Il y a des soirées comme ça. Des soirs où pas grand-chose ne vous sourit. Certains parleront de réussite. D’autres vous diront que c’est de la chance. Qu’importe, finalement. Dans les deux cas, cela se provoque. Hier soir, ce sont les Corsaires, tout droit venus de Nantes, solidement accrochés au navire qui les mène en tête du championnat de D1, qui ont été les maîtres d’un incroyable rendement, aussi bien défensivement qu’offensivement.
Dans une ambiance plus feutrée que lors de la victoire face à Morzine-Avoriaz (4-2), les Comètes reviennent à domicile pour retrouver le goût de la victoire, après deux défaites consécutives à l’extérieur (3-2 à Valence, 4-1 face à Villard-de-Lans). Côté nantais, le début de saison n’a rien à voir avec la saison passée : les Corsaires occupent la première place du classement (4 victoires, 1 défaite aux tirs au but).

Les locaux, vêtus de leurs chandails roses, veulent montrer, à peine le palet déposé sur la glace, qu’ils sont à domicile. Les joueurs de Kévin Arrault démarrent la rencontre tambour battant : moins de deux minutes de jeu et Ugo Lollier voit son revers toucher le poteau, avant que Sapelkine ne tente sa chance à la bleue. Les lancers s’enchaînent côté francilien, avec Mahieu, Lindblom ou Albin Torstensson qui touche lui aussi le montant de la cage d’Ethan Langenegger.
Le bateau des hommes de Frank Spinozzi tangue très fort ; ils tentent de réagir, mais les palets lancés ne tombent que dans la mitaine de Tanner Wickware. Et alors qu’ils pensaient avoir laissé passer l’orage, les Mariligériens cèdent peu après la mi-tiers. Sur une contre-attaque, Ugo Lollier prend de vitesse la défense des joueurs en blanc, se présente plein centre face au portier adverse et ajuste un lancer qui vient se loger dans la lucarne droite d’un Langenegger impuissant (1-0, 10’16”).
Pas rassasiées par cette ouverture du score, les Comètes veulent profiter de la mauvaise entame nantaise. Récupérant un palet à la ligne bleue en zone offensive, Emil Lindblom a l’occasion de doubler la mise en se présentant seul sur la gauche du front de l’attaque, mais son lancer est écarté par le gardien.

Les visiteurs sont moins saignants que leurs adversaires du soir jusqu’ici, en témoigne le lancer de Brites qui vient se loger directement dans la mitaine de Wickware. Il faudra attendre les dernières minutes de la première période et une fin de pénalité nantaise pour voir les Corsaires revenir à hauteur des Meudonnais. Sur une merveille de passe de Frédéric Potvin, Ryan Coughlin mène une contre-attaque éclair. Se retrouvant seul devant le gardien des locaux, l’Américain dribble Wickware et marque dans le but vide (1-1, 16’59”).
Et les supporters, en nombre pour un soir de semaine de vacances, vont subir un autre coup de froid à quelques secondes du terme de cette première période. À l’issue d’une mise sous pression de la défense alto-séquanaise, la passe de Luke Zazula trouve dans l’enclave Joan Cerda, qui, du revers de la main droite, trompe Wickware dans son petit filet gauche.
Si la fin du premier tiers a été fatale aux Comètes, le début du deuxième acte n’est pas loin d’en être de même. Un attaquant des Mariligériens se retrouve seul à la ligne bleue de la zone défensive meudonnaise. Un changement de ligne trop long pour les locaux, qui n’encaissent pas de troisième but, le joueur des Corsaires ne parvenant pas à lancer le palet.
Le début de ce deuxième tiers est à l’opposé du premier : ce sont les joueurs de Frank Spinozzi qui font la loi face aux Comètes. Sacha Brzezula fait le tour de la cage, échange le palet avec un coéquipier, mais voit son lancer être détourné par le portier meudonnais. Le MHC tente de répondre à cette grosse entame nantaise, mais ni Lindholm, ni Lacheny, pas loin de trouver Mony sur un contre, n’arrivent à trouver la faille.

Le milieu de deuxième tiers est plus creux : on assiste à une bataille pour récupérer le palet au milieu de la glace, en zone neutre, et les arrêts de jeu sont plus fréquents. Mais cette période est à l’avantage des blancs, qui remettent leur dangereux jeu offensif en place. Le lancer de William Filteau est écarté par Tanner Wickware. Les coéquipiers en rose du n°67 ne sont d’ailleurs pas loin de craquer sur une nouvelle contre-attaque ; heureusement pour les Comètes, le danger est écarté in extremis par un retour salvateur de Sapelkine.
Les Nantais font la loi dans la moitié de terrain des Comètes, et sont plus dangereux que leurs adversaires du soir sur leurs percées offensives. Wickware est plus sollicité, à l’image de cet énorme lancer de Ferrari qui ne trouve pas le cadre.
Alors que les joueurs de Kévin Arrault avaient fait le siège des buts de Langenegger, les Corsaires punissent les Franciliens. Le palet revient depuis la zone offensive de Meudon jusqu’à Wickware, qui sort de l’enclave pour relancer la rondelle rapidement. Mais sa passe à mi-hauteur n’est pas captée de la main par l’un de ses partenaires. Un attaquant nantais lance alors Joan Cerda dans la profondeur. Le Franco-Espagnol profite de l’appel d’un de ses coéquipiers sur sa gauche pour tenter sa chance face au gardien et placer un lancer qui entre grâce au poteau droit (1-3, 34’08”).
Sanctionné, Meudon se rebelle, en vain. Le lancer de Lucas Hacala dans un angle fermé ne trouve pas le cadre ; celui de Lollier, qui se dirigeait vers la lucarne droite, est écarté du bras par Langenegger ; et Lindholm, en deux temps, debout sur les patins puis au sol, ne parvient pas à tromper le portier de Nantes.
Les Alto-Séquanais sont tout proches de subir un quatrième but dans les dernières secondes de ce second acte ; heureusement pour les joueurs tout de rose vêtus, le trio d’attaque des Corsaires, voulant jouer à trois, est trop altruiste, et la dernière passe est mal ajustée alors que Wickware était battu.

La troisième et dernière période redémarre sur les chapeaux de roues. D’abord avec Johan Lindholm, qui ne peut tromper la vigilance de Langenegger, puis par Julien Msumbu dans les rangs de Nantes, qui intercepte une mauvaise transmission à l’issue d’un engagement pourtant en faveur des Comètes, mais son lancer à bout portant ne trouve pas le chemin des filets. Tanner Wickware doit faire preuve d’une extrême vigilance pour maintenir son équipe à deux buts d’écart. Une perte de palet de sa défense l’oblige à réaliser un double arrêt.
Dans ce milieu de dernier tiers, les Comètes mettent la pression sur les visiteurs, à l’image de ce lancer d’Ugo Lollier, collé à la bande sur la droite de l’attaque, écarté de la botte par le gardien des Corsaires. La défense nantaise plie, mais ne rompt pas, notamment sur un double lancer de Lindholm puis d’Axel Abrahamsson.
Contre le cours du jeu, Nantes inscrit le cinquième but sur sa première occasion depuis quelques minutes, et la plus dangereuse depuis la reprise. En contre et en supériorité numérique (3 contre 1), Rémi Thomas profite des appels de ses partenaires pour défier Wickware et loger le palet dans le petit filet opposé (1-4, 48’08”).
La chance n’est pas du côté des locaux ce soir, qui butent sur un excellent Langenegger, meilleur gardien de la ligue avec plus de 97% d’arrêts. La muraille nantaise capte le lancer d’Emil Lindblom, avant d’empêcher Yoanne Lacheny de réduire la marque depuis un angle fermé, et d’écœurer Lollier, qui s’essaie en reprenant un rebond à l’issue d’une tentative lointaine de Lindholm.
Le coup de grâce sera porté à moins de trois minutes de la fin par les visiteurs. Sur l’une des rares attaques placées des Corsaires, le palet circule bien devant la cage de Meudon, et à l’issue d’une série de passes, le capitaine Rémi Thomas vient mettre en défaut la défense locale, qui cède pour une cinquième et dernière fois dans ce match (1-5, 57’08”).
Désignés meilleurs joueurs du match : Ugo Lollier (Meudon) et Joan Cerda (Nantes)

(Illustrations : Soran Ighilkrim)
Commentaires d’après-match :
Frank Spinozzi (entraîneur de Nantes) : « Ça a été un match comme on en joue depuis le début de la saison ; avec notre gardien qui nous garde dans tous les matchs. On a été efficaces, ce soir, offensivement, ça fait du bien d’avoir des buteurs différents. On est très conscients qu’on n’est pas une puissance de la ligue, mais on travaille. Les joueurs méritent tout ce qu’il leur arrive en ce début de saison. On avait un plan au niveau de notre unité défensive en infériorité numérique. On est content d’avoir marqué deux buts là-dessus, c’est toujours un bonheur de marquer des buts en infériorité. »
Kévin Arrault (entraîneur de Meudon) : « Le sentiment qui prédomine, oui, c’est de la déception. Autant sur les deux matchs à Valence et à Villard-de-Lans, on n’a pas déroulé le jeu proposé depuis le début de saison, autant ce soir, j’ai retrouvé l’identité de l’équipe. On a dominé sur les lancers. Ce ne sont que des statistiques, mais là où on avait péché sur nos deux derniers matchs, c’était au niveau des lancers. On n’avait pas été dangereux. Là, on a vraiment beaucoup de lancers. On fait 5 erreurs, et au niveau de la D1, au niveau de ce championnat, 5 erreurs, tu le payes cash. Je suis déçu pour les joueurs, parce qu’ils travaillent du début jusqu’à la fin. Cette énergie qu’on met dans le travail, même quand le score est en notre défaveur, ça va payer à un moment donné.
Ce qui m’a plu quand même ce soir, c’est l’intensité de jeu. À Valence et à Villard on démarre très mal, mais ce soir, on a joué 60 minutes. Je suis triste pour eux parce qu’ils méritaient mieux. Est-ce qu’ils méritaient la victoire ? Je suis sûr. Ou est-ce qu’on méritait, dans cette D1, de prendre un point ? Je suis sûr aussi. Le score est sévère pour l’engagement fourni ce soir.
On est toujours en chantier sur les supériorités numériques. C’est comme quand on joue à 5 contre 5 : on domine aux lancers, mais le palet ne traverse pas la ligne de but. Il s’agit de mettre encore plus d’engagement. À Villard, je disais qu’on était qu’on était moins killers. Ce soir, on a retrouvé le chemin du filet en mettant beaucoup plus de lancers. Maintenant qu’on a fait ce premier step-là, il va falloir travailler encore plus fort pour mettre le palet derrière la ligne, quel que soit le moyen. »

Meudon – Nantes 1-5 (1-2, 0-1, 0-2)
Mardi 27 octobre 2026 à 20h00 à l’UCPA Sports Station. 602 spectateurs.
Arbitres : Jérémie Collin et Charles-Edouard Salmon assistés de Charles Beaudoin et Alban Deslarte
Pénalités : Meudon 2′ (0, 2′, 0) ; Nantes 4′ (2′, 2′, 0).
Tirs : Meudon 45 (15, 12, 18) ; Nantes 29 (11, 8, 10)
Engagements : Meudon 49 (14, 15, 20) ; Nantes 27 (9, 11, 7)
Évolution du score :
1-0 à 10’16” : Lollier assisté de Lacheny
1-1 à 16’59” : Coughlin assisté de Potvin
1-2 à 19’37” : Cerda assisté de Zazula et Coughlin
1-3 à 34’08” : Cerda
1-4 à 48’08” : Thomas assisté de Lochu et Ardouin
1-5 à 57’08” : Brites assisté de McGrath et Brzezula
Meudon
Attaquants :
Justin Svenson – Emil Lindblom – Johan Lindholm
Yoanne Lacheny (C) – Ugo Lollier – Antoine Mony
Lucas Hacala (A) – Matteo Mahieu – Idris Blanchet
Jean Hervé – Hugo Bernier – Arthur Mattioni
Défenseurs :
Sahrane Zinger – Owen Fossey
Alex Pisarik – Thibaut Sapelkine
Albin Torstensson (A) – Axel Abrahamsson
Gardien :
Tanner Wickware
Remplaçant : Émile Gouranton (G). Pas d’absents.
Nantes
Attaquants :
Ryan Coughlin – William Filteau (A) – Frédéric Potvin
Sacha Brzezula – Joan Cerda – Hugo Ferrari
Rémi Thomas (C) – Connor McGrath – Evan Chauvel
Julien Msumbu – Raphaël Cacheux – Benoit Valier
Défenseurs :
Wille Edqvist (A) – Eliot Ardouin
Matthieu Rouxel – Raphaël Brites
Émilien Lochu – Luke Zazula
Gardien :
Ethan Langenegger
Remplaçant : Côme Soghomonian (G). Absents : Alexander Yakimenko (suspendu), Mathieu André, Thomas Dogémont.

































