Des palets aux pouvoirs (2e partie) : l’Europe

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Individuellement ou en équipe, le palmarès de l’ancien gardien tchèque Dominik Hašek est immense. Cette légende du hockey qui a pris sa retraite en 2011 ne se destine pourtant pas au coaching ou à la direction d’un club. Depuis un an, la presse se fait l’écho d’une orientation de plus en plus politique du discours du récipiendaire du temple de la renommée. Il s’est notamment exprimé à plusieurs reprises à l’encontre de la gestion du premier ministre tchèque, Andrej Babis, demandant même sa démission (ainsi que celle de Marie Benešová, ministre de la justice) à l’occasion du rassemblement “Million Moments for Democraty” à Prague. Plus encore, “The Dominator” ne cache plus qu’il n’exclue pas de se présenter aux élections présidentielles en 2023 ou 2028, étudiant sur son temps libre en ce sens.

Dominik Hašek rejoindra-t-il d’ici quelques années la liste des joueurs investis politiquement après leur carrière ? Après l’Amérique du Nord, voici la deuxième partie consacrée aux exemples en Europe.

Peter Šťastný :
Formé au Slovan Bratislava, Šťastný inscrit 12 points à l’occasion des Mondiaux de 1976 que la Tchécoslovaquie remporte (huitième marqueur du tournoi). Il est alors âgé de 19 ans. Ceci marqua les prémices d’une carrière incroyable. Quatre années plus tard, il rejoint la NHL pour porter les couleurs des Nordiques de Québec. Aucun temps d’adaptation puisqu’il inscrit 109 points pour sa première saison, et soulève le trophée Calder de la meilleure recrue. Sous le maillot à la fleur de lys, il réalise l’exploit d’enchaîner six saisons consécutives à plus de 100 points par saison régulière (sept saisons en tout dans sa carrière NHL), et devient le joueur le plus prolifique des années 80, derrière Wayne Gretzky. Mais le Slovaque ne soulèvera jamais la coupe Stanley.

Avant 1980 et le départ pour l’Amérique du Nord (son évasion de la Tchécoslovaquie avec ses frères Anton et Marian est un véritable scénario de film, maintes fois contée dans les médias), puis après la partition de la Tchécoslovaquie, il réalise également des performances en sélection. Deux fois champion du monde, il inscrit encore 16 points en 8 matchs à l’occasion des Mondiaux B de 1995 (meilleur marqueur du tournoi), sa dernière compétition internationale avec la Slovaquie. Il s’agira également de sa dernière saison (avec les Blues de Saint Louis) ne jouant que très peu pour se concentrer sur la mise en place de la fédération slovaque de hockey sur glace.

Cette action allait lancer l’engagement institutionnel de Šťastný. En 1998, il s’engage une première fois en faveur de Mikuláš Dzurinda, candidat du Parti Démocrate et Chrétien (qui deviendra l’Union Démocratique et Chrétienne Slovaque (SDKÚ-DS), parti de centre droit, conservateur et libéral) aux élections parlementaires de Slovaquie. Ce soutien se pérennise au gré des échéances électorales et en 2004, il est tête de liste du SDKÚ-DS pour la 6e législature des élections européennes (2004-2009). Le 13 juin il est élu parmi les 14 représentants slovaques au parlement européen (trois candidats élus pour son parti).
Ses missions auprès de l’exécutif européen l’amènent à devenir vice-président de l’assemblée parlementaire Eurolat, en charge des relations de l’Europe avec l’Amérique Latine, mais aussi membre de la commission INTA (commerce international et traités de libre-échange) ou encore de la délégation en charge des relations avec Israël. Tandis qu’il est sous mandat européen, la Fédération le confirme comme sélectionneur de la Slovaquie, mais il va prendre position contre le président de la fédération Juraj Široký au sortir des Jeux de Turin en 2006 avec de lourdes accusations d’ingérence et d’un rôle trouble de Široký sous l’ère tchécoslovaque. Il ira jusqu’à menacer de faire retirer son nom du Temple de le renommée slovaque si la situation à la tête de la fédération n’évolue pas.

En 2009, Šťastný est réélu à l’occasion de la 7e législature (2009-2014). Ne se représentant pas, il suit désormais la carrière de son fils Paul (son autre fils Jan s’est arrêté en 2018), et il n’exclut pas de rejoindre un jour l’organisation des Nordiques, si la franchise devait revenir à Québec.

Vyacheslav Fetisov :

À l’instar de Dominik Hašek, il est impossible d’évoquer Vyacheslav Fetisov sans faire mention d’un palmarès hors norme. Le natif de Moscou débute dans le championnat à la fin des années 1970 avec le CSKA. Il est également propulsé en sélection rapidement, à l’âge d’or du hockey soviétique. Le défenseur devient rapidement un rouage essentiel dans les deux équipes, obtenant les capitanats dès 1982 (il sera désigné joueur soviétique cette année-là). Sa motivation à entrer en NHL est totale, montant au front notamment auprès du ministre de la défense Dmitry Yazov qui menace de l’envoyer en Sibérie. Mais il obtiendra gain de cause en faisant partie du premier contingent global à ralier l’Amérique du Nord, à l’occasion de la saison 1989-1990. Il rejoint New Jersey qui l’avait drafté en 1983, puis les Red Wings de Detroit en 1995 où l’alchimie opère immédiatement et conduira le joueur vers la coupe. Il achève sa carrière de joueur en 1998 (il fera tout de même un retour d’une rencontre le 11 décembre 2009 avec le CSKA Moscou, alors qu’il était président du club). Membre du club “Triple Gold”, il a remporté deux fois les Jeux Olympiques, deux coupes Stanley, une coupe Canada, plusieurs titres chez les juniors et sept fois les Mondiaux.

Après sa carrière de joueur, “Slava” Fetisov s’est tourné vers les instances. Assistant-coach chez les Devils pendant quatre saisons (et trois finales de coupe Stanley pour New Jersey), il prend ensuite en main la sélection russe à l’occasion des Jeux Olympiques de 2002 à Salt Lake City. Le 29 mars 2005, il devient président inaugural du comité des athlètes de l’Agence mondiale anti-dopage.

Personnalité d’influence qui aura été un acteur prépondérant de la diffusion des joueurs soviétiques/russes en NHL, tout en étant en phase avec le discours exécutif, Vladimir Poutine fait appel à lui dès 2002 pour lui confier le ministère des Sports en Russie, poste qu’il occupera jusqu’en 2008 sous l’appellation chef d’agence fédérale des sports. Il est alors difficile d’évoquer les actions et le bilan du ministre Fetisov. Il déclarera avoir su convaincre Poutine de relancer les programmes sportifs et être à l’origine de la construction de 4 000 nouvelles installations dans le pays. Il argumente également sur son rôle dans la hausse des salaires des sportifs et anciens sportifs tout en “augmentant vingt fois le budget du sport”. Également membre du Conseil de la Fédération, la chambre haute de l’Assemblée fédérale russe en tant que sénateur du Kraï du Primorié à l’extrême sud-est du pays, il se montre plus distant (dans les propos) sur le soutien à l’action russe, notamment de restriction des droits à la communauté LGBT ou encore l’annexion de la Crimée.

Il deviendra en 2009 président du CSKA Moscou, et membre actif de la création de la KHL.

Vladislav Tretiak :

Tretiak Quemener 160516 669Le gardien de but Tretiak arrive très jeune dans l’organisation du CSKA Moscou, et apparait dans l’équipe senior pour la première fois en 1969, devenant titulaire la saison suivante en même temps qu’il rallie la sélection. Il sera le gardien phare du hockey soviétique des années 70 et du début des années 80 (un temps coéquipier de Fetisov). Il participe en 1972 à la série du siècle face au Canada. Avant les rencontres, les observateurs canadiens diront de lui qu’il avait tout juste le niveau junior de deuxième rang. Bien mal leur en a pris car il brillera à plusieurs reprises en dégoûtant les attaquants canadiens. Tretiak va poursuivre sa carrière au CSKA avec l’espoir de pouvoir un jour franchir le Pacifique et rallier le Canadien de Montréal. Voyant que cela ne se produira pas, il décide d’y mettre un terme en 1984 en ayant remporté douze titres de champion d’URSS, dix Mondiaux ou encore trois Jeux Olympiques. Il est le tout premier joueur intronisé au temple de la renommée du hockey en 1989.
À la levée des barrières en 1990, Tretiak arrive à Chicago pour devenir entraîneur des gardiens chez les Blackhawks. Il y restera près de quinze ans en alternant dans les dernières années avec le même poste en sélection russe. Puis de 2008 à 2011, il est désigné sélectionneur de l’équipe nationale qu’il conduira au titre de champion du monde en 2009.

Il est alors polyvalent. En décembre 2003, il se présente à Saratov pour les élections législatives. Il représente le parti “Russie Unie”, soutenant le pouvoir et Vladimir Poutine. Les actions engagées sont démocratiquement singulières, comme en témoigne cette anecdote auprès des étudiants, relayée sur le site à l’époque. Mais cela n’a pas empêché Tretiak d’être élu à la majorité absolue (comme le sera Russie Unie et les alliés au parlement, permettant au président Poutine de réformer la constitution). Il rejoint alors la Douma, la chambre basse du parlement russe. Il y siégera quatre ans et sera en outre désigné président de la fédération russe de hockey sur glace (avril 2006), fonction qu’il occupe toujours actuellement.

Jiří Šlégr :

Il apparaît dans le championnat tchécoslovaque avec son club formateur qui jouera un rôle prépondérant dans sa carrière, le HC Litvinov. Ce défenseur offensif prometteur est drafté par Vancouver en 1990, et rejoint la NHL pour la saison 1992-1993. Ses premiers pas ne sont pas dominants, il est échangé à Edmonton où il reste jusqu’en 1996. Il décide alors de revenir en Europe mais n’y jouera qu’une saison, principalement en Suède pour Södertälje. Tout se lance véritablement à l’occasion de la saison suivante (1997-1998) : Šlégr rejoint Pittsburgh et remporte le premier titre collectif de sa carrière, les Jeux Olympiques de Nagano avec la République Tchèque. Après un passage par Atlanta, il termine la saison 2001-2002 avec les Red Wings de Detroit. Il n’y jouera cette saison que huit matchs plus un en play-offs, mais c’est assez pour ajouter une coupe Stanley à son palmarès. Il poursuit alors ses voyages entre Europe (2002-2003 puis le lock-out de 2004-2005) et Amérique du Nord (2003-2004) et quittera définitivement la NHL à l’issue de la saison 2005-2006. En remportant les Mondiaux l’année précédente avec la République Tchèque, il est devenu pensionnaire du “Triple Gold Cup”. En Europe, il s’ajoutera un titre en LNB suisse avec Biel (en 2006-2007, ne concluant que les play-offs d’un passage de deux rencontres) puis se voit remporter le titre national avec Litvinov à l’occasion de sa dernière saison (2014-2015).

Il reste investi dans le club, pratiquement de manière magnanime puisqu’il y a joué tous les rôles : d’abord assistant coach, il est aujourd’hui entraîneur principal, manager général et président.

Slegr
Šlégr fait partie des joueurs qui se sont investis politiquement alors qu’ils étaient encore sur la glace. En 2010, il décide de se mettre en retrait du jeu pour s’investir dans les élections législatives. Il se présente pour le ČSSD, le parti Social-Démocrate de République Tchèque, dans la région de l’Ústecký (au nord du pays), où se situe Litvinov. Il remporte l’élection et rejoint la chambre des députés. Bien que les Sociaux-Démocrates aient remporté l’élection, ils se sont vite retrouvés à la marge avec l’établissement d’un gouvernement orienté à droite. Le leader du ČSSD, Jiří Paroubek, a été contraint de démissionner. Il se lance l’année suivante dans un nouveau parti appelé en traduction “National-Socialiste : la gauche du 21e siècle ». Šlégr demeure fidèle à Paroubek. Il quitte lui aussi le ČSSD et poursuit son mandat comme non affilié dans l’hémicycle, car refusant de démissionner dans un premier temps. Mais les manœuvres auront raison de sa volonté. Il claque la porte en juin 2013 et annonce retourner dans “l’environnement plus sain” du sport.

Augustin “Gustav” Bubnik :

BubnikCe centre a été un joueur majeur du hockey tchécoslovaque d’après-guerre. Il fut d’ailleurs le meilleur buteur du championnat en 1949-1950 avec le LTC Prague qui est alors un club renommé du hockey européen. Cette même saison, il devait jouer avec la Tchécoslovaquie tenante du titre les Mondiaux en Angleterre. Mais l’État communiste en place soupçonne la sélection d’une possibilité de désertion. Il se couvre d’une raison fallacieuse (une interdiction de visa pour des journalistes) pour annuler la participation de l’équipe. Le gouvernement a à l’esprit le départ de Jaroslav Drobný l’année précédente, à l’occasion d’un tournoi de tennis à Gstaad dont il ne revint jamais. Dans ce climat de suspicion, Bubnik et plusieurs de ses coéquipiers sont emprisonnés (provoquant fin au club du LTC) et n’en ressortirent que cinq ans plus tard.

Une fois amnistié, il poursuit sa carrière qu’il achève en 1962. Il devient alors entraîneur, fonction qu’il occupera jusqu’en 1985, principalement en Tchécoslovaquie mais avec une saison en Autriche et la prise en main des sélections finlandaise (1966-1969) et néerlandaise (1980-1982).

“Échaudé” par le communisme, Bubnik penche politiquement à droite. Retiré du hockey, il se laisse convaincre en 1998 de se présenter aux élections législatives de 3e législature. Il représente l’ODS, le parti démocratique civique tchèque qui se veut conservateur libéral, et plutôt eurosceptique. Représentant la région de Prague, Bubnik est élu et siège à la chambre des députés jusqu’en 2002. Sa représentation principale concernait la commission en charge des sciences, de l’éducation, de la culture, de la jeunesse et des sports.

Il revint sur le devant de la scène en 2010, briguant un poste de sénateur pour un district de Prague. Il se présente alors sous l’étiquette du SNK ED, toujours un parti de droite conservateur libéral mais priorisant les élections européennes. Il est cette fois-ci relégué très loin, à la neuvième place, avec 2,36% des voix.

Il est décédé le 18 avril 2017, à l’âge de 88 ans.

Sinuhe Wallinheimo :

WallinheimoLe gardien au masque de pharaon apparait avec le JyP au début des années 90. Il décide de terminer sa formation (sportive et éducative) en Amérique du Nord et rejoint l’Université de Denver. Il devient une attraction en NCAA en raison de son jeu spectaculaire. Après deux saisons entre AHL et ECHL et une coupe Calder remportée, il fait son retour en Europe en 1998 avec une saison au Lukko Rauma, puis trois en Allemagne auprès d’Oberhausen où il brille, établissant le meilleur pourcentage d’arrêts de la saison 2000-2001. Il peut alors prétendre au gratin européen et signe au Färjestad BK avant de revenir au JyP. De nouveau crédité du meilleur pourcentage d’arrêts en 2005-2006, il est récompensé l’année suivante d’une sélection pour les Mondiaux, mais il ne jouera pas la moindre minute. En 2007-2008, il termine la saison avec le Dynamo Moscou, puis revint au pays. Sa dernière apparition sportive sera en 2010-2011. Retraité l’année précédente, il donne tout de même un coup de main au KeuPa HT, alors en quatrième division, pour un match de barrage.

Wallinheimo n’a pas attendu de ranger le bouclier pour entrer en politique. Engagé au Kokoomus (KOK – le « Parti de Coalition Nationale »), une entité de centre-droit conservatrice et libérale, il agit d’abord à l’échelle locale suite aux élections municipales de 2008 comme conseiller municipal dans la ville de Jyväskylä. Il se présente ensuite à l’occasion des élections parlementaires de 2011. KOK remporte l’élection au national avec 20,4% des voix, soit 44 sièges au parlement. Succès en demi-teinte car c’est un recul pour ce parti, comme pour tous les partis traditionnels face à la poussée de l’extrême droite avec PerusS. En Finlande centrale et avec 4 228 voix, l’ancien gardien obtint son siège au parlement. Il rentre alors dans la grande commission ainsi que la commission en charge de l’avenir.

Dès lors, Wallinheimo n’aura de cesse d’augmenter son score dans les différentes élections. Il conserve son rôle de conseiller municipal à Jyväskylä en 2012 puis en 2017, où il termine avec le troisième total de la ville. Il est également réélu aux élections législatives de 2015 (5 471 voix) et de 2019 (6 690 voix, quatrième total de la région). En interne, il est devenu le numéro 3 du parti et président du comité de défense en 2015.

Sean Bergenheim :

BergenheimCet ailier insaisissable a été formé au Jokerit et fut choisi au premier tour de draft 2002 par les Islanders de New York. Il remporte le championnat finlandais la même saison et arrive en Amérique du Nord en 2003. Il y achève sa formation en étant régulièrement aligné avec l’équipe AHL de Bridgeport. Il revient en Europe à l’occasion de la saison 2006-2007 pour évoluer avec le Lokomotiv Yaroslavl (KHL) puis rapidement avec Frölunda, en SHL. Cette saison européenne lui permet ensuite un retour plus durable en NHL (2007-2015), où il passe de New York à Florida en terminant pour quelques matchs avec Minnesota. Il revint définitivement sur le vieux continent chez les Ours de Berne, puis de nouveau au Frölunda (après tout de même un camp d’entraînement des Ducks d’Anaheim) avec qui il remporte la CHL en 2016-2017. Il met un terme à sa carrière l’année suivante, suite à une blessure à la tête.

En février 2019, Bergenheim fait l’objet d’une campagne de presse en Finlande au moment où il annonce son intention d’être candidat aux élections législatives deux mois plus tard. Son parrain est Hjallis Harkimo, homme politique finlandais qui a lancé le parti Liike Nyt (“Mouvement maintenant”) l’année précédente, mais l’ex-joueur s’investit en fait auprès du Parti Populaire Suédois de Finlande (SFP-RKP). Ce parti libéral et européiste du centre représente les intérêts de la minorité finlandaise suédophone. Les thèmes phares du candidat Bergenheim sont la santé, l’éducation, l’environnement et les problèmes liés à la parentalité. Il s’appuie notamment sur son investissement passé dans les associations de joueurs (notamment à l’époque du lock-out) et sur des habitudes de communication qu’il nourrit au contact régulier du public.

Il se présente donc à Uusimaa (la région d’Helsinki, dans le sud du pays). Avec 9,1% des suffrages, SFP remporte trois sièges dans la région mais Bergenheim n’en fait pas partie, récoltant 0,3% des votes à l’échelle de la région. Il retente sa chance un mois plus tard à l’occasion des élections européennes. Le Parti Populaire Suédois de Finlande termine alors à la septième place avec 6,3%, et n’obtient qu’un siège au Parlement Européen (pour Nils Torvalds, euro-député depuis 2012).

Simon Schenk :

SchenkIl a occupé plusieurs fonctions dans le hockey suisse, avec de la réussite à chaque fois. Apparu en 1965 avec le SC Langnau, il y a connu une longue carrière en LNA, couronnée en 1976 d’un titre de champion de Suisse. Il est alors international et participe à deux reprises aux Mondiaux B. En 1980, il se dirige vers les divisions inférieures avec un statut d’entraineur-joueur. La transition s’effectue progressivement et à la fin des années 1980, il devient sélectionneur de la Nati, naviguant alors entre l’élite et la division inférieure, mais obtenant une promotion en 1986 et participant aux Jeux Olympiques de Calgary de 1988.

Rapidement, il est de retour à Langnau mais cette fois-ci sur le banc, quand le club a chuté jusqu’à la troisième division. Il restructure l’équipe avant de retourner à la tête de la sélection de 1995 à 1997. Le propriétaire des Lions de Zürich Walter Frey lui propose alors un nouveau défi, et Schenk devient directeur sportif de l’équipe. Sous sa coupe, Zürich atteint les sommets et remporte le titre en 2000 et en 2001. Il est plus tard conduit dans les mêmes fonctions au sein de l’équipe affiliée du GC Küsnacht en LNB. Sa dernière intervention dans le hockey consiste en un rôle de consultant auprès des Tigres de Langnau, à l’occasion de la saison 2017-2018.

En marge de ses activités dans le staff sportif, Simon Schenk a démarré une carrière politique au sein de l’Union Démocratique du Centre (UDC), désormais principal parti au Conseil national suisse identifié d’extrême-droite, conservateur et nationaliste. Il entre au Conseil national le 28 novembre 1994 comme représentant du canton de Berne. Son investiture sera longue, en remportant les élections fédérales de 1995, de 1999, de 2003 et de 2007, lui permettant de siéger jusque fin 2011. Il y fut essentiellement en charge des dossiers relatifs au sport.

Il est décédé au mois de mai de cette année des suites d’un AVC consécutif à une opération du cœur.

Paul Wyss :

Wyss était un gardien de but suisse qui a débuté dans sa ville natale de Bâle en 1942, pour achever sa carrière en 1957. Il a également joué chez les Young Sprinters de Neuchâtel, et au SC Berne. C’est lors de son passage dans la capitale qu’il rejoint également la sélection helvète. Le 4 mars 1952 à Zurich, il réalise un grand match contre des Canadiens tout juste auréolés d’une nouvelle médaille d’or olympique. La Suisse s’impose 5-4 pour la seule défaite du Canada de toute sa tournée européenne (JO compris), et il faudra attendre 38 ans pour revoir la Nati s’imposait dans cette confrontation.

Wyss a eu une multitude d’activités dans sa vie. Outre le hockey sur glace, il fut lanceur de disques au sein de l’équipe suisse d’athlétisme. Ayant étudié le commerce et l’économie à l’Université de Bâle dont il est ressorti doctorant, il a géré les ressources humaines puis fut investi comme directeur de diverses chambres de commerce, en Suisse comme à l’échelle européenne, ainsi que du parc des expositions de Bâle. Dans les années 1990, il était également président de la fondation suisse d’aide au sport ou encore de la coopérative nationale d’importation de bétail, entre autres mandats d’administrateur.

En politique, il rejoint le Parti Radical Démocratique (PRD), entité libérale de centre-droit alors principal parti du pays avec les sociaux-démocrates. À partir de mai 1977, il est élu au Conseil National, la chambre basse du parlement suisse. Il y restera jusqu’en 1994 et présidera en 1988-1989 la commission militaire, et siégera dans celle sur la politique extérieure.

D’autres joueurs européens, à l’instar de Dominik Hašek, font part d’intentions politiques qui les amèneront peut-être un jour à cette seconde carrière. C’est le cas notamment du l’ancien joueur NHL Sandis Ozoliņš, qui a fait part de ses intentions d’entrer un jour dans le paysage politique letton.

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