Mannheim – Berlin (demi-finale de DEL, match 2)

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La DEL en est au stade des demi-finales et les quatre favoris présumés sont bien en course pour le titre. D’un côté l’équipe de Wolfsburg d’Anthony Rech affronte Red Bull Munich. De l’autre c’est un choc au sommet qui se joue avec Mannheim Adler contre les champions en titre de l’Eisbären Berlin.

Mannheim n’a pas eu une saison facile avec des points perdus en cours de route du fait d’une inconstance et des relâchements qui ont coûté la place au duo d’entraîneurs Pavel Gross – Mike Pellegrims. C’est Bill Stewart, encore dans l’organisation avec des missions de scout, qui a été désigné par la présidence du club pour mener cette campagne de reconquête. Stewart est connu comme un gagneur qui a déjà connu par le passé cette mission de relancer l’équipe. À ses côtés sur le banc, on retrouve deux anciens joueurs et jeunes retraités qui ont totalement la confiance de l’équipe : Marcel Goc et Jochen Hecht.

En quarts de finale, Mannheim a été dans la difficulté contre les Tigres de Straubing, qui ont terminé la saison régulière au sprint. Ils ont acquis la quatrième place en remportant onze victoires sur les quinze dernières parties. Les hommes de Tom Pokel ont produit le meilleur rendement de la ligue sur cette fin de parcours. Dans les séries, l’Adler a dû s’employer pour écarter les Bavarois. Les deux premiers matchs ont été remporté difficilement par les hommes de Stewart (3-2 et 1-2). Dos au mur, les Tigres ont tout donné et repoussé l’échéance (4-1), mais la série s’est conclue en Bavière (3-8).

En demi-finale, c’est le champion en titre qu’il faut défier. Les Eisbären ont démontré une solidité et une offensive impressionnante. Leaders de la saison régulière, les Ours n’ont pas fait de détail face au « survivant » Cologne. Trois manches à zéro remportées face à ce qualifié des pré-playoffs. L’équipe s’appuie sur le gardien de l’équipe nationale Mathias Niederberger et entre autres deux attaquants efficaces, Matt White et Marcel Noebbels, tant le talent est à tous les étages.

Dans le match 1 les Eisbären ont fait sauter le verrou en prolongation par Manuel Wiederer (4-3 a.p). Ce soir Mannheim, n’a pas le choix, il lui faut la victoire pour revenir dans la série.

Dés le début de la rencontre, la partie prend un caractère physique. Les accrochages, les charges et les pressions se multiplient. Berlin n’est pas venu pour rigoler. Dans la première pénalité de Nielsen, les joueurs de la capitale proposent un rude jeu en infériorité, qui repousse Mannheim. Ce sont les locaux qui font le jeu, il va dans un seul sens et les bleus multiplient les tirs. La première grosse occasion intervient avec Rendulic, en supériorité, qui trouve le poteau sur sa reprise (13’20). Adler Mannheim trouve enfin la solution, avec une sortie de prison de Jordan Szwarz qui part seul et capte le puck. La bataille remportée dans les bandes par Reul, lui permet d’envoyer une passe laser. Szwarz n’a plus qu’à crucifier Niederberger (1-0, 13’47). Mannheim domine, capte des pucks et remporte des duels. Mais sur un palet intercepté, une contre-attaque de Boyle provoque un tir dangereux (15’00). Le club local a bien répondu au défi physique imposé et a fait basculer la partie de son côté. Katic chauffe la cage berlinoise avec un tir qui passe au ras du montant droit (17’43). En fin de tiers, une pénalité peu compréhensible amène Szwarz en prison. Le combat défensif est acharné et Denis Reul se jette sur le tir, suivi de Sinan Akdag.

Mannheim a fait le métier et conclut positivement l’infériorité au début du deuxième tiers. Sur une pénalité de Boychuk, Nigel Dawes fait passer une chaude alerte, avec un palet difficilement capté au sol par Niederberger (23’06). Adler Mannheim est bien dans son match, le pressing défensif est hermétique et Brückmann est parfait à son poste. C’est à ce moment qu’une remontée de palet berlinoise avec un tour de cage de Södergran délivre la rondelle pour le lancer surpuissant de Kai Wissmann à la bleue. Manuel Wiederer reprend l’énorme rebond devant la cage (1-1, 27’45).

La partie se rééquilibre, Noebbels dans le slot voit le palet dévié par les bottes de Brückmann (28’45). Krämmer distribue un palet dans l’enclave pour Dawes, qui se voit chargé dans le dos par Ellis. Là encore, la décision arbitrale d’envoyer les deux protagonistes en prison semble incompréhensible. À 4 contre 4, Pföderl s’échappe et envoie la rondelle à bout portant (30’36). Par la suite une entrée en zone rapide est annihilée par l’accrochage de Hännikäinen, mais l’arbitre laisse jouer. C’est alors que Morgan Ellis rate totalement son dégagement et envoie le disque vers Florian Elias, totalement oublié. Il trouve la lucarne (2-1, 36’14). Encore une fois, les joueurs de Stewart ont rebondi et rehaussé leur niveau de jeu.

Dans le troisième tiers, la domination continue avec Desjardins qui passe deux Berlinois et délivre un tir direct sur le portier des Eisbären (41’10). Le festival continue avec la passe dans le dos de Rendulic pour Wolgemuth qui lance hors cadre. Le collectif fonctionne bien, mais Mannheim cherche toujours à faire le break (44’00). Mais sur une nouvelle pénalité, Byron conclut le jeu de puissance en utilisant le rebond (2-2, 47’45). Ce but relance complètement les Berlinois. C’est Pföderl qui fait la bascule en fructifiant un beau jeu de passes dans la zone offensive. Son lancer fait mouche pour prendre l’avantage (2-3, 54’17). Ce but coupe les jambes des locaux, et Zack Boychuk dans la foulée envoie un tir qui transperce Felix Brückmann (2-4, 54’34).

Bill Stewart prend son temps mort pour stopper l’hémorragie. Son équipe se remobilise, mais c’est Wiederer qui a la plus grosse opportunité avec une reprise en pleine course et en chute libre. Avec l’élan il se fracasse contre la balustrade derrière les buts. Plus de peur que de mal (56’02). N’ayant plus le choix, Stewart fait sortir son gardien mais Byron, encore lui, engrange un nouveau but cette fois en cage vide (2-5, 56’26). Mannheim se démène malgré tout et quelques secondes plus tard, Tim Wohlgemuth reprend un palet relâché par Niederberger après un puissant tir pour ramener son équipe à deux buts (3-5, 57’05). Aussi, la nouvelle sortie du gardien est sanctionnée par Boychuk, qui clôt la marque en cage vide (3-6, 58’37).

Adler Mannheim a joué une partition presque parfaite, mais n’a pas réussi à mettre suffisamment d’avance sur son adversaire. Quant aux Berlinois, ils n’ont rien lâché, fait douter, et crucifié leur adversaire après le relâchement. Mannheim est à présent dos au mur, il lui faut aller gagner à Berlin, pour ne pas voir la saison se terminer.

Rédaction d’après-match :

Serge Aubin (entraineur de Berlin) : « C’était un match difficile. Mannheim a joué un bon premier tiers et nous a mis beaucoup de pression. À partir du tiers médian, cependant, nous sommes devenus de mieux en mieux dans le jeu. Nous avons continué à nous battre et sommes revenus grâce à un important but en supériorité. Nous n’avons pas lâché prise. Je suis très fier de mes joueurs, c’était une bonne performance d’équipe. »

Blaine Byron (attaquant de Berlin) : « Nous n’avons pas bien commencé le match. Mannheim a contrôlé le jeu dans le premier tiers. Mais nous avons fait preuve de caractère et n’avons pas abandonné. Nous avons montré de quoi nous sommes capables lorsque nous jouons notre système. Mais ce n’est pas encore fini. Dimanche, ce sera un autre match très difficile. »

David Wolf (attaquant de Mannheim): « Nous avons pris trop de pénalités, ce qui a rendu beaucoup plus difficile notre recherche de rythme. Nous jouons les deux tiers de manière exceptionnelle, mais nous avons laissé beaucoup d’énergie dans le jeu en infériorité. Ça fait mal. Mais ce sont des séries éliminatoires. Berlin doit gagner trois matchs pour se qualifier. Nous devons rebondir le plus rapidement possible aujourd’hui et faire match gagnant dimanche. »

Jordan Szwarz (attaquant de Mannheim) : « Nous avons dominé presque tout le match. Vers la fin, nous avons eu un petit relâchement que Berlin a su utiliser. Nous sommes maintenant confrontés à une tâche difficile mais non insoluble. C’est comme cela qu’on grandit ».

Mannheim – Berlin 3-6 (1-0, 1-1, 1-5)
Vendredi 22 avril 2022 à 19h30 à la SAP Arena. 12 670 spectateurs.
Arbitres : Sean McFarlane et Aleksi Rantala
Pénalités : Mannheim 14′ (6’, 4’, 4’) ; Berlin 10′ (4’, 4’, 2’)
Tirs : Mannheim 20 ; Berlin 29

Évolution du score :
1-0 à 13’47 : Szwarz assisté de Hännikäinen et Katic
1-1 à 27’45 : Wiederer assisté de Wissmann et Södergran
2-1 à 36’14 : Elias assisté de Hännikäinen et Lehtivuori
2-2 à 47’45 : Byron assisté de Noebels et Müller (sup. num)
2-3 à 54’17 : Pföderl assisté de Wissmann et Noebels
2-4 à 54’34 : Boychuk assisté de Hördler et White
2-5 à 56’26 : Byron assisté de Pföderl et Després (cage vide)
3-5 à 57’05 : Wohlgemuth assisté de Rendulic et Wolf
3-6 à 58’37 : Boychuk (cage vide)

Adler Mannheim

Attaquants :
David Wolf (4’) – Andrew Desjardins – Matthias Plachta
Nicolas Krämmer – Jordan Szwarz (4’) – Nigel Dawes (2’)
Markus Eisenschmid – Tim Wohlgemuth – Borna Rendulic (2’)
Florian Elias – Jason Bast – Markus Hännikäinen

Défenseurs :
Denis Reul – Sinan Akdag
Mark Katic – Thomas Larkin
Joonas Lehtivuori – Korbinian Holzer (2’)
Arkadiusz Dziambor [4 présences]

Gardien :

Felix Brückmann [sorti de 56’15 à 56’26 et de 57’26 à 58’35]

Remplaçant : Dennis Endras (G). Absents : Lean Bergmann (myocardite), Ilari Melart, Ruslan Ishakov.

Eisbären Berlin

Attaquants :
Marcel Noebels – Zach Boychuk (2’) – Leonhard Pföderl
Matt White (2’) – Frans Nielsen (2’) – Giovanni Fiore
Johan Södergran – Blaine Byron – Dominik Bokk
Mark Zengerle – Sebastian Streu – Manuel Wiederer

Défenseurs :
Jonas Müller – Morgan Ellis (2’)
Nicolas Jensen (2’) – Kai Wissmann
Frank Hördler – Simon Després
Eric Mik

Gardien :
Mathias Niederberger

Remplaçant : Tobias Ancicka (G). Absents : Kevin Clark, Yannick Veilleux.

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