L’équipe de France finira quoi qu’il arrive cinquième (sur 12 nations) de cet Euro Hockey Challenge, ce qui est déjà remarquable pour une équipe qui a décidément changé de statut international depuis un an. Elle a pour l’instant encore un bilan positif, mais reste sur trois défaites face à des adversaires un peu coriaces, l’Allemagne deux fois puis la Suisse hier à Grenoble. Une équipe suisse qui peut prendre la deuxième place générale en cas de victoire ce soir à Lyon.
Une crosse haute de Kevin Romy dans la première minute n’est pas exploitée. Mais quand Damien Raux part en prison (faire trébucher), la précision du tir de Mark Streit ne laisse aucune chance à Cristobal Huet. Les visiteurs sont mieux entrés dans le match et Huet doit parer de la botte un tir dangereux de Simon Bodenmann. Mais les Bleus serrent les boulons en infériorité numérique après le cinglage d’Auvitu et la charge avec la crosse de Dieude-Fauvel.
Surtout, l’ajout d’Antoine Roussel permet à la France d’aligner son premier bloc en configuration définitive. Un bloc qui va survoler les débats sur la patinoire Charlemagne. Première démonstration après la seconde pénalité suisse, une crosse haute de Trachsler : après un slap puissant d’Auvitu à la pointe, Roussel laisse Stéphane Da Costa finir au rebond (1-1). Auvitu n’est pas loin de remettre ça et frappe le poteau.
Chaque faute se paie cash, la Suisse reprend le jeu à quatre au deuxième tiers à cause d’une obstruction de Walker et Roussel conclut cette fois lui-même le jeu de puissance (2-1). Mais à cinq contre cinq, la première ligne sait aussi se créer des espaces. Sur une action à 3 contre 2, Da Costa entre en zone côté gauche et profite de la diversion de Roussel qui accélère vers la cage pour servir une passe transversale parfaite à Julien Desrosiers (3-1).
Reto Berra, le gardien de l’Avalanche du Colorado, connaît une entrée en scène bien plus délicate que l’autre joueur de NHL Roussel. Il commet une bévue sur le quatrième but français signé Charles Bertrand. 4-1 face à la Suisse, c’est trop beau pour être vrai, et Reto Suri réduit le score sur l’action suivante. Matthias Bieber en fait autant à la mi-match, à la sortie de prison de Helbling, sans que la Nati domine si nettement. La pression se fait toutefois plus forte avec la fin de période, ce qui aboutit plus logiquement à l’égalisation de Tristan Scherwey (4-4).
Au moment où les Bleus pourraient douter, Denis Hollenstein part en prison avec 39 secondes au chrono (faire trébucher). Il en ressortira sans attendre la pause, à peine seize secondes plus tard. Stéphane Da Costa conquiert le palet dans le coin face à Julian Walker et effectue une nouvelle passe transversale – levée – à Julien Desrosiers, qui remet cette fois aussitôt en retrait pour la conclusion de Yohann Auvitu (5-4). Un jeu en triangle d’école.
Les duels restent âpres. Eric Blum quitte le jeu avec une suspicion de commotion cérébrale sur une charge de Stéphane Da Costa. La Suisse pousse fort avec un Romain Loeffel déchaîné qui signe à lui seul 5 tirs cadrés en 8 minutes. Il finit par égaliser dans un cafouillage. Da Costa aurait pu redonner l’avantage à la France mais tire sur le poteau dans la minute qui suit. La Nati ne corrige pas son indiscipline et finit même le temps réglementaire à trois, après un accrochage de Schäppi et un surnombre dans la dernière minute. Mais c’est finalement à 4 contre 4, lors de la prolongation, qu’Antoine Roussel inscrit le but gagnant.
Désigné joueur du match : Stéphane Da Costa (France).
Commentaires d’après-match :
Laurent Meunier (capitaine de la France) : « On était bien dans le match. Niveau intensité, on était dans le tempo. Notre premier de bloc de powerplay a très très bien fonctionné. On prend un but à 4 contre 5 sur leur premier powerplay, après on était mieux. C’était un bon match de préparation dans le sens où il y a eu des erreurs à corriger et des choses positives. Peu importe le résultat, c’est toujours mieux de gagner pour la confiance, donc voilà. Les championnats du monde, c’est une autre intensité, un autre environnement, on a un peu plus d’expérience, on sait que ça va être plus dur et je pense qu’on sera prêt. »
Dave Henderson (entraîneur de la France) : « Ils marquent les premiers, on revient, on mène 4-1. Il y a deux-trois ans, on n’aurait pas pu faire ça. C’est grâce au talent des joueurs et à la confiance acquise lors des championnats précédents. Dans l’ensemble de la préparation, je suis assez satisfait de la progression depuis la première semaine. On voit des actions offensives très intéressantes avec des sorties de zone propres, des entrées en zone propres, des buts propres. Sur la partie défensive, on a plutôt bien joué pendant huit matches, sauf ce soir avec des petites erreurs d’inattention. On n’a pas clôturé le match quand on aurait dû. »
Glen Hanlon (entraîneur de la Suisse) : « Je n’ai pas aimé la manière dont nous avons perdu pied au deuxième tiers pour nous retrouver menés 4-1. Mais en même temps, c’était un match bizarre avec de nombreuses pénalités qui ont contraint les joueurs à enchaîner de longues présences sur la glace. Nous avons bien su revenir et j’ai apprécié. En revanche je suis heureux que le match n’ait pas été télévisé, comme ça je n’aurai pas besoin de le revoir. »
Romain Loeffel (défenseur de la Suisse) : « Le retour au jeu de Roussel a amené de l’intensité dans le jeu français. Il nous a bien titillés et nous avons dû nous adapter à cela. C’est pour cette raison que l’on a mis un peu de temps pour refaire surface après le 4-1. »
France – Suisse 6-5 après prolongation (1-1, 4-3, 0-1, 1-0)
Dimanche 26 avril 2015 à 17h00 à la patinoire Charlemagne de Lyon. 3300 spectateurs.
Arbitres : Geoffrey Barcelo et Damien Bliek (FRA) assistés de Pierre Dehaen et Yann Furet (FRA)
Pénalités : France 14’ (10’, 2’, 2’, 0’), Suisse 22’ (10’, 4’, 8’, 0’)
Tirs cadrés : France 31 (11, 12, 7, 1), Suisse 49 (14, 20, 13, 2)
Évolution du score :
0-1 à 03’23” : Streit assisté de Romy et Brunner (sup. num.)
1-1 à 16’27” : S. Da Costa assisté de Roussel et Auvitu (sup. num.)
2-1 à 21’16” : Roussel assisté de S. Da Costa et Desrosiers (sup. num.)
3-1 à 24’25” : Desrosiers assisté de S. Da Costa et Roussel
4-1 à 24’47” : Bertrand assisté d’Auvitu
4-2 à 25’11” : Suri assisté d’Ambühl et Almond
4-3 à 30’09” : Bieber assisté de Helbling et Loeffel
4-4 à 37’40” : Scherwey assisté de Kukan
5-4 à 39’37” : Auvitu assisté de Desrosiers et S. Da Costa (sup. num.)
5-5 à 53’03” : Loeffel assisté de Schäppi et Hollenstein
6-5 à 63’34” : Roussel assisté de S. Da Costa
France
Attaquants :
Antoine Roussel (+1, 2’) – Stéphane Da Costa (+1) – Julien Desrosiers
Sacha Treille – Laurent Meunier (C, 4’) – Charles Bertrand (+1)
Anthony Guttig – Teddy Da Costa – Damien Fleury
Yorick Treille (A, -2, 2’) – Damien Raux (A, -2, 2’) – Valentin Claireaux (-2)
Loïc Lampérier (-1)
Défenseurs :
Yoann Auvitu (2’) – Antonin Manavian (-1)
Kévin Hecquefeuille (-1) – Nicolas Besch (-1)
Benjamin Dieudé-Fauvel (+1, 2’) – Florian Chakiachvili
Teddy Trabichet
Gardien :
Cristobal Huet
Remplaçant : Ronan Quemener (G). En réserve : Florian Hardy (G), Jonathan Janil (D), Nicolas Ritz (cheville).
Suisse (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Dino Wieser (-1) – Kévin Romy (-2, 2’) – Damien Brunner (A, -1)
Reto Suri – Cody Almond (+1, 2’) – Andres Ambühl
Denis Hollenstein (C, +2, 2’) – Reto Schäppi (+2, 4’) – Simon Bodenmann (+1)
Matthias Bieber (+1) – Morris Trachsler (+1, 2’) – Julian Walker (A, 6’)
Tristan Scherwey (-1)
Défenseurs :
Mark Streit (-1) – Dean Kukan (+2)
Eric Blum (-1) – Patrick Geering (-1)
Robin Grossmann (+1) – Timo Helbling (2’)
Romain Loeffel (+3)
Gardien :
Reto Berra
Remplaçant : Daniel Manzato (G). En réserve : Leonardo Genoni (G), Félicien Du Bois, Thomas Rüfenacht, Gaëtan Haas.