Après deux convaincants succès au pied des Alpes, les Ducs d’Angers reçoivent les Pionniers de Chamonix avec l’occasion de glaner leur qualification pour le dernier carré. Dos au mur, les coéquipiers de Clément Masson n’ont plus rien à perdre et entendent bien jouer un mauvais tour aux hommes de Jonathan Paredes. Arriveront-ils à forcer un match 6 ? Réponse au fil des minutes qui suivent.
Sami or not Sami
Saùi Tavernier est l’homme le plus en forme du côté de la cité des Ducs. C’est inexorablement par lui qu’Angers a trouvé la solution. Mal entrés dans leur match, poussés dans leurs retranchements par des Pionniers dos au mur, les hommes de Jonathan Paredes ont souffert. Nicholls est chassé d’entrée pour une obstruction (01’42) et les Pionniers héritent de leur seizième supériorité en 5 matchs. Un jeu de puissance qui, à défaut de leur permettre de prendre les devants, leur permet d’accentuer leur momentum.
Pour les Ducs, en quête d’une qualification pour le prochain tour, les espoirs résident en Matthew O’Connor qui surfe sur ses performances exceptionnelles et maintient les siens à flot. Un cerbère salvateur, auteur de plusieurs arrêts clés sur les deux infériorités numériques angevines, Téo Sarliève ayant été chassé à son tour pour retenir la crosse (15’39). Malgré leur domination assez marquée, les Chamoniards cèdent les premiers. Une longue présence en zone défensive et un chaos certain devant le but de Tom Aubrun plus tard, Sami Tavernier, encore lui, ouvre le score d’un tir lointain venu se loger dans la lucarne (1-0 à 18’50).
Juste récompense
Alors qu’ils ont mené les débats, ce sont finalement les coéquipiers de Clément Masson qui retrouvent le glaçon en étant menés d’un but. Lui-même le confesse en conférence de presse après le match « Quand tu fais un bon début de match, que t’as des occasions et que tu rentres aux vestiaires avec un but de retard, forcément ça met un coup au moral […] Après, on a un peu de mal pour débuter le deuxième tiers ».
Aux commandes de la partie, dans une série où la première équipe à avoir marqué a systématiquement remporté le match, les Ducs tentent d’enfoncer le clou, en vain. Malgré de bonnes situations, les Angevins manquent cruellement de réalisme. Le palet passe ainsi d’une équipe à l’autre, d’une zone à l’autre sans grand danger. C’est un secret de polichinelle, le système de jeu proposé par Jonathan Paredes engendre plus de revirements que d’autres, or il faut aussi souligner un manque d’exécution criant et, comme expliqué par le technicien français après le match, « une désynchronisation attaquants-défenseurs qui coûte cher ».
Dans un duel à distance entre gardiens, c’est Tom Aubrun qui l’emporte. Peu après la demi-heure de jeu, les Pionniers, qui livrent une copie plus complète que leurs adversaires, égalisent. Lancés par Lauric Convert, les frères Ville viennent remettre les compteurs à zéro, juste récompense des efforts collectifs (1-1 à 32’03). Malgré une partie équilibrée, les Angevins sont pénalisés pour la troisième fois pour une projection contre la bande de Brady Shaw (37’24). Peu inspirée, l’unité surnuméraire chamoniarde patine mais ne trouve pas le décalage et tout reste à faire après deux tiers.
Le plus dur, c’est de conclure
« Plus on tient cette équipe au score, plus on sait qu’on s’offre une vraie chance, ils ont tendance à se frustrer et ça nous profite » expliquait Clément Masson à la sortie du match 1. Force est de constater que le schéma se reproduit. Les deux équipes se rendent coup pour coup dans ce troisième tiers. Si les Angevins semblent être les mieux partis, ils manquent de réalisme et butent sur un Tom Aubrun bien décidé à s’offrir un match 6. Les choses s’enveniment lorsque Brady Shaw et Lauric Convert se percutent en zone offensive. Les Angevins, qui n’ont alors pas encore eu la moindre supériorité numérique, s’attendent à ce que la décision aille en leur sens mais le corps arbitral ne bronche pas et le jeu se poursuit. Les contacts se font plus âpres et la tension monte. Les coéquipiers d’Aubrun peinent à sortir de leur zone et Jakub Muller offre à Angers sa seule supériorité numérique du soir en se rendant coupable d’une charge avec la crosse (49’48). Supériorité numérique rendue vaine grâce à un quatuor solidaire et efficace, repoussant sans grand danger un quintette trop approximatif dans ses choix.
À l’image du match 1, les Hauts-Savoyards prennent le dessus au fil du temps et se procurent le plus grand nombre d’occasions de virer en tête. S’ils avaient payé le prix fort dans l’acte premier, ils semblent cette fois-ci en mesure de capitaliser sur les lacunes angevines. L’Iceparc, qui plonge en apnée, passe proche de la crise d’apoplexie, les Pionniers poussant O’Connor à une triple parade de grande classe. La sirène retentit, Chamonix prend le dessus mentalement mais personne ne l’emporte au terme du temps réglementaire.
La prolongation, bien que disputée à 3 contre 3, n’offre que peu de spectacles. À l’image du match, les deux équipes se neutralisent, les visiteurs étant plus solidaires devant leur gardien. Après sept interminables minutes, Antti Kauppila profite d’un déplacement d’école de Ville pour fendre le trafic devant le but et trouver la solution sous la mitaine d’O’Connor, forçant un match 6 par la même occasion (1-2 à 67’48).
Désignés hommes du match : Sami Tavernier (Angers), Tom Aubrun (Chamonix)
Illustrations de Toine Bourge
Angers – Chamonix 1-2 après prolongation (1-0, 0-1, 0-0 ; 0-1)
Samedi 8 mars 2025 à 18h30 à l’Iceparc – 3586 spectateurs
Arbitres : Jérémy Rauline et Nicolas Barbez assistés d’Alexia Cheyroux et Leevan Thiebault.
Pénalités : Angers 6’ (4’, 2’, 0’ ; 0′) Chamonix 2’ (0’, 0’, 2’ ; 0′)
Tirs : Angers 35 (9, 14, 8 ; 4) Chamonix 26 (12, 6, 5 ; 3)
Évolution du score :
1-0 à 18’50″ : Tavernier assisté de Manning et Shaw
1-1 à 32’03″ : M. Ville assisté de G. Ville et Convert
1-2 à 67’48″ : Kauppila assisté de M. Ville
Angers
Attaquants :
Brady Shaw (2’) – Mathew Wilkins – Sami Tavernier
Cédric Di Dio Balsamo – Philippe Halley (A) – Téo Sarliève (2’)
Peter Valier – Nicolas Ritz – Robin Gaborit (C)
Marius Serer – Parker Colley – Josh Nicholls (2’)
Thomas Suire
Défenseurs :
Neil Manning – Vincent Llorca
Jere Rouhiainen – Matt Prapavessis
Ethan Cap
Gardien :
Matthew O’Connor (24 arrêts)
Remplaçant : Elliot Lévêque (G), Kylian Fauvel (D, pas entré en jeu). Absents : Jesper Kandergard (convalescent), Lucien Onno, Jonathan Charbonneau (fin de saison).
Chamonix
Attaquants :
Nils Carnback – Matthew Tugnutt – Jakub Izacky
Jordan Mugnier – Clément Masson (C) – Saku Kivinen
Stanislau Lapachuk – Bryan Ten Braak (A) – Ricards Grinbergs
Malo Ville – Gabin Ville – Lauric Convert
Défenseurs :
Antti Kauppila – Jakub Müller (2’)
Jesper Akerman (A) – Valentin Coffy
Jérémie Penz – Alexis Dogemont
Gardien :
Tom Aubrun (34 arrêts)
Remplaçant : Arthur Comte (G). Absents : Camil Durand et Jérémy Fortin (raison inconnue).












































