
Hormis quelques forfaits (Bellemare, Henderson, Fleury et Manavian remplacés par Pain, Romand, Le Blond et Roussel), il s’agit d’une équipe de France dans sa configuration optimale.
La sélection helvétique n’est pas complète puisque Plüss, Christen, Back et Von Gunten ne sont pas présents. Les Suisses sont donc amoindris en nombre, avec à peine plus de trois lignes, mais pas en qualité. Ils sont venus avec des locomotives offensives comme Monnet ou Ambühl et des cadres d’expérience comme Seger ou Jeannin.
Les Da Costa se payent un champion d’Europe
Leur palmarès n’impressionne pas la frange la plus jeune des tricolores. Mathias Seger entre ainsi au tableau de chasse de Teddy Da Costa, qui lui met un café-crème-l’addition. Rarement le capitaine des champions d’Europe 2009 se sera fait humilier en un contre un avec une telle insolence ! Peu après le dribble magique de Teddy (qui a échoué ensuite face au gardien), son frère Stéphane prend la première pénalité du match. Il se rattrapera en envoyant en prison le pauvre Seger, encore dérouté par un dribble en pleine vitesse et qui est en train de faire une indigestion de Da Costa… Un dribble de Gras en fin de période provoque aussi une faute de Reber. Les jeux de puissance ne se mettent pourtant jamais en place, ni d’un côté de l’autre.
À cinq contre cinq, les deux équipes sont en revanche toutes deux bien organisées, ce qui est à l’honneur des Bleus. Ils ont fait preuve d’une grande rigueur et ont rivalisé en vitesse et en physique pour empêcher les Suisses de gagner le palet après l’avoir envoyé dans les coins. Alors que les Français ont généralement du mal à se mettre dans le rythme international, ils ont été complètement au niveau dans ce premier tiers-temps. Ce sont même eux qui ont pris l’avantage individuellement en un contre un sur quelques dribbles marquants. Fabrice Lhenry, pour sa part, n’a jamais été mis en danger, hormis en perdant sa crosse derrière sa cage.
Vingt minutes quasiment idéales pour l’équipe de France. Seul souci, Luc Tardif, qui mettait comme toujours une bonne pression physique avec son compère Sacha Treille, a vu se réveiller le lumbago qui lui a déjà fait manquer la demi-finale de Coupe Continentale. Il suivra la fin de match en civil.
Les Français craquent à la mi-match

La France ne mérite pas (encore) d’être menée, mais elle se met alors dans la position du vaincu. D’abord par une pénalité de Teddy Da Costa, vite exploitée : après un lancer non cadré de Blum qui frappe la balustrade, Steve Hirschi envoie le rebond dans l’angle ouvert (0-2, 35’38 »).
Les Bleus subissent maintenant le forechecking suisse. Ils peuvent être relancés lorsqu’un bel effort Loïc Lampérier force Reber à une obstruction au passage de la ligne bleue, mais la supériorité numérique est gâchée par un surnombre. Teddy Da Costa n’abdique pas et son travail derrière la cage pousse Monnet à la faute. Fabrice Lhenry écope d’une méconduite parce qu’il s’emporte contre un juge de ligne sur la sirène.
Après ces sifflets à répétition, le troisième tiers-temps commencent dans un calme olympien. La première paire défensive française s’endort un peu en laissant le rapide Anders Ambühl centrer pour la reprise dans le slot de Thibaut Monnet puis s’essayer lui-même.
À l’assaut d’une cage récalcitrante

La première ligne tricolore signe une belle action collective, mais Julien Desrosiers voit sa crosse le trahir au moment de reprendre le centre au second poteau de Yorick Treille. Le Franco-Canadien essaie de rendre la pareille à son passeur, mais l’attaquant du Sparta Prague manque de vitesse d’exécution pour reprendre le palet avant le retour rapide de la défense suisse.
Commence alors un long feuilleton pour fixer la cage de Daniel Manzato, qui se déloge fréquemment en raison d’un trou qui s’est formé autour du poteau droit. Après une interruption, le gardien suisse appuie du patin sur le poteau gauche et provoque un long arrêt pour l’intervention des techniciens. Le rythme des Français est ainsi brisé à cinq minutes de la fin.
Auvitu, le meilleur relanceur français ?

Les Français peuvent être satisfaits de ce match équilibré, même si la Suisse n’est évidemment pas au complet. Autant le gabarit d’un Ryan Gardner, appelé de dernière minute en remplacement de Rüthemann (commotion cérébrale), peut encore être utile, autant la première sélection d’un Jörg Reber semble sans lendemain, tout sympathique que puisse être ce défenseur de 36 ans qui connaît à Langnau la meilleure saison passée plus longtemps en LNB qu’en LNA.
La Suisse a peu attaqué le slot en début de partie, mais lorsqu’elle a vraiment pratiqué son jeu agressif, elle a fait fléchir l’équipe de France. Hormis ce moment de crise où ils ont plié sous l’impact, les Bleus ont tenu tête et même souvent dominé leurs adversaires. Mais au niveau international, on ne peut se permettre de rater ne serait-ce que dix minutes.

Les seuls joueurs sans grande expérience dans cette équipe de cadres étaient deux joueurs de Grenoble, particulièrement observés dans une patinoire familière. Maxime Moisand a fait un bon match : propre dans ses relances, appliqué dans son marquage sur l’homme et son replacement. Mathieu Le Blond a été plus discret, mais c’était son tout premier match international et une certaine nervosité est compréhensible dans ce cas.
Désignés joueurs du match : Fabrice Lhenry pour la France et Daniel Manzato pour la Suisse.
France – Suisse 1-2 (0-0, 0-2, 1-0)
Mardi 14 décembre 2010 à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3200 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek et Alexandre Hauchart (FRA) assistés de Pierre Dehaen et Geoffrey Barcelo (FRA).
Pénalités : France 18′ (2′, 4’+10′, 2′) ; Suisse 10′ (4′, 4′, 2′).
Tirs : France 23 (8, 5, 10) ; Suisse 28 (5, 17, 6).
Évolution du score :
0-1 à 30’54 » : Bärtschi assisté de Monnet et Seger
0-2 à 35’38 » : Hirschi assisté de Blum et Domenichelli (sup. num.)
1-2 à 49’08 » : Romand assisté de Hecquefeuille
France (2′ pour surnombre)
Gardien : Fabrice Lhenry (10′) [sorti de 58’11 » à 59’21 »].
Défenseurs : Baptiste Amar (A, -1) – Yohann Auvitu (-1) ; Kevin Hecquefeuille (+1) – Vincent Bachet (A, +1) ; Teddy Trabichet – Maxime Moisand.
Attaquants : Julien Desrosiers – Laurent Meunier (C) – Yorick Treille ; Erwan Pain – Stéphane Da Costa (2′) – Teddy Da Costa (2′) ; Laurent Gras – Loïc Lampérier – Mathieu Le Blond ; Sacha Treille (2′) – Damien Raux – Luc Tardif puis Jérémie Romand à 20’00 ».
Remplaçants : Ronan Quemener (G), Thomas Roussel.
Suisse
Gardien : Daniel Manzato.
Défenseurs : Mathias Seger (C, +1, 2′) – Jörg Reber (4′) ; Steve Hirschi – Eric Blum (+1) ; Beat Gerber (-1) – Philippe Furrer (-1).
Attaquants : Victor Stancescu (-1) – Ryan Gardner (-1) – Daniel Steiner (-1, 2′) ; Thibaut Monnet (A, +1, 2′) – Andres Ambühl (+1) – Patrik Bärtschi (+1) ; Hnat Domenichelli – Sandy Jeannin (A) – Morris Trachsler ; Matthias Bieber, Kevin Lötscher.
Remplaçant : Thomas Bäumle (G).





































