C’est le grand jour pour le lancement de l’édition 2026 du Mondial élite féminin, qui se déroule pour la deuxième fois au Danemark. Canadiennes et Suédoises débutaient la compétition du groupe B ce vendredi.
En défiant en ouverture l’un des deux gros morceaux du hockey féminin, la Suède espère surtout jouer l’effet de surprise. La Tre Kronor Dam a le vent en poupe après avoir remporté deux des trois tournois de l’Euro Hockey Tour féminin cette saison. Les Suédoises ont d’ailleurs réalisé six jeux blancs à leurs sept derniers matchs, dont trois sur trois lors du dernier tournoi à domicile à Södertälje. Le moral est donc au beau fixe. La jeune Ebba Svensson Träff, derrière deux des trois blanchissages à Södertälje, est alignée contre les Canadiennes.

La nouvelle entraîneuse en chef de la Suède, Erika Holst, espère capitaliser sur cette bonne dynamique pour surprendre le Canada, en mission de reconquête avec une nouvelle génération : rappelons que cinq joueuses de l’alignement ont 20 ans ou moins. Des Canadiennes qui doivent, comme leurs rivales américaines, se contenter de maillots génériques pour la compétition, un couac lié à un différend sur les droits commerciaux pour les uniformes. Hockey Canada et USA Hockey ont un contrat équipementier en cours, respectivement avec Bauer et CCM, mais l’IIHF a depuis cette saison un contrat qui le lie pour les compétitions internationales à TRUE Hockey.
Les deux nations nord-américaines n’ont pas obtenu satisfaction devant un tribunal suisse, qui a estimé que la participation aux Mondiaux impliquait l’adhésion au contrat de l’IIHF, mais a toutefois autorisé Hockey Canada à garder les droits de son logo… et de la feuille d’érable, absente du maillot ! On peut le déplorer car l’image renvoyée est absolument catastrophique, et ce sont les féminines qui en font encore les frais, avec un rendu qui ne rend définitivement pas honneur aux deux nations souveraines.
Plus gênant toutefois d’un point de vue sportif, l’équipe de Kori Cheverie doit se passer des attaquantes Sarah Fillier et Sara Manness, contrariées par les pépins physiques.
Pour autant, les plans suédois vont vite tomber à l’eau. Le Canada met d’entrée de l’intensité et de la vitesse, Anna Kjellbin et ses coéquipières suffoquent rapidement et ne savent plus où donner de la tête. Il manque quelques centimètres au second poteau à Eldridge, Watts montre déjà sa vista en zone offensive, le mur suédois tient mais se fissure déjà. Les incursions suédoises sont inexistantes, hormis un lancer de Ljungblom capté facilement par la mitaine de Desbiens. L’ouverture canadienne intervient rapidement, la revenante en équipe Canada Jessie Eldridge s’en charge en déviant le tir de la ligne bleue de Kendall Cooper (0-1). La jeune Rosalie Tremblay (18 ans), à l’origine de l’action avec un bon travail derrière la cage, obtient son premier point aux championnats du monde. Tremblay, absolument sans complexe, fera d’ailleurs un excellent match.
Pour la Suède, le calvaire ne fait que de commencer, Hedqvist rejoignant ensuite la prison. Emily Clark en profite pour doubler la mise d’une reprise de volée, le palet passant au-dessus de l’épaule de Svensson Träff (0-2). La capacité de réaction des Suédoises est noyée par le rythme canadien, il faut attendre la fin de période pour voir un bon lancer de Nicole Hall, repoussé de la jambière par Desbiens. Mais c’est une brève bouffée d’air. Cette première période s’achèvera avec un troisième but canadien… et un immense moment de flottement suédois : les Canadiennes sont au pressing en zone offensive, le palet est alors laissé libre plein champ, un cadeau dont profite Rebecca Leslie, qui bat du revers Svensson Träff (0-3). L’attaquante d’Ottawa inscrit là son premier but aux Mondiaux.

Le match est déjà plié par le géant Canada. Mais les joueuses d’Erika Holst tentent de revenir avec de bonnes intentions au début de la seconde période. Hélas pour la Suède, la cascade de pénalités va complètement étouffer ces intentions. Trois jeux en infériorité numérique s’enchaînent successivement pour les Suédoises, qui tuent les deux premières pénalités. Mais la troisième sera bénéfique pour le Canada, grâce à Kendall Cooper, descendue très bas dans l’enclave et qui marque après un une-deux avec Jessie Eldridge (0-4).
Toujours nettement dominée dans les débats et incapable de livrer du répondant, la Suède se crée sa meilleure occasion à la 34e minute. Nicole Hall initie un 3 contre 1 couloir droit et sollicite Sofie Lundin à l’opposé, à qui il manque quelques centimètres. Hall va d’ailleurs joué de malchance puisque dans la foulée elle sera lourdement sanctionnée : d’un bras, elle fait tomber Watts, un geste jugé dangereux par le corps arbitral qui lui inflige une pénalité de match. Stupeur dans le camp suédois, d’autant plus lorsque quelques secondes plus tard Kraemer joue dangereusement avec la tête de Ljungblom dans un duel au sol. Sur cette infériorité de cinq minutes, les Suédoises se montrent tout de même vaillantes et évitent le naufrage.

En troisième période, Watts court-circuite la pénalité majeure suédoise. Ce sont ensuite les Suédoises qui se retrouvent en avantage numérique, et qui sauveront l’honneur. Mira Jungåker frappe de loin en visant la lucarne mais elle tape le poteau, Hanna Thuvik profite alors du rebond (1-4). Ce but des Suédoises a le mérite de leur donner des ailes, du mordant. Elles réussissent à acculer le Canada dans son camp pendant plusieurs minutes, Desbiens voit alors bien plus d’activité devant sa cage. Mais la Suède va retomber dans ses travers… avec trois nouvelles pénalités successives. Le but du Canada est alors inéluctable, et la troisième pénalité est la bonne. Caitlin Kraemer frappe, le puck tape la bande derrière le but mais revient dans le slot, Jessie Eldridge en profite alors pour signer un doublé (1-5). Un splendide coast to coast d’Hilda Svensson dans les dernières secondes s’ajoutera au spectacle mais sera insuffisant.
Le Canada n’a pas été en difficulté dans ce match d’ouverture, se mettant à l’abri rapidement. La nouvelle génération a assuré, notamment la jeune Tremblay, alignée avec Watts et Eldridge et régulièrement dangereuse. Les nombreuses pénalités suédoises ont lié les mains de la Tre Kronor Dam, qui a joué en cumulé l’équivalent d’une période en infériorité numérique. Plusieurs joueuses suédoises ont vivement critiqué l’arbitrage, mais leur coach Erika Holst a tenu des propos plus mesurés (cf commentaires ci-dessous). En tout cas, faire vaciller l’ogre canadien était dès lors impossible.
Élues joueuses du match : Sara Hjalmarsson pour la Suède, Jessie Eldridge pour le Canada.
En bref : l’autre rencontre qui se disputait simultanément a vu la victoire 4-1 de la Tchéquie sur l’Autriche. En ouvrant le score, Anna Meixner est tout de même devenue la première joueuse autrichienne à marquer en élite mondiale. Les États-Unis ont également tenu leur rang en surclassant la Suisse 7-0. Hannah Bilka et Laila Edwards ont chacune inscrit un doublé, Casey O’Brien a marqué son premier but aux championnats du monde, et Aerin Frankel s’est chargée du blanchissage. Enfin, la Finlande a également nettement dominé le Danemark 4-1, un score flatteur puisque la gardienne danoise Emma-Sofie Nordström a réalisé… 55 arrêts !

Commentaires d’après-match (SVT)
Mira Jungåker (défenseure de la Suède) : « Que dire ? Je trouve les arbitres incroyablement incohérents. Je pense que ça gâche tout le match. Nous avons une équipe formidable et je trouve incroyablement triste qu’elle soit gâchée parce qu’on siffle des pénalités vraiment bêtes et qu’ensuite on ne siffle plus rien. Bien sûr, nous pouvons faire mieux et il est facile de trouver tous les défauts quand on est mené, mais c’est tellement difficile de jouer contre le Canada quand tout est contre vous. »
Erika Holst (entraîneuse de la Suède) : « Je ne peux pas affirmer que c’est la faute des arbitres si nous perdons. Il y a toujours un dialogue avec eux, on essaie toujours d’influencer positivement leurs décisions pour éviter de se les mettre à dos. Mais il y a eu des décisions discutables dans ce match, je trouve. »
Suède – Canada 1-5 (0-3, 0-1, 1-1)
Vendredi 6 novembre 2026 à 15h00 à la Hockey Arena d’Herning. 578 spectateurs.
Arbitrage d’Anniina Nurmi et Anneke Orlandini assistées d’Erika Greenen et Natalia Suchanek.
Pénalités : Suède 41’ (4’, 6’+5’+20’, 6’) ; Canada 6’ (2’, 0’, 4’).
Tirs : Suède 14 (5, 2, 7) ; Canada 41 (16, 11, 14).
Évolution du score :
0-1 à 06’59” : Eldridge assistée de Tremblay et Cooper
0-2 à 10’13” : Clark assistée de Watts et Ambrose (sup. num.)
0-3 à 18’43” : Leslie
0-4 à 29’38” : Cooper assistée d’Eldridge (sup. num.)
1-4 à 42’37” : Thuvik assistée de Jungåker et Raunio (sup. num.)
1-5 à 53’44” : Eldridge assistée de Kraemer et Primerano (sup. num.)
Suède
Attaquantes :
Hanna Thuvik – Lina Ljungblom (2’) – Tilde Grillfors (2’)
Lisa Johansson – Hilda Svensson – Thea Johansson (A, 2’)
Mira Hallin (2’) – Ebba Hedqvist (2’) – Josefin Bouveng
Sofie Lundin (4’) – Sara Hjalmarsson – Nicole Hall (5’+20’)
Michelle Lowenhielm
Défenseures :
Jenna Raunio – Maja Nylén Persson
Mira Jungaker (A) – Anna Kjellbin (C)
Ida Karlsson – Lova Blom
Josefine Holmgren
Gardienne :
Ebba Svensson Träff
Remplaçante : Emma Söderberg (G). En réserve : Ida Boman (G).
Canada
Attaquantes :
Daryl Watts (2′) – Rosalie Tremblay – Jessie Eldridge
Emma Maltais – Caitlin Kraemer – Laura Stacey (C, 2′)
Danielle Serdachny – Emily Clark – Rebecca Leslie (2′)
Sarah Wozniewicz – Kristin O’Neill (A) – Hayley McDonald
Défenseures :
Chloe Primerano – Erin Ambrose
Nicole Gosling – Renata Fast (A)
Ella Shelton – Kendall Cooper
Kati Tabin – Sophie Jaques
Gardienne :
Ann-Renee Desbiens
Remplaçante : Kayle Osborne (G). En réserve : Ève Gascon (G), Sarah Fillier (A), Sara Manness (A).
































