Les Tchèques sont déjà qualifiés pour les quarts de finale. Les Norvégiens peuvent l’être en cas de victoire, mais misent plutôt sur le match de demain contre le Danemark. Le principal enjeu du match est la deuxième place de poule, qui permet de rester à Fribourg et d’éviter de croiser les équipes encore invaincues (Suisse et Finlande). C’est le sujet-clé pour la République tchèque, et pourtant son coach semble le prendre par-dessus la jambe.
Malgré l’enjeu, Radim Rulík n’aligne pas son premier gardien Josef Kořenář, mais Dominik Pavlát. Un choix contesté – dont il expliquera la raison après le match comme vous pourrez le voir plus bas – et ce n’est pas le seul. Les lignes de la République tchèque vues contre la Slovaquie, très critiquées, sont maintenues à une exception près : Michal Kovařčík remplace Melovský.
Kovařčík, qui n’a joué que douze minutes depuis le début du tournoi, va être mis dans une position difficile par celui qui est théoriquement le meilleur joueur de son équipe… Après trois minutes de jeu, Filip Hronek fait une relance dangereuse et pas précise dans l’axe pour Michal Kovařčík. Une passe qui traverse sous sa crosse… et dont hérite Håvard Salsten qui ouvre le score d’un tir puissant côté mitaine (0-1).
La Norvège est alors dans une situation idéale pour placer ses bonnes contre-attaques. Kovařčík se retrouve encore impliqué dans une perte de palet. Un 2 contre 1 parfaitement joué par Petter Vesterheim décale Michael Brandsegg-Nygård, qui joue son premier match ce soir après son arrivée en provenance des États-Unis (0-2).
Les rouges sont ramenés dans le match par une action individuelle de Jaroslav Chmelař, qui avait déjà réussi le premier tir tchèque en début de partie. L’attaquant des New York Rangers prend le palet à Stian Solberg en zone neutre puis marque son premier but en championnat du monde, d’un beau tir croisé dans la lucarne gauche (1-2).
Les Tchèques se mettent à patiner plus fort par moments en deuxième période, mais avec peu de résultat. Lukáš Sedlák a réussi à passer dans le dos de la défense après une belle réception de passe, mais il rate son « mouvement-signature » devant le gardien.
La Norvège reprend donc sa domination, aussi étonnant que cela paraisse. Le gardien tchèque Dominik Pavlát relâche et perd de vue un palet pour une action chaude lors de laquelle Johannes Johanessen tire dans la mêlée, sans succès.
Après 31 minutes, Brandsegg-Nygård envoie un palet au fond et garde sa crosse haute en barrage face à Sedlák. Il prend deux minutes, qui n’aboutissent qu’à un petit lancer tchèque. Max Krogdahl fait ensuite trébucher Jakub Flek. Sur les deux unités de jeu de puissance, Martin Kaut et David Tomášek essaient de tirer dans la même cible – la lucarne opposée depuis le cercle gauche – mais la ratent tous les deux… et le palet sort de la zone. Il y a plus de danger quand Kubalík cherche Voženílek au poteau, mais Henrik Haukeland a un excellent réflexe de la botte pour couper la passe. Les pénalités, qui restent le talon d’Achille des Norvégiens, n’ont donc pas eu de conséquence.
Qui sont les habiles techniciens du hockey aujourd’hui ? Ce sont les Norvégiens, avec Noah Steen qui réussit à dévier un palet avec le manche de sa crosse vers… le poteau ! Encore des sueurs froides pour le gardien Pavlát et pour les supporters tchèques… Ceux-ci n’ont pas perdu la voix et tentent d’encourager leur équipe en difficulté : « Češi, do toho ! »
Rien à faire pour changer le déroulement du jeu, toujours dans le sens de la Norvège avec un jeu d’école : entré en jeu uniquement dans cette dernière période, Emilio Pettersen passe de derrière la cage à Eirik Salsten qui décale Martin Rønnild au poteau opposé (1-3).
Déjà nantis de deux buts d’avance, les Norvégiens continuent de s’installer en zone offensive. Michael Brandsegg-Nygård dévie dans le slot un palet envoyé par Kristian Østby (1-4).
Rien à dire : la Norvège a dominé aux tirs pendant les trois périodes. À se demander qui était la grande nation du hockey. La télévision tchèque était elle-même tellement confuse qu’un des commentateurs a conclu que « la Suède a été meilleure dans tous les domaines ».
Il va falloir s’habituer à voir la Norvège se mêler au haut du panier avec cette nouvelle génération enthousiasmante. Elle est désormais deuxième du groupe de Fribourg. Si elle conserve cette position demain face à son plus grand rival (le Danemark qui peut toujours lui jouer un mauvais tour), elle pourrait affronter la Lettonie en quart de finale. Cela assurerait une présence inattendue dans le dernier carré…
Les Tchèques, eux, s’apprêtent à jouer un match ayant perdu tout enjeu face au Canada, puis à vivre un tableau final très difficile. À eux de se rappeler qu’en 2010, ils avaient été taillés en pièces par la presse après une défaite face à la Norvège. Ils s’étaient ensuite rassemblés et étaient devenus champions du monde à la surprise générale. Seul Červenka a connu cette époque… (voir ses commentaires plus bas)
Désignés joueurs du match : Jaroslav Chmelař pour la Tchéquie et Max Krogdahl pour la Norvège.
Commentaires d’après-match :
Radim Rulík (entraîneur de la Tchéquie) : « Il n’était pas prévu que Dominik Pavlát joue aujourd’hui. Josef Kořenář auraît dû débuter. Je ne peux pas en dire plus, c’est une raison de santé. Je ne sais pas ce qu’il en sera demain. On verra. Je ne pense pas que ça aurait changé quoi que ce soit. Si on avait joué ce match, peu importe le gardien,
Roman Červenka (capitaine de la Tchéquie) : « Nous avons mal commencé. Nous avons été déstabilisés par les deux premiers buts. Nous avons l’effort, mais nous jouons peut-être trop crispés. Nous manquons de légèreté et de continuité les uns avec les autres, que ce soit en attaque ou en défense, et c’est de là que viennent les erreurs. Nous prenons de mauvaises décisions et nous ne marquons pas de buts. Les Norvégiens jouent bien ici, ils l’ont montré aussi bien contre le Canada que contre la Suède. Mais ce n’est pas une excuse pour perdre contre eux. […] C’était même différent en 2010, nous avons joué la qualification en quart de finale contre le Canada. C’est l’adversaire le plus coriace, mais peut-être qu’il dénouera nos bras et nos jambes. On dit après chaque match qu’il en manque dans notre performance d’équipe. On s’est déjà fait gifler [contre la Slovénie]. Nous avons réagi lors du match contre les Suédois et maintenant ça recommence. Si ça ne s’améliore pas en un ou deux matchs, ce sera fini. »

Tchéquie – Norvège 1-4 (1-2, 0-0, 0-2)
Lundi 25 mai 2026 à 16h20 à la BCF Arena de Fribourg. 6210 spectateurs.
Arbitres : Christoffer Holm (SUE) et Tomáš Hronský (SVK) assistés de Michell Gibbs (CAN) et Gustav Jonsson (SUE).
Pénalités : Tchéquie 4’ (0’, 2’, 2’) ; Norvège 6’ (6’, 0’, 0’).
Tirs : Tchéquie 58 (15, 24, 19) ; Norvège 15 (5, 3, 7).
Évolution du score :
0-1 à 02’59” : H. Salsten
1-1 à 06’49” : Brandsegg-Nygård assisté de Vesterheim
1-2 à 15’47” : Chmelař
1-3 à 48’10” : Rønnild assisté de E. Salsten et Pettersen
1-4 à 54’17” : Brandsegg-Nygård assisté d’Østby et Koblar
Tchéquie
Attaquants :
Roman Červenka (C) – Lukáš Sedlák (A) – Martin Kaut
Dominik Kubalík (-1) – David Tomášek (-1) – Jakub Flek (+1)
Ondřej Beránek (-1) – Jiří Černoch (-1) – Jaroslav Chmelař (+1)
Daniel Voženílek (-1) – Michal Kovařčík (-1) – Matěj Blümel (-4)
Défenseurs :
Michal Kempný (-2) – Filip Hronek (A, -1)
Libor Hájek – Jan Ščotka
Jiří Ticháček (-3) – Marek Alscher (-1)
Tomáš Galvas (+1)
Gardien :
Dominik Pavlát
Remplaçants : Petr Kváča (G), Matyáš Melovský (A). Non équipés : Josef Kořenář (G), Tomáš Cibulka (D), Jan Mandát (A)
Norvège
Attaquants :
Emilio Pettersen
Andreas Martinsen (C) – Tinus Luc Koblar (+1) – Michael Brandsegg-Nygård (+1, 2’)
Petter Vesterheim (+1) – Eskild Bakke Olsen – Thomas Olsen
Mikkel Eriksen puis à 20’00” Emilio Pettersen (+1) – Eirik Østrem Salsten (+1) – Martin Rønnild (+1)
Noah Steen (+1, 2’) – Håvard Østrem Salsten (+1) – Jacob Berglund (+1)
Défenseurs :
Christian Kåsastul (+1) – Max Krogdahl (A, 2’)
Stian Solberg – Johannes Johannesen
Kristian Østby (+2) – Sander Hurrød (+3)
Adrian Saxrud Danielsen
Gardien :
Henrik Haukeland
Remplaçant : Tobias Normann (G). Non équipés : Mathias Arnkværn (G), Patrick Elvsveen, Mikkel Øby Olsen (A). Blessé : Markus Vikingstad.









































