Colmar – Vaujany (match décisif de D2)

Photographie : CSGSA
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Les Titans colmariens fêtaient cette semaine leur 25e année d’existence. Voici 25 ans que leur patinoire, nouvellement construite, accueillait les champions élite de l’époque (une certaine armada de Dragons) pour un match de gala. Depuis, de nombreux palets ont parcouru ce glaçon, dont les canalisations frigorifiques et la dalle ont été remis à jour pendant les neuf derniers mois. Depuis le 1er janvier, les Haut-Rhinois peuvent enfin de nouveau s’entraîner et évoluer chez eux, il était temps. Cette saison, les Titans évoluent dans la poule Sud, une vraie poule de la mort avec les habitués (Toulouse, Annecy, Villard-de-Lans, Vanoise, Valence) et le gros favori, Morzine, qu’ils avaient auparavant rencontré (et subi) lors du tournoi final de Division 3 de 2018.

Autant dire que le parcours surprise de la saison précédente n’a pas été réédité. Les dirigeants colmariens ont, de toute façon, préféré diminuer la voilure à cause des travaux de patinoire, et se sont donc concentrés à faire évoluer encore plus de jeunes pousses mulhousiennes. Après un début de saison pour le moins chaotique, les Colmariens sont progressivement montés dans les tours. La phase retour les a ainsi vus faire chuter Villard et Annecy, puis ne perdre qu’en prolongation contre Morzine. Une certaine dynamique est donc de rigueur, malgré une mémorable et récente déculottée en vallée de la Vanoise, puis une courte défaite à Toulouse.

Actuellement neuvième, Colmar est ex-aequo avec la réserve grenobloise…. Ça tombe bien, c’est l’affiche du soir. Aussi, malheur au vaincu pour cette dernière journée : il ira disputer la poule de relégation quand le vainqueur tentera de faire….. illusion contre l’ogre spinalien. À noter que Vaujany (puisqu’il s’agit bien des Grizzlies) est venu avec un maximum de licences bleues grenobloises, et notamment une ligne complète d’attaquants réguliers de ligue Magnus. Le trio Koudri-Fabre-Dair est disponible ce week-end puisqu’il s’agit de la trêve internationale et que l’équipe de France U20 a déjà joué son Mondial. C’est dire que la partie est prise très au sérieux.

Dès le début, on voit que les Isérois sont dans le match : ça presse haut et rapide, les joueurs, quasiment tous juniors, évoluent dans leur style habituel, énergique. Colmar subit singulièrement, est souvent en retard et ne peut compenser qu’en faisant des fautes. C’est ainsi que Mickael Muller sauve déjà sa cage d’un jeté de bottes, lors d’une infériorité numérique (4’50). Presque dans la foulée, les Grizzlies ouvrent le score lors d’un repli colmarien raté : Valentin Parolo en profite pour conclure la remontée de son capitaine Aubin Lamirault (0-1 à 5’37). Samuel Rousseau tente bien d’égaliser lors d’un break turbo (6’33) mais les Isérois contiennent les assauts alsaciens. Mieux, ils doublent le score lors d’un tir à mi-distance de Gaëtan Villiot alors que Muller est masqué (0-2 à 8’54), puis profitent de (doubles) supériorités offertes par leurs hôtes, toujours statiques et en retard sur nombres d’actions. C’est d’ailleurs sur l’une d’elles qu’Adel Koudri conclut un travail à trois (0-3 à 13’30).

Photographe : Dominique Bonnefond

Ce n’est pas possible de subir toute une partie ainsi. C’est sans doute ce que Christer Eriksson a dû persifler dans les oreilles de ses troupes, lesquelles reviennent un peu plus déterminées du vestiaire, sans toutefois être encore réalistes, comme sur ce palet flottant devant la cage de Victor Bodin. Attention toutefois aux raids alpins, comme celui de Dylan Fabre, parti en break lors d’une supériorité alsacienne mal installée (23’39).

Dans cette deuxième période, c’est Vaujany qui est le plus pénalisé, sans doute le signe que Colmar commence à pousser. Malheureusement, les Titans restent patauds, et encaissent un quatrième but lors d’une relance de supériorité très mal dégagée, en plein axe. Koudri, venu en éclaireur, récupère (0-4 à 27’49). D’aucuns diraient inadmissible, ce type d’erreur de cadet. Surtout que dans le même temps, Colmar bénéficie de trois supériorités, stériles. Vaujany, désormais plus prudent, frappe le poteau de Muller (32’24). C’est peut être le signal amorçant la révolte locale, bien emmenée par les « mômes » Eriksson, Hermant et Haffner. Les deux premiers, chauds bouillants à ce moment de la partie, sont d’ailleurs les artisans de l’ouverture du score de leur équipe sur un rebond de près (1-4 à 37’04). Mais l’élan d’enthousiasme est freiné dans la foulée lorsque Koudri est laissé seul de marquage (1-5 à 38’27). Rageant….

Comment vont rentrer du vestiaire les locaux ? En double supériorité (à cause d’un retard de jeu isérois), et avec Adrian Eriksson dans les cages, à la place de Muller ! C’est donc le moment de pousser, ce que concrétise Vincent Bruyère à mi-distance (2-5 à 40’35). Les Colmariens continuent de pousser, la partie est devenue agréable à regarder, même si les Grizzlies se montrent progressivement plus en retard sur les actions, comme lors de cette tentative de débordement de Rousseau, illicitement contré. Qu’importe, l’ancien Strasbourgeois concrétise un excellent travail de ligne et envoie le palet dans la cage béante de Bodin, décalé (3-5 à 50’23). Dès lors, ce n’est plus du tout la même physionomie de partie qui se déroule. Les Alpins sont devenus acculés dans leur zone et subissent la furia des noirs locaux, comme sur ce revers de crosse culotté de Romain Schmitt qui finit au fond de la cage de Vaujany (4-5 à 51’44). L’espoir d’égaliser est revenu chez les locaux, et dans les tribunes. Attention toutefois aux raids adverses, rares mais appuyés comme sur cet arrêt-réflexe d’Eriksson (53’40). Il reste encore cinq minutes à jouer, Vaujany reste acculé mais Colmar tarde à enfoncer le bouchon et perd un peu de son ivresse de jeu, laissant les Grizzlies lancer quelques contres, et notamment celui d’Aurélien Dair, idéalement lancé par son collègue Dylan Fabre. Le jeune Magnusien ne laisse pas passer l’occasion et score dans une ambiance plombée (4-6 à 56’53). Colmar a beau sortir son gardien, rien n’y fait et c’est le même Fabre qui enfonce le clou une dernière fois (4-7 à 58’47).

Certes, Vaujany a usé et abusé de sa première ligne (pourtant rarement utilisée cette saison… au sein de cette même équipe !) pour faire la différence. Mais la rencontre ne peut se résumer à cette seule explication.

Colmar a donné les clés du match à son adversaire pendant 30 minutes, lequel, avec son hockey vivant, rapide et énergique, ne s’est pas fait prier pour prendre les devants. Le temps de réagir, le vide de 4 buts était trop important à combler pour les Titans, malgré une grosse dose de volonté et de détermination. C’est cet aspect positif qu’on retiendra de cette rencontre.

Le futur proche de Vaujany s’appelle Épinal… On souhaitera aux jeunes Alpins de faire douter la triplette de quarantenaires qui porte à bout de bras l’équipe vosgienne.

Le futur proche de Colmar s’appelle Châlons en Champagne, club pas épargné non plus par les désillusions, cette saison. Il va s’agir de sauver sportivement sa peau dès le premier match. Colmar, par son parcours méritoire, a les moyens de rester en D2… à ses joueurs de le prouver pendant 6 rencontres encore.

Colmar – Vaujany 4-7 (0-3, 1-2, 3-2)
Samedi 8 février 2020 à 20h30 à la patinoire de Colmar. Environ 600 spectateurs.
Arbitrage de M.Grabit assisté de MM. Fauvel et Kirchenbaum.
Pénalités : Colmar 18′ (12′, 4′, 2′) ; Vaujany 22′ (6′, 10′, 6′).
Tirs : Colmar 34 (7, 15, 12) ; Vaujany 35 (15, 8, 12).

Évolution du score :
0-1 à 05’37 : Parolo
0-2 à 08’54 : Villiot assisté de Dechelle
0-3 à 13’30 : Koudri assisté de Favre-Felix et Fabre (sup. num.)
0-4 à 27’49 : Koudri assisté de Lamirault (inf. num.)
1-4 à 37’04 : Hermant assisté de N. Eriksson
1-5 à 38’27 : Koudri assisté de Guennelon
2-5 à 40’35 : Bruyère (double sup. num.)
3-5 à 50’23 : Rousseau assisté de Mathieu et Convert (sup. num.)
4-5 à 51’44 : Schmitt assisté de Kern et Leroux
4-6 à 56’53 : Dair assisté de Fabre
4-7 à 58’47 : Fabre (cage vide)
NB : statistiques élaborées par notre correspondant, différentes de la feuille de match officielle (où Pastor est crédité d’une assistance sur le 1-5 sans être listé dans l’alignement lors du but)

Colmar

Attaquants :
Vincent Bruyère – Maxime Mathieu (C) – Parker Wood [puis Cruchandeau à 40′]
Samuel Rousseau – Corentin Cruchandeau [puis Wood à 40′] – Lauric Convert
Romain Schmitt – William Kern – Maxime Leroux
Nolan Eriksson – Alexis Hermant – Teo Haffner

Défenseurs :
Yann Pflieger (A) – Brody Heleno
Marek Bais – Joachim Sonnet
Julien Maricato – Lukas Prokop

Gardien :
Mickael Muller puis à 40’00 Adrian Eriksson [sorti de 58’06 à 58’47]

Vaujany

Attaquants :
Adel Koudri – Dylan Fabre – Aurélien Dair
Valentin Parolo – Aubin Lamirault (C) – Lucas Boni
Titouan Blanchard – Gaetan Villiot – Hugo Dechelle
Tristan Allard – (Lamirault) – Sutton Allard

Défenseurs :
Maxime Favre-Felix (A) – Nikita Shalei
Antoine Maurici – Clément Guennelon
Matis Bourrillon (A) – Riwan Pastor
Sasha Djigaouri

Gardien :
Victor Bodin

Remplaçant : Baptiste Comello (G).

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