Présentation du novice de la D2, Colmar

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La présentation de toutes les équipes de division 2 sera publiée comme d’habitude aux alentours de fin octobre – début novembre. Mais en avant-goût, nous nous sommes intéressés au novice de la division, Colmar.

Les Titans de Colmar s’apprêtent à vivre, cette saison, un événement : pour la première fois de leur histoire, les Haut-Rhinois vont accéder à la Division 2, un niveau supérieur à celui où ils ont toujours évolué depuis la création du club (Division 3).

Certes, il y eut quelques épisodes plus ou moins anciens où l’espoir fut de mise, comme en cette fin de saison 2002-2003, avant le clash lors d’une Assemblée Générale houleuse : à l’époque, le club regroupait le patinage artistique (en net développement, déjà) et le hockey sur glace. Auteur d’une saison très encourageante, sportivement parlant, quand bien même il n’avait pas participé aux play-offs, le club colmarien pouvait prétendre à une montée en D2 sur dossier, pour pallier les (déjà) fréquentes défections de clubs trop ambitieux. Le président Fuchs avait, de son côté, préféré jeter l’éponge, estimant que la belle saison des Titans n’avait pas été anodine au niveau de son coût, et que continuer sur cette lancée risquait de compromettre l’avenir des deux sections. L’équipe fanion de D3 avait donc été dissoute, au grand dam des joueurs de cette épopée. S’en étaient suivies trois saisons blanches pour la compétition adulte, tandis que le hockey mineur continuait de vivre.

Parallèlement, les sections patinage et hockey se scindèrent progressivement pour devenir deux clubs indépendants. Le retour d’une D3, en 2006-2007, ne se fit pas sans mal. En effet, les premiers effectifs furent composés de locaux, essentiellement de juniors (qu’on retrouve encore, pour certains, dans l’effectif actuel), inexpérimentés et passablement indisciplinés. Les défaites s’accumulèrent, mais au moins le club recommença son histoire.

Un premier changement notoire intervint en 2009 quand le président de l’époque, M. Fusillier, recruta un jeune Magnusien en provenance de Strasbourg, Yannick Maillot, en lui donnant la double casquette de (re)développer le mineur et d’emmener l’équipe fanion nettement plus haut, vers les play-offs. Rapidement, le petit attaquant sut attirer avec lui quelques noms, et créer une dynamique positive de résultats… Hélas, l’inexpérience des jeunes Colmariens buta deux saisons de suite lors du premier tour de play-offs. En parallèle, le club organisa durant trois années l’Eurotournoi, qui se jouait fin août, et vit la participation de clubs au niveau plutôt élevé en France (Strasbourg, Épinal, Briançon, Mulhouse) ou européen (GCK Zurich, EHC Freiburg, HC Ajoie, Karaganda), contribuant ainsi à développer une culture hockey dans la cité de Bartholdi.

Maillot retourna ensuite à Strasbourg, en emmenant avec lui pas moins de six joueurs, pour une saison qui les verra sacrés champions de D3 avec la réserve de l’Étoile Noire.

Colmar, de son côté, lui trouva un remplaçant, bien établi dans l’Est, en la personne d’Evgueni (« Genia ») Kouznetsov, un ancien attaquant buteur d’Amnéville, puis des éphémères et controversés Graoullys messins. Sa venue coïncida avec celle progressive d’anciens juniors mulhousiens en quête de temps de glace. Au fur et à mesure des saisons, ce sont, un, puis deux, puis trois petits Scorpions qui vinrent prêter main forte aux Titans. Colmar confirma être un club qui comptait, dans l’Est, même si les résultats finaux pêchaient lorsque les play-offs débutaient. Néanmoins, le club colmarien parvint à y faire des coups, notamment en 2015 contre Toulon puis Marseille (vice-champion de D3 la même année).

Mais la consécration vint en cette fin de saison 2017-2018, quand les Titans, invaincus durant la saison régulière, organisèrent le tournoi final, qu’ils perdirent face au grand favori, Morzine, après y avoir dominé la réserve caennaise puis Asnières. Ce fut ainsi la consécration pour Colmar qui accédait sportivement à son rêve, puisque la formule du championnat de D3 permettait aux deux « finalistes » de monter d’une Division.

Tout ceci concerne l’aspect sportif. C’est sans compter l’aspect structurel et administratif qu’il a fallu, là aussi, travailler.

Offrir des débouchés à son vivier potentiel, notamment avec l’équipe fanion, c’est le fil conducteur qui a sans aucun doute animé les anciens dirigeants qui se sont succédé à la tête du club colmarien. Mais jusqu’ici, les résultats ne furent pas toujours ceux espérés. Il fallait donc sans doute changer la façon de faire les choses. C’est ce que l’actuelle présidente, Christine Le Jeune, secrétaire à la Ligue de Hockey du Grand Est, en plus d’être professeure à l’Unité de Haute-Alsace, a décidé de mener depuis son arrivée au sein du bureau, il y a deux ans.

Le premier axe de développement fut d’ordre administratif. Les derniers exercices sportifs et financiers du club ayant amené des bilans positifs, et donc un « bas de laine » suffisamment rempli, les dirigeants décidèrent de se donner les moyens pour monter d’une division. Colmar est actuellement une ville en « manque » de club sportif phare (notamment depuis le naufrage du club de football, redescendu brutalement au 7e niveau hiérarchique, après avoir passé quelques saisons en National). Il existe donc une fenêtre de tir que les Titans ont exploitée.

Pour ceci, il a fallu réintégrer l’association « Titans » dans l’organigramme officiel, non sans quelques grincements de dents, afin de pouvoir gérer directement l’équipe D3 (l’entité « Titans » – équipe fanion – était liée au club via une convention et avait une relative autonomie de gestion pour des résultats jugés relativement décevants). L’opération se fit la saison dernière, pour les résultats que l’on sait, avec en cerise sur le gâteau l’organisation du tournoi final.

Au niveau sportif, l’évènement tint toutes ses promesses, avec un niveau de jeu agréable à regarder, et sans doute quelques frustrations locales lors de la finale, quand les Pingouins morzinois déroulèrent et montrèrent qu’ils évoluaient dans un autre monde.

Au niveau de la promotion du hockey, les affluences de soirée – en moyenne 900 spectateurs voire plus pour la finale – drainèrent forcément de nouveaux publics. C’est sur ces néophytes que le club compte capitaliser pour recruter dans son mineur, en plus d’amener davantage d’affluence. Le bilan du tournoi est donc positif et a répondu aux attentes des Titans.

Le deuxième axe du développement est sportif. Colmar compte environ 200 licenciés, et ce depuis plusieurs saisons. À la fin du dernier exercice, l’équipe U15 accéda à la demi-finale nationale. Ce fut une belle épopée pour les minots y ayant participé, et pourquoi pas une promesse de rangs juniors compétitifs. Dans le cas présent, ces Titans étaient quasiment tous des deuxièmes années et auraient dû continuer en cadets la saison suivante.

C’est ici que le bât blesse. Construire une équipe U17 (Élite ou Excellence) a un coût, environ le coût d’une équipe de D3, selon Christine Le Jeune. On devine aussitôt l’envers du décor : pour tout club qui n’a pas les moyens, l’aventure de son mineur s’arrête en U15. C’est ce qu’il se passait jusqu’ici à Colmar, qui voyait ses juniors potentiels s’arrêter, ou aller rejoindre l’association créée avec (et sous le nom de) Mulhouse, voire s’exiler. Colmar n’était donc plus lisible du tout, ni même attractif pour qui voulait continuer. Difficile dans ce cas d’espérer se développer, du moins sans apport financier significatif.

Mulhouse, de son côté, possédait déjà deux équipes U15 et U17, en plus de son équipe U20, condition demandée pour participer au championnat Magnus. C’est déjà mieux, mais le problème des heures de glace disponibles commençait à poindre son nez.

Aussi, depuis deux ans, les deux clubs se sont rencontrés pour monter le projet de l’entente Colmar-Mulhouse. Cet éternel serpent de mer, qui avait déjà furtivement existé vers 2003 pour les juniors (Belfort-Colmar-Mulhouse) se trouve aujourd’hui bien plus finalisé.

Cette entente concerne les U15, U17 et U20, quand bien même les U20 (Élite) seront « assumés » par les Scorpions Magnus. Elle permettra à Colmar d’offrir un avenir à ses U15. Mulhouse, de son côté, a l’opportunité de développer encore plus son mineur tout en offrant un cadre de compétition plus intéressant pour faire évoluer les classes U17 et U20 puisque Colmar évoluera en D2, le niveau sportif montera d’un cran. C’est donc du donnant-donnant.

Autant dire qu’à Colmar, cette entente est une aubaine, car elle pérennise le développement à toutes les classes de hockey mineur, tout en offrant à son équipe fanion une manne de jeunes en quête de reconnaissance et donc de temps de glace.

On aborde ainsi le troisième point, celui du développement de l’équipe senior, qui va évoluer en division supérieure. Qui dit accession, dit augmentation du budget. Christine Le Jeune est prudente à ce sujet. Elle avait clairement annoncé avant le tournoi final d’avril dernier : si besoin, le budget 2018-2019 sera prêt et bouclé pour une D2. Il l’est. Aucun chiffre n’est officiellement annoncé, on sait juste qu’il sera l’un des plus petits de la compétition. Il est toutefois préparé avec des apports en hausse, que ce soit des partenaires publics (Ville de Colmar, Région puis Département) ou privés.

L’idée principale est avant tout de stabiliser l’assise du club. Il sera prévu d’intégrer entre 5 et 10 juniors par match, le chiffre est d’ailleurs confirmé par Christer Eriksson. Genia Kouznetsov, aux manettes pour la gestion de l’effectif, mettra à l’essai une partie des finalistes d’avril dernier, tout en testant quelques têtes de liste extérieures, destinées à montrer la voie aux minots.

C’est dans cette optique que sont arrivés Thomas Mathieu (de Strasbourg-Magnus), Marek Bais (un ancien de La Roche sur Yon et Châlons-en-Champagne), Michal Macko (meilleur pointeur d’Orléans-D3 la saison passée) et Roman Sumikhin (2e gardien de l’équipe nationale d’Estonie). L’objectif sera de tenir et d’accrocher les play-offs.

Au final, on retiendra surtout une volonté manifeste de développer, le mot a souvent été employé par la dirigeante colmarienne. Elle insiste et croit d’ailleurs beaucoup à cette entente avec Mulhouse pour structurer durablement son club.

De son côté, Christer Eriksson met aussi fréquemment en lumière cette entente pour fortifier ses futures pousses vers la Magnus. On ne peut donc que souhaiter que cette alliance fonctionne à plein régime. Elle offre au moins une noble alternative aux traditionnelles habitudes de recruter loin de ses terres et de son vivier.

Les premiers résultats sont d’ailleurs optimistes puisque les Titans ont remporté le mini-tournoi d’Épinal (contre Épinal, Strasbourg2 et Amnéville) et ont battu, à Colmar, la réserve strasbourgeoise, avant de remporter haut la main leur premier match de championnat à Valenciennes (8-1). Le plus dur reste maintenant à faire : tenir la dragée haute aux huit autres compétiteurs de leur poule !

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