Grenoble passe encore à côté

Une qualification ferait le plus grand bien aux deux équipes en mal de résultats avant la trêve. Éliminés à domicile lors de leur entrée en coupe de France, Grenoble et Chamonix traversent également une mauvaise passe en Ligue Magnus. Battus successivement par Villard, Épinal et Briançon, les Chamois ont plongé au classement vu qu’ils occupent désormais la 13e place de la Ligue Magnus. Leurs adversaires, après un départ canon, ne sont guère mieux lotis. Rien ne va plus en effet pour les Brûleurs de Loups depuis leur défaite en coupe de France face à Gap. Battus à Dijon (1-2) et à Morzine (6-7) juste avant la trêve, ils restent eux aussi sur une mauvaise série, qui les fait stagner au classement et qui surtout les fait douter. Après une trêve qu’ils espèrent bénéfique (à l’exception notable de la blessure de Tartari), ils savent désormais qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur s’ils veulent continuer leur parcours en coupe de la ligue. À noter que Jean-François Dufour, exclu lors du match aller à Chamonix, purge son deuxième match de suspension. Comme à Morzine, c’est donc Romain Carry qui se trouve derrière le banc grenoblois.

KO debout, les Brûleurs des Loups essaient de réagir après cette très mauvaise entame. Toby Lafrance sonne la charge en se présentant seul face à Fouquere,l mais ce dernier ne se laisse pas surprendre et effectue un très bon poke-check pour neutraliser l’attaquant québécois. Raibon sort enfin un gros arrêt de la mitaine face à Tremblay pour se redonner confiance. À leur tour, les Grenoblois profitent d’une faute adverse en zone offensive, une charge incorrecte de Laurent Gras. À l’aise en power-play, les Isérois déclenchent un déferlement de tirs. Fouquerel repousse l’échéance à de nombreuses reprises mais il finit par s’incliner sur un tir de Mitja Sivic en lucarne (1-2, 15’25 »). C’est le but de l’espoir pour les Grenoblois, mais la fin de tiers va être compliquée pour eux. Tardif est pénalisé pour une charge dans le dos sur Laurent Gras, et quelques secondes plus tard, Maks Selan envoie le palet directement au-dessus du plexiglas. Acculés dans leur zone à trois contre cinq pendant près de deux minutes, les Grenoblois s’en sortent tant bien que mal, profitant du manque d’inspiration chamoniarde en double supériorité. En ne concrétisant pas de cette opportunité, Chamonix a laissé passer une belle occasion de remettre Grenoble à distance avant la fin du premier tiers.

La tension monte d’un cran entre Kyle Hardy et Joris Bedin suite à une action chaude sur la cage chamoniarde. Les deux protagonistes vont se calmer quatre minutes en prison. Le match semble près de basculer d’un côté comme de l’autre : Mitja Sivic, en grande forme, tente de forcer la décision sur un tir plein axe bien capté de la mitaine par Fouquerel. Mais le réalisme est décidément chamoniard ce soir : sur un palet que la défense grenobloise n’arrive pas à sortir de sa zone, Clément Masson tente de forcer le passage, son tir est dévié du patin par un défenseur grenoblois sur… la crosse de Laurent Gras dont la reprise instantanée ne laisse aucune chance à Raibon (3-4, 29’16 »).
De nouveau menés au score, les Brûleurs de Loups ne tardent pas à réagir même s’ils sont d’abord sérieusement secoués par un tir sur le poteau de Tremblay qui aurait pu donner deux buts d’avance à son équipe. La contre-attaque grenobloise est immédiate : sur une passe « caviar » en retrait Joris Bedin, Francis Charland reprend sans contrôle et trouve la lucarne de Fouquerel (4-4, 30’43 »). Une libération pour le buteur canadien, guère à son avantage depuis son retour de blessure. Et ce match « portes-ouvertes » devient encore plus fou quelques secondes plus tard lorsque Sivic dévie très légèrement un centre-tir de Lafrance, surprenant Fouquerel qui laisse passer le palet entre ses jambières (5-4, 31’05 »). En moins de deux minutes, Grenoble a repris l’avantage pour la deuxième fois dans ce match qui a décidément du mal à choisir son camp.

Incapables de se départager après cinq périodes sur l’ensemble des deux matchs, Grenoblois et Chamoniards n’ont plus que vingt (ou trente en cas de prolongation) minutes pour faire la différence. Et ce sont les hommes des Stéphane Gros qui vont prendre ce dernier tiers par le bon bout. Julien Tremblay donne un premier avertissement avec un tir sur le poteau. Puis c’est au tour de Silvennoinen d’envoyer un gros lancer non cadré qui rebondit contre la balustrade et revient devant la cage grenobloise. Gadoury réagit plus vite que Raibon et marque tranquillement dans une cage encore grande ouverte (5-6, 41’35 »). Ce but redonne l’avantage à Chamonix qui met la pression sur la cage grenobloise avec une succession de tirs lointains amenés à tester Raibon. Tremblay, encore lui, est tout près de tuer définitivement le suspense en s’échappant avant d’être repris à la limite de la régularité par Maks Selan.
Les Brûleurs de Loups jettent leurs dernières forces dans la bataille : un lancer de Selan trouve le poteau. Finalement Grenoble obtient l’opportunité tant espérée lorsque Rubin charge irrégulièrement Baylacq. Plutôt inspirés en power-play ce soir, les Brûleurs de Loups s’installent et font tourner le palet autour de la cage mais ne parviennent pas à faire sauter le verrou. Joris Bedin récupère un palet face à la cage mais bute sur Fouquerel à bout portant. Tour à tour, Petit puis Charland ou encore Treille tentent leur chance sur la cage chamoniarde mais se heurtent à un excellent Fouquerel. Les minutes passent et Chamonix peut y croire. Romain Carry n’a d’autre solution que de demander un temps mort et faire sortir son gardien, ce qu’il fait finalement assez tardivement. En vain, les Chamois s’accrochent jusqu’au bout à leur petit but d’avance et arrachent à l’extérieur leur qualification pour les demi-finales.

Si l’attaque semble avoir retrouvé un second souffle depuis le match de Morzine (à l’image de Sivic et Lafrance tous deux excellents ce soir), défensivement en revanche, les Grenoblois semblent avoir perdu tout repère à l’image d’un Sébastien Raibon complètement hors sujet depuis deux matchs. Extrêmement perméable (13 buts encaissés entre le match de Morzine et celui de ce soir !), la défense grenobloise éprouve les pires difficultés à fermer la zone, à relancer proprement ou même à protéger l’accès au slot. Une contre-performance qui s’explique d’autant plus mal que les défenseurs grenoblois ont de l’expérience même s’ils ont un profil similaire et sont parfois trop tournés vers l’offensive. C’est donc tout le système défensif qui est à revoir, mais Jean-François Dufour, de retour sur le banc vendredi face à Angers, a-t-il seulement les solutions pour remettre son équipe sur le droit chemin ? Il devra également relancer la concurrence au poste de gardien tant Raibon semble dans une mauvaise passe. Il ne reste désormais plus que la Ligue Magnus à cette équipe pour relever la tête et sauver une saison si prometteuse au départ mais qui laisse déjà d’ores et déjà une sensation d’échec avec ces deux éliminations prématurées en coupe.
Quant aux Chamois, ils n’en espéraient sans doute pas tant en venant à Pôle Sud. Ils décrochent une qualification inespérée pour les demi-finales suite à un match un peu fou, dynamité par la première ligne canadienne et un Julien Tremblay réellement épatant ce soir. Derrière, cela ne respirait pas la sérénité mais Fouquerel était dans un bon soir et a réussi à repousser les offensives grenobloises, notamment au troisième tiers-temps où il s’est transformé en muraille infranchissable. Cette victoire vient à point nommé pour les hommes de Stéphane Gros qui commençaient à tomber dans la morosité ambiante avec la succession de défaites en ligue Magnus. De quoi relancer la machine chamoniarde avant deux matchs contre Caen et Gap, très importants dans la lutte engagée en bas de tableau pour éviter les play-downs.
Désignés meilleurs joueurs du match : Mitja Sivic (Grenoble) et Julien Tremblay (Chamonix)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Baptiste Amar (capitaine de Grenoble) : « C’est la déception qui prime. On avait reçu un coup sur la tête après Gap en coupe de France et là… Les temps sont durs mais ce n’est pas le moment de lâcher. »
Stéphane Gervais (défenseur de Grenoble) : « Ca fait très mal. Je n’ai pas vraiment de mots pour expliquer ce qui vient d’arriver. »
Grenoble – Chamonix 5-6 (1-2, 4-3, 0-1)
Mercredi 13 novembre 2013 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2500 spectateurs.
Arbitrage de Bruno Colleoni assisté de Guillaume Gielly et Adrian Popa
Pénalités : Grenoble 14′ (6′, 8′, 0′), Chamonix 10′ (2′, 6′, 2′)
Tirs cadrés : Grenoble 48 (16, 16, 16), Chamonix 26 (9, 9, 8)
Évolution du score :
0-1 à 01’14 » : Rubin assisté de Veydarier et Gadoury
0-2 à 07’24 » : Tremblay assisté de Rubin et Gadoury
1-2 à 15’25 » : Sivic assisté de Petit et Lafrance (sup. num.)
2-2 à 21’04 » : Lafrance assisté de Sivic et Petit
3-2 à 22’53 » : Lessard assisté de Lafrance et Sivic (sup. num.)
3-3 à 23’32 » : Terrier assisté de Gadoury et Hascoët (sup. num.)
3-4 à 29’16 » : Gras assisté de Masson et Veydarier
4-4 à 30’43 » : Charland assisté de Bedin et Crossman
5-4 à 31’05 » : Sivic assisté de Lafrance
5-5 à 34’50 » : Hardy assisté de Tremblay et Rubin
5-6 à 41’35 » : Gadoury assisté de Silvennoinen
Grenoble
Gardien : Sébastien Raibon (sorti de 58’36’ à 60’00 »)
Défenseurs : Pierre-Luc Lessard – Maks Selan (4′) ; Baptiste Amar (C) – Nicolas Antonoff ; Jason Crossman – Stéphane Gervais.
Attaquants : Mitja Sivic – Felix Petit (2′) – Toby Lafrance (A) ; Luc Tardif Jr (4′) – Yorick Treille – Mathieu Le Blond ; Joris Bedin (4′) – Jordann Perret – Francis Charland ; César Joffre – Julien Baylacq (A) – Sébastien Delemps.
Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Mathieu Pons. Absents : Christophe Tartari (clavicule), Kévin Martenon (rechute).
Chamonix
Gardien : Clément Fouquerel
Défenseurs : Fabien Veydarier – Kyle Hardy (4′) ; Brent Patry – Damien Torfou ; Riku Silvennoinen (2′) – Clément Colombin.
Attaquants : Julien Tremblay – Kévin Gadoury – Benjamin Rubin (2′) ; Laurent Gras (A) (2′) – Clément Masson (A) – Arnaud Hascoët ; Jérémy Ares – Matthias Terrier – Vincent Kara ; Alexandre Audibert (C) – Patxi Biscard.
Remplaçant : Victor Goy (G). Absent : Arthur Cocar.






































