Le conseil d’administration de la fédération suisse a décidé hier soir que son équipe nationale des moins de 20 ans ne jouerait pas contre la Russie fin décembre lors du Mondial junior d’Edmonton. C’est une réaction au calendrier aménagé transmis par l’IIHF, et dans lequel la Russie remplace la Norvège. Une décision très symbolique de la part du pays neutre par excellence, même si elle a peu de chance d’avoir d’application pratique : comme Mark Carney, le Premier Ministre du Canada, a dit que son pays n’accorderait pas de visas, on voit mal comment une équipe junior russe pourrait se rendre à Edmonton.
Cette décision fait un peu diversion des déboires de l’équipe nationale dans l’Euro Hockey Tour, qui livre toujours le même constat. La Suisse est en réalité loin des autres grandes nations européennes dès lors que ses quelques stars de NHL sont absentes. Elle a perdu ses deux premières rencontres et a paru très dépendante de Denis Malgin et Sven Andrighetto, alignés dans toutes les situations de jeu. La mise au repos du duo de Zurich pour le dernier match accentue le défi pour les hommes de Jan Cadieux.
En face, l’entraîneur tchèque – après avoir laissé repartir les stars de Pardubice depuis deux jours – fait assez peu tourner. Dans l’avion entre Prague et Helsinki vendredi, le staff pourtant avait décidé d’appeler un joueur en plus au cas où. Petr Fridrich joue en Finlande depuis cet été, il était sur place dans la capitale et a simplement eu à demander à son club – le SaiPa Lappeenranta – de lui envoyer son équipement avant l’entraînement du samedi matin. Treizième attaquant hier, Fridrich devait encore regarder le match depuis le banc aujourd’hui… mais il a remplacé le malheureux Jakub Konečný qui s’est déboîté l’épaule – remise en place par le médecin – dès sa première présence.
Totalement inefficace pendant un avantage numérique précoce, la Nati ouvre le score après huit minutes. Keanu Derungs fixe les défenseurs en entrée de zone et donne sur sa droite à Axel Simic dont le beau tir du poignet bat Dominik Frodl au poteau opposé. Le meilleur gardien actuel du championnat tchèque n’est pas au bout de ses peines quand Jan Schwendeler marque depuis l’arrière de la cage en trouvant un rebond dans ses patins (0-2). Il montrera néanmoins sa capacité à se remettre de ce mauvais but…
Voilà la Suisse en position idéale, mais les Tchèques ressortent plus fort. Radovan Pavlík centre de la droite pour Michal Kunc qui bat Sandro Aeschlimann côté plaque (1-2). Les occasions se succèdent. Une passe habile de Voženílek trouve Ondřej Kovařčík dont la feinte du revers ne trompe pas le gardien. Kunc est ensuite proche du doublé mais son lancer frappe la transversale.
Dominés, les Helvètes sont poussés à la faute. Ils survivent aux tentatives de Špaček pendant que Streule est en prison. Après un coup de bâton de Derungs, il faut avoir recours à la vidéo pour être sûrs que Zohorna n’a pas poussé le palet dans le but sous les bottes d’Aeschlimann, qui tient bon. Mais les Tchèques continuent de pousser à 5 contre 5. Un lancer rasant de Libor Zábranský, légèrement dévié par le patin de Kurashev, égalise à 2-2.

La supériorité tchèque a été si nette qu’on attend qu’elle se concrétise définitivement au dernier tiers. Un lancer de Geisser, dévié de l’épaule par Frodl, aurait pu redonner une chance à la Nati après cinq minutes. Mais non. Il n’est pas intuitif de voir le défenseur géant de 35 ans Andrej Šustr se montrer plus vif qu’Alge et que Jung à la poursuite d’un palet dans le coin qu’il sort pour Myšák devant le but. Kovařčík a suivi au rebond et inscrit le but décisif (3-2). Šustr finira le travail en cage vide.
Même les deux buts d’avance n’ont pas sauvé les Suisses d’une nouvelle défaite logique. Après deux échecs aux tirs au but, Zdeněk Moták obtient le premier succès de son mandat.
Joueurs du match : Michal Kunc pour la Tchéquie et Sandro Aeschlimann pour la Suisse.
Commentaires d’après-match :
Zdeněk Moták (entraîneur de la Tchéquie) : « Les joueurs ont offert une excellente performance collective. On débute 18 heures après le dernier match, qui ne s’est pas bien passé, donc il y a peut-être un certain blocage mental. La première période s’est aussi déroulée dans cet esprit. Je ne veux pas dire que nous n’étions pas prêts, mais il y avait une légère barrière dont nous devions sortir. À la pause, nous nous sommes dit que le match serait à nous. Au final, nous avions raison. Cette équipe a du caractère, ce sont des combattants. »
Tchéquie – Suisse 4-2 (1-0, 1-2, 2-0)
Dimanche 8 novembre 2026 à 14h30 à la Veikkaus Arena de Helsinki. 1880 spectateurs.
Arbitres : Joonas Kova et Jolle Nikander (FIN) assistés de Niko Jusi et Daniel Lindblom (FIN).
Pénalités : Tchéquie 6’ (2’, 2’, 2’) ; Suisse 4’ (0’, 4’, 0’).
Tirs : Tchéquie 35 (11, 19, 5) ; Suisse 23 (10, 4, 9).
Évolution du score :
0-1 à 08’10” : Simic assisté de Derungs et Streule
0-2 à 18’01” : Schwendeler assisté de Kessler
1-2 à 25’15” : Kunc assisté de Pavlík et Fridrich
2-2 à 36’36” : Zábranský assisté d’Adámek et Kunc
3-2 à 50’53” : Kovařčík assisté de Myšák et Šustr
4-2 à 59’57” : Šustr (cage vide)
République tchèque
Attaquants :
Matěj Blümel (-1) – Radim Zohorna (A, 2’) – Filip Chlapík (C)
Jakub Flek (A, -1) – Michael Špaček (2’) – Daniel Voženílek (+1)
Ondřej Kovařčík (+1) – Jan Myšák (+1) – Jan Bambula (-1)
Radovan Pavlík (+2, 2’) – Jakub Konečný [blessé] puis Petr Fridrich (+2) – Michal Kunc (+2)
Défenseurs :
Radek Kučeřík (-1) – Jiří Ticháček (-1)
Jakub Galvas – Andrej Šustr (+1)
Matteo Kočí (+2) – Marian Adámek (+2)
Libor Zábranský (+1)
Gardien :
Dominik Frodl
Remplaçant : Jan Bednář (G). En réserve : Pavel Čajan (G), Tomáš Galvas, David Moravec (D), Jakub Rychlovský, Vojtěch Hradec (A).
Suisse
Attaquants :
Philipp Kurashev (-2) – Valentin Nussbaumer (-1) – Grégory Hofmann (-2)
Dario Allenspach (-1) – Ken Jäger (A, -1) – Christoph Bertschy (C, -2)
Tino Kessler (+1) – Sven Senteler (-1) – Miles Müller (+1)
Mats Alge – Keanu Derungs (2’) – Axel Simic
Jamiro Reber
Défenseurs :
Christian Marti (A) – Lukas Frick (-2)
Rodwin Dionicio (-1) – Tobias Geisser
Jan Schwendeler (+2) – Sven Jung (-1)
Maximilian Streule (-1, 2’)
Gardien :
Sandro Aeschlimann [sorti de 57’54” à 59’30” et de 59’40” à 59’57”]
Remplaçant : Ludovic Waeber (G). En réserve : Dominik Egli, Dean Kukan (D), Sven Andrighetto, Denis Malgin (A).

































