Ce n’était très certainement pas une affiche convenue pour les demi-finales du tournoi olympique, mais la Finlande et la Slovaquie se retrouvent en course pour tenter de s’assurer une médaille en accédant à la finale. La sélection conduite par Jukka Jalonen est en accord avec ses objectifs : le travail a jusqu’alors été fait avec application pour 100 % de victoires, en ayant logiquement éliminé la Suisse (5-1) en quarts de finale après avoir remporté le groupe C. Un groupe que le film du tournoi aura voulu très compétitif, car on en retrouve trois pensionnaires sur les quatre demi-finalistes : la Suède qui s’opposera à la Russie plus tard dans la journée, et la Slovaquie pour invitée surprise !
L’équipe slovaque a déjà réussi ses Jeux, en accédant aux demi-finales pour la première fois depuis 2010. Le collectif mêle savamment touches d’expérience et jeunes talents, en témoigne les deux leaders offensifs de la sélection : le capitaine Marek Hrivík (4 points, 2+2), 30 ans et deux Mondiaux à son actif depuis 2014, et la sensation Juraj Slafkovský (5 points, 5+0), 17 ans et co-meilleur buteur de la compétition avec le Suédois Lucas Wallmark. Le natif de Košice, actuellement dans le circuit de formation du TPS, profite de cette exposition pour attirer les convoitises en vue certainement d’un repêchage prochain dans la grande ligue, même si ses performances seront scrutées au-delà de ce seul tournoi. Il est en attendant remonté sur la première ligne offensive pour cette partie.
Dans la phase préliminaire, la Finlande avait assez nettement pris le meilleur (6-2) pour lancer la compétition respective des deux nations. Mais la Slovaquie a depuis pu gagner en expérience dans son parcours allongé d’un match de qualification (victoire contre l’Allemagne 4-0), et rester sur l’élimination des États-Unis (3-2 t.a.b) en allant chercher la prolongation dans la dernière minute, pour ressort psychologique.
Ce sont justement les Slovaques qui se montrent les plus saillants dans les cinq premières minutes, même si les lancers à la cage sont très rares. Tout à leurs habitudes, les deux équipes défendent haut et vers l’avant, ce qui conduit essentiellement à une bataille en zone neutre. Dans ce contexte, les essais viennent souvent de la bleue comme Ohtamaa ou de l’autre côté Marinčin. Anttila essaie de surprendre Rybár d’un lancer soudain, mais le gardien est attentif. De l’autre côté, Zuzin travaille très bien derrière la cage de Säteri, mais personne ne profite de sa remise dans l’enclave. La Slovaquie sort un peu et se fait surprendre sur un palet perdu en zone offensive, un développement rapide de l’attaque finlandaise et un lancer de Petteri Lindbohm sur lequel intervient Rybár mais Sakari Manninen est plus prompt au rebond, fait le petit dribble nécessaire pour l’ouverture du score (1-0, 15’58).
Sur la remise au jeu, Vatanen essaie rapidement de creuser l’écart, il bute sur le portier du Dinamo Minsk. En réaction, les blancs arrivent à se créer quelques situations avec par exemple Hrivík, le danger demeure toutefois de l’autre côté sur des contres, jusqu’à la fin de cette période essentiellement de contrôle, mais avec déjà un avantage pris par la formation finlandaise.
Les joueurs de Craig Ramsey commencente le tiers médian par une projection vers l’avant, mais reçoivent en réponse une longue phase à défendre. Anttila prend sa chance de loin, c’est capté, alors que sur l’autre cage, une magnifique combinaison Hrivík – Slafkovský trouve la base du poteau de Säteri, qui est fort sur le rebond. Čajkovský est ensuite trouvé en bonne position mais il ne cadre pas. Slafkovský, dans la continuité, oblige le gardien finlandais à intervenir. La Slovaquie est sur un temps fort, avec une nouvelle pression mise cette fois par Regenda et Takáč, pour un lancer détourné mais Säteri a un bon réflexe de positionnement pour dévier la trajectoire. L’élan se retrouve coupé par la première pénalité de la rencontre, appelée contre Čerešňák. Elle est rapidement doublée car Regenda rejoint son coéquipier sur le banc pour le même motif (faire trébucher), pour un 5 contre 3 extrêmement dangereux pour les Slovaques. La Finlande ne parvient à faire circuler rapidement le palet et doit se contenter d’un lancer de Granlund, sans avoir pu bénéficier de l’aubaine.
Cela aura toujours eu le mérite de mettre fin à la grosse séquence de la Slovaquie, qui peine désormais à se réinstaller et doit passer par des lancers puissants dès la bleue franchie, comme avec Slafkovský. La révélation fait une démonstration de son tempérament, comme sur un palet bloqué côté finlandais contre la bande, et où il se jette littéralement dans la mêlée pour le faire ressortir. Le suspense reste au rendez-vous pour le dernier tiers-temps.
L’entame est complexe pour la Slovaquie, qui se retrouve rapidement à quatre après une faute de Pospíšil. Mais la défense joue bien le coup et annihile le power-play finlandais, s’offrant même un contre sur une remontée de Slafkovský, ne parvenant à trouver Krištof qui avait pris l’axe. Le jeu est équilibré et Komarov joue mal une opportunité de son côté, butant sur Rybár en oubliant son coéquipier Aaltonen qui arrivait en pleine vitesse.
On entre rapidement dans les dix dernières minutes réglementaires et l’indécision demeure. Säteri demeure impérial devant Hudáček, tandis que son alter se fait peur en délaissant sa ligne et en se couchant sur un palet pour le geler. La défense mise en place par Jalonen respecte parfaitement les plans et si la Slovaquie peut faire glisser le puck en zone offensive, elle se retrouve empêchée dans chaque mouvement orienté vers la cage. À deux minutes de la sirène, Ramsey rappelle Rybár pour créer le surnombre. Mais le temps sur la glace est trop important pour les joueurs slovaques en place, qui s’exposent et perdent le palet au profit de Pesonen qui entrait en jeu pour sa part, et qui n’a plus qu’à parachever le succès en cage vide (2-0, 59’21).
Avec la rigueur qu’on lui connaît, la Finlande passe l’obstacle slovaque et posera d’évidents problèmes à son adversaire en finale, quel qu’il soit. Le travail défensif impeccable et propre (aucune pénalité concédée), supplée par un Säteri impérial avec 28 arrêts, a fait la différence face à une équipe slovaque courageuse, mais sans solution. Les joueurs à la double croix ont encore un bel objectif en ligne de mire puisqu’ils peuvent encore prétendre à aller chercher une médaille, dans un tournoi de toute façon abouti.
Commentaires d’après-match :
Ján Pardavý (entraîneur-adjoint de la Slovaquie) : « Toute la Slovaquie peut être fière de son équipe. Nous avons joué contre un adversaire extrêmement organisé qui a joué défensivement. Les joueurs ont tout donné sur la glace. Nous avons tout fait à 100%, sauf marquer. Nous n’avons pas commis d’erreurs en zone neutre, mais notre adversaire y a été très solide. Les Finlandais ont marqué sur la seule présence où nous avons commis deux ou trois erreurs en zone défensive. J’espère que le monde ne prendra pas la direction du jeu finlandais, car un hockey aussi défensif ne peut pas plaire au public ou aux téléspectateurs. »
Martin Marinčin (défenseur de la Slovaquie) : « C’est un triste anniversaire pour moi. Nous sommes désolés de la défaite. Nous avons poussé les Finlandais, nous avons eu beaucoup d’occasions. Pour le deuxième match de suite, les arbitres ne nous ont pas donné un seul powerplay, c’est triste. Chapeau à toute l’équipe. Même à 0-1, nous avons continué à lutter, nous avons cru en nous-mêmes. Malheureusement, nous avons un peu manqué de chance pour égaliser. »
Jukka Jalonen (entraîneur de la Finlande) : « C’était un match vraiment difficile. Il était évident qu’une certaine pression se ressentait dans notre jeu offensif, mais après un terrible combat on n’a pas pris de but. On ne peut qu’être satisfait. La Slovaquie n’est pas accidentellement dans le dernier carré, c’est une très bonne équipe au patinage puissant, un pack gros et fort. Ils sont très mobiles et c’est difficile de créer des buts contre eux. C’est une bonne chose d’avoir réussi à gagner des matches différents, parfois avec plus de buts, parfois avec un ou deux, parfois en étant mené, parfois en menant. C’est une des forces de cette équipe. »
Finlande – Slovaquie 2-0 (1-0, 0-0, 1-0)
Vendredi 18 février 2022 à 12h10 au Palais national omnisports de Pékin. 1071 spectateurs.
Arbitres : Tobias Björk (SUE) et Yevgeni Romasko (RUS) assistés de Gleb Lazarev (RUS) et Dustin McCrank (CAN).
Pénalités : Finlande 0′ (0′, 0′, 0′), Slovaquie 6′ (0′, 4′, 2′).
Tirs : Finlande 27 (9, 12, 6), Slovaquie 28 (8, 13, 7).
Évolution du score :
1-0 à 15’58 : Manninen assisté de Lindbohm et Vatanen
2-0 à 59’21 : Pesonen assisté de Hartikainen et Pokka
Finlande
Attaquants :
Markus Granlund (+1) – Sakari Manninen (+1) – Teemu Hartikainen (+2)
Harri Pesonen (+1) – Valtteri Filppula (C, +1) – Iiro Pakarinen
Miro Aaltonen – Joonas Nättinen – Leo Komarov
Saku Mäenalanen – Hannes Björninen – Marko Anttila (A)
Défenseurs :
Mikko Lehtonen – Juuso Hietanen
Petteri Lindbohm (+1) – Sami Vatanen (+1)
Niklas Friman – Valtteri Kemiläinen
Atte Ohtamaa (A, +1) – Ville Pokka (+1)
Gardien :
Harri Säteri
Remplaçant : Jussi Olkinuora (G). En réserve : Frans Tuohimaa (G), Toni Rajala (A), Niko Ojamäki (A).
Slovaquie
Attaquants :
Peter Cehlárik (A, -1) – Marek Hrivík (C, -2) – Juraj Slafkovský (-2)
Kristián Pospíšil (2′, -1) – Libor Hudáček (-1) – Tomáš Jurčo
Peter Zuzin – Michal Krištof – Miloš Kelemen
Samuel Takáč – Miloš Roman – Pavol Regenda (2′)
Marko Daňo [1 présence]
Défenseurs :
Michal Čajkovský (-1) – Peter Čerešňák (A, 2′, -1)
Mislav Rosandić (-1) – Martin Marinčin (-1)
Samuel Kňažko – Martin Gernát
Šimon Nemec [2 présences]
Gardien :
Patrik Rybár [sorti de 58’22 à 59’21]
Remplaçant : Branislav Konrád (G). En réserve : Matej Tomek (G), Marek Ďaloga (D), Adrián Holešinský (A).