Comme tous les ans, le groupe A du Mondial féminin, où se situent les cinq meilleures nations dont les deux superpuissances nord-américaines, monopolise l’attention. Pour autant, le groupe B n’est pas dénué d’intérêt, loin de là puisque les enjeux y sont plus importants.
Les équipes du groupe A sont assurées dès le départ d’être qualifiées pour les quarts de finale (et donc maintenues en élite). Dans le groupe B, ce sont évidemment les trois premières places qui sont synonymes de quart, la dernière sera reléguée et remplacée par l’équipe de France en 2023. Avec deux victoires en deux matchs, la Tchéquie et la Suède se sont détachées pour une participation en quart. La Damkronorna est toutefois passé près du « fiasko » samedi : les Suédoises menaient 3-0 face à l’Allemagne… avant d’encaisser trois buts dans les huit dernières minutes. Les Suédoises l’ont finalement emporté à l’issue de la séance de tirs au but grâce à Hanna Olsson, qui a déjà marqué 4 buts dans ce tournoi.
La Suède et la Tchéquie qui se détachent, la Hongrie qui a battu cette même Allemagne qui a arraché un point aux Suédoises, il n’y a en fait que le Danemark, l’équipe-hôte de ce Mondial, qui n’a obtenu pour le moment aucun point, défait par les deux équipes dominantes de ce groupe B. L’équipe entraînée par le Suédois Björn Edlund (qui a joué à Nice le temps d’une saison) mise évidemment sur son public qui fait beaucoup de bruit… à défaut d’être nombreux. Dans ce Iscenter Nord de Frederikshavn, on ne dénombre qu’à peine 700 personnes. Une affluence modeste, comme celles des autres matchs qui flirtent autour des 500 spectateurs. Il ne serait pas surprenant que, au final, les affluences moyennes soient bien inférieures pour ce Mondial élite en comparaison au Mondial Division 1A qui avait pour moyenne 1499 spectateurs par match, avec une affluence record pour l’équipe de France féminine face à la Norvège avec 3586 spectateurs. Angers plus fort que l’élite mondiale ? À suivre…
Les Danoises ne peuvent pas compter sur une salle pleine pour une rencontre qui a des allures de match couperet, et l’on sent beaucoup de fébrilité dans leur jeu. Zsófia Pázmándi passent d’ailleurs près de les surprendre en touchant le poteau, après une mauvaise relance danoise. Le Danemark subit beaucoup subir, et son indiscipline tout au long de la rencontre ne va rien arranger. Encore heureux que les tentatives de Bernadett Németh et Emma Kreisz manquent de conviction. Deux jeux de puissance obtenus ensuite par les Danoises leur feront le plus grand bien avec une bonne circulation de puck, mais aucune vraie occasion à l’arrivée.
En deuxième période, alors que Michelle Weis offre au Danemark sa première vraie opportunité, stoppée de la mitaine par Anikó Németh, les pénalités s’enchaînent de nouveau. Trois des quatre pénalités sifflées durant ce tiers seront danoises. La Hongrie obtient d’ailleurs une double supériorité numérique pendant 46 secondes, Bernadett Németh frappe alors instantanément dans le slot mais le lancer manque encore de puissance.
Après 40 minutes de jeu, le Danemark est largement dominé aux tirs 15-30, en plus de dix minutes de pénalité. Et pourtant, le miracle intervient en début de troisième période : une longue et somptueuse passe de la capitaine Josefine Jakobsen, centre mais alignée en défense pour l’occasion, qui trouve Julie Østergaard, cette dernière est servie à la limite du hors-jeu, devance la défense hongroise et contourne Németh, l’attaquante de Hvidovre loge le palet en haut de la cage et inscrit un but lourd d’importance, contre le cours du jeu il faut bien l’avouer (1-0, 43’05).
De nouvelles fautes danoises briseront totalement ce momentum, mais les Hongroises entraînées par Pat Cortina n’auront pas plus de réussite en avantage numérique. Kreisz sur un rebond après un tir de Gasparics, Seregely qui s’y prend à deux fois devant le but, la gardienne Lisa Jensen tient bon. Y compris dans les dernières minutes, alors que la Hongrie a sorti sa gardienne, avec une ultime chance d’Alexandra Huszák, cette dernière contrôle du patin, frappe mais le palet est trop flottant pour surprendre Jensen.
Le Danemark s’impose par le plus petit score, 1-0. Ce fut fastidieux, en particulier l’indiscipline (16 minutes de pénalité) qui aurait pu être coûteuse. Mais une défense solide conjuguée à Jensen qui aura été remarquable en bloquant les 45 lancers hongrois. L’essentiel, c’est finalement les 3 points, qu’avait déjà la Hongrie après sa victoire contre l’Allemagne. Danemark, Hongrie, Allemagne, la relégation se jouera probablement entre ces trois-là.
Elues joueuses du match : Lisa Jensen pour le Danemark, Fanni Gasparics pour la Hongrie.
Danemark – Hongrie 1-0 (0-0, 0-0, 1-0)
Dimanche 28 août 2022 à 17h00 au Iscenter Nord de Frederikshavn. 719 spectateurs.
Arbitrage de Anniina Nurmi (FIN) et Amanda Tassoni (USA) assistées de Jennifer Cameron (USA) et Jessica Chartrand (CAN).
Pénalités : Danemark 16′ (2′, 8′, 6′), Hongrie 8′ (4′, 2′, 2′).
Tirs : Danemark 19 (8, 7, 4), Hongrie 45 (11, 19, 15).
Évolution du score :
1-0 à 43’05 : Østergaard (C) assistée de Jakobsen
Danemark
Attaquantes :
Michelle Weis (2′) – Nicoline Jensen (A, +1, 2′) – Mia Bau
Silke Glud (+1, 4′) – Julie Østergaard (+1) – Josefine Persson (A, +1, 2′)
Mille Sørensen – Julie Oksbjerg – Lilli Friis-Hansen (2′)
Sofia Skriver – Maria Peters – Michele Brix
Natalie Perry
Défenseures :
Amanda Refsgaard (+1) – Josephine Asperup
Simone Jacquet – Emma Russell (2′)
Sofie Skott – Josefine Jakobsen (C, 2′)
Gardienne :
Lisa Jensen
Remplaçante : Cassandra Repstock-Romme (G). En réserve : Mille Jensen (G), Amalie Andersen (D).
Hongrie
Attaquantes :
Fanni Gasparics (C) – Emma Kreisz (2′) – Mira Seregely
Kinga Jókai-Szilágyi – Alexandra Huszák – Regina Metzler
Réka Dabasi (A) – Hayley Williams (2′) – Zsófia Pázmándi
Imola Horvath (-1) – Alexandra Rónai (-1) – Lara Strobl
Petra Szamosfalvi (-1)
Défenseures :
Taylor Baker – Sarah Knee (A)
Franciska Kiss-Simon – Fruzsina Mayer
Bernadett Németh (-1) – Lotti Odnoga (A, -1, 2′)
Adél Márton
Gardienne :
Anikó Németh [sortie à 58’51]
Remplaçante : Zsuzsa Revesz (G). En réserve : Bianka Bogati (G).