Ayant vu son moral regonflé après avoir éliminé les Tchèques, la Suisse s’attaque maintenant à une formation très difficile à jouer, la Finlande. La Nati bénéficie du retour de son dernier joueur sorti de quarantaine « Covid », Dario Simion, placé directement en première ligne avec Grégory Hofmann (dont il est le complément en club à Zoug). La Finlande choisit de faire confiance en Harri Säteri comme gardien titulaire, alors que Patrick Fischer poursuit l’alternance devant les filets : Reto Berra succède à Genoni, solide hier.
Le match débute dans une configuration très tactique entre deux équipes qui s’attendent en zone neutre. Dans ces cas-là, mieux vaut ne pas commettre la première erreur. Elle est commise par Gaétan Haas qui perd le palet à la ligne rouge centrale en essayant de dribbler Joonas Nättinen qui lui prend le palet. Niklas Friman prend alors un lancer excentré et Miro Aaltonen est laissé seul par Mirco Müller pour prendre le rebond en cage ouverte (1-0).
La Finlande n’est pas elle-même exempte de pertes de palet. Sur l’action suivante, Hannes Björninen n’arrive pas à contrôler une passe de Pokka dans sa zone. Fabrice Herzog lui prend la rondelle mais, après un rapide échange de passes avec Malgin, son tir est trop centré sur le gardien. Au contraire, chaque erreur suisse sanctionnée avec une réussite finlandaise maximale. Lorsque Christoph Bertschy se fait contrer à sa ligne bleue défensive par Teemu Hartikainen, le jeu s’installe. Le Finlando-Suisse Santeri Alatalo dévie de la crosse un lancer excentré de Mikko Lehtonen, contre son camp mais pour son pays de naissance (2-0). La Suisse semble accuser le coup et est dominée en fin de période.
Cela ne s’arrange pas à la reprise. Lukas Frick fait une passe transversale « cadeau » en zone neutre. Hannes Björninen intercepte, part à 2 contre 1 et sert tranquillement du revers Marko Anttila (3-0). L’équipe suisse semble complètement éteinte aujourd’hui. Pour provoquer un choc psychologique, Patrick Fischer change de gardien et remplace Reto Berra, qui subit la situation sans en être responsable, par Leonardo Genoni. Il laissera aussi Simion et l’auteur de la boulette Frick sur le banc à partir de cet instant.
L’effet n’est pas immédiat, mais à partir de la mi-match, la Nati retrouve l’énergie de patinage qui la caractérise normalement. Elle met de plus en plus de pression et est récompensée quand Lehtonen dégage au-dessus du plexiglas. Peu avant la fin de cette pénalité, Enzo Corvi effectue une belle feinte de corps puis passe à Andres Ambühl entre les cercles qui marque en lucarne (3-1).
La réaction suisse redonne du piment à la dernière période, qui s’ouvre d’ailleurs par un lancer de Denis Malgin sur le poteau. Une action peut-être décisive car le score n’évolue pas malgré les efforts helvétiques soutenus. La réponse arrive à sept minutes de la fin sous la forme d’une pénalité de Harri Pesonen : couché sur la glace, il fait tourner sa crosse pour faucher Loeffel et arrêter une action dangereuse. La Suisse était à 2/3 en avantage numérique hier, et à 1/1 aujourd’hui. De belles statistiques qui ne seront pas du tout confirmées durant ces deux minutes… Anttila retarde l’installation et part même dans une échappe arrêtée par Genoni. Les entrées en zone sont manquées : Malgin tombe après un petit coup de crosse dans les jambes de Mäenalanen (sans que les arbitres ne sifflent) et Herzog se fait intercepter. Patrick Fischer sort son gardien sur la fin de pénalité, mais la pression de Pesonen fait perdre le palet à Haas et la contre-attaque aboutit à un but en cage vide de Pakarinen (4-1). La Suisse rejoue sans gardien, mais le mauvais film se répète et Hartikainen vise les filets déserts depuis sa zone défensive (5-1).
Dominatrice aux tirs, la Suisse n’a pas eu la même réussite qu’hier, mais elle a surtout été victime de ses propres failles sur ses erreurs individuelles. Si Denis Malgin a été bon sur cette fin de tournoi, le duo Haas-Hofmann aura beaucoup déçu et n’a pas porté l’offensive.
La Finlande, elle, répond aux attentes et est la seule équipe invaincue dans ce tournoi. Elle peut se projeter sur sa demi-finale contre la… Slovaquie. Les affiches de demi-finales sont en effet déterminées par le classement en groupe, et l’élimination de la tête de série américaine change le tableau, au point de surprendre même son entraîneur qui était concentré sur son match.
Commentaires d’après-match :
Jukka Jalonen (entraîneur de la Finlande) : « Le match contre la Suède était plus difficile parce que nous étions menés et que la Suède était vraiment bonne pendant deux périodes. Dans ce match, la Suisse a été très bonne à partir de la mi-match. Personne ne peut dominer tout le temps, une telle équipe n’a jamais existé. On a pu voir que l’équipe était prête dès que le palet a été jeté sur la glace. La concentration était bonne sur les bonnes choses, le niveau émotionnel était approprié. La Slovaquie ? Nous pensions que nous jouerions la Russie… Peu importe, leur qualification en demi-finale démontre leur qualité. Nous devons déjà analyser ce match avant de penser à après-demain. »
Finlande – Suisse 5-1 (2-0, 1-1, 2-0)
Mercredi 16 février 2022 à 16h40 au Palais national omnisports de Pékin. 948 spectateurs.
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Olivier Gouin (CAN) assistés de Daniel Hynek (TCH) et Brian Oliver (USA).
Pénalités : Finlande 4′ (0′, 2′, 2′), Suisse 4′ (0′, 0′, 4′).
Tirs : Finlande 23 (10, 8, 5), Suisse 34 (8, 12, 14).
Évolution du score :
1-0 à 08’37 : Aaltonen assisté de Friman et Nättinen
2-0 à 10’45 : Lehtonen assisté de Hietanen et Manninen
3-0 à 23’08 : Anttila assisté de Björninen
3-1 à 37’49 : Ambühl assisté de Corvi et Haas (sup. num.)
4-1 à 55’28 : Pakarinen assisté de Filppula et Pesonen (cage vide)
5-1 à 56’47 : Hartikainen (cage vide)
Finlande
Attaquants :
Markus Granlund (+2) – Sakari Manninen (+2) – Teemu Hartikainen (+2)
Harri Pesonen (+1, 2′) – Valtteri Filppula (C, +1) – Iiro Pakarinen (+1)
Miro Aaltonen (+1) – Joonas Nättinen (+1) – Leo Komarov (+1)
Saku Mäenalanen (+1) – Hannes Björninen (+1) – Marko Anttila (A, +1)
Défenseurs :
Mikko Lehtonen (+1, 2′) – Juuso Hietanen (+2)
Petteri Lindbohm (+1) – Sami Vatanen
Niklas Friman (+1) – Valtteri Kemiläinen (+1)
Atte Ohtamaa (A, +2) – Ville Pokka (+2)
Gardien :
Harri Säteri
Remplaçant : Jussi Olkinuora (G). En réserve : Frans Tuohimaa (G), Toni Rajala (A), Niko Ojamäki (A).
Suisse
Attaquants :
Grégory Hofmann (-4) – Gaëtan Haas (-2) – Dario Simion (-2)
Calvin Thürkauf (-1) – Enzo Corvi (-1) – Andres Ambühl (A, -1)
Fabrice Herzog (-1) – Denis Malgin (-2) – Sven Andrighetto (-2)
Simon Moser (A) – Christoph Bertschy – Killian Mottet
Denis Hollenstein
Défenseurs :
Mirco Müller (-1) – Raphael Diaz (C, -2)
Romain Loeffel – Yannick Weber
Lukas Frick (-2) – Michael Fora (-1)
Santeri Alatalo (-2)
Gardien :
Reto Berra puis à 23’36 Leonardo Genoni [sorti de 54’46 à 55’28 et de 55’50 à 56’47]
En réserve : Sandro Aeschlimann (G), Ramon Untersander (D, rentré en Suisse ce mercredi après le réveil d’une ancienne blessure), Joel Vermin (A).