La Norvège a remporté ses deux premières rencontres à Amiens dans cette Coupe des nations mais elle n’a pas encore assuré la première place du tournoi. Pour cela, il lui faut impérativement prendre un point cet après-midi face à la Slovénie, sinon elle pourra se faire passer devant par celle-ci… ou par la France !
Après deux rencontres de suite avec Žan Us devant les filets, Edo Terglav lance dans le grand bain Jon Dukarič, jeune gardien de 21 ans qui réussit un début de saison prometteur avec Jesenice après une saison junior dans la NAHL américaine. Le vieux Pintarič (37 ans) n’étant plus appelé, Dukarič est depuis un an le numéro 4 dans la hiérarchie claire de Terglav derrière le naturalisé Lukáš Horák (33 ans), Us (29 ans) et le gardien spinalien Luka Kolin (22 ans).
Les débuts internationaux de Dukarič se déroulent sous une bonne étoile : après quatre minutes de jeu, sa mitaine ne parvient pas à arrêter le tir d’Aron Jessli, mais la rondelle freinée et déviée passe de peu à côté de son poteau. Cette frayeur passée, il finit la première période avec 16 arrêts, dont une belle parade du bouclier sur un slap surpuissant de Mikkel Øby-Olsen.
Les Slovènes essaient certes de presser le porteur du palet et obtiennent parfois un contre sur une récupération, mais ils n’arrivent pas ensuite à conclure par un tir contre des défenseurs actifs. Le but de la Norvège n’est qu’une question de temps. Eskild Wold lève les bras sur un centre de Granath, mais le palet a fait deux allers-retours entre les jambières de Dukarič et le poteau sans rentrer ! Le jeune gardien slovène est-il particulièrement verni ?
La chance ne dure pas éternellement. André Strandborg gagne l’engagement qui suit face à Žan Špari Leben et envoie le palet dans son dos vers Thomas Olsen qui le propulse dans la lucarne gauche (1-0). La faiblesse de la Slovénie aux mises au jeu lui avait déjà coûté deux buts hier soir face à la France…
La domination de la Norvège ne se dément pas. Les Slovènes passent leur match à patiner après leurs adversaires et à se faire balader. Ils continuent courageusement leurs efforts, sachant qu’ils n’ont qu’un but de retard.
Une action suffirait. À la 35e minute, sur une énième installation offensive des blancs, un tir de Koch reste bloqué dans les patins d’Anže Žeželj, qui lance aussitôt ses collègues à 2 contre 1. Borna Kopač donne en profondeur à Žan Jezovšek qui remet vers l’enclave, mais le palet est contré par le patin de Johannessen revenu très vite. À chaque action de ce type, le repli défensif des Norvégiens est si rapide qu’il annule la situation surnuméraire, pas exploitée suffisamment vite.
Le gardien slovène Dukarič récolte des applaudissements en arrêtant un breakaway d’Eirik Salsten bien lancé par une passe en profondeur d’Emilio Pettersen… et dans la foulée, Mai Crnkić échoue à bout portant sur Jonas Arntzen sur une situation de 3 contre 2. C’était la plus belle chance d’égalisation. La Slovénie prend confiance, tue une pénalité avec une bonne conservation de palet de Luka Gomboc et finit le tiers avec – enfin – une longue possession.
Au début du troisième tiers-temps, Salsten fait trébucher un Gomboc de plus en plus en vue. En supériorité numérique, la passe du revers de Matic Török est peut-être initialement destinée à Petrovič dans l’enclave, mais comme celui-ci est fait trébucher par Johannessen, le puck parvient à l’opposé jusqu’à Mai Crnkic qui marque dans l’angle grand ouvert (1-1, photo ci-dessus). Ce match longtemps à sens unique est maintenant un match nul !
Ćosić dégage le palet au-dessus des plexis. La boîte slovène ferme bien les angles avec un patinage actif et ne laisse qu’un tir en angle à Vesterheim pendant les deux minutes. Peu après, Gomboc vient à pleine vitesse faucher le genou de Granath alors que celui-ci est immobile en train de jouer (et rater) le palet. Cette vilaine faute énerve les Norvégiens et remet les Lynx en infériorité. Emil Wasenden arrive à servir dans l’axe David Aas-Larsen directement devant le but, mais Jon Dukarič réussit un double arrêt (photo ci-dessous).
On entre dans les dix dernières minutes et le match a vraiment changé. Le jeu est maintenant ouvert et va d’une cage à l’autre. Dukarič a la mitaine de plus en plus chaude.
On en vient même à espérer que la Slovénie marque un but de plus, ce qui permettrait aux Bleus – avec leur différence de buts favorable – de récupérer la première place en cas de victoire ce soir. Il n’en sera rien. Les deux équipes restent à égalité et la Norvège gagne donc le tournoi.
En prolongation à 3 contre 3, personne ne passe individuellement en un contre un, d’un côté comme de l’autre. Aucune erreur en position défensive et donc aucune occasion. On repassera pour le spectacle. Un mauvais positionnement de Vesterheim laisse un 2 contre 1, Kopač efface le défenseur mais voit son tir bloqué par Arntzen.
La victoire se joue aux tirs au but. Török tente une feinte trop compliquée, le mouvement rapide de Thomas Olsen ne déstabilise pas Dukarič. Plus patient, Mai Crnkić ralentit près du but mais décoche un tir parfait coté bouclier. Le gant de Dukarič pare le tir de Mikkel Øby-Olsen.
David Aas Larsen fusille Dukarič côté plaque et égalise alors que Gomboc et Kopač trébuchent dans leurs feintes. Vesterheim échoue dans la poitrine du gardien. Place aux derniers tireurs. Žan Jezovšek effectue un bon tir côté mitaine à Aas Larsen, puis Granath se met sur son revers mais voit son tir paré.
La Slovénie s’offre une deuxième victoire et un bilan satisfaisant. Les hommes d’Edo Terglav ont encore montré qu’ils ne lâchaient jamais à chaque match, et cela leur a permis de battre un adversaire plus fort qu’eux. Dans un pays qui a dû naturaliser un joueur pour la première fois parce qu’il avait peur de ne pas avoir de relève dans les cages, la victoire du gardien débutant Jon Dukarič est aussi une promesse d’espoir.
Incapable de gagner de plus d’un but pendant tout le tournoi, rejointe et dépassée dans ce dernier match, la Norvège est trop faible en finition quand ses meilleurs attaquants ne sont pas là. Sa plus grande satisfaction du tournoi, c’est Gabriel Koch, le jeune défenseur de Vålerenga, qui a montré son talent et pris ses responsabilités dans un rôle important.
Joueurs du match : Thomas Olsen pour la Norvège et Jon Dukarič pour la Slovénie.
Norvège – Slovénie 1-1 (0-0, 1-0, 0-1, 0-0) / 1-2 aux tirs au but
Samedi 7 novembre 2026 à 15h00 au Coliseum d’Amiens. 900 spectateurs.
Arbitres : Maxime Laboulais et Julien Peyre assistés de Pierre Mercier-Landry et Thomas Simon.
Pénalités : Norvège 2’ (0’, 0’, 2’) ; Slovénie 8’ (0’, 4’, 4’).
Tirs : Norvège 42 (16, 15, 11, 0) ; Slovénie 15 (4, 6, 4, 1).
Évolution du score :
1-0 à 25’46” : T. Olsen assisté de Strandborg (sup. num.)
1-1 à 43’06” : Crnkić assisté de Török (sup. num.)
Tirs au but :
Slovénie : Török (arrêté), Crnkić (réussi), Gomboc (arrêté), Kopač (arrêté), Jezovšek (réussi).
Norvège : T. Olsen (arrêté), Øby-Olsen (arrêté), Aas Larsen (réussi), Vesterheim (arrêté), Granath (arrêté).
Norvège
Attaquats :
David Aas Larsen – André Strandborg – Thomas Olsen (A)
Mikkel Øby-Olsen – Petter Vesterheim (A) – Aron Jessli
Emilio Pettersen – Eirik Østrem Salsten (2’) – Patrick Elvsveen
Eskil Wold – Johannes Løkkeberg – Philip Granath
Défenseurs :
Emil Wasenden – Max Krogdahl (C)
Gabriel Koch – Johannes Johannesen
Sverre Rønningen – Marius Määttänen
Viktor Kopperstad
Gardiens :
Jonas Arntzen
Remplaçant : Theo Rooseboom de Vries (G). En réserve : Tobias Breivold (G), Markus Vikingstad, Fredrik Bjørndal (A).
Slovénie
Attaquants :
Nik Christian Petrovič – Matic Török (C) – Mai Crnkić
Borna Kopač – Anže Žeželj – Žan Jezovšek (A)
Žiga Mehle – Rok Macuh (A) – Luka Gomboc (4’)
David Baloh – Žan Špari Leben – Nejc Burgar
Défenseurs :
Jan Ćosić (2’) – Aljoša Crnović (2’)
Rožle Bohinc – Ožbe Šlibar
Tit Smolnikar – Aljaž Zupančič
Miha Oblak
Gardien :
Jon Dukarič
Remplaçant : Žan Us (G). En réserve : Maks Bukovec.







































