Battue sur le fil hier par la Norvège (1-2), l’équipe de France doit désormais s’appliquer à battre les deux pays qu’il devient urgent de re-dépasser dans la hiérarchie internationale, à commencer par cette Slovénie d’Edo Terglav qui l’avait reléguée il y a un an et demi.
Il était prévu de tester des jeunes mais les circonstances ont obligé à mettre la lampe de poche dans les moindres recoins pour compléter la défense. Blessé, le cadre Enzo Guebey a été remplacé par Mathieu Mony (7 sélections). Les deux défenseurs les plus inexpérimentés de la première liste, Nikita Shalei (2 sélections) et Ulysse Tournier (0 sélection), ont été substitués par Antoine Fertin et Yohan Coulaud… sauf que ce dernier a eu à son tour un pépin de santé. Mathis Despatie (3 sélections) est arrivé tardivement, presque sans entraînement, et intègre l’alignement ce soir, comme Quentin Tomasino.
Saluons la présence de Monsieur Dave Henderson, légende du hockey amiénois et français, pour donner le coup d’envoi fictif sous des applaudissements mérités.
Comme hier, la France entre sur la glace avec une belle intensité de patinage. À la cinquième minute, une bonne passe en zone neutre de Dylan Fabre envoie Mathias Bachelet à 2 contre 1 mais sa passe n’arrivera jamais à Bertrand, contrée par le défenseur Jan Ćosić.
Comme hier, le premier but est inscrit par Justin Addamo, qui dévie devant le but un one-timer de Charles Schmitt (0-1). Crédité par erreur de la seconde assist à la place de Simonsen qui était à la pointe, Hugo Gallet fait trébucher Jezovšek sur l’engagement qui suit, mais ses coéquipiers ne sont guère inquiétés et continuent de maîtriser le match.
Les hommes de Yorick Treille se procurent encore de bonnes séquences installées, dont un poteau de Dylan Fabre. À la quinzième minute, Charles Bertrand arrive dans un timing parfait seul face au but pour reprendre la passe en retrait de Valentin Grossetête, mais le palet ne lui arrive pas dans les meilleures conditions.
Les attaques rapides sont aussi tricolores. Une minute avant la pause, Matias Bachelet feinte devant le gardien mais n’arrive à enclencher le dernier geste. Il remet à la bleue à Charles Bertrand qui contourne le défenseur avec le palet sur son revers mais voit son tir repoussé par Žan Us. À seulement 0-1, ce premier tiers-temps semblait corroborer la thèse selon laquelle le travail n’est pas assez rémunéré en France…
L’impression très favorable s’est malheureusement dissipée quand le jeu reprend. Un lancer masqué d’Aljaž Zupančič qui frôle le poteau droit constitue une première alerte (photo ci-dessus). Les Français sont maintenant acculés dans leur zone, concèdent un dégagement interdit, puis deux hors-jeu quand ils essaient de relancer la machine, visiblement grippée. Les passes n’arrivent plus, les tricolores subissent, comme s’ils avaient pris un coup de froid dans le vestiaire du Coliseum.
Ou comme s’ils étaient désorganisés par la sortie sur blessure d’Addamo qui perturbe la rotation ? Après cinq minutes, ce mal mystérieux disparaît. La France retrouve son jeu. Jordann Perret, qui s’improvise centre depuis la perte d’Addamo, gagne la mise au jeu, puis passe du revers depuis la bande pour la reprise de volée d’Enzo Carry dans la lucarne (0-2).
Frayeur une minute plus tard avec une perte de palet de Boscq derrière sa cage… mais Charles Bertrand vole aussitôt le palet dans la crosse de Žiga Mehle dans un élan de solidarité. Mieux, il lance la contre-attaque avec Fabre qui lui redonne la rondelle dans l’enclave, mais son tir rase le poteau gauche.
Cette action partie d’une erreur rattrapée trahissent les imperfections du jeu français. Après une longue présence en zone offensive, Cantagallo intercepte le palet dans la bande mais le re-perd face à Špari Leben, qui lance un 2 contre 1. Deux passes entre Burgar et Crnkic, cela fait une de trop, que contre Kevin Spinozzi vers son gardien. Mais la Slovénie reste installée et son capitaine Matic Török marque d’un tir en pivot (1-2).
Les Lynx sont relancés. Charles Bertrand retient Bohinc dans la bande et la sanction arrive à six secondes de la fin de la pénalité. Spinozzi bloque un premier lancer de Mai Crnkic, mais Spari Leben enchaîne un nouveau tir et, au rebond, Petrovic a la cage ouverte sur son revers (2-2). Tout est à refaire.
Après ce relâchement du deuxième tiers, la France retrouvera-t-elle son élan initial ? La réponse arrive en à peine une minute. En 2 contre 1, Charles Bertrand sert à la perfection Dylan Fabre (2-3).
Antoine Neckar doit – au moins – une bière à Enzo Cantagallo : le jeune gardien, avancé à bonne distance de sa cage, relance sur Mehle qui tire exactement dans l’angle du but, mais le défenseur de Marseille se jette pour contrer le palet vraiment in extremis.
Mais il reste un danger dans cette équipe slovène, c’est Matic Török : l’attaquant d’Ilves est au-dessus du lot et ses coéquipiers ne savent pas toujours exploiter les palets qu’il leur glisse subtilement. Alors, il conclut par lui-même : il part dans le dos de Tommy Perret et du duo Gallet-Schmitt et vient dribbler Neckar pour lever le palet du revers (3-3, photo ci-dessous).
Les Bleus mettent deux minutes à réagir. Le centre de secours Jordann Perret (qui a remporté 75% de ses engagements à ce poste inhabituel) gagne encore la mise au jeu décisive, sur laquelle Simonsen décale à l’opposé Hugo Gallet, le défenseur originaire d’Amiens, pour un slap puissant qui fait exploser le public du Coliseum (3-4).
Il faut encore deux bons arrêts de Martin Neckar pour préserver cet avantage, puis vient le moment de grâce : « spin-o-rama » de Dylan Fabre devant Smolnikar, jolie feinte de Bachelet pour éliminer Petrovic et conclusion de Bertrand pour que cette action magnifique soit conclue par un but (3-5). Une très belle conclusion, dans tous les sens du terme, mais la France aurait pu sceller ce match bien plus tôt sans des trous d’air.
Joueurs du match : Matic Török pour la Slovénie et Jules Boscq pour la France.
Commentaires d’après-match :
Yorick Treille (entraîneur de la France) : « La victoire, c’est bien pour le groupe, pour le public. Sur la manière, tout n’a pas été parfait dans la gestion du palet, dans la gestion de ce match. On a plus du double d’occasions à 5 contre 5, on a manqué de finition, on aurait pu se mettre à l’abri. On aurait pu mieux gérer la transmission du palet, la qualité des passes. On n’arrive pas à dominer l’adversaire de manière plus claire. C’est ce qui manque un peu, mais on a trouvé les ressources. Il y a beaucoup d’énergie dans ce groupe. […] Oui, je suis satisfait des deux premiers matchs de Tom Vidal. C’est un jeune joueur qui joue dans un championnat de haut niveau. C’est un centre droitier, il a pris beaucoup de maturité. »
Hugo Gallet (défenseur de la France) : « On est récompensé par le travail qu’on avait mis en place. Tout le monde essaie de s’exprimer. Chacun essaie de donner le maximum, certains par des sauvetages, certains par des gestes techniques. Tout le monde a pu amener sa pierre à l’édifice et être soi-même. Hier, la Norvège a bien fermé les espaces. On a eu plus de temps pour créer aujourd’hui mais on doit mieux gérer nos temps faibles. On a été un peu challengés quand ils sont revenus à 2-2, mais à la fin on a réussi à fermer la porte. C’était une émotion particulière [de revenir à Amiens], ce but est une cerise sur le gâteau. Je pernse à toute ma famille qui est là, c’est un peu une récompense pour tous ceux qui m’ont aidé, ici et quand je suis parti. Ils ont vu l’envers du décor, les choses un peu moins belles dans une carrière. »
Dylan Fabre (attaquant de la France, 50e sélection ce soir) : « Je pense que ça fait du bien pour l’équipe d’aller chercher une victoire à domicile. Je tape le poteau, Charles aussi, et finalement on marque tous les deux, c’était des buts mérités. C’est bien pour le mental. [Sur le dernier but] le joueur est venu sur moi, j’ai essayé de faire un spin-o, c’était marrant, quand j’ai fait le spin-o, j’ai entendu Ooah. Bach’ qui vient sur le côté et Charles qui concrétise, c’était assez sympa et ça concrétise le travail de la ligne au complet. »

Slovénie – France 3-5 (0-1, 2-1, 1-3)
Vendredi 6 novembre 2026 à 20h00 au Coliseum d’Amiens. 2995 spectateurs.
Arbitres : Rayan Bernoussi et Leevan Thiebault assistés de Quentin Ugolini et Enzo Pysniak.
Pénalités : Slovénie 0’ (0’, 0’, 0’) ; France 4’ (2’, 2’, 0’).
Tirs : Slovénie 20 (5, 9, 6) ; France 35 (14, 8, 13).
Évolution du score :
0-1 à 08’55” : Addamo assisté de Schmitt et Gallet
0-2 à 27’23” : Carry assisté de J. Perret
2-1 à 32’51” : Török assisté de Crnkić et Smolnikar
2-2 à 37’47” : Petrovič assisté de Špari Leben et Crnkić (sup. num.)
2-3 à 41’02” : Carry assisté de Bertrand et Bachelet
3-3 à 49’29” : Török assisté de Crnkić et Ćosić
3-4 à 51’50” : Gallet assisté de Simonsen et J. Perret
3-5 à 57’57” : Bertrand assisté de Fabre et Bachelet
Slovénie
Attaquants :
Nik Christian Petrovič (-2) – Matic Török (C, -2) – Mai Crnkić (-2)
Borna Kopač (-1) – Anže Žeželj (-1) – Žan Jezovšek (A, -1)
Žiga Mehle – Rok Macuh (A) – Luka Gomboc
David Baloh – Žan Špari Leben – Miha Oblak
Défenseurs :
Jan Ćosić – Aljoša Crnović (-1)
Rožle Bohinc (-1) – Ožbe Šlibar (-2)
Tit Smolnikar (-2) – Aljaž Zupančič
Gardien :
Žan Us [sorti à 58’35” à 59’39”]
Remplaçant : Jon Dukarič (G). En réserve : Maks Bukovec, Nejc Burgar.
France
Attaquants :
Dylan Fabre (+2) – Matias Bachelet (+2) – Charles Bertrand (+2, 2’)
Jordann Perret (C, +2) – Justin Addamo (A, +1) [sorti sur blessure] – Tomas Simonsen (+2)
Enzo Carry (+2) – Valentin Grossetête (-1) – Quentin Tomasino (-1)
Floran Douay (-1) – Tom Vidal – Tommy Perret (-1)
Défenseurs :
Hugo Gallet (A , +2, 2’) – Charles Schmitt (+2)
Kevin Spinozzi – Enzo Cantagallo
Jules Boscq (+1) – Antoine Fertin
Mathis Despatie (+1)
Gardien :
Martin Neckar
Remplaçant : Julian Junca (G). En réserve : Mathieu Mony (D), Flavian Dair, Louis Boudon (A)








































