Chaque semaine sur Hockey Archives nous analyserons en détail les performances d’une équipe. Mais cas exceptionnel pour commencer la saison, nous ferons plutôt un tour d’horizon de la situation dans la ligue car le nombre de matchs joués n’est pas encore suffisant pour y voir clair sur la vraie valeur des équipes.
Et c’est justement le sujet de cette chronique : savoir faire attention aux analyses trop rapides alors que certaines franchises sont sur un petit nuage en ce mois d’octobre. Or ce nuage est appelé à passer, comme les vrais dans le ciel (sauf si vous habitez en Bretagne….).
Petit nuage ou retard au décollage
Ce petit nuage c’est tout simplement une performance de feu des tireurs et/ou des gardiens. Si n’importe qui peut s’enflammer sur 4 ou 5 matchs, cela est historiquement impossible sur 82 rencontres. Les données de la dernière décennie le prouvent aisément.
Nous avions expliqué dans notre petit guide des statistiques la force prédictive de l’indice PDO et que l’homogénéité des équipes en termes de réussite aux tirs et de taux d’arrêts des gardiens est bien plus forte qu’on pourrait le croire. Du côté des tireurs, chaque équipe possède quelques fines gâchettes mais également des joueurs plus normaux et encore d’autres avec des mains coulées dans le béton. À l’échelle collective, les différences sont ainsi lissées. La moyenne historique tourne autour de 8% et bien rares sont ceux qui s’en éloignent. En dix ans, seules trois équipes (sur 300 donc) ont tiré au-delà de 10%, et trois autres en dessous de 6%.
Du côté des gardiens, sept équipes ont eu des cerbères en deçà de 90,5% d’arrêts, et de même seulement sept au-dessus de 93,5%. La moyenne est autour de 92%.
Si l’on place sur un même visuel les 300 équipes de la dernière décennie, plus les performances de ce début de saison, il est facile de voir en quoi certaines équipes sont en surrégime quand d’autres ont calé au démarrage.
Tous les petits points représentent les équipes de la dernière décennie. Elles sont naturellement regroupées autour des moyennes comme des manchots empereur en train de couver un œuf. Sans même identifier toutes les équipes de 2017-18 situées aux marges de ce nuage de points, plus de la moitié de la NHL navigue actuellement très loin de son port d’attache.
Washington, Chicago, Toronto devraient jouer au loto tant leurs joueurs enfilent des buts comme des perles. New Jersey, Tampa Bay ou Winnipeg ne sont pas mal non plus dans le genre. Toutes vont progressivement baisser le pied, ou pire, vont connaître une sécheresse de buts qui va ramener tout cela à la normale. Alex Ovechkin ou Auston Matthews rentrent par exemple pour le moment des buts au double de leur rythme normal, pourtant déjà élevé… À l’inverse, Montréal, Dallas, San José, Edmonton, Carolina, Nashville et les Rangers vont bientôt débloquer leurs compteurs.
Côté gardiens, Chicago et les Devils voient, en plus de leur réussite aux tirs, leurs cerbères réaliser des débuts de saison de folie, tout comme le sieur Varlamov du côté de l’Avalanche. Montréal est, elle, doublement pénalisée car Carey Price connaît un départ largement en-deçà de ses standards et Toronto a également une marge de progression du côté de Frederik Andersen. À Pittsburgh, Matt Murray subit encore statistiquement l’impact de la dégelée subie face à Chicago et Antti Niemi est pour l’instant loin de répondre aux attentes.
L’impact sur le classement
Allez, ne résistons plus à l’envie de regarder de ce que produisent les équipes pour le moment. Rappelons une dernière fois qu’il est très tôt et que les choses évolueront certainement pour certaines d’entre elles.
Regardons donc les buts anticipés comme indicateur de performance. Là aussi les écarts vont se resserrer au fil des matchs, comme le symbolise le rectangle vert où toutes les équipes se retrouveront au bout du compte. C’est quand même fort pour Dallas et Edmonton qui sont par contre en manque de réussite comme nous l’avons vu. Toronto, au-delà de ses tireurs chauds bouillants y met la manière, ce qui n’est pas rassurant pour ses concurrents. La Floride a effectué de belles performances pour le moment, même s’ils ont affronté deux fois un Tampa décevant et des Blues habitués à se laisser dominer sous Mike Yeo.
Bonne nouvelle pour les Kings, le nouveau coach John Stevens affiche des performances égales à celles de son prédécesseur, à voir si cela tient à long terme, notamment car le calendrier est plutôt clément jusqu’ici pour LA. Columbus paraît solide et, dans le clan des malchanceux, Montréal et les Sharks devraient bientôt relever la tête car le fond de jeu est bel et bien là.
À l’opposé c’est déjà difficile pour Buffalo, Détroit et Vegas même si des victoires furent arrachées de manière plus ou moins méritées… Chicago et New Jersey surfent clairement sur leur réussite car le jeu est plutôt moyen. Enfin Washington inquiète un peu car si le trio d’Ovechkin fait des miracles, le reste est bien poreux.
Nous y verrons plus clair au fil des semaines. Rien n’est coulé dans le béton.