Pour cette deuxième journée, Rouen et Grenoble s’affrontent pour la première fois de la saison entre rivaux de la ligue Magnus. Avant le sacre bordelais, les deux clubs se partageaient la Coupe Magnus depuis 2018. Quatre des cinq meilleurs artificiers de la saison passée sont toujours là : Tomas Simonsen et Simon Lafrance pour Rouen, Sacha Treille et Christophe Boivin pour Grenoble. Les deux meilleurs gardiens de la ligue sont toujours là eux aussi. Les Dragons, battus 3-1 à Briançon en ouverture, veulent rebondir à domicile, tandis que les Brûleurs de Loups cherchent à confirmer leur succès 4-1 face à Angers. Du côté grenoblois, Aurélien Dair fait son retour dans l’alignement. Rouen est privé de Chakiachvili blessé, tandis que les visiteurs évoluent sans Beauchemin (raisons personnelles), Crinon et Grossetête (suspendus).
Grenoble exerce une grosse pression au début de match. Les Brûleurs De Loups manquent leurs revirements, parfois gênés par la défensive rouennaise, parfois en manquant de justesse technique. En face, Rouen, sous pression, ne cède pas à la panique, travaille défensivement et reste en nombre dans son enclave jusqu’à ce que Sacha Treille y soit trouvé par Grenier pour la première occasion (3’17). À la récupération du palet, les Dragons jouent propre. Ils préparent leur sorties de zone et font circuler latéralement le palet dans leur camp. Le RHE commence à entrer en zone avec la possession du palet (Roy à 4’22). Là où les BDL veulent se projeter rapidement en attaque, sans véritable habitudes de jeu à la ligne bleue, mais en envoyant et travaillant le palet dans le fond de territoire normand. Les Dauphinois sont dangereux à une seule reprise. Lors d’un gros travail de Siraudin et Riu, le palet ressort en retrait pour Aurélien Dair devant la cage (5’33).
Les coéquipiers de Loïc Lampérier sont de plus en plus à l’aise dans le camp adverse. Baptiste (6’20) puis Ritz (7’14). Ils sont aussi dominants en zone neutre désormais. L’échec-avant de la quatrième ligne rouennaise est impressionnant (9’00). Pier-Olivier Roy est au démarrage d’un jeu de transition après que Grenier s’est débarrassé du puck sous la pression de Paquette. La révélation de l’an passé poursuit son effort. Après un relais avec Lasch en zone neutre, Roy lancé entre en zone en possession dans l’axe entre Auvitu et Laakso. Il peut glisser du revers la rondelle sur la gauche pour Baptiste démarqué. La recrue frappe un lancer court sans contrôle à ras la glace. Pintaric n’est pas en papillon sur son déplacement et encaisse un but faible (1-0 à 9’25). Deux minutes plus tard, un revirement de Windlert met ses potes sous la pression du forecheck du quatrième trio seinomarin. Perret gagne une bataille dans la bande. Après un relais de Lampérier qui résiste à Auvitu, Nesa dans le bas du cercle gauche enfile dans le haut des filets d’un tir croisé (2-0 à 11’28).
Dans le jeu ligne pour ligne, Rouen est efficace. La Bastille du Mont Rachais s’est écroulée. Matija Pintaric n’a rien fait pour la sauver. Juha Juujärvi, l’entraîneur de Grenoble, demande son temps mort. Les partenaires de Sacha Treille ont compris le message. En 12 minutes, ils se sont créé deux occasions. Ils ne leur faut que trente-quatre secondes pour se créer la troisième. Mathias Bachelet, trouvé par Grenier, échappe son tir (12’02). Ce n’est qu’un feu de paille car Christophe Boivin est condamné pour une faute offensive. Lors de la pénalité différée, Leclerc n’est pas responsable en ne se repliant pas. Au terme d’un jeu en triangle (Cormier – Lasch), Paquette, campé au poteau droit dans une position peu commune d’ailier inversé, manque de peu le cadre (12’44). Lors de la pénalité de Boivin, les Isérois sont très efficaces en infériorité. Organisés pour couper les passes. Intenses pour bloquer les Seinomarins dans la bande. Utilisant leurs crosses (Deschamps à 14’43) pour neutraliser les tirs. Pintaric n’a rien eu à faire.
Mais les Dauphinois ont perdu le rythme demandé par leur coach et les Normands cadenassent la zone neutre. Les hommes du président Reboh n’entrent quasiment plus dans le territoire adverse avec le palet. Contrairement à ceux de Gaétan Muller. Nicholas Baptiste est servi en retrait pour la dernière occasion du tiers. Pintaric lui dit non d’une mitaine autoritaire (19’13).
Le début de la deuxième période est marqué par la blessure d’Axel Prissaint après une charge de McClennon (21’51). Touché à la jambe droite, l’arrière ne reprendra pas le jeu. Puis, Baptiste est puni pour une faute offensive. Sur un jeu installé, le bâton de Hansson vole après un cinglage de Bachelet. Il n’y a plus de crosse rouennaise pour couper le centre de Grenier vers le slot. Devant la cage, Bachelet soulève sans contrôle le palet dans la lucarne gauche (2-1 à 24’04).
On croit Grenoble revenu dans le match. Mais une quarantaine de secondes plus tard, l’échec-avant rouennais fait de nouveau souffrir des visiteurs (Laakso & Leclerc) qui refusent le défi physique. Colomban en est l’artisan dans la bande. Il fixe Fertin qui fait un mauvais choix, avant d’envoyer le palet devant Pintaric à destination de McClennon au second poteau (3-1 à 24’49). La quatrième ligne grenobloise n’est pas refroidie par la réplique rouennaise. Pris sans vraiment d’angle, le tir du cercle gauche de Paul Siraudin est dans le petit filet (25’36). L’énergie de la ligne de Nathan Riu n’est pas canalisée. Aurélien Dair se fait sanctionner pour une crosse haute derrière la cage de Carruth.
Sur le jeu de puissance rouennais, Simonsen est trouvé dans son fauteuil du cercle droit. Pintaric ne réalise pas un arrêt complet sur le tir de l’ex-Amiénois. Dans le dos du gardien, Rech pousse la rondelle au fond des filets du Slovène (4-1 à 27’11). Dans l’urgence de lâcher les chevaux, Grenoble n’y arrive pas plus. Ryan Lasch n’est pas loin d’ajouter du lest sur le dos des visiteurs (27’45). Le match est débridé. Rythmé, ponctué d’erreurs techniques qui s’enchaînent. Les systèmes sont moins appliqués. Quelques palets sont dirigés sur les cages. Les Brûleurs sont malheureux. Le but de Svanenbergs est refusé pour une cage déplacée longtemps avant le tir du Letton (29’55). Le lancer de Ritz à mi-hauteur est remarqué, la mitaine de Pintaric aussi (30’03). Les Brûleurs de Loups ont plus la possession. Les Dragons ne laissent que très peu d’espace. Plus tard, Thillet tente sa chance du cercle droit sur un Carruth qui prend beaucoup de place (34’28). Sacha Treille obtient la meilleure occasion du deuxième tiers. Le capitaine grenoblois manque de conviction lors de son duel avec le gardien (35’13). Même le power-play dauphinois, obtenu sur un manque de jugement de Holway, n’est pas efficace pour réduire l’écart avant la seconde pause.
Les Normands gèrent le dernier tiers comme ils l’ont fait depuis la mi-match. Sans laisser d’espace aux Dauphinois. À part pour tuer une dernière pénalité, les joueurs de Juha Juujärvi ne se mettent pas vraiment en valeur. Il n’y a pas de magicien dans leur rang. Souvent la tête dans les bras posés sur une des tables de presse, le président Reboh n’assistera pas aux poignées de mains. Le cinquième but rouennais marqué en cage vide par Robin Colomban (5-1 à 57’13) résonne comme un lointain souvenir de Bercy…
Rouen l’emporte car le scenario imposé par les Dragons n’a jamais permis aux Grenoblois d’avoir un momentum. Les Normands ont marqué par des séquences de deux buts qui n’ont laissé aucune confiance s’installer dans les têtes des Brûleurs de Loups. Ils l’ont emporté aussi parce que leur système, leur entente, leur patinage sont plus aboutis en ce début de saison que ceux de Grenoble. L’échec-avant des Rouennais a terriblement dérangé leurs adversaires. Plus surprenant au vu des CV affichés des hommes choisis par le duo Terglav-Perez, les joueurs de l’Isère ont aussi commis plus de fautes techniques. Malgré leur avantage sous les toises et sur les pesons, ils ont semblé manquer parfois de robustesse lorsqu’ils étaient sous pression rouennaise. Et comme Pintaric a encaissé deux buts faibles, l’ogre grenoblois n’a pas pu dévorer les « petits » Dragons auteurs d’un match plein, organisés en défense et efficaces devant la cage adverse.
Pour le compte de troisième journée de ligue Magnus, afin de ne pas perdre trop de points sur Bordeaux qui a fait le plein lors des deux premières dates de phase régulière, Rouen essaiera de confirmer cette victoire à Marseille tandis que Grenoble ira à Gap tenter de reprendre du poil de la bête.
Commentaires (dans Paris-Normandie) :
Eric Landry (coach de Rouen) : « C’est une belle victoire. C’est un beau match pour nous. C’était un jeu quand même physique. On a pu utiliser notre vitesse. On s’est rendu au filet avec de très bonnes occasions. On en a manqué plusieurs, mais on a mis les importantes. Du côté défensif, on a quand même limité les grosses chances de marquer. On a eu plusieurs tirs, mais plutôt de l’extérieur. Ça faisait partie d’un plan de match et on l’a bien respecté.
L’équipe a vraiment bien géré son avantage. On a joué avec beaucoup de maturité dans le jeu. On a limité les turnovers. On a limité le temps dans notre zone. On a réussi à sortir les rondelles et à passer du temps un peu dans leur zone pour justement nous donner un peu de temps, mais sans trop gaspiller d’énergie pour revenir dans notre zone. C’était très bien géré.
Je dois dire que côté offensif, on a eu un bon match, un excellent match. Pas seulement pour les beaux jeux, mais aussi pour les jeux qui étaient beaucoup plus durs à exécuter. Les batailles gagnées en zone offensive et sur le forecheck. Il y a plusieurs éléments qui font en sorte de nous donner cette victoire-là. Pas simplement deux ou trois trucs. Il y a aussi eu du caractère.
Ça, c’était la meilleure réponse d’aller back-to-back et scorer tout de suite [après le but grenoblois]. Certainement que ça nous a donné confiance aussi.
À la fin de la deuxième période, on a perdu un peu de momentum. On pensait que le match devenait de plus en plus facile. Finalement, ça s’est un peu compliqué. Mais au troisième tiers, on est revenu et on a remis notre rythme et ça a bien été. J’ai trouvé qu’on a eu des bonnes actions offensives et défensives de la part de tous les blocs. Vraiment, chapeau aux joueurs. Ce sont eux qui ont travaillé pour se créer ces choses-là. »
Rouen – Grenoble 5-1 (2-0, 2-1, 1-0)
Vendredi 18 septembre 2026 à 20h30 à la patinoire Nathalie Pechalat. 3022 spectateurs.
Arbitres : Ryan Bernoussi et Adrien Ernecq assistés de Hugo Maillard et Pierre Mercier-Landry
Tirs : Rouen 26 (11, 6, 9) ; Grenoble 33 (9, 12, 12)
Pénalités : Rouen 4′ (0′, 4′, 0′) ; Grenoble 6′ (2′, 2′, 2′)
Supériorités : Rouen 1/3 ; Grenoble 1/2
Évolution du score :
1-0 à 09’25” : Baptiste assisté de Roy et Lasch
2-0 à 11’28” : Nesa assisté de Lampérier et Perret
2-1 à 24’04” : Bachelet assisté de Grenier et Auvitu (sup.num.)
3-1 à 24’49” : McClennon assisté de Colomban et Rech
4-1 à 27’11” : Rech assisté de Simonsen et McClennon (sup.num.)
5-1 à 57’13” : Colomban (cage vide)
Rouen
Attaquants :
Tommy Cormier – Nicolas Ritz (A) – Tomas Simonsen
Nicholas Baptiste – Simon Lafrance – Ryan Lasch
Anthony Rech (A) – Robin Colomban – Connor McClennon
Loïc Lampérier (C) – Vincent Nesa – Tommy Perret
Arrières :
Petter Hansson – Patrick Holway
Pier-Olivier Roy – Nikita Shalei
Jacob Paquette – Noa Goncalves-Nivelais
Gardien :
Mac Carruth (32 arrêts)
Remplaçant : Eliot Castel (G). Absents : Lucas Mugnier (blessé) et Florian Chakiachvili (pubalgie).
Grenoble
Attaquants :
Sacha Treille (C) – Mathias Bachelet – Alexandre Grenier
Christophe Boivin – Janis Svanenbergs – Guillaume Leclerc
Nicolas Deschamps (A) – Dimitri Thillet – Téo Sarlièvre
Paul Siraudin – Nathan Riu – Aurélien Dair
Arrières :
Yohan Auvitu (A) – Aleksi Laakso
David Noël – Filip Windlert
Antoine Fertin – Axel Prissaint
Gardien :
Matija Pintaric (21 arrêts)
Remplaçant : Cebald Debiak (G). Absents : Kooy (G, étranger surnuméraire), Pierre Crinon et Valentin Grossetete (suspendus), Stepan Nemtyrev (choix) et François Beauchemin (raisons personnelles).







































