans l’alignement. Alors qu’Anne Bartsch a mis un terme à sa carrière après 168 sélections, l’Allemagne aura tout de même besoin de ses nouvelles leaders, que sont Franziska Feldmeier, Jule Schieffer ou Celina Haider. Histoire de se faufiler en quart de finale.
Gardiennes : Sandra Abstreiter (PWHL Hamilton), Lisa Hemmerle (ERC Ingolstadt / ALL), Chiara Schultes (ECDC Memmingen Indians / ALL).
Défenseures : Daria Gleissner (ECDC Memmingen / ALL), Ronja Hark (ECDC Memmingen / ALL), Carina Strobel (ECDC Memmingen / ALL), Hanna Weichenhain (Eisbären Juniors Berlin / ALL), Emilija Birka (ECDC Memmingen / ALL), Nina Jobst-Smith (PWHL Detroit), Tara Schmitz (Mad Dogs Mannheim / ALL), Tabea Botthof (Mad Dogs Mannheim / ALL).
Attaquantes : Marie-Christin Schmid (ECDC Memmingen / ALL), Nicola Hadraschek-Eisenschmid (ECDC Memmingen / ALL), Jule Schiefer (ECDC Memmingen / ALL), Nina Christof (Modo Hockey / SUE), Franziska Feldmeier (Eisbären Juniors Berlin / ALL), Celina Haider (Eisbären Juniors Berlin / ALL), Mathilda Heine (Eisbären Juniors Berlin / ALL), Laura Kluge (Boston Fleet), Emily Nix (Frölunda HC / SUE), Svenja Voigt (Färjestads BK / SUE), Lilli Welcke (Minnesota Frost), Luisa Welcke (Boston Fleet), Alexandra Boico (Bishop Kearney Selects / 19U AAA), Aileena Dopheide (ERC Ingolstadt / ALL).

Autriche
Le hockey autrichien va connaître un moment historique à l’occasion de ce Mondial puisque sa sélection féminine va disputer pour la première fois de son histoire un championnat du monde élite. Cette performance, les Autrichiennes y sont parvenues en 2025 en remportant la Division 1A à Shenzhen. Un triomphe que l’on attendait un jour ou l’autre, mais cette promotion devenait incompatible avec les conditions que connaissaient les joueuses. Le ras-le-bol a pris de l’ampleur en mars et n’a cessé d’enfler, d’autant que la fédération autrichienne (ÖEHV) ne semblait pas réceptive aux doléances, légitimes, de son équipe féminine, nous en avions parlé en détails. Finalement, une entente a été trouvée début septembre, assurant de meilleures conditions aux joueuses. Cela paraissait indispensable, d’autant plus quand le Directeur général de l’ÖEHV Alexander Helwing, ancien cadre chez Amazon et en poste depuis un an, claironne en voulant faire du hockey « le deuxième sport collectif d’Autriche ».
Alors que les neuf points de revendication ont été satisfaits, ÖEHV a annoncé dans la foulée l’arrivée de deux grandes figures du hockey féminin, Gina Kingsbury et Melody Davidson. Kingsbury a été nommée Directrice générale mais uniquement le temps de la compétition, elle restera toutefois impliquée par la suite comme conseillère de la sélection. Rappelons que Kingsbury, en plus d’avoir œuvré pour le hockey français par le passé, était impliquée au sein de Hockey Canada depuis 2018 dont quatre dernières saisons en tant Manager général, en plus d’assumer ce rôle à Toronto. Quadruple championne olympique, Melody Davidson agira quant à elle comme consultante. Ces deux grandes personnalités du hockey canadien rejoignent l’entraîneur des gardiennes Pierre Groulx, déjà recruté au préalable, qui compte 15 ans d’expérience en NHL, il a notamment travaillé avec Martin Brodeur et Carey Price. A Kingsbury, Davidson et Groulx s’est également ajoutée Rachel Flanagan, adjointe aux Toronto Sceptres. L’Autriche, démunie sur de nombreux aspects il y a peu, se retrouve avec un staff cinq étoiles. D’ailleurs, l’équipe se réunissait avant le Mondial au tout nouveau centre d’entraînement national de Villach, l’infrastructure est censée jouer un rôle majeur dans le développement du hockey féminin.
Au sens propre comme au figuré, l’Autriche s’est donnée les moyens pour faire bonne figure, et tenter d’éviter la relégation. L’entraîneur Alexander Bröms croit en ses chances de victoire, on imagine qu’il ne serait pas contre d’éviter le fameux match couperet mis en place à partir de cette année. Cependant l’alignement est jeune, 24 ans de moyenne d’âge. Un come-back n’est cependant pas passé inaperçu, celui d’Eva Beiter, 37 ans. Beiter avait mis un terme à sa carrière en 2023, avant de revenir au jeu deux ans plus tard. Sa présence au camp de Klagenfurt début octobre était un coup de poker… et Bröms l’a finalement retenue.
Sur les vingt-cinq joueuses de l’alignement, treize évoluent à l’étranger, dont six dans les universités américaines. La jeune gardienne Magdalena Luggin est d’ailleurs une tête d’affiche en NCAA avec de solides prestations… mais sa grande sœur Selma, qui occupe le même poste et qui évolue à « la maison », semble toujours en position de force, surtout aux yeux de Bröms. Theresa Schafzahl, dont le transfert de Boston à Seattle en PWHL lui a fait le plus grand bien, fait figure de meneuse offensive, tandis qu’Annika Fazokas demeure le pilier défensif. Enfin, la capitaine Anna Meixner, qui avait mené la fronde envers la fédération, est désormais gonflée à bloc, elle disputera son 13e championnat du monde. La toujours exemplaire Meixner mènera cette jeune escouade, pour le plus grand défi de son histoire.
Gardiennes : Anja Adamitsch (KSV Highlanders / AUT), Magdalena Luggin (Mercyhurst University / NCAA), Selma Luggin (Sabres St. Pölten / AUT).
Défenseures : Anna Billa (College of the Holy Cross / NCAA), Annika Fazokas (EV Zug / SUI), Antonia Matzka (Sabres St. Pölten / AUT), Emma Mörtl (Sabres St. Pölten / AUT), Laura Nagy (Long Island University / NCAA), Lisa Schröfl (KSV Highlanders / AUT), Artemis Tekin (Sabres St. Pölten / AUT), Charlotte Wittich (Sabres St. Pölten AUT).
Attaquantes : Eva Beiter (SC Hohenems / AUT), Lena Dauböck (KSV Highlanders / AUT), Tamara Grascher (Graz99ers Huskies / AUT), Emma Hofbauer (Providence College / NCAA), Leonie Kutzer (EV Zug / SUI), Emma Lintner (EV Zug / SUI), Marja Linzbichler (Norwich University / NCAA), Anna Meixner (Brynäs / SUE), Hanna Obermayr (Sabres St. Pölten / AUT), Emma Pfeffer (Merrimack College / NCAA), Vanessa Picka (Leksands IF / SUE), Theresa Schafzahl (Seattle Torrent), Amelie Suppan (Sabres St. Pölten / AUT), Anja Trummer (ZSC Lions / SUI).































