Pour cette 4e journée de championnat de Division 1, le Lyon Hockey Club (5e, 6 points) reçoit l’Étoile Noire de Strasbourg (10e, 5 points). Les deux équipes s’avancent vers ce rendez-vous après avoir été éliminées plus tôt dans la semaine en Coupe de France. Après avoir résisté un tiers (3-3 après 20 minutes), les Lions ont ensuite subi la furie grenobloise (défaite 4-10). Les Alsaciens ont quant à eux été battus sur la plus petite des marges à Paris par les Français Volants (1-0) pourtant pensionnaires de Division 2. C’est donc une Etoile Noire en quête d’automatismes offensifs (seulement 6 buts marqués à leurs 3 premiers matchs) et confrontée à la défection du défenseur Alex Wilkins, reparti aux États-Unis (Fresno, FPHL) qui se présente en la patinoire Charlemagne.
La saison passée, l’Etoile Noire s’était largement imposée à domicile (8-3 lors de la 8e journée avec 4 points de Sébastien Trudeau, 3 points pour Ondrej Kopta, Risto Saarinen et Tanner Main). Le match retour avait accouché d’un scénario fou. Alors que les Lions se dirigeaient vers une victoire (ils menaient 6-3 à la 47e minute), ils avaient vu les alsaciens égaliser dans les dernières secondes et s’imposer en fusillade avec des réussites de Trudeau, Alejandro Burgos-Ramirez et un Tomáš Hiadlovský parfait face aux tireurs lyonnais.
Un premier acte physique et haché
Devant un peu plus de 2 100 spectateurs massés à Charlemagne (l’affluence étant freinée par l’absence de desserte des transports en commun en raison de manifestations sur la Presqu’île), le ton est donné dès les premières secondes. Maxence Leroux et Lucas Chautant orchestrent une première combinaison mais Nathan Bermond-Gonnet est trop court pour reprendre. Dans la foulée, Ranel Vafin profite d’un palet de relance intercepté pour décocher une première banderille, repoussée de l’épaule par Hiadlovský. Les contacts se multiplient immédiatement et sans retenue : Jason Horvath expédie sans ménagement Peter Valier dans la bande sous la bronca du public lyonnais, avant que Pierre Vervoort ne cueille Thomas Giorgi d’un solide coup d’épaule devant la table de marque. Le numéro 12 strasbourgeois reste un long moment au sol avant de regagner péniblement son banc.
Alors que le powerplay lyonnais est à la peine depuis le début de saison (0 sur 10 en championnat et encore 0 sur 4 mardi en Coupe de France), celui-ci va enfin trouver la faille. Chad Langlais décoche un lancer à ras glace qui vient heurter les jambières de Hiadlovský. Dans la confusion, Louis Olive, en voulant faire le ménage, accroche et emporte dans sa chute Enzo Baravaglio, gênant par la même occasion son propre gardien. Le palet libre profite à Valier, qui ne se fait pas prier pour ouvrir le score dans la cage déserte (1-0, 06’57’’, illustration ci-dessous).
Strasbourg tente de réagir, notamment par l’intermédiaire de deux de Sébastien Trudeau qui échoue face à Michael Luba. La tension monte d’un cran lorsque Erwan Plantrou plaque violemment Thomas, au point de manquer de le faire basculer par-dessus le banc rhodanien : un début de bagarre éclate entre les deux joueurs (15e). Le jeu s’enlise dans un faux rythme, haché par les hors-jeu et les dégagements interdits, avant qu’un raté de relance strasbourgeois ne permette à Mattis Chapuis de frôler le break juste avant la sirène.
Maxence Leroux score “at the buzzer”
Le deuxième tiers-temps débute sur les chapeaux de roue avec une pénalité différée sifflée contre Valier après à peine quinze secondes. Durant cette séquence à six contre cinq, Luba doit s’employer à deux reprises à bout portant devant Giorgi. Le powerplay alsacien s’installe durablement grâce au travail de sape de Bryan Ten Braak venu masquer la vue de la cage. Copie conforme du but lyonnais : un lancer lointain retombe dans le trafic, Luba se retrouve sur les fesses et, après un temps de cafouillage dans l’enclave, Trudeau finit par égaliser (1-1, 22’04’’, illustration ci-dessous).
Le match prend alors des allures de bataille de tranchées. Les espaces sont verrouillés et les opportunités naissent d’exploits individuels, comme lorsque Chapuis élimine toute la défense strasbourgeoise avant de buter en deux temps sur Hiadlovský (31e). Le tournant psychologique du tiers survient peu après : sanctionné pour un coup de crosse, Jason Horvath laisse éclater sa frustration depuis le banc d’infamie en frappant violemment le plexiglas, écopant d’une pénalité majeure alourdie de 2+10 minutes. Malgré quatre minutes de supériorité numérique consécutives, Jack Tucker et Olivier Dame-Malka artillent de loin mais se heurtent à un bloc alsacien bien en place et à un Hiadlovský vigilant. Passée la tempête, l’Étoile Noire pousse à son tour en avantage numérique : Vít Budínský décale Ten Braak, qui manque d’un cheveu de dévier victorieusement. En infériorité numérique, Vafin subtilise un palet à Olive sur la ligne rouge, mais perd son duel face à un Hiadlovský impérial avec sa crosse au sol.
Alors que l’on se dirige vers un score nul à la pause, le coup de génie lyonnais tombe dans les dernières seconde. Leroux récupère un palet opportuniste en zone neutre, profite du positionnement trop attentiste de la charnière défensive strasbourgeoise et décoche un tir croisé chirurgical sous le bouclier (2-1, 19’58’’, illustration ci-dessous). Un timing parfait pour le LHC, d’une cruauté absolue pour les visiteurs.
La frustration accumulée explose au retentissement de la sirène : Enzo Poirot percute Luba alors que ce dernier regagne les vestiaires. Le portier lyonnais tombe à la renverse, provoquant la colère immédiate de Chad Langlais et Jack Tucker suivi par d’autres lyonnais qui viennent au secours de leur gardien. Une mêlée générale éclate avant que les arbitres ne parviennent, dans un climat bouillant, à renvoyer tout le monde aux vestiaires.
Une fin de match sous pression
Après un conciliabule entre arbitres et capitaines, le corps arbitral fait preuve de mesure en limitant les sanctions à deux minutes pour Poirot et Luba. Dès l’entame de la troisième période, Leroux, l’ancien de la maison strasbourgeoise (passé par es U18 et U22 et ayant disputé 83 matches de Magnus avec l’Etoile Noire) fait mal à son ancien club. Bien servi par Vafin, il s’infiltre entre les défenseurs et soulève habilement le palet du revers hors de portée de Hiadlovský (3-1, 41’41’’, illustration ci-dessous).
Strasbourg refuse d’abdiquer : Shanouk Boiteau gratte un palet dans l’arrondi et sert Horvath, dont la tentative puissante est captée fermement de la mitaine par Luba.Les vagues se succèdent : Vafin loupe le coche du KO au bout de sa palette à la 45e minute, et sur le contre immédiat, Luba doit allonger la botte face à Budínský. L’Étoile Noire est récompensée de ses efforts dans la foulée : sur une récupération haute en zone offensive, Trudeau décale Owen Dugas, totalement oublié au second poteau, qui ajuste le portier lyonnais d’un tir limpide depuis le point d’engagement (3-2, 45’09’’).
Les dernières minutes s’écoulent dans une tension palpable. Chaque formation gère ses infériorités et court après la montre. À un peu plus d’une minute et demie du terme, l’entraîneur Michal Duras jette ses dernières forces dans la bataille en sortant Hiadlovský au profit d’un sixième patineur, mais c’est Peter Valier, qui scelle le sort de la rencontre en marquant dans la cage vide (4-2, 59’53’’).
Au terme d’un combat intense digne des séries, Lyon empoche une victoire précieuse qui lui permet de s’emparer de la 2e place du classement (à égalité de points avec Dunkerque, Villard-de-Lans et Neuilly-sur-Marne, à une petite longueur du leader nantais). Solides défensivement et résilients malgré la résistance adverse, les Lyonnais devront toutefois régler la mire en supériorité numérique. Côté strasbourgeois, les maux offensifs persistent (seulement 2 buts inscrits et 19 tirs cadrés ce soir).
Prochain rendez-vous : Lyon se déplacera dès mardi sur la glace du champion en titre, Cholet, actuellement en difficulté (toujours sans victoire après trois matches), tandis que Strasbourg recevra Dunkerque à domicile.
Fiche du match
Lyon - Strasbourg : 4-2
(1-0, 1-1, 2-1)
| Compétition | Division 1 - 4e journée |
|---|---|
| Date | |
| Patinoire | Patinoire Charlemagne |
| Affluence | 2 113 spectateurs (64 % de remplissage) |
| Arbitres | Mikaël Rommevaux, Thomas Berruex ; assistés de Guillaume Barthe, Pierre-Louis Jullian |
| Pénalités | Lyon : 12' (4', 4', 4') ; Strasbourg : 22' (4', 4'+10', 4') |
| Tirs | Lyon : 34 (10, 15, 9) ; Strasbourg : 19 (6, 9, 4) |
| Engagements | Lyon : 31 (8, 13, 10) ; Strasbourg : 32 (15, 7, 10) |
Évolution du score
1-0 à 06'57 : Valier assisté d’Addama et Baravaglio (sup. num.)
1-1 à 22'04 : Trudeau assisté de Ten Braak et Giorgi (sup. num.)
2-1 à 39'58 : Leroux assisté de Tucker
3-1 à 41'41 : Leroux assisté de Vafin et Vervoort
3-2 à 45'09 : Dugas assisté de Kopta et Olive
4-2 à 59'53 : Valier assisté de Vafin et Chapuis (cage vide)
Composition Lyon
Attaquants :
Défenseurs :
Gardien :
Remplaçant : Maxence Barbaret (G). Absents : Evan Andraud (blessé), Slavomir Tomko, Yevgeni Nikiforov, Mattéo Bertrand, Mattéo Baravaglio.
Composition Strasbourg
Attaquants :
Défenseurs :
Gardien :
Remplaçant : Gauthier Siegel (G). Absents : Lucas Senecha, Hugo Deberge, Nathan Goncalves, Merlin Gendreau.












































