Forte de ses deux victoires, la France attaque la troisième épreuve de ce mondial avec un match contre l’Ukraine à ne pas prendre à la légère. Une victoire lui donnerait un bon bol d’air, en attendant le choc Pologne-Kazakhstan du soir. Hugo Gallet est à nouveau forfait, et Quentin Papillon défend les cages tricolores.
Côté ukrainien, les trois points acquis face au Japon laisse quelques espoirs de podium, même si la défaite face à la Pologne a un peu douché l’enthousiasme. Une victoire cet après-midi rebattrait cependant les cartes de cette Division 1A.
Le début du match est un peu retardé suite à un problème sur une des cages. L’Ukraine entame en zone offensive, avec des mises en échec, et un tir contré qui offre un rebond à Viktor Zakharov : au-dessus. Les Bleus reculent, et concèdent une nouvelle chance, un tir de loin d’Artem Buzoverya.
Les Bleus ne sont pas bien entrés dans la partie, à l’image d’une relance douteuse de Guebey, un revirement qui force Papillon à un nouvel arrêt sur un tir de la bleue. Ce qui devait arriver arriva : un tir de Hrebenyk est dévié en route par Colotti et trompe Papillon en hauteur (0-1). Le joueur de Caen, en France, ouvre donc le score.
La réaction vient d’une volée de Simonsen. Le rebond retombe sur Dusseau, qui décoche dans deux joueurs au contre. Jordann Bougro enchaine d’un slalom efficace plein axe, et son revers échoue sur la botte du gardien. Ce timide regain s’interrompt pour une faute de Guillaume Leclerc. Les conséquences sont rudes pour la France : Merezhko, à la bleue, profite d’un écran pour tromper Papillon en lucarne (0-2).
Vexés, les Bleus semblent enfin se réveiller. Un gros shift en zone offensive permet à Dusseau de lancer deux fois au but, et Diachenko doit réagir sur les rebonds. On frôle pourtant la correctionnelle sur une mise au jeu perdue… Borodai mystifie la défense et Papillon sauve les meubles.
En attaque, Bougro se signale encore, lançant en hauteur après une accélération de Bruche. Boscq suit d’un tir de la bleue, avec Perret en écran. Enfin, la France prend la possession du palet et dicte le jeu. Un nouveau tir de l’aile signé Douay laisse un gros rebond, mais personne n’est là pour le récolter. La France, plombée par une entame ratée, compte deux buts de retard à la pause…
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Va-t-on assister à un réveil des Bleus ? Cela commence par une entrée en zone de Simonsen, qui renverse vers Perret : le tir effleure le poteau. Puis, Bougro enflamme la zone offensive, créant une série de chances, avec Guebey aux avant-postes. Les Bleus insistent en changeant à la volée et Bruche, excentré, tente un tir en angle fermé qui surprend complètement Diachenko (1-2).
This tight angle goal from @Hockey_FRA 😮 #MensWorlds 1A #IIHF pic.twitter.com/6Rsgv8IPh8
— IIHF (@IIHFHockey) May 5, 2026
Plus agressifs, plus intenses, les Bleus doivent tout de même compter sur Papillon sur une rare chance ukrainienne suite à un palet bondissant dans le slot.
La France se montre plus précise dans son repli défensif et sa relance, parvenant à annihiler le jeu ukrainien dès la neutre ou l’entrée en zone. La transition vers l’avant, à l’aide de longues passes, tente de prendre de vitesse la défense. Cela n’aboutit qu’à quelques tirs peu dangereux, cependant.
À la mi-match, Aurélien Dair slalome superbement dans la défense et décoche, en déséquilibre. Diachenko sauve, et Sysak est puni pour avoir accroché l’attaquant français. Le jeu de puissance français va-t-il réagir après deux matchs décevants ?
Il s’y emploie. Simonsen cherche une reprise de Perret devant le but, Guebey tire aussi. Diachenko sort plusieurs arrêts miracles, jouant même quelque temps sans sa crosse, ou avec celle d’un défenseur ! La pénalité est tuée, non sans mal.
Cette énorme pression ne se termine pas à la fin de la pénalité. Boscq lance de loin, un défenseur ukrainien détourne du patin et Boudon saute sur le palet, cage ouverte (2-2).
Les Bleus ne s’arrêtent pas là. Ritz, Bozon et Douay travaillent fort et le tir de Thiry manque de peu le but. Il y a du trafic devant Diachenko, les Français grattent les rebonds. Les joueurs de Yorick Treille tournent en zone offensive, cherchent des décalages… mais un palet perdu plus tard, l’Ukraine se retrouve en zone offensive, et Vorona tourne autour de la cage française. Il trouve Danil Trakht seul au deuxième poteau et ce dernier trompe la jambière étendue de Papillon (2-3). Et le DJ choisit « Désenchantée » de Mylène Farmer juste après…
Il reste moins de deux minutes et la France répond avec une grosse présence offensive, qui crée la confusion dans l’enclave. Diachenko doit se jeter pour couvrir le palet, puis un tir de Boscq est dévié à côté : l’Ukraine mène 3-2 à la pause, même si elle a été copieusement menée.

Le schéma reprend dès le début du troisième tiers : des Bleus en possession de palet, cherchant à s’installer en zone offensive. Malgré cela, l’Ukraine manque de peu de creuser l’écart lorsque Borodai, au fond, trouve Denyskin dans son dos. Il attaque la cage, le palet est contré et dégagé. Papillon sort ensuite la mitaine sur un tir de la bleue. Et cinq minutes passent, sans occasion française.
Pire, les Bleus cafouillent des palets à la bleue offensive. Si Boscq et Boudon reviennent fort sur la première perte de palet, la seconde interception de Peresunko face à Ritz obligé Dusseau à lui donner par un coup de crosse au moment du tir :pénalty. Peresunko s’avance à très petite vitesse, cherche à feinter Papillon qui ferme bien les jambières. Avertissement pour les Bleus !
La mi-tiers passe et le jeu reste laborieux côté français : relance poussive, manque de précision dans les passes, manque de spontanéité dans la sélection des tirs, aussi. L’entrée en zone n’est que rarement en contrôle, et les palets au fond sont difficilement récupérés. L’Ukraine attend son heure, attentive aux revirements. Papillon doit d’ailleurs s’employer face au lancer excentré de Trakht.
Il n’y a pas d’installation tricolore, et l’Ukraine se dégage facilement, consommant le temps. L’horloge affiche 1’45 à jouer, lorsqu’un dégagement interdit permet à Yorick Treille de poser un temps mort et de sortir Papillon pour un attaquant. Le jeu s’installe, avec un premier tir de Guebey et le rebond qui échappe à Perret, puis un lancer de Simonsen dans la mitaine de Diachenko. L’Ukraine pose son temps mort à son tour : 50 secondes.
Les Bleus cafouillent encore, manquant le cadre puis chassant le palet. L’Ukraine manque deux occasions cage vide, mais peu importe : elle s’impose 3-2 et relance complètement ce Championnat du monde. Coup d’arrêt pour l’équipe de France, globalement passée à côté de son match…
Un premier tiers raté, un troisième tiers raté entrecoupés d’un tiers de bonne facture : insuffisant dans un Championnat du monde. La France avait échappé à la défaite sur les deux premiers matchs à la faveur de grosses réactions, mais ce scénario de match n’est pas tenable sur la durée. Elle se fait punir lors de ce troisième match face à une équipe plus rigoureuse. Il faudra réagir face à la Lituanie jeudi.
Désignés joueurs du match : Louis Boudon (France) et Denys Matusevych (Ukraine)
Commentaires d’après-match :
Jordann Bougro (attaquant de la France) : « On donne des cadeaux d’entrée et on prend deux buts de retard, ce n’est pas simple. J’ai trouvé qu’on leur avait roulé dessus au deuxième tiers, on revient, mais sur un changement de ligne, on est un peu fatigués et on se faire surprendre. Si, on avait les jambes, mais nous n’étions pas assez connectés, dans les passes, le forecheck. Il va falloir étudier la vidéo pour voir ce qu’on a mal fait, se parler, et aller de l’avant. »
Louis Boudon (attaquant de la France) : « Le premier tiers est complètement raté et ce n’est pas la première fois. On ne se présente pas, on est prêt qu’à jouer 40 minutes. On reprend le momentum au deuxième, on revient à 2-2 et on est bien. Le troisième, sur une erreur, nous coupe un peu les jambes. Ensuite, on ne concrétise pas, on a pas su s’ajuster à leur défense. Maintenant, il reste six périodes, il faudra jouer soixante minutes, il n’y a pas d’autre solution. Même dans ce groupe, ne pas jouer soixante minutes, ça ne suffit pas, nous n’avons pas la marge. On se tire des balles dans le pied. Il faudra l’entame parfaite, et un mode rouleau compresseur sur soixante minutes. On prend un but en PK et notre power-play ne marque pas, malgré de grosses occasions. Il faudra être mieux défensivement, plus précis à la relance. Devant, on essaie, on force un peu les shoots, ils sont dans la ligne et nous beaucoup dans le périmètre. On doit trouver les petits espaces, payer le prix devant la cage. C’est ce qu’on a fait au deuxième, ça a marché et il faudra le refaire. »
Yorick Treille (entraîneur de la France) : « Je n’ai pas d’explication. On ne se présente pas. C’est la même coupure pour tout le monde, un match à enjeu pour tout le monde. L’Ukraine mérite. On a fait un bon deuxième tiers, on fait le plus dur en recollant. Puis on fait plusieurs erreurs de suite et ça finit au fond à 1’45 de la pause. En troisième tiers, on bafouille, on a peu de transitions et de passes connectées. Eux se sont montrés solidaires, solides en défense et nous n’avons pas réussi à trouver des solutions. Ce que j’ai dit après le premier, ça reste dans le vestiaire. Il fallait se réveiller, car là une équipe en voulait plus que l’autre. Le hockey, c’est gagner les duels. On a su leur mettre la pression sur le deuxième avec les longs changements, changer avant eux et reprendre le momentum. Mais le premier et troisième tiers ne sont pas bien gérés. Maintenant, c’est récupération, il nous faut six points et après on verra. On va regarder les images, bouger les jambes et voir. Hugo Gallet n’était pas apte à jouer, et pour la suite du tournoi on ne sait pas encore. »
Igor Merezhko (défenseur de l’Ukraine) : « Nous avons eu un bon entraînement ce matin, nous nous sentions bien. Il y a eu un bon écran sur mon but, mais ça n’a pas d’importance que ça soit moi, l’essentiel c’est d’avoir repris des points perdus ce week-end. On s’attendait à ce qu’ils rentrent dans le match fort car ils avaient besoin des points, mais je les ai trouvés endormis, c’était parfait pour nous. Au troisième nous avons construit un bon mur ukrainien, protégé notre gardien. C’est un travail d’équipe. Nous allons récupérer maintenant, travailler pour le prochain match contre le Kazakhstan, que nous ne jouons pas souvent. Tout le monde peut battre tout le monde dans ce mondial. Notre équipe progresse, grandit au fil des mois. »
France – Ukraine 2-3 (0-2, 2-1, 0-0)
Mardi 5 mai 2026 à 16h00 au Stadion Zimowy de Sosnowiec (Pologne). 390 spectateurs.
Arbitres : Killian Hinterdobler (ALL) et Niclas Lundsgaard (DEN) assistés de Daniel Konc (SVK) et Markus Merk (ALL).
Pénalités : France 2’ (2’, 0’, 0’) ; Ukraine 2’ (0’, 2’, 0’).
Tirs : France 31 (8, 17, 6) ; Ukraine 20 (7, 7, 6).
Récapitulatif du score :
0-1 à 05’43” : Hrebenyk assisté de Kuprianov et Morozov
0-2 à 10’08” : Merezhko assisté de Trakht et Vorona (sup. num.)
1-2 à 22’20” : Bruche assisté de Bougro et Thiry
2-2 à 32’59” : Boudon assisté de Boscq et Cantagallo
2-3 à 38’15” : Trakht assisté de Vorona
Tir de pénalité manque par Olexander Peresunko à 46’47”
France
Attaquants :
Tomas Simonsen – Louis Boudon (A, +1) – Jordann Perret (C)
Guillaume Leclerc (2’) – Jordann Bougro (+1) – Baptiste Bruche
Kevin Bozon – Nicolas Ritz – Fabien Colotti (-1)
Flavian Dair – Valentin Grossetête (-1) – Aurélien Dair
Floran Douay
Défenseurs :
Enzo Cantagallo – Jules Boscq (+1)
Enzo Guebey – Thomas Thiry (A, +1)
Kevin Dusseau (-1) – Charles Schmitt (-1)
Gardien :
Quentin Papillon [sorti de sa cage à 58’15”]
Remplaçant : Antoine Keller (G). Réserviste : Martin Neckar (G).
Ukraine
Attaquants :
Andri Denyskin – Viktor Zakharov (+1) – Denys Borodai
Vitalii Lialka (A) – Stanislav Sadovikov (-2) – Oleksandr Peresunko
Danil Trakht (+2) – Yevgen Fadyeyev – Oleksi Vorona (A, +1)
Feliks Morozov (+1) – Ilarion Kuprianov (+1) – Artem Buzoverya
Mykyta Olinyk
Défenseurs :
Mykola Kosarev (-1) – Igor Merezhko (C, +1)
Artem Hrebenyk (+2) – Denys Matusevych (+1)
Yevheni Ratushny (+1) – Ivan Sysak (2’, -1)
Oleksi Dakhnovsky (-1)
Gardien :
Bohdan Diachenko
Remplaçant : Aleksandr Levshyn (G). Réserviste : Oleh Petrov (G).








































