Une victoire de l’Italie sur le Danemark mettrait trois équipes à égalité dans la lutte pour le maintien, mais ne résoudrait pas l’équation qui dépendrait du dernier match face à la Slovénie demain soir. Ce match sera le plus important… et c’est peut-être pour cela que Damian Clara le jouera.
Davide Fadani est aligné ce soir devant la cage italienne. Le gardien de Kloten n’est pas n’importe qui, mais il va connaître un départ catastrophique avec toute son équipe. Celle-ci ne manque pas de volonté, c’est d’ailleurs son forechecking qui provoque la contre-attaque à l’origine du premier but. Deux passes horizontales rapides de Schmidt-Svejstrup et Bruggisser, et voilà Christian Wejse décalé à droite pour marquer dans l’angle avant que Fadani n’ait pu se déplacer (1-0).
Seize secondes plus tard, Davide Fadani rate l’interception sur la passe de derrière la cage de Nick Olesen et n’a plus le temps de se déplacer pour arrêter le tir de Mikkel Aagaard (2-0). On joue depuis trois minutes…
Le Danemark est déchaîné comme si on était revenu à Herning en 2025. Les contres vont trop vite pour les blancs n’empêche Un accrochage de Tommaso De Luca sur Markus Lauridsen coûte une pénalité mais n’empêche pas les trois attaquants danois de filer à 3 contre 1. Nick Olesen attirer Fadani, qui se fait contourner et a de la chance que la passe du revers de derrière la cage finisse dans ses bottes (photo ci-dessous). En avantage numérique, une déviation dans le slot d’Aagaard finit dans la poitrine du gardien. Soulagement.
L’Italie ne sort pas de son match après ce départ catastrophique. Au contraire, elle se crée maintenant les meilleures occasions. Mathias Mantinger est lancé en échappée. Il perd son face-à-face avec Mads Søgaard mais a assez déporté le gardien pour que sa passe en retrait mette ensuite le feu dans l’enclave. Trois défenseurs danois essaient de faire barrage devant la cage vide et Mikkel Aagard s’improvise gardien et pare du bras droit le tir de Nick Saracino !
Morten Poulsen charge Gios avec le coude et le temps fort italien continue. En avantage numérique, Tommaso de Luca prend de vitesse tout le monde et bute sur le gardien, Phil Pietroniro aussi au rebond, mais Nick Saracino arrive alors pour tirer en cage vide… et est contré in extremis par Patrick Russell. Des filets déserts et des démons rouges surgissant de nulle part vont hanter Saracino toute la nuit ! Søgaard ne compte pas que sur les autres, il capte aussi d’une superbe mitaine un tir en angle de Tommso De Luca. On compte aussi en fin de tiers une déviation de près de Matt Bradley sur passe de Misley.
L’Italie ne mérite pas du tout d’être menée de deux buts après les vingt premières minutes. Elle rétablit un peu de justice à la reprise. Après une minute de jeu, Kasper Larsen accroche Zanetti. Le pire powerplay du Mondial – 0% ! – met tout de suite la pression dans l’enclave où se regroupe la boîte. Mikael Frycklund en fait le tour et sert à gauche Tommy Purdeller pour un tir précis en lucarne qui ne laisse aucune chance à Søgaard couché sur la glace (1-2, photo ci-dessous).
Le Danemark n’est plus du tout serein. Un palet raté par Malte Setkov provoque un 2 contre 1, et en essayant d’intercepter la passe de Frycklund, la crosse de Markus Lauridsen la détourne alors… sur le poteau ! Les rouges sont comme la météo, ils ont eu extrêmement chaud. Après neuf minutes, on comptabilise 11 tirs à 1 pour l’Italie !
C’est alors que Dylan Di Perna manque son dégagement dans le plexi qui part directement hors de l’aire de jeu. Le meilleur powerplay actuel du tournoi (un but toutes les 3’34”) se met en place avec une circulation rapide mais aucun des trois tirs ne perturbe un Fadani très solide qui a effacé le souvenir du début de rencontre.
Au tour de Markus Lauridsen de filer en prison, pour avoir fait trébucher Frycklund entre les cercles. L’Italie s’était débloquée en jeu de puissance et peut encore marquer. Phil Pietroniro voit le palet lui arriver à quatre mètres de la cage vide mais son tir est contré par le patin du défenseur Anders Koch ! C’est le troisième arrêt que le gardien Søgaard a « délégué » à un coéquipier !
L’Italie n’est vraiment pas vernie mais obtient l’égalisation largement méritée. Positionné dans le cercle gauche, Tommy Purdeller place son tir sous le coude gauche de Mads Søgaard (2-2). La seconde pénalité de Tommaso de Luca ne remet pas en cause le score, et Kjaer commet même un cinglage à son tour pendant l’avantage numérique. Matt Bradley s’infiltre jusqu’à la cage à 4 contre 4 (sans pouvoir tirer).
Le jeu est moins ouvert en troisième période, même si les dribbles soudains de Tommaso De Luca peuvent toujours faire le spectacle. C’est parce que le Danemark a su reprendre le contrôle du jeu et calmer le rythme pour garder ce résultat qui lui convient. Il tient bien plus souvent le jeu en zone offensive, et bloque bien le centre de la glace quand il est en phase défensive.
Un seul point, cela ne sert à rien pour l’Italie. Mais puisque le Danemark s’en contente pour être sauvé, elle attend la prolongation pour prendre le second point essentiel. À 3 contre 3, elle accélère : premier tir pour Misley après 30 secondes, excellente position pour Pietroniro qui rate le cadre après une minute.
Même un surnombre n’arrête pas les Italiens. À 3 contre 4, ils se procurent les deux meilleures occasions : Luca Zanatta est dépossédé en face-à-face par un poke-check de Søgaard et le faible lancer de Daniel Mantenuto échoue dans la botte droite du gardien. Mathias From fait ensuite tourner ostensiblement le chrono avant de servir Morten Poulsen seul face à la cage à cinq secondes de la fin, mais Fadani arrête.
On passe aux tirs au but. Fadani garde sa jambière contre le poteau lors du dribble de Nick Olesen. Mantenuto laisse échapper le palet. Blichfeld tire trop haut, et Purdeller dans la mitaine de Søgaard. Mikkel Aagard feinte le lancer mais son mouvement l’entraîne dans un angle trop fermé. Bryce Misley tire dans le haut de la botte de gauche du gardien.
Patrick Russell, lui, réussit à déporter Fadani par un mouvement gauche-droite pour conclure en cage ouverte. Bradley échoue aussi dans le gant du grand portier danois. Le poteau retarde l’échéance sur le tir de Fredrik Storm, mais Frycklund est gêné par le poke-check de Søgaard et son mouvement ne peut aboutir.
L’Italie a livré une belle performance mais ne récolte qu’un seul point, parfaitement inutile. Elle devra quand même prendre les 3 points contre la Slovénie pour rester dans l’élite. Mais sa bonne prestation peut lui donner confiance pour y arriver, même si elle n’a pas ménagé ses forces quand son adversaire se reposait aujourd’hui.
Désignés joueurs du match : Patrick Russell pour le Danemark et Tommy Purdeller pour l’Italie.

Commentaires d’après-match (au micro de l’IIHF) :
Tommy Purdeller (attaquant de l’Italie) : « Nous n’avons pas eu le meilleur départ aujourd’hui, nous avons concédé deux buts tout de suite, mais nous avons trouvé un moyen de revenir. Nous avons joué notre meilleur match du tournoi. C’est bien de réussir un but, ce n’est pas facile de marquer contre les équipes de ce tournoi. Maintenant, nous tournons le regard vers le match très important contre la Slovénie. Nous devrons gagner dans le temps réglementaire pour rester dans cette division, c’est notre objectif. »
Jesper Jensen Aabo (capitaine du Danemark) : « Ce n’est pas le plus beau match, mais nous nous sommes battus comme nous le faisons toujours. Nous jouons toujours avec coeur, c’est notre seule chance de gagner. Nous devions juste suvrivre. Les gens ne savent pas ce qui est en jeu dans ces rencontres, c’est très nerveux parfois. Nous avons tout donné. Des poils ont poussé sur nos poitrines aujourd’hui, je suis fier de ça. [Sur son record pour un joueur danois de 98 matchs en championnats du monde] Je ne savais pas mais c’est un grand honneur pour moi. »

Danemark – Italie 2-2 (2-1, 0-1, 0-0, 0-0) / 1-0 aux tirs au but
Dimanche 24 mai 2026 à 16h20 à la BCF Arena de Fribourg. 5157 spectateurs.
Arbitres : Taylor Burzminski et Jesse Gour (CAN) assistés d’Oto Durmis (SVK) et Mitchell Gibbs (CAN).
Pénalités : Danemark 6’ (2’, 6’, 0’, 0’) ; Italie 8’ (2’, 4’, 0’, 2’).
Tirs : Danemark 28 (11, 8, 8, 1) ; Italie 37 (9, 17, 8, 3).
Évolution du score :
1-0 à 02’33” : Wejse assisté de Bruggisser et Schmidt-Svejstrup
2-0 à 02’49” : Aagaard assisté d’Olesen et Larsen
2-1 à 21’17” : Purdeller assisté de Frycklund et Buono (sup. num.)
2-2 à 35’34” : Purdeller assisté de Frycklund et Trivellato
Tirs au but :
Danemark : Olesen (arrêté), Blichfeld (au-dessus), Aagard (arrêté), Russell (réussi), Storm (poteau).
Italie : Mantenuto (manqué), Purdeller (arrêté), Misley (arrêté), Bradley (arrêté), Frycklund (arrêté).
Danemark
Attaquants :
Nick Olesen – Patrick Russell (A) – Mikkel Aagaard (A, +1)
Joachim Blichfeld – Alexander True – Morten Poulsen (-1, 2’)
Frederik Storm – Oliver Kjær (2’) – Mathias From
David Madsen (+1) – Christian Wejse (+1) – Jacob Schmidt-Svejstrup (+1)
Felix Scheel [1 présence]
Défenseurs :
Jesper Jensen Aabo (C) – Phillip Bruggisser
Anders Koch (+1) – Kasper Larsen (+1, 2’)
Markus Lauridsen (2’) – Malte Setkov
Daniel Baastrup
Gardien :
Mads Søgaard
Remplaçant : Nikolaj Henriksen (G). Non équipés : Kristers Steinbergs (G), Morten Jensen (D), Philip Schultz (A). Blessé : Fredrik Dichow (G).
Italie (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Tommaso De Luca (-1, 4’) – Bryce Misley (-1) – Matt Bradley (-1)
Nick Saracino – Mikael Frycklund (+1) – Marco Zanetti
Cristiano DiGiacinto (+1) – Daniel Mantenuto (A) – Tommy Purdeller (+1)
Matthias Mantinger (-1) – Ivan Deluca (-1) – Alessandro Segafredo (-1)
Défenseurs :
Luca Zanatta (A, -1) – Phil Pietroniro (-1)
Alex Trivellato (C, +1) – Dylan Di Perna (+1, 2’)
Peter Spornberger – Gabriel Nitz
Carmine Buono (-1) – Gregorio Gios (-1)
Gardien :
Davide Fadani
Remplaçant : Jacob Smith (G). Non équipés : Damian Clara (G), Luca Frigo, Niccolo Mansueto (A).











































