C’est le duel capital pour la relégation et les deux équipes le savent. La Hongrie a zéro point mais a fait bonne impression et montré des progrès. La Grande-Bretagne, pas vraiment, mais elle peut toujours sortir un match le jour J.
Les Britanniques sont pressés d’entrée par un rythme hongrois intense. Ils sont dominés non seulement en vitesse – on s’y attendait – mais aussi sur leur supposé point fort, le jeu physique. C’est ainsi qu’Ollie Betteridge perd le palet dans sa zone face à Tamás Sárpátki qui le domine au corps-à-corps. Krisztián Nagy arrive sur le palet libre et lance au but. Le puck frappe le masque de Ben Bowns et rentre (1-0).
C’est une fantastique histoire de celle de Nagy (photo ci-dessous). Il avait été retranché le premier jour du Mondial, car la Hongrie était venue avec un joueur en trop. Il était néanmoins resté sur place. Et sait-on jamais, depuis un an, on peut remplacer un blessé… Le forfait de Bartalis lui a justement ouvert un poste aujourd’hui et il marque d’entrée de jeu après seulement deux minutes !
Quand Josh Waller obtient enfin une occasion britannique, en contre-attaque après onze minutes, il commet une obstruction sur Hari dans la foulée… On s’inquiète pour la Grande-Bretagne, mais elle sort la tête de l’eau en revenant au complet.
En fin de tiers, néanmoins, la Hongrie installe son jeu en zone offensive à 5 contre 5. Milán Horváth décale dans le cercle gauche Domán Szongoth qui dribble Bowns emporté par son déplacement et finit du revers en cage ouverte (2-0, photo ci-dessous). Gallo ramasse le palet de ce premier but en grand championnat pour l’offrir au jeune joueur de 17 ans.
Le deuxième tiers-temps débute par un cinglage de Papp en zone offensive. Un premier avantage numérique pour la Grande-Bretagne, enfin une occasion de revenir ! Non, ce sera un clou de plus enfoncé dans son cercueil. Et c’est la star qui est défaillante : Liam Kirk perd le palet en zone neutre face à István Terbócs qui part vers le but de Ben Bowns et marque côté mitaine (3-0). Un tir qui paraissait franchement arrêtable. Peter Russell remplace Bowns, le vétéran qui a connu tant de campagnes, par Mat Robson.
Pas une mince affaire d’être un gardien britannique, qu’on soit natif ou naturalisé. Csanad Erdely part à son tour en breakaway, dribble Robson et glisse le palet derrière son patin… mais le défenseur Joe Hazeldine, pris de vitesse au départ de l’action, sauve sur la ligne ! La Grande-Bretagne n’est donc menée « que » 3-0 à la mi-match. Ce n’est pas rédhibitoire, puisque c’était le cas contre la France en 2019 et qu’elle était remontée dans ce match historique pour les deux pays séparés par la Manche.
Une crosse haute de Zsombor Garát atteint Dowd dans le slot. La gestion du palet est bien meilleure sur cette deuxième supériorité numérique, mais le bon one-timer du cercle droit de Josh Waller est repoussé par Bence Bálizs qui s’est déplacé très vite jusqu’à son poteau. Liam Kirk déborde Bence Stipsicz qui le fait trébucher. Second powerplay à la suite, encore stérile. Les Britanniques ont dominé cette deuxième période 14 tirs à 4, mais n’est pas revenue d’un pouce. Encore moins d’un yard…
Pas de réaction britannique au troisième tiers, sauf celle de Halbert qui charge violemment Terbócs dans la bande derrière la cage. La Hongrie n’exploite pas la pénalité mais le temps passe un peu plus. Aucune chance de rééditer la « remontada » contre la France. La Grande-Bretagne n’obtiendra plus que deux tirs cadrés dans cette dernière période…
Une des rares fois où son équipe occupe la zone offensive, le défenseur Nathanael Halbert voit le palet sauter par dessus sa palette en fermeture de la ligne bleue. István Terbócs peut alors partir à 2 contre 1 et lancer dans la lucarne opposée, côté mitaine (4-0). Trente secondes plus tard, entre les cercles, Krisztián Nagy – l’homme qui avait été rayé de la sélection – tire entre les bottes de Robson (5-0).
Les Britanniques ne peuvent même pas se plaindre du score final trop lourd. Après une obstruction de Jenion sur Szongoth qui reste au sol, le jeu de puissance hongrois est en effet très menaçant. Un lancer de Milan Horvath fait résonner le poteau. Puis, Robson sauve le palet derrière son dos alors qu’un tir d’Erdely, servi de derrière la cage par Terbócs, lui est passé entre les jambes. Cela aurait vraiment pu faire 6-0…
Joyeux anniversaire au sélectionneur hongrois Gergely Majoross, 47 ans aujourd’hui. Ses joueurs peuvent même se permettre de célébrer cela avec lui car ils ont deux jours de repos avant le prochain match. Avec cette victoire, la Hongrie, qui ne s’était jamais maintenue avant l’an passé, va certainement rester une troisième année consécutive dans l’élite mondiale.
On ne voit pas en effet ce qui peut encore sauver la Grande-Bretagne, qui devrait retrouver la France l’an prochain en division IA. Les deux pays ne se sont plus affrontés depuis sept ans et la vengeance est un plat qui se mange froid…
Désignés joueurs du match : Nathanael Halbert pour la Grande-Bretagne et István Terbócs pour la Hongrie.
Commentaires d’après-match :
Liam Kirk (attaquant de la Grande-Bretagne) : « Je suis vraiment déçu. Nous avons eu des phases où nous contrôlions le match. Félicitations à leur gardien, il a vraiment un grand match. Quant à moi, je suis un joueur expérimenté et je ne peux pas me permettre ce genre de perte de palet. Ce but leur a donné tout le momentum et nous n’avons pas pu revenir. C’est un sentiment dur à avaler mais il reste quatre parties. Nous devons apprendre des erreurs d’aujourd’hui et continuer à grandir. Nous sommes une jeune équipe. »
Bence Balizs (gardien de la Hongrie) : « Contre l’Autriche aussi, nous avions été solides, même si dans les moments cruciaux nous n’avions pas su mettre le palet au fond des filets. Aujourd’hui, nous étions consistants, convenables en infériorité numérique. Dans ces cas-là, des choses peuvent arriver. On a besoin de ce genre de victoires pour construire dessus. »

Hongrie – Grande-Bretagne 5-0 (2-0, 1-0, 2-0)
Mardi 19 mai 2026 à 20h20 à la Swiss Life Arena de Zurich. 7996 spectateurs.
Arbitres : Nolan Bloyer (USA) et Cedric Borga (SUI) assistés d’Oto Durmis (SVK) et Njaal Søstumoen (NOR).
Pénalités : Hongrie 6’ (0’, 6’, 0’) ; Grande-Bretagne 10’ (2’, 2’, 6’).
Tirs : Hongrie 23 (9, 4, 10) ; Grande-Bretagne 26 (10, 14, 2).
Évolution du score :
1-0 à 05’01” : Nagy assisté de Sárpátki
2-0 à 11’03” : Szongoth assisté de M. Horváth et B. Horváth
3-0 à 23’31” : Terbócs (inf. num.)
4-0 à 53’24” : Terbócs assisté de B. Horváth et Ortenszky
5-0 à 54’05” : Nagy assisté de Vincze et Sárpátki
Hongrie
Attaquants :
Bence Horváth (+2) – Balázs Sebök (+1) – István Terbócs (A, +2)
Csanád Erdély (C) – Domán Szongoth (+1) – Vilmos Galló (+1)
Kristóf Papp (2’) – János Hári (+1) – István Sofron (A)
Péter Vincze (+2) – Krisztián Nagy (+2) – Tamás Sárpátki (+2)
Márton Nemes [2 présences]
Défenseurs :
Bence Stipsicz (+2, 2’) – Milán Horváth (+2)
Zétény Hadobás (+2) – Tamás Ortenszky (+2)
Roland Kiss (+1) – Zsombor Garát (+1, 2’)
Gábor Tornyai [2 présences]
Gardien :
Bence Bálizs
Remplaçant : Ádám Vay (G). Non équipés : Levente Hegedüs (G), Márkó Csollák (D), Csanád Ravasz (A). Blessé : István Bartalis.
Grande-Bretagne
Attaquants :
Liam Kirk (A, -2) – Cade Neilson (-2) – Robert Dowd (C, -2)
Josh Waller (-2, 2’) – Brett Perlini (-2) – Logan Neilson (-3)
Robert Lachowicz (-1) – Oliver Betteridge (-1) – Johnny Curran (-1)
Cole Shudra (2’) – Ben Davies – Bayley Harewood (2’)
Défenseurs :
Nathanael Halbert (-2, 2’) – Mark Richardson (A, -1)
Joshua Tetlow (-1) – Joseph Hazeldine (-3)
Travis Brown – Liam Steele
Bradley Jenion (2’) – David Clements (-2)
Gardien :
Ben Bowns puis à 23’31” Mat Robson
Non équipés : Lucas Brine (G), Jack Hopkins, Sam Lyne (A).









































