Comme aux deux précédents championnats du monde, la Grande-Bretagne a perdu ses six premières rencontres. Mais de nouveau, il lui suffit de gagner le dernier match-clé pour éviter la dernière place. L’Autriche a déjà vécu ce genre de déconvenues face à l’Italie en 2019, en même temps que la France face aux Britanniques. Ce match peut réveiller de vieux démons malgré les belles performances des jeunes Autrichiens face aux grandes nations.
Comme elle peut se contenter d’un nul, l’Autriche semble se satisfaire d’attendre – à moins qu’elle soit paralysée par la peur ? En tout cas, les Britanniques n’ont vraiment aucun complexe à avoir au vu de ce début de match. Cade Neilson attaque la cage et provoque la première pénalité contre Wolf. Neilson est proche de la concrétiser lui-même en déviant un centre de Perlini, mais Bernhard Starkbaum descend sa mitaine pour capter le palet. Pendant cette infériorité numérique, le gardien autrichien a aussi un bon réflexe de la botte pour éviter une déviation contre son camp de Kirchschläger.
Quand l’Autriche réagit un peu en fin de période par une bonne entrée de zone de Marco Kasper, Manuel Ganahl commet une obstruction sur le gardien. Sur cette seconde chance, le powerplay britannique est bien installé et travaille jusqu’à ce que Matthew Myers prenne un rebond face au but (0-1). Une ouverture du score totalement méritée pour l’équipe qui a paru la plus motivée à marquer.
En début de deuxième période, Dominic Hackl ne dégage pas un palet en fond de zone parce qu’il croit à un dégagement interdit, mais le juge de ligne avait fait le signe contraire. Robert Dowd peut donc remettre ce palet en retrait, et quelques secondes plus tard, il redirige avec le patin le centre de Neilson : le but est accordé car les arbitres estiment qu’il n’y a pas de coup de pied en direction de la cage mais simplement une orientation du patin (0-2, image de gauche).
Les Autrichiens sont gênés par le dispositif britannique, ils n’arrivent pas à installer leur jeu. Ils ne créent presque pas de danger, en revanche ils laissent d’énormes trous d’air dans le dos. Leur gardien Bernhard Starkbaum arrête trois breakaways dans ce deuxième tiers-temps : de Matthew Myers (d’une belle mitaine), de Scott Conway (de la crosse alors qu’il paraissait battu, image de droite) et de Lewis Hook (de la botte droite).
La discipline a été une clé de ces quarante minutes parfaites de la Grande-Bretagne. Mais en se retournant, Brett Perlini donne un coup de crosse dans les jambes de Haudum en début de troisième période. La passe transversale de Peter Schneider est reprise dans le cercle droite par Ali Wukovits, le tir à ras glace passe sous la crosse du défenseur Ehrardt et entre les jambes du gardien Ben Bowns (1-2).
Dans la minute et demie qui suit, Cade Neilson se présente deux fois seul face à Starkbaum. La première fois, sur un centre de Ben Lake, sa feinte audacieuse entre les jambes est repoussée. La seconde fois, échappé en solitaire, Neilson choisit une solution plus simple et efficace en tirant à mi-hauteur côté plaque (1-3). L’Autriche pourrait être KO, mais s’en sort encore par un gros slap – dévié – de Dominique Heinrich, en one-timer sur passe en retrait de Lukas Haudum (2-3).
Plus le match avance et plus les évènements s’accélèrent. Sur l’action suivante, Benjamin Nissner dégage le palet juste au-dessus du plexiglas. Les Britanniques ne convertissent pas l’avantage numérique mais cela leur permet de reprendre un peu la main.
Vient alors le moment cruel. Afin d’honorer son 100e match international pour la Grande-Bretagne, Mark Richardson porte exceptionnellement le C pour ce match-clé à la place de Jonathan Phillips. Et c’est justement Richardson qui est violemment mis en échec derrière sa cage par le capitaine adverse Thomas Raffl. Celui-ci remet en retrait pour Benjamin Nissner qui essaie de forcer la porte de Ben Bowns : le palet est repoussé sur le patin du défenseur Josh Batch… d’où il revient dans les filets (3-3). Richardson reste au sol, marqué physiquement et psychologiquement.
À une minute de la fin, sur une mise au jeu en zone offensive consécutive à un dégagement interdit britannique, Peter Schneider envoie le palet à la cage de la ligne bleue et Thomas Raffl prend le rebond qui passe encore entre les bottes de Bowns (4-3). Schneider rajoute un dernier but en cage vide.
La Grande-Bretagne redescend en Division 1A après un match qu’elle méritait largement de gagner, au moins pendant deux tiers-temps. Sauvée de l’écroulement total par les échappées sauvées par Starkbaum en milieu de match, l’Autriche revient de loin : reléguée pendant la plus grande partie de la soirée, elle a totalement renversé une situation compromise et devrait sans doute finir ce Mondial en onzième position, devant la France.
Désignés joueurs du match : Cade Neilson pour la Grande-Bretagne et Benjamin Nissner pour l’Autriche.
Meilleurs Britanniques du tournoi selon leur entraîneur : Brett Perlini, Ben Lake et Mark Richardson.
Meilleurs Autrichiens du tournoi selon leur entraîneur : Peter Schneider, Benjamin Nissner et Dominique Heinrich.
Commentaires d’après-match :
Jonathan Philips (attaquant de la Grande-Bretagne) : « Nous avons été de l’autre côté de ça, nous savons comment on se sent. Nous savions qu’ils pousseraient et je perds mes mots pour être franc. Nous avons dû nous asseoir un peu trop en arrière au troisième tiers. Ces trois années étaient absolument énormes, c’est pour ça que c’est si dur d’être relégués de ce groupe, c’était si dur d’y entrer. »
Thomas Raffl (capitaine de l’Autriche) : « On a bataillé dur tout le tournoi. Pour être vraiment franc, cela n’a pas été notre meilleur match. Nous sommes une jeune équipe, nous n’avons pas tant d’expérience, les nerfs ont joué. Durant l’été, c’est long, on repense à la saison et on ne veut pas être celui qui se dit ‘j’aurais pu, j’aurais dû’. C’était une grande expérience de voir l’amusement que ces jeunes amènent dans le vestiaire. Je suis en équipe nationale depuis longtemps, je suis juste content de voir ces jeunes amener tant d’émotions chaque jour et me tenir jeune. »
Autriche – Grande-Bretagne 5-3 (0-1, 0-1, 0-1)
Lundi 23 mai 2022 à 20h20 à la Nokia Arena de Tampere. 11 573 spectateurs.
Arbitres : Mads Frandsen (DAN) et Mikael Nord (SUE) assistés de Jonas Merten (ALL) et David Obgeweser (SUI).
Pénalités : Autriche 6′ (4′, 0′, 0′) ; Grande-Bretagne 2′ (0′, 0′, 2′).
Tirs : Autriche 19 (9, 7, ) ; Grande-Bretagne 39 (13, 7, ).
Évolution du score :
0-1 à 19’00 : Myers assisté de Perlini et Neilson (sup. num.)
0-2 à 21’57 : Dowd assisté de Neilson
1-2 à 44’51 : Wukovits assisté de Schneider et Raffl (sup. num.)
1-3 à 46’19 : Neilson
2-3 à 47’28 : Heinrich assisté de Haudum et Kasper
3-3 à 51’26 : Nissner assisté de Raffl
4-3 à 58’54 : Raffl assisté de Schneider et Nissner
5-3 à 59’16 : Schneider assisté de Heinrich et Nissner (cage vide)
Autriche
Attaquants :
Marco Kasper – Lukas Haudum – Manuel Ganahl (A, 2′)
Thomas Raffl (C) – Benjamin Nissner – Peter Schneider
Brian Lebler (-1) – Ali Wukovits (-1) – Paul Huber (-1)
Simeon Schwinger – Oliver Achermann – Nico Feldner
Défenseurs :
Clemens Unterweger – David Maier
Kilian Zündel – Dominique Heinrich (A)
Dominic Hackl (-1) – Bernd Wolf (-1, 2′)
Philipp Wimmer – Erik Kirchschläger
Gardien :
Bernhard Starkbaum
Remplaçant : David Kickert (G). En réserve : David Madlener (G), Nico Brunner (D), Benjamin Baumgartner (A, blessé et reparti).
Grande-Bretagne
Attaquants :
Brett Perlini – Scott Conway – Evan Mosey
Ben Lake (-2, 4′) – Cade Neilson (-2) – Robert Dowd (A, -2)
Lewis Hook – Matthew Myers – Jonathan Phillips (A)
Ben Davies – Robert Lachowicz – Luke Ferrara
Joshua Waller
Défenseurs :
Mark Richardson (C) – Joshua Tetlow (-1)
Ben O’Connor (-3) – David Phillips (2′)
Sam Jones – Dallas Erhardt
Joshua Batch (-1)
Gardien :
Ben Bowns puis Jackson Whistle à 20’00
En réserve : Jordan Hedley (G), David Clements (D), Sam Duggan (A).