Les saisons s’enchaînent mais ne se ressemblent pas au Petit-Port. Après un exercice 25/26 très compliqué, ponctué par sept matchs à l’extérieur pour ouvrir la saison, une première victoire (au TAB) au bout du cinquième match et une série de play-off jusqu’au bout du bout contre le HCMP, les Corsaires de Nantes ont tout changé… et ça marche. Deuxièmes, derrière Caen, au coup d’envoi de la rencontre face à Morzine-Avoriaz, les hommes de Frank Spinozzi ont l’occasion de prendre le fauteuil de leader en cas de victoire à domicile (le match Caen/Cholet étant reporté). Morzine, de son côté, doit renouer avec la victoire pour espérer sortir de la zone rouge dans laquelle les Pingouins sont englués avec Cholet, Valenciennes et Épinal.

Premiers sur le palet, les visiteurs doivent pourtant faire face dans ce début de match à un pressing nantais assez fort. Avec plusieurs joueurs en zone de récupération haute et une transition rapide en une-deux pour faire remonter le palet depuis la zone défensive, les coéquipiers de Rémi Thomas imposent un rythme musclé d’entrée de jeu à leurs adversaires. Connor McGrath et Eliot Ardouin organisent chacun leurs lignes respectives tandis que la nouvelle recrue nantaise donne ses premiers coups de patin à domicile. Après, il est plutôt difficile de le louper. 1,93m pour 100Kg, troisième meilleur pointeur de D1 l’an dernier, Frédéric Potvin fait sensation au Petit-Port pour son retour en France. Lâché par Valenciennes à l’intersaison, le Canadien avait pris la direction de l’Allemagne et des Dragons d’Erfurt avant de refranchir le Rhin pour poser ses valises sur les bords de l’Erdre. Avec son numéro 72 dans le dos (temporaire), il vient renforcer une attaque prolifique (8 buts en 3 matchs) et se greffer à un groupe « qui vit plutôt bien » (déclaration de Julien Msumbu et Joan Cerda).
Malgré ce début positif, Nantes va se retrancher en zone défensive et laisser les joueurs des Alpes développer leur jeu. Une stratégie qui paye puisque la défense nantaise et le portier, en la personne d’Ethan Langenegger, vont fermer les cages face aux assauts de Lebrun-Gibert et Alvau. La situation se complique lorsque Mathieu André prend la direction du banc des pénalités (3’41). Une unité spéciale bien gérée par les Corsaires qui vont même jusqu’à récupérer l’égalité numérique après l’exclusion pour deux minutes de Maxim Ziuziakin pour une obstruction (4’09). À armes égales, Corsaires et Pingouins ne font pas sensation jusqu’à ce que Côme Laprun percute Ethan Langenegger sur sa droite après une perte de contrôle très proche de la cage. Une situation qui a pour effet de piquer Rémi Thomas, qui, en bon capitaine, va faire comprendre au défenseur français que l’on ne touche pas à son gardien.
Le tir de Luke Zazula, sur l’attaque qui suit, fait un rebond derrière la cage adverse et rejoint la crosse de Julien Msumbu qui pense ouvrir le score sur un tir face à un gardien battu. Mais l’attaquant nantais ne s’ouvre pas assez l’angle et tir dans le petit filet extérieur et fait passer un frisson parmi les 1445 spectateurs (6’10). Les Corsaires ont une nouvelle opportunité quelques minutes plus tard avec la pénalité contre Valtteri Virtanen pour cinglage (8’18), malheureusement infructueuse pour les locaux. Le seul enseignement a tiré dans cette phase spéciale, c’est que les esprits continus de s’échauffer et que le power play nantais est encore mis en échec. Le premier tiers se poursuit dans plus de calme et un équilibre parfait. Le gardien nantais montre une fois de plus pourquoi le surnom de « nouveau Luba » circule dans les travers de la patinoire : de par sa régularité dans les cages, mais également sa mauvaise manie de faire bouger la cage (déjà sanctionné deux fois toute compétition confondue en ce début de saison). De l’autre côté, la cage d’Arthur Comte est le théâtre des échauffourées entre attaquants nantais et défenseurs alpins suite aux gels de palet du portier français.
Le tiers se finit sur une succession de pénalité. Candide Petit et Mathieu Rouxel prennent la direction du banc pour des retards de jeu, tandis que William Filteau se rend coupable d’une obstruction. Des power et box play qui sont infructueux et qui posent une question : que faudra-t-il pour que la rencontre se débloque ?
La réponse ne vient pourtant pas tout de suite. En infériorité à la reprise du jeu, les Nantais font le dos rond face aux assauts adverse L’envie est là, mais ce sont pourtant les Morzinois qui font le jeu. Maheut, Lebrun-Gibert, Alvau… Les attaquants alpins ne sont pas en réussite et se heurtent à un mur. Avec seulement trois buts encaissés en trois match (un par match en moyenne) la défense nantaise tient son rang et prouve une fois de plus son efficacité. Les imprécisions font aussi leur part des choses. Compliqué d’amorcer une attaque dangereuse quand le palet ne parvient pas directement dans la crosse. Plusieurs fois Ethan Langenegger doivent pourtant s’employer, laissant le navire à flot, mais concédant du terrain à chaque minute. Quelques coups d’éclats des Corsaires remettent le jeu dans une forme d’équilibre, comme le contre de Connor McGrath et de Benoît Valier, qui bute sur la botte droite d’Arthur Comte, bien en jambe dans cette partie (27’18). Les hommes de Frank Spinozzi vont jusqu’à se faire peur en étant une nouvelle fois réduit en nombre. Wille Hedqvist prend deux minutes pour une crosse haute et laisse ses partenaires face à cinq Morzinois (27’58). Une situation bien gérée par les bleus et blanc qui mettent du cœur à l’ouvrage, repousse les vagues adverses et impose un défi physique et tactique.
La délivrance vient du numéro 77 des Corsaires, Connor McGrath. Lancé en profondeur par une transversale en cloche de Julien Msumbu, l’attaquant canadien récupère le puck après que Mahé Forestier rate son interception et laisse son adversaire filer au but. Face au portier morzinois, l’attaquant Corsaire ne se fait pas prier. Feinte à droite, palet flissé à gauche… Et ouverture du score devant une patinoire en liesse (1-0, 31’28). Contre le cours du jeu Nantes, mène, mais va rapidement revenir à la réalité avec l’égalisation d’Adam Maheut. Contournant tout le bloc défensif, le français shoot à longue distance, bien couvert par partenaires venus masquer le tir. À la mi-hauteur côté mitaine, le numéro 1 des Corsaires voit, impuissant, ses filets trembler (1-1, 33’21). Le match est enfin lancé et le momentum va encore durer. Sur une récupération haute de William Filteau, Ryan Coughlin récupère le palet, le décale pour Frédéric Potvin. La recrue du soir ne se fait pas prier, et d’un tir pur, fusille la lucarne opposée d’Arthur Comte, battu une nouvelle fois sur sa gauche (2-1, 34’28).
Le tiers se termine cette fois de manière beaucoup plus calme, laissant le jeu se dérouler et le palet filer d’un côté à l’autre de la glace. Arthur Comte et Ethan Langenegger ne sont plus vraiment inquiété, et Sacha Brzezula fait la démonstration à l’ensemble du Petit-Port de se talents de patineur après un saut au dessus d’un de ses adversaires.
Les Pingouins entrent alors dans un contre la montre. 20 minutes pour recoller au score et, idéalement passer devant. Une opération mal débutée puisque, à peine revenu des vestiaire, Candide Petit retourne sur le banc des pénalités. Cette pénalité du numéro 28 des Alpins va leur coûter cher, puisqu’elle va permettre aux Corsaires d’aborder de manière sereine ce troisième tiers, avec un jeu déployé de leur zone défensive jusqu’à la cage adverse, sans réellement s’installer dans la moitié de terrain adverse. Conséquence de tout ça, les Corsaires élargissent la défense des Pingouins, l’étire dans toute sa longueur et trouvent la faille. Derrière son but, Raphaël Brites trouve une merveille de passe en profondeur pour Sacha Brzezula. La connexion entre les deux joueurs formés à Cergy-Pontoise est parfaite et fait trébucher Mahé Forestier. Le 95 des Corsaires part alors en solitaire, se présente devant Arthur Comte, feinte à droite, refeinte à gauche et pousse la rondelle derrière la jambe droite de son opposant (3-1, 43’32). La bonne opération aurait pu s’arrêter là pour les Corsaires. Deux buts d’avance à 16 minutes du terme, ils pouvaient désormais entrer en gestion. Mais la sortie de Mathieu André pour un accrochage relance les espoirs morzinois.
Alors que la pénalité nantaise était en train de se finir, les joueurs de Mathieu Jestin trouvent la faille. Sur un cafouillage à droite du but, Maxim Ziuziakin ressort le palet pour Marcus Karlsson qui envoie à Casper Andersson, qui, d’un « one-timer », trouve le rebond sur la botte de Langenegger, directement dans le filet nantais (3-2, 46’37). Un bon rappel à l’ordre pour des Corsaires qui vont vivre dix dernières minutes sous l’eau. La nouvelle pénalité contre Mathieu André ne viendra pas rassurer les coéquipiers de Rémi Thomas, au contraire. Deux nouvelles minutes à encaisser, faire le dos rond et attendre la fin de la tempête. Une partie très bien gérée qui débouchera ensuite sur la sortie d’Arthur Comte. Les Pingouins jetant leurs dernières forces et leur dernier atout dans cette bataille, ils découvrent leurs arrières. A six, les blanc et rouge n’arriveront pas à faire la différence, laissant l’opportunité à Langenegger de tenter sa chance, d’un tir lointain, vers le but vide, malheureusement bien contré par le dos d’un attaquant morzinois qui se repliait. Poussé par son public, Nantes va reprendre le contrôle du palet. William Filteau trouve Ryan Coughlin dans la profondeur. La passe efface le dernier défenseur et le numéro 9 n’a plus qu’a accompagner le palet dans le but pour sceller la victoire, les trois points et l’installation dans le fauteuil de leader que Caen avait garder au chaud. (4-2, 59’31)
Fiche du match
Nantes l'emporte 4-2 contre Morzine-Avoriaz
(0-0, 2-1, 2-1)
| Compétition | Championnat Division 1 - 82028 |
|---|---|
| Date | |
| Patinoire | Petit Port, Nantes, France |
| Affluence | 1 445 spectateurs (100 % de remplissage) |
| Arbitres | Fauvel Johan; Bourreau Alexandre ; assistés de Saez Roderick; Haspot David |
| Pénalités | Nantes : 31 ; Morzine-Avoriaz : 8 |
| Tirs | Nantes : 12 (6, 2, 4) ; Morzine-Avoriaz : 41 (13, 12, 16) |
Évolution du score
1-0 à 31′28 : Connor McGrath assisté de Julien Msumbu
1-1 à 33′21 : Adam Maheut (égalisation)
2-1 à 34′28 : Frédéric Potvin assisté de William Filteau et Ryan Coughlin
3-1 à 43′32 : Sacha Brzezula assisté de Raphaël Brites et Joan Cerda
3-2 à 46′37 : Casper Andersson assisté de Marcus Karlsson et Maxim Ziuziakin (sup. num.)
4-2 à 59′31 : Ryan Coughlin assisté de William Filteau (but gagnant)
Composition Nantes
Attaquants :
Défenseurs :
Gardien :
Remplaçant : Come Soghomonian. Non équipés : Alexancder Yakimenko (suspendu), Evan Chauvel (pas retenu), Thomas Dogémont (pas retenu).
Entraîneur principal : Spinozzi Franck
Meilleur joueur : N-44 Msumbu Julien
Composition Morzine-Avoriaz
Attaquants :
Défenseurs :
Gardien :
Remplaçant : Jiri Blazek.
Entraîneur principal : Jestin Mathieu
Meilleur joueur : N-88 Maheut Adam































