Alors que la ligue de base-ball (MLB) a déjà dû annuler un match à cause d’une propagation du Covid-19 dans l’équipe des Miami Marlins, la NHL a pour sa part enclenché la dernière phase de reprise : les 24 équipes encore en course ont rejoint les « bulles » de Toronto et Edmonton. La saison reprend ce week-end avec les huit pré-séries, et le tournoi préliminaire des mieux classés.
C’est avec émotion et anxiété que les effectifs des 24 formations en lice pour la coupe Stanley ont quitté dimanche leurs villes respectives afin de rejoindre Toronto et Edmonton et leurs hôtels en isolement.
Délicate attention, la NHL et le personnel des hôtels avaient disposé dans chacune des chambres individuelles quelques cadres avec des photographies personnelles des familles des joueurs. Un geste qui a beaucoup touché les joueurs. La ligue a aussi fait livrer des fleurs aux épouses ou compagnes des joueurs.
https://twitter.com/AdamVingan/status/1287494623104040960
C’est que désormais, ils vont vivre en vase clos pour une durée indéterminée. Chaque équipe avait le droit à 52 personnes, dont 31 joueurs, pas un de plus. Il a fallu faire des choix parfois en bout de banc.
Trois équipes ont même décidé d’emmener des joueurs inéligibles : Kirill Kaprizov (MIN), Aleksandr Romanov (MTL) et Ilya Sorokin (NYI) vont vivre l’événement de l’intérieur. Les Russes sont autorisés à participer aux entraînements mais pas à disputer la moindre rencontre (puisqu’ils ont joué cette saison en KHL au CSKA Moscou). Pour les staffs, c’est une place « sacrifiée », mais l’occasion inestimable à leurs yeux d’acclimater de futurs joueurs précieux à leurs coéquipiers et aux systèmes de jeu.
Retrouvez sur le site de la NHL les effectifs définitifs
Parmi les absents, on notera le gardien Ilya Samsonov (WSH), blessé au dernier moment, ce qui règle la possible controverse avec Braden Holtby. Brent Seabrook (CHI) a pour sa part déclaré forfait, s’estimant insuffisamment remis de pépins physiques importants. Le déclin de ce cadre historique des Blackhawks a été bien documenté, mais le vétéran estime pouvoir retrouver son niveau dès le prochain camp d’entrainement en novembre.
Une organisation considérable
On trouve donc plus de 600 personnes dans chaque bulle, auxquelles se joignent tous les officiels (0 cas positifs pour ceux-ci, arrivés dès le 21 juillet dans la bulle), les personnels de la NHL, médias accrédités et personnels des hôtels. On estime à un millier le nombre de personnes à tester quotidiennement, une tâche dantesque… qui a commencé dès 7h du matin ce lundi, pour des résultats dans 24h, qui en diront long sur l’état sanitaire actuel. Avec le délai d’incubation de 15 jours, la ligue risque de stresser encore quelques temps. Depuis la phase 3 (début des camps), ce sont près de 7000 tests qui ont été pratiqués.
Les patinoires se sont mises aux couleurs de la NHL. Il y aura une douzaine de caméras supplémentaires pour des angles inédits, et une attention aux petits détails. Chaque équipe a fourni des chants de supporters, les chansons « spéciales buts » etc. qui seront utilisées pour les équipes « à domicile », pour qu’elles se sentent comme chez elles. La NHL compte aussi utiliser les sons du jeu NHL d’EA sports pour la partie « faux public ». Les filets derrière les buts sont eux retirés, alors que des écrans géants et des panneaux publicitaires électroniques ont fleuri. Les sièges sont recouverts de vastes tentures aux couleurs des clubs et du logo NHL.
Le setup NHL pour les séries est incroyable … ! J’ai hâte ! pic.twitter.com/6aiE8nzWwg
— Charles Trognon (@CharlesTrognon) July 27, 2020
Le débat se porte évidemment sur le langage parfois… fleuri des joueurs sur la glace. Il semble que les diffuseurs aient choisi un décalage de 5 secondes afin de « trier » en cas de mots inconvenants, car le nombre de matchs en journée en fera un spectacle très familial…
La grande question de cette avalanche de sons enregistrés : alors que la ligue a même accumulé des sons de huées, seront-ils utilisés lorsque Gary Bettman décernera la coupe ?
Des hôtels de loisirs
Dans les hôtels, Toronto a déjà décoré son étage. Chaque équipe semble se montrer plutôt réticente à côtoyer les joueurs des autres formations, aussi les hôtels vont-ils devoir se montrer ingénieux pour éviter les croisements…
The Leafs have fully decorated their floor at the hotel.
Is this heaven?
(📽️: @MapleLeafs) pic.twitter.com/8rLtvi4lCZ
— NHL Hubs Life (@NHLHubsLife) July 27, 2020
Les joueurs pour leur part ont préparé de quoi « tenir » cette période atypique : jeux de cartes, jeux vidéos, jeux de société, lecture, livres de dessin ou coloriage sont particulièrement en vogue, ainsi bien sûr que de quoi regarder les séries TV à la mode. Les hôtels de luxe proposent pour leur part bon nombre d’activités, du tennis de table au cinéma privé.
Les familles ne pourront rejoindre les joueurs que pour les finales de conférence, courant septembre.
Une bulle fermée… trop ?
En somme, la gestion de la pandémie par la NHL parait plutôt bien menée au regard de la gestion des autres sports nord-américains. Le nombre de cas positifs a chuté (deux la première semaine, aucun les deux suivantes). La parole s’ouvre aussi, plusieurs joueurs ayant d’eux-mêmes évoqué leur tests positifs, comme Corey Crawford, Anthony Bitteto ou Caleb Jones.
L’ouverture, en revanche, ne concernera pas les médias. Les seuls autorisés dans les « bulles » sont les journalistes de NHL.com. Les autres ne seront qu’une poignée à couvrir l’événement dans les tribunes et dépendront donc du bon vouloir de la ligue pour les anecdotes et petites histoires. Les interviews de joueurs ne se feront que par l’intermédiaire de Zoom, l’application de visio-conférence.
Pas de médias indépendants, c’est bien le seul point noir de cette gestion de crise pour l’heure.
Quoi qu’il en soit, les équipes disputeront un match exhibition mardi 28, mercredi 29 ou jeudi 30 juillet.
Conférence EST – TORONTO
Dans la « bulle » de Toronto, Washington, Philadelphie, Boston et Tampa Bay disputeront dès ce week-end trois matchs chacun afin de déterminer l’ordre des têtes de série. Premiers matchs dès samedi 1er août.
Columbus Blue Jackets (9) – Toronto Maple Leafs (8)
Sur le plan de la réputation, la série est clairement à l’avantage des Maple Leafs. Vraiment ? Pas si sûr. Les deux équipes ont terminé avec le même nombre de points, et proposent une opposition de styles parfaite.
Toronto s’appuie sur une attaque explosive, avec 3,16 buts marqués par match, 4e de la ligue. Un résultat qui traduit parfaitement leur tactique : une possession marquée en zone offensive et de très nombreuses occasions (2e aux buts anticipés, 3,22/match). Le talent individuel des Auston Matthews, Mitch Marner, John Tavares, William Nylander et un banc fourni devraient se révéler compliqué à gérer. Malheureusement, Toronto aligne une équipe catastrophique défensivement, dans les profondeurs du classement à ce poste, surtout lorsque les Leafs sont acculés dans leur propre camp. Les erreurs coupables des arrières et la saison médiocre de Frederik Andersen (pire pourcentage d’arrêts de sa carrière) transforment les Leafs en « Dr Jekyll et Mr Hyde ».
D’autant que Toronto ne pouvait pas plus mal tomber dans ce tour préliminaire. Columbus a terminé 1er en tirs bloqués, en buts anticipés contre (2,20/match) et en buts encaissés en contre-attaque. L’équipe sait aussi verrouiller l’accès à l’enclave (5e en buts concédés dans cette zone). En somme, l’équipe de John Tortorella est une machine à faire déjouer l’attaque adverse, en dépit de gardiens méconnus et peu expérimentés – le duo Joonas Korpisalo / Elvis Merzlikins – et d’un effectif décimé par les blessures. La pandémie aura laissé tout le temps aux blessés de se rétablir – dont Alexandre Texier – et les Blue Jackets auront leur effectif au complet pour la première fois de la saison… De quoi disposer des atouts pour l’échec-avant, forcer leur chance sur les rebonds, qui constituent l’ADN de l’attaque des Jackets – pile ce que Toronto n’aime pas.
Meilleurs pointeurs :
Columbus : Pierre-Luc Dubois (18 buts, 49 pts), Gustav Nyquist (15 buts, 42 pts), Zach Werenski (D, 20 buts, 41 pts), Oliver Bjorkstrand (21 buts, 36 pts)
Toronto : Auston Matthews (47 buts, 80 pts), Mitch Marner (16 buts, 67 pts), John Tavares (26 buts, 60 pts), William Nylander (31 buts, 59 pts)
Montréal Canadiens (12) – Pittsburgh Penguins (5)
La série parait déséquilibrée. Montréal accroche le wagon des 24 de justesse, pour 0,01% de victoire aux dépens des Devils du New Jersey. Pittsburgh a pour sa part frôlé la qualification parmi les quatre dispensés du premier tour…
Montréal a connu une saison délicate, qui a abouti à l’échange Ilya Kovalchuk, envoyé à Washington à la date limite des échanges, preuve que le staff avait jeté l’éponge. Cette re-qualification a posé des questions à tous les joueurs. La presse a fait état d’une faible motivation à la reprise et de débats disputés avant le vote de la NHLPA. Pour autant, le CH dispose d’atouts. L’équipe, très offensive, tente beaucoup. Avec 68,5 tentatives de tirs par match, c’est la formation n°1 de la ligue, et la 3e pour les essais aux abords de l’enclave. Le souci provient du manque de soutien après ces tirs, et l’absence de possession durable en zone offensive. Trop de tirs excentrés, donc, et un jeu de puissance peu performant alors même que le trio Tatar-Danault-Gallagher est sans hésitation l’un des meilleurs de la ligue, avec un bon support d’artificiers comme Jeff Petry et Shea Weber.
Pittsburgh de son côté défend très bien sa ligne bleue et sait comment couper le jeu de transition. Avec sa 7e place aux buts anticipés, la formation des Penguins a obtenu des résultats meilleurs qu’attendu dans ce sens. Offensivement, les atouts que sont Sidney Crosby et Evgeny Malkin constituent un avantage indéniable, notamment en équipes spéciales, mais aussi en contre-attaque. La vitesse de Bryan Rust et Jake Guentzel, et un banc étendu en font une formation aux menaces multiples. L’acquisition de Jason Zucker (12 pts en 15 matchs) n’est pas négligeable. Le souci pour les Penguins, c’est que leur mécanique s’est déréglée dans les 25 derniers matchs, avec des statistiques déplorables en possession qui ont conduit à une fiche misérable de 13 victoires pour 12 défaites. Et ce, au moment où les blessés du début de saison revenaient…
Pour les deux équipes, la clé de la série sera la prestation dans les cages. Matt Murray n’a pas très bien joué cette année et la concurrence de Tristan Jarry devient menaçante. En face, Carey Price reste une valeur réputée et crainte par les joueurs, bien qu’il ait vécu une saison décevante. Si le gardien du CH retrouve son niveau, il est capable de reverser la série.
Meilleurs pointeurs :
Montréal : Tomas Tatar (22 buts, 61 pts), Phillip Danault (13 buts, 47 pts), Max Domi (17 buts, 44 pts), Brendan Gallagher (22 buts, 43 pts)
Pittsburgh : Evgeni Malkin (25 buts, 74 pts), Bryan Rust (27 buts, 56 pts), Sidney Crosby (16 buts, 47 pts), Kris Letang (D, 15 buts, 44 pts)
New York Rangers (11) – Carolina Hurricanes (6)
Les deux formations ont proposé du spectacle cette saison et la série s’annonce dynamique.
Carolina reste l’équipe la plus dominante en possession, grâce à un échec-avant incessant. Ce pressing met les défenses en grosse difficulté et décroche beaucoup d’occasions, même en lançant le palet au fond, grâce à cette habileté à conquérir la rondelle. Mieux, Carolina domine l’enclave où les chances de marquer sont les plus dangereuses. Défensivement, la formation de Rod Brind’Amour affiche quelques lacunes. Les défenseurs sont habiles à apporter le soutien, mais peinent parfois en positionnement et le poste de gardien conserve quelques doutes.
Pour autant et curieusement, les Rangers ont gagné les 4 matchs de la saison face à Carolina ! Car New York est avant tout une équipe formidable en contre-attaque, capable de prendre de la vitesse avec une efficacité létale sur ces occasions. Le problème, c’est que New York affiche la pire défense des 12 qualifiés à l’Est. Tout se jouera donc dans les buts, où le « King » Henrik Lundqvist n’est pas aussi souverain que par le passé. La montée d’Alexandar Georgiev et Igor Shestyorkin secoue la hiérarchie.
En somme, la série peut basculer en faveur du mal classé, si les exploits individuels d’Artemi Panarin, candidat au titre de MVP de la saison, et Mika Zibanejad, peuvent compenser les lacunes de leur brigade défensive.
Meilleurs pointeurs :
NY Rangers : Artemi Panarin (32 buts, 95 pts), Mika Zibanejad (41 buts, 75 pts), Ryan Strome (18 buts, 59 pts), Tony DeAngelo (D, 15 buts, 53 pts)
Carolina : Sebastian Aho (38 buts, 66 pts), Teuvo Teräväinen (15 buts, 63 pts), Andrei Svechnikov (24 buts, 61 pts), Dougie Hamilton (D, 14 buts, 40 pts)
Florida Panthers (10) – New York Islanders (7)
Sans doute la série la plus équilibrée de la conférence Est, ce duel s’annonce comme une opposition de styles.
Florida est avant tout une équipe explosive, d’une efficacité spectaculaire devant la cage, avec un résultat supérieure aux buts anticipés. C’est particulièrement vrai sur les contre-attaques : les Panthers en obtiennent finalement peu, mais les convertissent à un rythme intenable. En revanche, la défense est une calamité, la faute à un poste de gardien suspect, où le vétéran Sergey Bobrovsky n’a pas du tout répondu aux attentes de son contrat mirobolant.
Ce style de jeu se marie finalement assez bien avec celui des Islanders, qui défendent particulièrement bien le jeu de transition et le jeu de contre-attaque. Le système Barry Trotz verrouille la neutre, pousse le jeu vers le côté et permet aux gardiens de briller. Cela donne un profil inattendu : New York est dernier de la ligue pour le temps passé dans sa propre zone, tout en terminant 5e en buts anticipés concédés. Un style risqué, donc, qui consiste à subir tout en cantonnant l’adversaire loin des zones dangereuses, et à contrer les rares chances. Reste à voir qui de Thomas Greiss ou de Semyon Varlamov emportera le statut de titulaire.
Meilleurs pointeurs :
Florida : Jonathan Huberdeau (23 buts, 78 pts), Aleksander Barkov (20 buts, 62 pts), Mike Hoffman (29 buts, 59 pts), Yevgeny Dadonov (25 buts, 47 pts)
NY Islanders : Matthew Barzal (19 buts, 60 pts), Brock Nelson (26 buts, 54 pts), Anders Lee (20 buts, 43 pts), Josh Bailey (14 buts, 43 pts)
Conférence OUEST – EDMONTON
À Edmonton, les quatre équipes de la poule de classement sont Vegas, Dallas, Colorado et St. Louis, tenant du titre. Premiers matchs dès samedi 1er août.
Chicago Blackhawks (12) – Edmonton Oilers (5)
Sur le papier l’opposition est vite pliée. Edmonton dispose du meilleur jeu de puissance de la NHL sur les 30 dernières années, et de deux joueurs exceptionnels devant : Leon Draisaitl, candidat au trophée de joueur de l’année, a signé 43 buts et 110 pts en 71 matchs ; Connor McDavid « seulement » 97, dont 34 buts, en 64 matchs. Portés par ses deux locomotives, les joueurs d’Edmonton ont manqué de peu une place dans le top-4. La faute à un certain tassement après un gros début de saison. Et surtout, Edmonton est un peu plombé par un manque de banc flagrant. Sorti du duo magique, et de Ryan Nugent-Hopkins, le reste ne dépasse par les 34 pts et aucun autre n’a atteint 20 buts. On notera toutefois que le rappel de Kailer Yamamoto a eu un effet spectaculaire (26 pts en 27 matchs) car il a permis de disperser les deux stars sur deux lignes, et donc d’étaler le danger sur plus de présences.
Chicago, à l’inverse, aligne tout simplement la pire défense de la ligue, maintenue à flots et à un maigre espoir de playoffs par son gardien Corey Crawford, auteur d’une saison remarquable. Hasard des rencontres, on trouvera dans cette série les trois meilleurs buteurs en contre-attaque : Draisaitl (13), McDavid (12) et Patrick Kane (12). Autant dire que le schéma de cette série s’annonce débridé ! De la vitesse, des contres d’un but à l’autre… un jeu « run and gun » qui pourrait piéger Edmonton, si les Hawks conservent de la discipline et limitent les occasions en supériorité. Mais les Oilers devraient s’imposer durablement en zone offensive, face à une équipe de Chicago 31e et dernière en buts anticipés subis et en tirs concédés dans l’enclave… Pas vraiment la meilleure formule. Crawford, qui a été contaminé par le Covid-19 et est resté prudemment à l’écart de la préparation, sera-t-il à son meilleur niveau ?
Meilleurs pointeurs :
Chicago : Patrick Kane (33 buts, 84 pts), Jonathan Toews (18 buts, 60 pts), Dominik Kubalik (30 buts, 46 pts), Alex DeBrincat (18 buts, 45 pts)
Edmonton : Leon Draisaitl (43 buts, 110 pts), Connor McDavid (34 buts, 97 pts), Ryan Nugent-Hopkins (22 buts, 61 pts), Zack Kassian (15 buts, 34 pts)
Arizona Coyotes (11) – Nashville Predators (6)
Les deux formations utilisent une approche tactique bien différente. Nashville privilégie le jeu près de la cage, s’efforçant de collecter les rebonds, alors qu’Arizona mise plutôt sur un jeu de contre-attaques rapides.
Les Predators lancent beaucoup au but, y compris de la périphérie, s’appuyant sur des défenseurs aux qualités reconnues, notamment Roman Josi, prétendant au trophée Norris. Cela leur permet de marquer beaucoup sur des rebonds, ou de continuer à dominer la possession. Même si la notion de « marquer beaucoup » reste très relative tant les Predators ont connu des difficultés offensives. Trouver deux défenseurs dans les quatre meilleurs pointeurs est inquiétant, même si, derrière, l’homogénéité est assez incroyable (8 attaquants entre 28 et 36 pts).
Cette tactique risque de poser des problèmes aux Coyotes. Ils se classent en effet dans les profondeurs du classement pour récupérer ce genre de palets, et sont derniers de la ligue en revirements défensifs. Bref, trop de palets perdus, trop d’occasions concédées sur des phases de possession longue durée, ce n’est pas vraiment la bonne combinaison contre le profil tactique des Predators. Pire, Nashville concède peu d’occasions en contre, ce qui est le point fort adverse.
Tout se jouera donc dans les cages, où Darcy Kuemper a dominé la saison au point de prétendre au trophée Vezina. En face, Pekka Rinne a décliné, et la concurrence de Juuse Saros se fait de plus en plus insistante. Le coach John Hynes tranchera-t-il en faveur de la relève ?
On ajoutera un élément extérieur perturbant pour les Coyotes. Le manager John Chayka a semble-t-il été approché pendant le confinement et s’est vu offrir une opportunité substantielle, qui s’est cumulée avec des tensions grandissantes avec les propriétaires. Cela a aboutit à un duel de communiqués de presse ce week-end, et le départ de Chayka. Pas la préparation idéale pour une équipe plus que jamais dans l’inconnue de son avenir.
Meilleurs pointeurs :
Arizona : Nick Schmaltz (11 buts, 45 pts), Clayton Keller (17 buts, 44 pts), Conor Garland (22 buts, 39 pts), Christian Dvorak (18 buts, 38 pts) [Taylor Hall, arrivé en décembre, compte 10 buts et 27 pts en seulement 35 matchs].
Nashville : Roman Josi (D, 16 buts, 65 pts), Filip Forsberg (21 buts, 48 pts), Matt Duchene (13 buts, 42 pts), Ryan Ellis (D, 8 buts, 38 pts)
Minnesota Wild (10) – Vancouver Canucks (7)
Cette série oppose deux équipes aux lacunes bien visibles… mais pas du tout complémentaires. Autrement dit, Minnesota n’est pas construite du tout pour profiter des points faibles de Vancouver.
Les deux équipes affichent des styles particulièrement lents, misant plutôt sur des jeux placés, et pas du tout sur la vitesse en contre. Les Canucks sont ainsi 31e et derniers de la ligue dans cet exercice en nombre d’occasions comme en nombre de buts. À l’inverse, leur choix se porte plutôt en un palet envoyé au fond, et un « cycling » important, qui les place n°1 de la ligue en buts marqués dans cette configuration. Un style risqué cependant : le fait de devoir gratter des palets au fond les expose à des contre-attaques dangereuses, qui leur ont coûté très cher cette année malgré le jeu remarquable de Jakob Markström. Le manque de vitesse est dans les deux sens…
Cependant, Minnesota crée peu dans le jeu de transition. Le Wild défend bien, repousse le jeu vers l’extérieur mais concède beaucoup de chances dans l’enclave. Au final, Minnesota va devoir prier pour que Devan Dubnyk et Alex Stalock retrouvent leur magie, car c’est surtout là que s’est jouée la saison. Le duo affiche le 29e pourcentage d’arrêts et se classe 31e et dernier pour les occasions dans l’enclave – pile le point fort des Canucks…
Meilleurs pointeurs :
Minnesota : Kevin Fiala (23 buts, 54 pts), Ryan Suter (D, 8 buts, 48 pts), Eric Staal (19 buts, 47 pts), Zach Parise (25 buts, 46 pts)
Vancouver : JT Miller (27 buts, 72 pts), Elias Pettersson (27 buts, 66 pts), Bo Horvat (22 buts, 53 pts), Quinn Hugues (D, 8 buts, 53 pts)
Winnipeg Jets (9) – Calgary Flames (8)
La série la plus équilibrée à l’Ouest oppose les deux formations canadiennes de Winnipeg et Calgary. Les deux équipes disposent d’atouts et de défauts criants, qui s’annulent plus ou moins.
Le principal point faible de Calgary, c’est le manque de vitesse. Or, c’est justement l’atout des Jets. Calgary a concédé 53 buts sur contre-attaque cette saison, 31e et dernier de la ligue. Si Winnipeg parvient à utiliser sa vitesse, cela peut faire très mal : c’est la meilleure équipe de la ligue dans cet exercice de contre, signant la majorité de ses buts sur des situations très brèves en zone offensive. Au final, Winnipeg compte 5 joueurs au delà des 20 buts.
Le positif pour Calgary, c’est que la défense des Jets est médiocre. Les Jets concèdent beaucoup d’occasions, perdent des palets rapidement, peinent à déblayer leur enclave… bref, cela peut être positif pour les Flames, si leurs meilleurs attaquants retrouvent des couleurs – Gaudreau et Monahan notamment. Des Flames qui seront cependant privés de Travis Hamonic, qui a choisi de ne pas reprendre pour des raisons familiales.
Mais là où Winnipeg fait basculer le comparatif, c’est assurément dans les cages. Connor Hellebuyck a signé la saison la plus spectaculaire de la ligue et est le grandissime favori pour le trophée Vezina. En face, Cam Talbot et David Rittich apparaissent très moyens, et ne devraient pas vraiment peser dans les débats.
Meilleurs pointeurs :
Winnipeg : Kyle Connor (38 buts, 73 pts), Mark Schefele (29 buts, 73 pts), Blake Wheeler (22 buts, 65 pts), Patrik Laine (28 buts, 63 pts)
Calgary : Matthew Tkachuk (23 buts, 61 pts), Johnny Gaudreau (18 buts, 58 pts), Elias Lindholm (29 buts, 54 pts), Sean Monahan (22 buts, 48 pts)








































