Deux clubs de division 1 qualifiés pour les quarts de finale de Coupe de France, ce n’était plus arrivé depuis 2017/18, quand il y en avait eu trois, Cholet, Neuilly-sur-Marne et – déjà – Dunkerque. En 2019/20 il y avait eu également deux clubs de division inférieure, mais l’un d’eux – Roanne – était un représentant de D2.
Si l’on se fie à l’historique, la présence des Corsaires de Dunkerque ne serait presque pas un surprise : ce sera leur quatrième participation aux quarts de finale en sept ans et six éditions (une coupe arrêtée par le Covid-19). Les Nordistes avaient aussi atteint ce stade de compétition en 2018/19 (en éliminant deux clubs de Ligue Magnus) et l’an passé (mais en éliminant « seulement » des clubs de D2 et d3). A contrario, leur adversaire Cergy-Pontoise a habituellement peu de succès en Coupe de France : son quart de finale l’an passé, après une victoire sur l’île Lacroix, avait été le tout premier de son histoire. Cette fois les Jokers, qui avaient pris l’avantage après seulement une minute de jeu par Patrick Coulombe, ont été renversés en dernière période par un doublé de Joe Winkelmann dans une patinoire Michel-Raffoux en feu (3-1 après un dernier but de Budinsky en cage vide).
L’autre qualification est encore plus inattendue, car Chambéry est plutôt un club de bas de tableau de la D1. Les Éléphants ont pourtant renversé le finaliste de ces deux dernières années, Gap, avec une contribution majeure des licences bleues grenobloises. Antoine Fertin a ouvert le score après 31 secondes de jeu et surtout Valentin Grossetete a inscrit deux buts dont le but vainqueur en infériorité numérique à neuf minutes de la fin (5-4). Grossetete avait été prêté quelques semaines à Bordeaux avant la trêve internationale pour pallier des blessures, marquant 2 assists en 3 matches de Magnus (dont une contre Gap pour son premier match avec les Boxers). Ce week-end, Grossetete avait déjà fait sensation en étant le meilleur marqueur du tournoi international avec l’équipe de France des moins de 20 ans. Or, l’entraîneur des juniors français n’est autre qu’Éric Blais, qui a dirigé le jeune espoir ce week-end… et l’a vu trois jours plus tard précipiter son club – les Rapaces de Gap – dans une crise dont il pensait s’être sorti avant la trêve. Les Gapençais ne verront plus Bercy et devront concentrer leurs efforts sur la Ligue Magnus.
Précisons que cette qualification de Chambéry a été obtenue avec l’équipe standard qui joue en D1, sans renfort supplémentaire venu de Grenoble. Les Brûleurs de Loups avaient en effet joué et gagné la veille. Cette victoire très propre contre Marseille (5-1) a permis aux jeunes joueurs français de s’illustrer avec l’ouverture du score en infériorité numérique d’Adel Koudri, le deuxième but de Timothé Quattrone et un doublé d’Aurélien Dair en photo ci-dessous (plus un but de Deschamps). Devant 3967 spectateurs, les Grenoblois ont ainsi préparé au mieux leur rendez-vous de ce week-end où ils accueillent la Coupe Continentale avec l’objectif de se qualifier en finale.
Pendant que Gap chutait, les trois autres équipes de ligue Magnus en déplacement n’ont encaissé aucun but. Rouen a gagné 7-0 à Neuilly-sur-Marne avec 3 buts et 1 assist de Joris Bedin, dominant sur son trio offensif avec Jordan Hervé et Vincent Nesa. Pintaric et Caubet se sont partagé le blanchissage, alors que Clément Fouquerel a joué tout le match pour Amiens à Tours (6-0). Les Gothiques ont déroulé offensivement avec deux buts de Kaylian Leborgne et trois points (1+2) de Tomas Simonsen, de retour de l’équipe de France.
L’autre équipe de Ligue Magnus victorieuse hier soir en déplacement, c’est Bordeaux, mais c’est une petite surprise car les Boxers sont allés gagner chez l’équipe-surprise du début de championnat Chamonix. Le bras de fer entre les gardiens Lucas Mugnier et Quentin Papillon a duré plus de 55 minutes, jusqu’à ce que Samuel Salonen – qui avait passé ses deux premières saisons en France chez les Pionniers – ne crucifie son ancienne équipe. Un but de Jevpalovs en cage vide a rapproché les Bordelais de cet objectif Bercy que tout le staff a dans un coin de sa tête mais qui s’était pour l’instant refusé à eux (0-2).
Mardi soir, Épinal avait tenu tête pendant un tiers-temps à Angers (rappelons que ces deux clubs avaient joué la première finale de l’histoire à Bercy), mais les Ducs se sont appuyés sur deux buts en powerplay de Brodie Reid – en photo ci-dessous par Anthony Mangeard – pour se détacher, Sarliève et Valier finissant le travail (1-5). La seule équipe de division 2 encore en lice, Montpellier, avait même réussi à mener 2-0 en 14 minutes avec deux buts de Kyle Heffernan et Konstantin Lavryonov, mais Nice avait sans doute fait le plus dur pour éviter de douter en revenant à égalité avant la pause par Mikael Kuronen et Ondrej Kopta. L’intenable Kuronen a marqué le but gagnant en avantage numérique en deuxième période et a complété un triplé personnel en fin de match, peu après un but de Jesper Larinmaa qui avait mis fin au suspense (2-5). Le second gardien des Vipers depuis deux ans, Louis Wery, a tout de même sorti un très gros match avec 49 arrêts.