Erik Karlsson file à San José

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Les feuilletons se ferment les uns après les autres en NHL alors que les camps d’entrainement sont sur le point de s’ouvrir. Après Max Pacioretty, c’est le dossier Erik Karlsson qui s’est réglé ce jeudi alors que la star d’Ottawa a pris le chemin de San José.

 

Le meilleur défenseur de la ligue ces dernières années portera donc l’uniforme des Sharks cette saison, voire plus s’il signe une prolongation de contrat là-bas. Erik Karlsson, c’est deux trophées Norris (il en mériterait plus) et 518 points en 627 matchs. Depuis 2012, année de son premier Norris, il trône en tête des défenseurs pour les points marqués par 60mn, est vient dans le top5 pour l’impact relatif sur la possession du palet (les tirs tentés). En bref, Karlsson c’est avant tout une machine à rendre meilleur tout ce qui gravite autour de lui. Lui qui a été capable de porter des piètres Senators jusqu’aux portes de la finale 2017, sur une cheville.

 

San José prend position

Pour l’équipe californienne c’est un coup fumant qui la place automatiquement au rang de favorite dans une division Pacifique très brouillonne. Très ému à l’annonce de l’échange, Karlsson devrait se consoler rapidement en rejoignant un groupe de joueurs aspirant en ce moment à la coupe Stanley. Il s’ajoute à Brent Burns (sic) et Marc-Edouard Vlasic en défense, Logan Couture, Joe Pavelski, Evander Kane, Joe Thornton, Tomas Hertl ou encore Timo Meier en attaque. La perspective d’affronter soit Burns soit Karlsson près de 50 minutes par match a de quoi effrayer toutes les équipes de la ligue, sans parler de leur présence en supériorité numérique.

C’est donc un nouveau coup de maître que le DG Doug Wilson a réalisé. Après Joe Thornton, Brent Burns, il a de nouveau réussi à mettre la main sur un joueur d’élite, donnant toutes les chances à son équipe de concourir pour la coupe. Et il a pu faire cela sans sacrifier grand-chose, ou presque.

 

Ottawa s’enfonce dans le marasme

Car évidement, l’autre histoire de cet échange est qu’Ottawa continue d’entretenir un cirque désormais incontrôlable. En retour de Karlsson, le meilleur défenseur de la ligue, le meilleur joueur à avoir jamais porté le maillot des Sens, Ottawa a reçu :

  • Chris Tierney, un centre de 3e ligne au mieux
  • Dylan DeMelo, un défenseur de 3e paire
  • Un choix de 1re ronde 2020 si San José se qualifie pour les playoffs cette saison
  • Un choix de 2e tour 2019 si Karlsson prolonge à San José OU un choix de 1ere ronde 2021 si San José atteint la finale de la coupe Stanley cette saison
  • Un choix de 1ere ronde (2020-21 ou 22) si Karlsson joue pour une équipe de la conférence Est cette saison (???).
  • Les espoirs Josh Norris et Rudolf Balcers.

Passons sur l’étrange obsession d’Ottawa de ne pas vouloir voir ses joueurs revenir à l’Est – souvenez-vous que Mike Hoffman avait été échangé à San José (déjà), avant que les Sharks ne le refourguent à la Floride… Pour une franchise en pleine reconstruction, Erik Karlsson aurait dû être la pièce maitresse pour rapporter des espoirs de premier plan. Or, les choix de 1er tour seront tardifs ou hypothétiques et les espoirs Norris ou Balcers ne sont pas vraiment des futures vedettes.

Josh Norris est un centre « two-way » projeté pour jouer sur une 3e ligne, une 2e au mieux. Balcers est un ailier intelligent mais lent, qui sort quand même d’une bonne saison en AHL avec 48 points en 67 matchs.

Source: The Athletic

L’expert Corey Pronman les classait 3e et 4e meilleurs espoirs de l’organisation des Sharks et s’insèrent désormais en 7e et 8e position dans le système d’Ottawa. San José n’a donc pas donné ses meilleurs pions dans l’échange et n’a pas non plus touché à Timo Meier, 21 ans, ou Tomas Hertl, 24 ans. Cette semaine, Montréal a obtenu bien plus pour Max Pacioretty…

Pour Ottawa, c’est la déception totale même si, dans ses communiqués, la franchise affirme qu’il s’agit du plus important échange de son entreprise de reconstruction. Dire que des échanges ont avorté au printemps dernier car les Sens en voulaient encore un peu plus, insistant notamment pour inclure Bobby Ryan et son gros contrat dans un échange avec Vegas ou Tampa. Ce qui a bloqué la manœuvre et ne faisait aucun sens puisqu’en demandant une si grosse faveur à son partenaire d’échange, Ottawa diminuait forcément le retour net de Karlsson. Mais bref.

Il y a quelques jours, l’organisation diffusait une vidéo simplement loufoque du propriétaire Eugene Melnyk, interviewé dans une mise en scène grotesque par le joueur Mark Borowiecki.

Melnyk y affirmait que les Sens allaient entreprendre une reconstruction complète, échanger les joueurs qu’ils peuvent et faire de la place aux jeunes, laissant entendre que l’équipe comprendrait 10 rookies cette saison, et 15 ou 16 jeunes l’an prochain… Que l’équipe était désormais bardée de choix de draft quand, même après aujourd’hui, ils ne possèdent que 3 choix de 1er tour ces 3 prochaines années, 4 choix de 2e tour et 4 de 3e tour.

Et surtout, Ottawa avait donné son choix de 1er tour 2019 à Colorado dans l’échange pour Matt Duchene. Enfin, un choix pouvant être en 2018 ou 2019, mais les Sens ont préféré choisir au 4e rang en juin et donc abandonner le choix 2019. Un choix qui devrait être très très haut placé au vu de la faiblesse de l’effectif des Sens, d’autant plus après le départ de Karlsson. Pour une équipe en reconstruction, c’est plutôt embêtant. Et pour les fans, le cirque est loin d’être terminé alors que Mark Stone et Matt Duchene pourraient être libres comme l’air au 1er juillet 2019 et devraient donc échangés d’ici là. Pour quel retour ?

Nous pourrions continuer longtemps à énumérer les folies des Senators mais c’est tirer sur une ambulance en flammes au fond d’un ravin. Concentrons-nous plutôt sur le fait que, d’ici quelques jours, le monde pourra voir Brent Burns et Erik Karlsson sous le même maillot. Et plus généralement voir Karlsson jouer enfin pour une bonne équipe.

 

Source photo: Compte Twitter de Brent Bruns

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