Après une première partie dédiée aux cinq équipes du groupe A, poursuivons la présentation du Mondial féminin avec le groupe B, composé du Canada, de la Finlande, de la Suède, du Japon et du Danemark.
A chaque début de compétition, vient bon nombre de questions. La nouvelle feuille de route du Canada lui permettra-t-il de briser la souveraineté américaine ? Pourquoi la Finlande a beaucoup à se faire pardonner ? L’audace de la Suède peut-elle la rendre médaillable ? Le Japon réussira-t-il sa révolution culturelle ? Et le Danemark peut-il éviter un nouveau cauchemar à domicile ?
En revanche, s’il est une question qui reste en suspens, c’est bien le devenir du hockey international avec la réintégration de la Russie, contrainte et forcée par le Tribunal Arbitral du Sport. Chez les féminines, une seule relégation est prévue à la suite d’un match couperet, mais l’équipe sauvée le sera-t-elle réellement ? Quid de l’équipe de France censée intégrer l’élite mondiale en 2027 ? Les menaces de boycott des grandes fédérations remettront elles en cause la décision du TAS ?
En attendant de basculer dans le flou et dans une ère où les tensions internationales sont exacerbées, voilà un championnat du monde plein de promesses, avec bon nombre d’équipes qui abordent un nouveau cycle.
GROUPE B

Canada
La souveraineté américaine a mis à mal les performances du Canada, qui a perdu deux des trois dernières finales mondiales. A Milan, la confrontation olympique du premier tour avait tourné au fiasco (0-5), dans la lignée des duels de la Rivalry Series. Que les Canadiennes ont longtemps flirté ensuite avec l’or olympique a presque tenu du miracle. De plus en plus acculée face à la domination régulière des États-Unis, il fallait réagir. La première étape fut le changement de l’équipe dirigeante. En juillet, Daniele Sauvageau a pris ses fonctions au poste de directrice générale, un retour dans la maison Canada car elle avait mené l’équipe en tant que coach au titre olympique de Salt Lake City en 2002, le premier de l’histoire de l’équipe féminine. Inutile de la présenter à 64 ans, vu le nombre d’accomplissements qu’elle a réussis durant sa carrière de dirigeante, Sauvageau est une cheffe qui sait fédérer et s’entourer pour mener au succès. Il n’était donc pas surprenant de voir Kori Cheverie, l’entraîneuse de la Victoire, être choisie par Sauvageau pour entraîner le Canada, assistée notamment par son adjointe Caroline Ouellete. Après le duo de Toronto Kingsbury / Ryan – qui n’a jamais été en réussite en trois saisons PWHL en plus de plusieurs déconvenues avec l’équipe nationale – c’est donc un staff à forte consonance montréalaise, six mois après la Coupe Walter, qui sera à la barre pour tenter de combler l’écart avec les grandes rivales.
Cette nouvelle dynamique devra s’effectuer sans la légende Marie-Philip Poulin, absente pour la première fois depuis ses débuts internationaux en 2009, soit cinq jeux olympiques et treize championnats du monde. Gravement blessée au genou en février mais parvenant tout de même à mener Montréal au titre, Poulin doit encore se ménager et n’était pas en mesure de disputer ce Mondial. L’absence de Poulin s’inscrit dans un renouvellement qui s’apparente à un électrochoc puisque douze joueuses présentes aux JO de Milan-Cortina n’ont pas été sélectionnées. Jamais l’équipe n’a eu une telle cure de rajeunissement. Exit Jenner, Spooner, Nurse, Maschmeyer, Larocque, un pas est franchi pour honorer l’objectif de Sauvageau : façonner une nouvelle identité de jeu, plus rapide, plus connectée et davantage portée vers l’avant. En revanche, le Canada nourrissait de grosses inquiétudes concernant sa buteuse Sarah Fillier, amochée sérieusement par Megan Keller lors de la double confrontation contre les États-Unis avant ce Mondial. Fillier est suivie au jour le jour et devrait tout de même jouer durant le tournoi.
Parmi les jeunes joueuses à avoir intégré la sélection, le nom de Rosalie Tremblay a particulièrement attiré l’attention… elle marquait un but dès sa première sa sélection la semaine dernière contre les USA. La Québécoise est la plus jeune attaquante du Canada sélectionnée pour une compétition officielle depuis les Jeux olympiques 2010… et Marie-Philip Poulin. Le symbole est fort entre la « GOAT » et la joueuse de l’Université du Wisconsin, mais la sélection de Tremblay, comme celle de Sara Manness ou Hayley McDonald, a surtout pour vocation d’installer la génération 2030 pour les jeux dans les Alpes françaises. La gardienne Ève Gascon, la défenseure Chloe Primerano et l’attaquante Caitlin Kraemer avaient déjà fait une percée dans l’effectif mais faisaient figure d’exception. Désormais ce renouvellement est un parti pris pour insuffler un nouveau cycle au Canada, le mouvement est enclenché.
Évidemment certaines cadres historiques tiennent encore une place prépondérante comme Desbiens, Fast, Ambrose ou Stacey. Mais la nouvelle orientation de l’équipe a permis d’ouvrir la porte de la sélection à d’autres talents qui faisaient les frais de coupe d’effectif, dont Rebecca Leslie qui a créé une complémentarité explosive à Ottawa avec Sarah Wozniewicz. Eldridge est aussi une joueuse maintes fois écartée, percutante et utile sur les unités spéciales. Leslie et Eldridge ont toutes deux inscrit 23 points lors de la dernière saison régulière PWHL, le cinquième meilleur total. Toutes ces joueuses ont le point commun de faire partie d’une nouvelle feuille de route de Hockey Canada, Sauvageau et son staff souhaitant « élaborer un plan le plus rapidement possible ». Si la semaine dernière, le Canada a mis fin à Windsor à huit défaites de rang contre les USA, les Américaines ont nettement dominé le deuxième duel à Plymouth. C’est dire si le défi est de taille pour reconquérir le trône.
Gardiennes : Ann-Renée Desbiens (Victoire de Montréal), Ève Gascon (University of Minnesota-Duluth / NCAA), Kayle Osborne (PWHL Hamilton).
Défenseures : Erin Ambrose (PWHL Las Vegas), Kendall Cooper (PWHL Las Vegas), Renata Fast (Toronto Sceptres), Nicole Gosling (PWHL Hamilton), Sophie Jaques (Vancouver Goldeneyes), Chloe Primerano (University of Minnesota / NCAA), Ella Shelton (Toronto Sceptres), Kati Tabin (Victoire de Montréal).
Attaquantes : Emily Clark (PWHL Hamilton), Jessie Eldridge (Victoire de Montréal), Sarah Fillier (New York Sirens), Caitlin Kraemer (University of Minnesota Duluth / NCAA), Rebecca Leslie (Ottawa Charge), Emma Maltais (Victoire de Montréal), Sara Manness (Clarkson University / NCAA), Hayley McDonald (Ohio State University / NCAA), Kristin O’Neill (PWHL San Jose), Danielle Serdachny (Seattle Torrent), Laura Stacey (Victoire de Montréal), Rosalie Tremblay (University of Wisconsin / NCAA), Daryl Watts (PWHL Detroit), Sarah Wozniewicz (Ottawa Charge).

Finlande
Régulièrement sur le podium derrière les deux superpuissances nord-américaines, la Finlande a vu la concurrence s’intensifier ces dernières années avec la Tchéquie, la Suisse et la Suède. Les Lionnes ont même terminé à la sixième place à Milan, la pire performance aux Jeux olympiques de la Finlande. Un tournoi olympique peu reluisant qui a d’ailleurs doublement fait tâche. D’abord parce que cette triste performance est intervenue seulement un mois après la relégation historique en D1A de l’équipe U18 aux championnats du monde. D’autre part, il s’agissait de la première compétition de l’entraîneur Tero Lehterä, nommé après le congédiement de Juuso Toivola. Pourtant, la promesse suite à ce chambardement était de poser davantage de problèmes aux deux nations phares, et d’accrocher la finale olympique. Une seule victoire en cinq matchs, seulement trois buts marqués – durant le même match – un quart de finale blanchi par la Suisse malgré les nombreuses occasions finlandaises, le coup de poker de la fédération finlandaise a tourné au fiasco.
Pour autant, la désillusion milanaise n’a pas réduit les ambitions de Lehterä. Lors d’une conférence de presse à dix jours des Mondiaux, il affichait l’objectif de remporter le Mondial. Il est persuadé que son équipe est capable de défier n’importe quelle nation, y compris les deux épouvantails de la compétition. L’Euro Hockey Tour féminin (WEHT) a été riche en enseignements. Après un premier tournoi en dents de scie à Kloten en ouverture de saison, les Finlandaises ont ensuite remporté avec brio leur tournoi à domicile, et ce sans les joueuses NCAA, qui étaient au nombre de neuf lors du dernier tournoi en Suède. Sur ce regroupement à Lahti, Lehterä s’est réjoui d’un jeu offensif construit et efficace, également de l’implication physique. La Finlande espère d’ailleurs tirer bénéfice de l’introduction des mises en échec en Auroraliiga, la ligue élite finlandaise.
Le secteur défensif est toutefois diminué de plusieurs absences. Siri Karjalainen est passé cet été de la Suède à la Suisse, mais elle n’aura joué que trois matchs pour Zoug avant de subir une rupture des ligaments croisés. Mais la Finlande devra surtout faire sans sa patronne en défense, Ronja Savolainen. Une incertitude planait sur la défenseure d’Ottawa, pièce maîtresse des Naisleijonat, qui se remettait d’une opération à la hanche. Savolainen avait repris un entraînement léger mais ne semblait pas dans une forme optimale, elle a officialisé son forfait à Yle début octobre. Le poumon Jenni Hiirikoski, 39 ans, assurera encore le rôle de leader avec à ses côtés exclusivement des défenseures de moins de 25 ans.
Devant la cage, Anni Keisala a mis un terme à sa carrière, désormais entraîneuse des gardiennes du HPK. Elle avait de toute façon laissé le champ libre à Sanni Ahola depuis trois ans. Ahola – comme toutes les gardiennes européennes – a dû se contenter de peu de temps de jeu en PWHL, mais son statut de titulaire ne sera pas remis en cause en sélection. Le réalisme sera en revanche déterminant alors qu’il avait fait défaut à Milan, la Finlande se coltinant le pire taux d’efficacité aux tirs. Noora Tulus, Susanna Tapani ou Elisa Holopainen n’ont enregistré aucun point lors du tournoi olympique, Michelle Karvinen, Viivi Vainikka et Petra Nieminen un seul. Ce réalisme a heureusement été retrouvé durant l’Euro Hockey Tour féminin. Lehterä s’en félicite et y voit un enrichissement du jeu offensif. Mais l’absence de Savolainen risque d’être préjudiciable en défense.
Gardiennes : Sanni Ahola (Ottawa Charge), Kerttu Kuja-Halkola (HIFK / FIN), Emilia Kyrkkö (St. Cloud State University / NCAA).
Défenseures : Nella Berg (Luleå HF / SUE), Jenni Hiirikoski (Luleå HF / SUE), Oona Koukkula (Brynäs IF / SUE), Nelli Laitinen (PWHL Hamilton), Krista Parkkonen (Färjestads BK / SUE), Sanni Rantala (Frölunda HC / SUE), Tuuli Tallinen (University of Minnesota-Duluth / NCAA), Siiri Yrjölä (St. Cloud State University / NCAA).
Attaquantes : Elisa Holopainen (New York Sirens), Emmi Juusela (SDE HF / SUE), Michelle Karvinen (Victoire de Montréal), Julia Liikala (Frölunda HC / SUE), Petra Nieminen (Victoire de Montréal), Emma Nuutinen (Seattle Torrent), Sofia Nuutinen (Mercyhurst University / NCAA), Jenniina Nylund (Brynäs IF / SUE), Julia Schalin (University of Minnesota / NCAA), Sofianna Sundelin (St. Cloud State University / NCAA), Susanna Tapani (Boston Fleet), Noora Tulus (Brynäs IF / SUE), Viivi Vainikka (Minnesota Frost), Sanni Vanhanen (Ohio State University / NCAA).

Suède
Le programme Olympisk Offensiv, initié par le Comité olympique suédois en collaboration avec la fédération de hockey – parmi d’autres fédérations sportives – avait pour vocation le développement de la sélection et ainsi la rendre médaillable aux JO 2026 et 2030. Les résultats frustrants à répétition, la Tre Kronor Dam étant évincée systématiquement des quarts de finale des compétitions depuis les jeux de Sotchi en 2014, pouvaient laisser à penser que la marche serait trop haute. Au final, l’objectif a été quasiment atteint à Milan puisque les Suédoises sont passées proches de mettre la main sur la première médaille en deux décennies, la dernière datant des Mondiaux 2007 : la Suède s’est inclinée en prolongation pour le match de la médaille de bronze contre la Suisse.
Après six ans de bons et loyaux services, Ulf Lundberg a quitté son poste d’entraîneur en chef pour devenir adjoint dans le staff de la nouvelle équipe PWHL de San José. Il était toutefois prévu de longue date, depuis octobre 2025, qu’il serait remplacé par l’ancienne capitaine Erika Holst, la première joueuse de l’histoire intronisée au Temple de la renommée du hockey suédois. Holst a connu la gloire, le temps des médailles en tant que joueuse de la Damkronorna, mais elle aura la lourde tâche de renouer avec les succès dans un tout autre rôle, cette fois-ci derrière le banc. Elle a mené avant cela le projet de Frölunda du statut embryonnaire au titre national en 2025 en l’espace de quelques années, mais le nouvel exercice sera différent. La nouvelle entraîneuse en chef veut « de l’attitude, du travail acharné » mais aussi de « l’audace devant le but », ce qui manquait peut-être sous Lundberg.
Le succès de Milan et de ce retour dans le dernier carré, il vient surtout de talents émergents qui ont remis les compteurs à zéro. Ebba Svensson Träff a fini par hériter du poste de titulaire en délogeant Emma Söderberg, longtemps la préférence de Lundberg. Et les statistiques flatteuses de la jeune gardienne de Linköping à l’amorce de cette saison risquent de prolonger le bail. Thea Johansson, par le passé souvent cantonnée à la quatrième ligne en équipe nationale, a été l’autre révélation, formant le trio le plus prolifique de l’édition olympique 2026 (21 points en 7 matchs), en compagnie de la pépite Hilda Svensson et de l’expérimentée Hanna Olsson. Malheureusement, Olsson, blessée en début de saison, n’a pas été sélectionnée… alors qu’elle avait tout de même effectué son retour avec Frölunda courant octobre. Holst assume tout de même une nouvelle ligne, car c’est devenu une évidence qui a émergé : le salut peut venir de tout le monde, y compris des plus jeunes. Cet été, Erika Holst a convoqué plusieurs débutantes, dont Tilde Grillfors, jeune attaquante de 18 ans, qui a alors réalisé des débuts internationaux tonitruants à l’Euro Hockey Tour… et signé un hat trick à son quatrième match ! La nouvelle pépite Grillfors – qui a fait ses débuts en carrière senior à 13 ans (!) avec Mora – a tapé dans l’œil de Holst qui l’a retenue pour le Mondial.
Les jeunes talents de la Tre Kronor Dam ont la faculté d’assumer pleinement les responsabilités. La défense n’est plus le domaine privilégié de la capitaine Anna Kjellbin et de la superstar Maja Nylén Persson, au temps de jeu immense, puisque Jenna Raunio, Ida Karlsson et Mira Jungåker les secondent désormais avec talent et autorité. Elles seront aidées par un visage familier, Lova Blom, qui a déjà participé à trois championnats du monde mais qui a été reconvertie cette saison en défense – avec succès – avec Brynäs. L’équipe peut aussi se féliciter du retour en forme de sa meilleure attaquante, Lina Ljungblom, aux prises avec une mononucléose pendant la saison passée. Ljungblom était bien présente à Milan – elle a marqué deux buts – avant de devenir la première Suédoise à soulever la Coupe Walter. Elle a marqué 5 points en 6 matchs lors des deux premiers tournois de l’Euro Hockey Tour. D’ailleurs, la Suède a terminé en force avant le Mondial avec cinq jeux blancs à ses six derniers matchs, et la victoire de tournoi à Södertälje. De quoi débuter sur de bonnes bases le nouveau mandat Holst, et d’accrocher une médaille qui se fait attendre.
Gardiennes : Ebba Svensson Träff (Linköpings HC / SUE), Emma Söderberg (SDE HF / SUE), Ida Boman (Färjestads BK / SUE).
Défenseures : Mira Jungåker (Ohio State University / NCAA), Maja Nylén-Persson (New York Sirens / PWHL), Ida Karlsson (University of Minnesota-Duluth / NCAA), Lova Blom (Brynäs IF / SUE), Josefine Holmgren (SDE HF / SUE), Jenna Raunio (Ohio State University / NCAA), Anna Kjellbin (Hamilton / PWHL).
Attaquantes : Hilda Svensson (Ohio State University / NCAA), Josefin Bouveng (Las Vegas / PWHL), Wilma Sundin (Brynäs IF / SUE), Lisa Johansson (Frölunda HC / SUE), Tilde Grillfors (Brynäs IF / SUE), Sofie Lundin (Frölunda HC / SUE), Sara Hjalmarsson (Toronto Sceptres / PWHL), Hanna Thuvik (Brynäs IF / SUE), Thea Johansson (HV71 / SUE), Ebba Hedqvist (Luleå HF / SUE), Lina Ljungblom (Victoire de Montréal / PWHL), Mira Hallin (MoDo Hockey / SUE), Michelle Löwenhielm (Linköpings HC / SUE), Nicole Hall (Penn State University / NCAA).

Japon
Le Japon continue de dominer le territoire asiatique puisque les Nippones ont remporté en octobre leur troisième Championnat d’Asie en trois ans d’édition. Face à la Corée du Sud, le Kazakhstan et la Chine, « Smile Japan » n’a pas fait dans la dentelle, et ça fait trois ans que cela dure avec 57 buts marqués, zéro encaissé, pour évidemment aucune défaite. Mais le Championnat d’Asie, qui oppose les Nippones à trois équipes qui se retrouveront dans le troisième échelon mondial l’an prochain, n’est manifestement pas représentatif du haut niveau. Le Japon connaît d’ailleurs un fléchissement depuis plusieurs années, classée septième ou plus lors des trois derniers championnats du monde, et avant dernière des Jeux olympiques de Milan-Cortina, alors que les Japonaises avaient toujours joué les quarts de finale aux JO jusque-là.
Le développement d’un jeu plus physique avec désormais la tolérance des mises en échec n’est pas à l’avantage des Japonaises, qui ont souffert sur cet aspect du jeu à Milan. Après cet échec aux JO, le coach Yuji Iizuka reconnaissait que son équipe n’était pas pleinement adaptée à cette évolution du jeu qui a émergé ces dernières années. L’adaptation à une discipline qui, selon Iizuka, n’est plus la même par rapport à il y a quatre ans, est un enjeu majeur, et ce alors que la sélection aborde un virage historique. Impliqué dans le programme pendant dix-sept saisons (!), Iizuka a justement fait ses adieux à Smile Japan. Le 19 juin dernier à Tokyo, la fédération japonaise a introduit une nouvelle équipe dirigeante, avec Tomohito Ōkubo au poste d’entraîneur en chef – qui a officié en tant qu’adjoint de l’équipe nationale masculine de 2016 à 2019 – assisté d’une pionnière dont la carrière aura duré vingt-quatre ans (!), la légende Hanae Kubo.
La sélection japonaise franchit un nouveau virage à plus d’un titre puisque, après la finale perdue du championnat du Japon, le club du DK Peregrine officialisait la retraite de l’attaquante Suzuka Maeda, des défenseures Shiori Koike et Akane Hosoyamada, qui ont par ailleurs rejoint le staff du club. Il s’agissait de trois membres très régulières du Japon, en particulier les deux rouages en défense Koike et Hosoyamada, qui affichaient 33 et 34 ans. Quant à l’attaquante Rui Ukita, quatre JO dans sa carrière, elle avait fait de Milan-Cortina 2026 l’apogée de sa carrière comme elle le confiait à Nikkan Sports. Ukita en était ressortie émoussée mentalement et physiquement. Si elle n’a pas encore officialisé sa retraite internationale, toujours active en club, Ōkubo n’était pas en mesure de pouvoir compter sur elle. L’heure est désormais au renouvellement, en témoigne le groupe convoqué à Budapest pour le tournoi d’octobre, avec des joueuses qui devront être formées au défi physique. L’expatriation est un facteur déterminant, encore faut-il pouvoir convaincre les recruteurs alors que la grande majorité des joueuses évoluent au Japon. Yumeka Wajima, meilleure marqueuse du dernier Championnat d’Asie et l’une des meilleures attaquantes de l’équipe, annonçait au printemps vouloir jouer en Europe à la rentrée… mais elle n’a pas trouvé de club.
La valeur collective, le respect des consignes et le talent individuel ne sont pas en cause. Le Japon dispose de trois bonnes gardiennes : Riko Kawaguchi, Miyuu Masuhara, Rei Halloran. L’équipe peut toujours compter sur les sœurs Shiga Aoi et Akane, sur une nouvelle génération qui ne manque pas de talent avec les sœurs Noro Riri et Rio, ou Makoto Ito. Mais le manque de joueuses confrontées régulièrement au jeu avec contact, contrairement aux autres nations de l’élite, demeure une problématique. La fédération souhaite une nouvelle phase de développement, et planche sur des solutions, notamment en s’invitant à davantage de tournois internationaux. Mais les jours en top division ne sont-ils pas déjà comptés ?
Gardiennes : Rei Halloran (Timra IK / SUE), Miyuu Masuhara (Sabres St. Pölten / AUT), Riko Kawaguchi (Daishin / JPN).
Défenseures : Aoi Shiga (Luleå HF / SUE), Kanami Seki (TPS / FIN), Shiori Yamashita (SEIBU Princess Rabbits / JPN), Ayaka Tomiuchi (Daishin / JPN), An Shinoda (Mikage Gretz / JPN), Kohane Sato (Daishin / JPN), Natsuki Okumura (TOYOTA Cygnus / JPN), Kika Terauchi (Mississauga Jr. Hurricanes / OWHL).
Attaquantes : Wakana Kurosu (Doro Kensetsu Perigrin / JPN), Remi Koyama (SEIBU Princess Rabbits / JPN), Hikaru Yamashita (SEIBU Princess Rabbits / JPN), Akane Shiga (PWHL Detroit), Marin Nagaoka (SEIBU Princess Rabbits / JPN), Yumeka Wajima (Doro Kensetsu Perigrin / JPN), Hinata Lack (Doro Kensetsu Perigrin / JPN), Makoto Ito (TOYOTA Cygnus / JPN), Rio Noro (Daishin / JPN), Riri Noro (Daishin / JPN), Ai Tada (Daishin / JPN), Umeka Odaira (North York Storm / OWHL).

Danemark
Depuis quatre ans, l’équipe du Danemark joue à l’ascenseur entre la Division 1A et l’élite. Elle se retrouve toutefois dans la même configuration qu’en 2022 : disputer un Mondial élite à domicile. Les Danoises souhaitent un meilleur sort, la relégation ne s’était pas joué à grand chose… un but gagnant à une seconde de la fin du dernier match signé Tanja Eisenschmid, qui avait alors sauvé l’Allemagne. Un véritable cauchemar que les Danoises souhaitent oublier pour de bon.
Mais de l’eau a coulé sous les ponts. Josephine Asprerup (34 ans) et Nicoline Söndergaard Jensen (33 ans) font figure d’exception, seulement huit joueuses étaient présentes lors de l’édition précédente à domicile. Une nouvelle génération est en train d’émerger, menée par la gardienne Emma-Sofie Nordström, qui a d’ores et déjà marqué l’histoire du hockey danois. En juin dernier, elle est devenue la première hockeyeuse native du pays à être repêchée en PWHL. Nordström a été choisie par Détroit, un choix de cinquième ronde. Pour autant, alors que Détroit comptera essentiellement sur la tricolore Alice Philbert et l’helvète Andrea Brändli, Nordström n’a pas été signée par la franchise du Michigan, elle devra finalement faire ses preuves à Hamilton puisqu’elle a été invitée au camp qui se déroulera après le Mondial. Solide tant au Mondial D1A en 2025 qui avait permis la promotion, que lors de ses quatre saisons en NCAA, Emma-Sofie Nordström aura surtout l’objectif de se mettre en évidence… et de ne pas rendre la note trop salée face aux grandes écuries de l’élite.
Les performances devant le but de la jeune titulaire seront décisives alors que le Danemark a déjà enclenché la phase de renouvellement de générations. De très jeunes joueuses ont été intégrées, comme Nikita Bergmann et Freya Ekberg. Mais ce renouvellement ne se fait pas sans heurts. Ces dernières années, la sélection U18 a éprouvé beaucoup de difficultés à se maintenir en Division 1A. Le Danemark a également beaucoup de difficultés à exporter ses joueuses au plus haut niveau étranger. Il n’y a d’ailleurs qu’une seule joueuse qui évolue dans la grande ligue voisine, la SDHL suédoise, la jeune Bergmann justement, alors que les Norvégiennes y pullulent.
En 2021, le Danemark aurait dû être rétrogradée et n’avait vu son salut uniquement parce que les divisions inférieures ont été annulées à cause de la pandémie. 2022 avait tourné au cauchemar, et les Danoises n’avaient pas pu éviter non plus la rétrogradation en 2024. Le travail collectif sera donc important pour faire bonne figure à domicile, et tenter de se maintenir en élite mondiale. Mais le manque d’expérience risque de jouer des tours avec une équipe probablement trop tendre pour rivaliser avec le haut niveau. Mardi, les Danoises en ont fait les frais en préparation, malmenées 5-0 par l’Allemagne. Le soutien du public sera bénéfique à l’équipe mais risque d’être insuffisant pour éviter l’ascenseur.
Gardiennes : Aya Juhl Petersen (Rødovre SIK / DNK), Caroline Bjergstad (Hvidovre IK / DNK), Emma-Sofie Nordström (PWHL Hamilton).
Défenseures : Josephine Asperup (Malmö Redhawks / SUE), Sofie Skott Dahl (EKU Mannheim / ALL), Silja Franksdottir Engel Rasmussen (Malmö Redhawks / SUE), Klara Holm (KHA U19 / DNK), Freya Ekberg (Rødovre SIK / DNK), Lærke Søndergaard (Södertälje SK / SUE), Sille Flygenring (Hvidovre IK / DNK).
Attaquantes : Nicoline Søndergaard Jensen (Malmö Redhawks / SUE), Silke Lave Glud (Malmö Redhawks / SUE), Maria Holm Peters (Odense / DNK), Julie Oksbjerg (Odense / DNK), Julie Røder Henriksen (Hvidovre IK / DNK), Mille Kunnerup Sørensen (Leksands IF / SUE), Olivia Ranum (Aalborg / DNK), Sarah Stauning (Malmö Redhawks / SUE), Frida Mia Kielstrup (Malmö Redhawks / SUE), Nikita Bergmann (Skellefteå AIK / SUE), Teresa O. Christensen (Hvidovre IK / DNK), Alma Madsen-Mygdal (Rødovre SIK / DNK), Frederikke Foss (Hvidovre IK / DNK), Michele Brix (Odense / DNK).































