À Méribel, pour la troisième fois consécutive
Rouen, double tenant de la coupe « T.A.P. » (Temps d’Activités Périchampionnat), ira donc bien à Méribel défendre le trophée squelettique de la ligue, quelle ligue d’ailleurs ? Celle des classes de neige, peut-être, celle perdue sur les traces du Père Noël sans doute…

Vaincre les Rapaces dans le contexte actuel – Rouen est virtuellement huitième en championnat – n’est pas prévu comme aisé pour des Dragons ayant chuté déjà deux fois à l’Alp’Aréna cette saison.
Mais ce soir, sur l’île Lacroix, les Normands se sont facilité la tâche en dominant, après un départ tonitruant, des Haut-Alpins curieusement restés dans leur bus, à moins qu’ils s’y soient attachés. Les équipes de Luciano Basile n’ont pourtant que rarement laissé leur caractère et leur émotion au vestiaire.
Sur leur premier moment fort, les joueurs d’Ari Salo obtenaient un avantage numérique. Le temps, pour Rouen, de chauffer l’attaque à cinq, et François-Pierre Guénette en duel, bien trouvé par Lampérier, enfilait entre les jambières de Lavigne qui ne complétait pas son arrêt (1-0 à 4’26).

Ensuite, Francis Charland était frustré par Lavigne (9’41) et un but était justement refusé aux Rouennais parce que la cage avait bougé pendant la mainmise normande (10’45). On a bien aperçu Radim Valchar, oublié à la bleue, bien lancé par Vondracek, inquiéter Lhenry (11’11), cela n’a été qu’un feu de paille sur la maison du RHE76. C’est plutôt le toit du refuge du RGHA qui allait s’effondrer. Charles Lavigne tenait le dernier faîtage face à Thinel de loin (12’49), mais le gardien ne pouvait plus rien soutenir devant Léveillé qui marquait dans une cage ouverte, après une déviation très chanceuse de Koudys (3-0 à 13’53, photo ci-dessous).

À la reprise, le discours dans le vestiaire de Lucciano Basile à ses joueurs était mort-né. En effet, dans la première minute de jeu, Julien Desrosiers passait en retrait dans le slot à Faure qui taillait comme à l’entraînement le pauvre Lavigne (4-0 à 20’48).
Les joueurs des bords de Seine ne lâchaient pas grand-chose sans diminuer le nombre de leurs projections offensives, mais sans se déséquilibrer derrière. À l’image de Patrick Coulombe qui faisait preuve de dévouement sur un lancer adverse et ne partait pas à l’abordage à la moindre occasion. À l’image aussi du duo Koudys-Léveillé qui se créait la meilleure occasion des dix premières minutes de la période médiane (25’34). Cependant Charles Lavigne restait bien mobilisé. De même, cinq minutes plus tard, le gardien s’interposait devant un contre rouennais surnuméraire avec Loïc Lampérier et Thinel (30’38). Dans la continuité, l’ailier gauche était invité dans la chambre du pénitencier.

Le dernier acte sera une formalité pour l’équipe de Guy Fournier. Hormis Riopel, les remplaçants de part et d’autre pouvaient monter sur la glace. Même Aurélien Bertrand succédait à Lavigne devant la cage dauphinoise. Une fois annihilée une nouvelle pénalité sans grand danger, puis que Fabrice Lhenry déroute un lancer de Bartman (48’34), les Dragons marquaient d’un tir frappé de Maxime Lacroix après avoir été servi en retrait par Desrosiers (6-0 à 48’29).

Les Rapaces ont beaucoup déçu. Les échanges récents de joueurs sont peut-être l’explication à l’échec collectif. Les Carter et Langlais étaient précédés d’une (trop) belle réputation qu’ils n’ont pas pu démontrer ce soir. On pouvait attendre autre chose de l’ogre gapençais désormais dirigé par le druide Luciano Basile et emmené par le meilleur joueur français de la saison dernière, Nicolas Ritz. Un match manqué qui engendrera un esprit revanchard lors du retour de Gap sur l’île Lacroix en ligue Magnus et sans doute dès vendredi à Morzine. Un match surtout perdu, malgré un Lavigne qui a fait du boulot, à cause du brio d’en face.
En pleine confiance après avoir obtenu une victoire à l’extérieur en championnat à Strasbourg, les Rouennais obtiennent une victoire facile parce qu’ils ont joué groupé, toujours en mouvement, collectif, en première décision, simple, sans trop porter le palet, en gagnant les duels dans la bande et en recouvrant du réalisme en supériorité et de l’efficacité en infériorité. Voilà une performance complète et éclatante, une référence à réitérer dorénavant en ligue Magnus, contre Lyon dès vendredi.
Étoiles du match : François-Pierre Guénette *** (Rouen), Fabrice Lhenry ** (Rouen), Julien Desrosiers * (Rouen).
Rouen – Gap 6-0 (3-0, 2-0, 1-0)
Mardi 2 décembre 2014 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2547 spectateurs.
Arbitres : M. Jeremy Rauline assisté de MM. Pierre Dehaen et Thomas Caillot.
Pénalités : Rouen 14′ (2′, 6′, 6′) ; Gap 10′ (6′, 0′, 4′)
Tirs : Rouen 40 (17, 13, 10) ; Gap 18 (4, 4, 10)
Chances : Rouen 11 (6, 4, 1) ; Gap 9 (2, 3, 4)
Évolution du score :
1-0 à 04’26 Guénette assisté de Lampérier et Manavian (sup.num.)
2-0 à 08’22 Guénette assisté de Lampérier et Thinel (sup.num.)
3-0 à 13’53 Léveillé assisté de Koudys et Cunningham
4-0 à 20’48 Faure assisté de Desrosiers
5-0 à 39’41 Desrosiers assisté de Guillemain et Cunningham
6-0 à 48’29 Lacroix assisté de Desrosiers et Manavian
Rouen
Gardien : Fabrice Lhenry (18 arrêts)
Arrières : Patrick Coulombe – Jonathan Janil ; Raphaël Faure puis Aurélien Dorey à 40’00 – Antonin Manavian ; Léo Guillemain – Wes Cunningham ; puis Théo Lanvers (à 54’44).
Attaquants : Loïc Lampérier – François-Pierre Guénette (A) – Marc-André Thinel (C) ; Julien Desrosiers (A) – Maxime Lacroix – Francis Charland ; Loup Benoit – Daultan Léveillé – Dan Koudys ; puis à 52’44 Antoine Mony – Fabien Colotti – Johan Saint-André.
Remplaçant : Nicolas Riopel.
Gap
Gardien : Charles Lavigne (25 arrêts), puis à 40’00 Aurélien Bertrand (9 arrêts)
Arrières : Brett Bartman – Chad Langlais ; Teddy Trabichet (C) – Matt Wahl ; Jeremy Baridon – Dominik Kramar ; puis Etienne Chiappino (à 40’00).
Attaquants : Matt Carter – Nicolas Ritz – Nicholas Pard ; Mickael Perez – Bostjan Golicic – Karel Richter ; Radim Valchar – Roman Vondracek – Nicolas Arrossamena ; Alexandre Cornaire (A) puis Paul Schmidt (à 40’00) – Kevin Da Costa – Sébastien Rohat (A).
Absents : Ryan Ruikka et Matthieu Frecon (blessés), Kris Westblom (non conservé) et Gabriel Levesque (départ).









































