Aux Jeux olympiques, l’Italie avait très bien résisté à la Slovaquie (2-3). De quoi lui donner envie de faire encore mieux face à un adversaire diminué à présent par une vingtaine de désistements. Les deux équipes ont joué hier et ce « back-to-back » favorise le changement de gardiens. Deux d’entre eux font donc leurs débuts en championnat du monde, et ils n’ont pas le même parcours.
L’un, Adam Gajan, est le meilleur gardien du Mondial junior 2023 et est donc un des espoirs du hockey mondial à son poste, alors choisi en numéro 35 de sa classe d’âge par les Blackhawks de Chicago. Une position très haute pour un gardien, le développement étant considéré tardif et non garanti à ce poste.
L’autre, Jacob Smith, est né au Canada mais est arrivé en Italie il y a dix ans et joue en équipe nationale depuis huit ans. Pourtant, il n’a jamais encore été titularisé en compétition internationale. La chance se présente enfin alors qu’il a quitté le pays (il a fini la saison à Angers) et elle est sans doute sans lendemain : le gardien numéro 1 Damian Clara est arrivé de Californie hier après-midi et c’est pourquoi on le laisse logiquement se reposer du voyage.
Après seulement 15 secondes de jeu, Martin Faško-Rudáš, monté en première ligne depuis le troisième tiers-temps du match d’hier, essaie de passer en un contre un Phil Pietroniro, qui le bouscule d’une charge à la hanche puis le contre de la crosse. Les Italiens prennent exemple sur Daniel Mantenuto qui gagne un palet dans le coin et attaque la cage sur un rebond et se créent de bonnes occasions dès le début de match. Les hommes de Jukka Jalonen se déploient bien sur la grande glace, même si la qualité technique supérieure des Slovaques leur donne des possessions plus longues.
La première pénalité change la donne. Le capitaine italien Alex Trivellato retient Sýkora dans un coin. L’Italie défend bien et maintient la Slovaquie dans le périmètre pendant cette première infériorité numérique, mais la possession blanche se prolonge à 5 contre 5. Mislav Rosandic s’avance dans l’axe, fait croire au tir et attire Jacob Smith et surtout Trivellato (sorti de prison depuis 38 secondes) qui se jette et abandonne la couverture de Hrivík au poteau droit : l’arrière de Košice peut alors servir un caviar à son capitaine démarqué qui dévie dans la cage grande ouverte (0-1).
L’Italie redémarre fort en deuxième période et Patrik Koch retient DiGiacinto dans l’enclave. Mais l’avantage numérique n’est mémorable que par l’erreur de Phil Pietroniro qui lui vaudra un savon de Jalonen sur le banc : il se fait voler le palet en zone neutre par Sebastián Čederle, ce qui permet à Adam Sýkora de foncer seul face à Jacob Smith, qui détourne. La Slovaquie reprend le contrôle du jeu. Après une obstruction de Nitz sur Okuliar, la température monte sur la cage de Smith. Martin Pospíšil vient lui prendre le palet entre les jambes et n’a plus qu’à finir en cage vide, mais la défense se jette sur lui en catastrophe et l’arbitre arrête le jeu parce que la cage a bougé (photo ci-dessus).
La domination slovaque s’affirme. Marek Hrivík n’arrive pas à reprendre en cage ouverte la passe parfaite devant la cage de Faško-Rudáš. Jacob Smith réussit encore un arrêt déterminant face à Andrej Kollar (photo ci-dessous). Les gros plans de la réalisation sur son masque aux couleurs des Ducs d’Angers sont de plus en plus fréquents.
En retard au repli, Mikael Frycklund accroche Sebastián Čederle à trois minutes de la fin du tiers. La pénalité est tuée assez facilement mais, juste après, Čederle centre pour Filip Mešár seul dans l’axe qui fixe Jake Smith… et tire au-dessus de la cage. Ouf ! Non, il est trop tôt pour souffler. Les Italiens montent trop haut dans cette dernière minute et la transition est rapide. Sebastian Čederle – encore lui – sert en retrait, en troisième homme, le défenseur Viliam Kmec qui envoie un lancer non cadré dans la balustrade… et prend le rebond dans l’angle ouvert (0-2). Pas de chance pour le gardien angevin.
Rien de pire que de prendre un but juste avant d’aller aux vestiaires… à part un autre but en revenant des vestiaires. De nouveau, l’Italie est en zone offensive et se fait piéger en contre. La passe transversale de Martin Pospíšil est reprise de volée dans le cercle droit par son frère Kristián (0-3).
Ces déconvenues ne dissuadent heureusement pas l’Italie de presser. Le jeune gardien slovaque Adam Gajan commet alors son erreur : sorti derrière sa cage, il attend trop qu’une ligne de passe s’ouvre et voit Daniel Mantenuto surgir sur lui. Il est obligé de relancer droit sur Frigo et reprend sa place en catastrophe face au danger imminent. Le palet s’éloigne vers la ligne bleue mais le défenseur Gabriel Nitz le renvoie à travers le trafic et il finit dans les filets après une déviation (1-3). C’est le benjamin de l’équipe, âgé de 19 ans seulement, qui inscrit donc le premier but de l’Italie dans ce championnat du monde !
L’Italie reprend espoir et domine même le jeu. Elle se procure une très belle occasion quand un lancer de Phil Pietroniro joliment dévié en l’air par Tommaso de Luca est détourné du bout de la botte par Gajan. Mais à six minutes de la fin, Peter Spornberger se fait prendre le palet par Sýkora dans sa zone et fait faute en essayant de se rattraper. Oliver Okuliar concrétise l’avantage numérique, servi en retrait par une nouvelle passe décisive de Martin Pospíšil, placé sur la ligne de fond (1-4, photo ci-dessous).
Rosandic fait trébucher Pietroniro et Jalonen fait sortir Jacob Smith pour jouer à 6 contre 4. Matt Bradley laisse échapper le palet à la ligne bleue, sans autre conséquence grave que de devoir reconstruire de zéro. Quand De Luca voit son tir contré, la Slovaquie récupère encore la rondelle mais Čederle manque la cage béante à deux reprises ! Il arrive à en sourire, car cela a peu d’importance.
Le match n’était pas le plus spectaculaire mais la victoire est au bout. La Slovaquie a 6 points après le premier week-end et son tableau de marche est respecté.
Désignés joueurs du match : Marek Hrivík pour la Slovaquie et Gabriel Nitz pour l’Italie.
Commentaires d’après-match :
Kristián Pospíšil (attaquant de la Slovaquie) : « Je connais un peu leur coach et je savais qu’ils joueraient un peu comme le hockey finlandais. Nous savons qu’ils ont des gars talentueux et nous avons essayé de jouer comme eux. Quand nous avions une chance, nous avons essayé de marquer. C’est incroyable de jouer avec mon frère. Pour moi comme pour lui, c’est vraiment personnel. Parfois les larmes me viennent un peu, c’est un peu émotionnel. C’est quelque chose dont nous rêvions tous les deux, et je suis heureux que ça fonctionne ici sur la glace, pas seulement il y a 15 ans quand nous jouions dehors avec des mini-crosses. Nous savons qu’il ne s’agit pas que de nous, nous sommes prêts à aider l’équipe au prochain match.

Italie – Slovaquie 1-4 (0-1, 0-1, 1-2)
Dimanche 17 mai 2026 à 12h20 à la BCF Arena de Fribourg. 3881 spectateurs.
Arbitres : Nolan Bloyer (USA) et Mikko Kaukokari (FIN) assistés de Shane Gustafson (USA) et Tommi Niittylä (FIN).
Pénalités : Italie 8’ (2’, 4’, 2’) ; Slovaquie 4’ (0’, 2’, 2’).
Tirs : Italie 24 (6, 4, 14) ; Slovaquie 31 (12, 12, 7).
Évolution du score :
0-1 à 13’31” : Hrivík assisté de Rosandić et Mešár
0-2 à 39’32” : Kmec assisté de Čederle et Faško-Rudáš
0-3 à 40’30” : K. Pospíšil assisté de M. Pospíšil et Faško-Rudáš
1-3 à 45’03” : Nitz
1-4 à 54’13” : Okuliar assisté de M. Pospíšil et Chromiak (sup. num.)
Italie
Attaquants :
Tommaso De Luca (-2) – Matt Bradley (-3) – Tommy Purdeller (-2)
Nick Saracino – Mikael Frycklund (2’) – Cristiano DiGiacinto (+1)
Luca Frigo (A, +1) – Daniel Mantenuto – Alessandro Segafredo
Matthias Mantinger – Bryce Misley – Marco Zanetti
Défenseurs :
Luca Zanatta (-3) – Phil Pietroniro (A, -2)
Alex Trivellato (C, -1, 2’) – Dylan Di Perna (-1)
Peter Spornberger (2’) – Gregorio Gios
Carmine Buono (+1) – Gabriel Nitz (+1, 2’)
Gardien :
Jacob Smith [sorti de 56’29” à 58’36”]
Remplaçant : Davide Fadani (G). Non équipés : Niccolo Mansueto, Ivan Deluca (A).
Slovaquie
Attaquants :
Kristián Pospíšil – Martin Pospíšil (A, +1) – Martin Faško-Rudáš (A, +1)
Adam Liška (+1) – Marek Hrivík (C, +1) – Oliver Okuliar
Adam Sýkora (+1) – Sebastián Čederle (+1) – Martin Chromiak
Servác Petrovský – Andrej Kollár (-1) – Filip Mešár
Jakub Minárik [3 présences]
Défenseurs :
Mislav Rosandić (+1, 2’) – František Gajdoš
Patrik Koch (+1, 2’) – Viliam Kmec (+2)
Samuel Kňažko – Martin Štrbák (+1)
Luka Radivojevič
Gardien :
Adam Gajan
Remplaçant : Eugen Rabčan (G). Non équipés : Samuel Hlavaj (G), Jakub Meliško (D).










































