Mannheim a réussi à s’imposer sur la glace de Berlin dans le match 5 et s’est donné une nouvelle chance pour résister au sacre des Eisbären. Ce soir, c’est à domicile que les joueurs de Dallas Eakins vont tenter de renouveler l’exploit. Car il faut bien dire que durant cette série, Mannheim dépense beaucoup d’énergie pour pouvoir marquer des buts. Mais cela ne suffit pas pour tromper le jeune Jonas Stettmer. Surtout, Serge Aubin a monté un système défensif qui se déplace vite, laissant peu d’espaces, « assaisonné » d’une pointe de piment qu’est l’échec-avant intense et très physique.
Ty Ronning sait ce qu’il faut faire et précise la recette gagnante : « Nous attendons le match avec impatience. Ce sera un affrontement classique. Le dernier match a été un petit revers. Mais nous regardons déjà à nouveau vers l’avenir. Nous savons ce que nous devons faire. Nous devons jouer notre jeu offensif et nous avons hâte. Il s’agit de jouer à notre hockey agressif. Nous devons être physiques et amener les palets au but. »
Comme à son habitude, c’est Liam Kirk qui ouvre le bal avec une entrée dans un espace ouvert et un tir plein axe, mais hors cadre (0’29). Les Eisbären prennent le match comme prévu. La barre sauve Johan Mattsson, maintenu devant les filets pour un second match consécutif. Mannheim réagit par une reprise de Zach Solow devant la cage berlinoise (1’30). Les deux équipes sont rapides dans le repli défensif et ne laissent pas d’occasion à l’adversaire. Le jeu est équilibré et chaque formation intercepte des palets. Seul Matthias Plachta arrive à se défaire de la ligne défensive et envoie un tir direct à la cage (6’30). La plus grosse occasion est l’œuvre de Yannick Veilleux ont le puissant shoot rebondit derrière la cage. Markus Vikingstad, présent devant les filets, reprend en cage ouverte mais se rate pour cadrer (7’06).
La partie s’emballe et le patinage s’affole. On assiste à un très haut niveau d’intensité, comme on le connaît normalement en play-offs. On avait rarement vu autant de vitesse depuis le début de cette finale. Johan Mattsson est bien dans son match et repousse deux tirs successifs après une tentative initiale de Veilleux (10’43). Berlin appuie ses mises en échecs, très « limite ». Les Lancaster, sur une charge, met la crosse, et se retrouve pénalisé. Le public sent que c’est un moment déterminant. Comme un seul homme, tout le monde se lève et tape dans les mains. Malgré un travail intense des Adler, Berlin se sort de ce danger. De nouveau, quand Mannheim est dans de bonnes dispositions, les ours blancs trouvent la faille. Freddy Tiffels va au duel, en zone offensive sur le défenseur Tobias Forhler, et lui chipe le palet. La rondelle est transmise à Ty Ronning qui passe devant la cage et place le puck dans un espace libre (0-1). Ce but a le don doper les Berlinois qui provoquent un échec-avant puissant jusque la fin de la période.
En deuxième période, Berlin rattaque très fort avec de nombreux duels gagnés. La pression provoque une faute de Tom Kühnhackl qui dégage mal le palet. Jonas Müller en profite et délivre le disque à Liam Kirk qui shoote à la cage (0-2).
La situation se complique pour Mannheim qui ne plie pas en jouant très fort devant. Jonas Stettmer est sous pression et détourne des tirs de Bennett et Greco. Dans une séquence à deux contre zéro, Marc Michaelis manque même une occasion improbable en ratant son contrôle, ne pouvant tirer en cage ouverte. Mais les opportunités continuent car une nouvelle pénalité de Lancaster redonne une chance aux Adler. Leon Gawanke est au rebond mais Andreas Eder a le dernier mot en évacuant la rondelle. La pénalité ne sera pas fructifiée. Il faut attendre 25’26 pour voir l’attaque d’Anthony Greco qui part avec Adam Smith sur le dos. Jonas Stettmer bloque le tir sans rebond. Adler Mannheim met le paquet, se crée un gros temps fort mais ne présente que des tirs peu dangereux. Et par deux fois, les bleus se gênent en se percutant, gâchant des séquences offensives. Berlin ne reste pas sans réagir et provoque un harcèlement défensif permanent tout en se plaçant dans les trajectoires de tir. Passé cette pression offensive de Mannheim, Berlin se projette rapidement et crée le danger.
On entre dans une séquence d’attaque-défense. Leon Gawanke traverse la ligne arrière des Eisbären et rabat le palet sur le poteau (33’10). Hayden Shaw s’essaie avec Manuel Wiederer dans les patins et pousse le puck sur le gardien (36’24). Mannheim termine fort mais se retrouve repoussé sur les extérieurs et voit ses tirs bloqués et évacués. Sur une des rares contre-attaques berlinoises de cette fin de période, Marcel Noebels passe devant la cage mais John Gilmour se jette sur la glace pour dévier la passe (38’38). Le rush final ultra dominateur de Mannheim ne concrétise toujours pas le travail fourni.
Au troisième tiers, Liam Kirk tire encore en premier, comme un rituel (41’10). C’est Ty Ronning qui crucifie toute l’arena avec un « one-timer », seul et libre, plein axe (0-3). La domination de Berlin ne fait que s’accentuer avec une défense imperméable. Trois duels successifs gagnés dans la bande permettent à Berlin de se projeter à l’avant, provoquant une phase de 3 contre 2. Freddy Tiffels fait la reprise que Johan Mattsson dévie (51’13). Dans l’autre sens, Anthony Greco traverse la défense et passe en retrait à Kris Bennett qui reprend hors cadre (52’46). C’est le statu quo pour Mannheim qui ne trouve aucune solution.
Dallas Eakins veut forcer sa chance en sortant son gardien Johan Mattsson (52’47). À 6 contre 5, la reprise de Matthias Plachta part dans les airs, déviée par Stettmer. La pression provoque la faute et Luke Esposito hérite même d’un tir de pénalité car Manuel Wiederer a retenu le pale. Il s’avance, ne tire pas, tente de contourner le gardien, qui referme la cage (54’55). C’est une occasion en or qui s’échappe. Les chances diminuent et la défense renvoie le palet qui glisse, traverse la longueur de la glace, frappe le poteau et longe la ligne de but… (55’20). Le public a retenu son souffle ! On assiste à une série de dégagements interdits, tant Berlin capte les palets et évacue le danger. Les Eisbären ne sont plus très loin du sacre. Et à force, la chance sourit pour Eric Mik qui envoie le palet en cage vide (0-4). En toute fin de match, Andreas Eder est pénalisé pour une crosse haute et dans une séquence à 6 contre 4, Marc Michaelis score un but anecdotique (1-4). Seul Stettmer secoue la tête tant le blanchissage était à portée de mitaine.
Berlin démontre sa supériorité incontestable en Allemagne pour aller chercher le Graal de la DEL. Mannheim a tout donné mais les Eisbären était réellement supérieurs dans tous les secteurs du jeu. L’efficacité n’est plus à prouver, mais c’est bien le jeu intense et rapide qui a permis de dégager, des opportunités que ce soit à l’avant ou bien défensivement.
Berlin est sacré sur la glace de Mannheim et fait durer le plaisir dans la SAP arena. Le club accumule les records. Jonas Stettmer est récompensé du titre de MVP des play-offs, avant de quitter le club pour retourner à Ingolstadt. Marcel Noebels bat le record du nombre d’assistances en play off avec 61 assists, devançant Daniel Kreutzer (58). Leo Pföderl a pris la première place du nombre de buts inscrits en séries (50). Et cette saison, encore, l’offensive a été impressionnante, avec le duo d’enfer que représentent Ty Ronning (20 pts) et Liam Kirk (16).
Le lendemain du match, on apprend le départ de Serge Aubin vers la Suisse. La saison prochaine il officiera à Berne. Le club tourne tourne donc une page après cinq titres dans la capitale. Cette organisation est donc une success story avec avec 12 trophées remportés en DEL, sans compter ses titres dans l’ex-RDA. Décidément cette ville qui est le berceau du hockey allemand continue d’accumuler les titres et poursuit le palmarès de l’ancien Berliner SC, record ultime de trophées en Allemagne (20).
Réactions d’après match :
Tom Kühnhackl (attaquant de Mannheim) : « C’est extrêmement amer de perdre une finale. Au final, nous avons manqué d’efficacité avant tout. Néanmoins, l’équipe a montré tout au long de la saison qu’elle n’abandonne jamais et se bat toujours jusqu’à la fin, quel que soit le score. »
Alex Ehl (attaquant de Mannheim) : « La déception est bien sûr énorme car les gars ont travaillé si dur et cela a été très plaisant tout au long de la saison. Nous pouvons être fiers de la performance en play-offs, même si cela reste difficile à voir cela. L’équipe a tout donné jusqu’à la fin et n’a jamais abandonné, donc c’est d’autant plus amer que ça n’ait pas suffi au final. »
Dallas Eakins (entraîneur de Mannheim) : « Je suis extrêmement fier de l’équipe, même si la défaite fait très mal, bien sûr. Nous voulions le faire pour nos supporters, le club, et les uns pour les autres, donc ça fait encore plus mal de perdre en finale. En même temps, la vision d’ensemble montre que nous continuons à évoluer chaque année et que nous avons progressé jusqu’à la finale. Nous pouvons construire là-dessus. »
Jonas Stettmer (gardien de Berlin) : « Je suis incroyablement heureux. C’est incroyable. Je n’aurais jamais pu rêver de devenir le MVP d’une série finale. J’ai juste essayé d’aider l’équipe. Au final, je me suis juste amusé à jouer. Nous avons encore combattu ensemble aujourd’hui, tout donné et mérité de devenir champions d’Allemagne. »
Serge Aubin (entraîneur de Berlin) : « Ce championnat est spécial. Respect pour mes joueurs. Nous avons été confrontés à beaucoup de difficultés cette saison, même en playoffs. Mais nous n’avons jamais abandonné et montré notre mentalité gagnante. […] Je suis fier d’avoir été entraîneur des Eisbären Berlin pendant si longtemps. Je suis reconnaissant pour la confiance et la coopération de tous ses dirigeants, joueurs et employés. Après toutes ces années de succès, j’avais le sentiment de vouloir relever un nouveau défi. C’est pourquoi j’ai décidé de franchir cette étape. Je n’oublierai jamais ma période à Berlin. Les Eisbären sont une excellente organisation avec des fans exceptionnels. Merci pour tout. »
Mannheim – Berlin 1-4 (0-1, 0-1, 1-2)
Dimanche 3 mai 2026 à 19h30 à la SAP Arena. 13 600 spectateurs
Arbitres : Martin Frano (TCH) et Sean MacFarlane (USA) assistés de Dominic Kontny et Patrick Laguzov.
Pénalités : Mannheim 2’ (0’, 0’, 2’) ; Berlin 6’ (2’, 2’, 2’)
Tirs : Mannheim 31 (7, 12, 12) ; Berlin 24 (10, 4, 10)
Évolution du score :
0-1 à 19’01” : Ronning assisté de Tiffels
0-2 à 21’17” : Kirk assisté de Noebels et Müller
0-3 à 43’09” : Ronning assisté de Tiffels
0-4 à 57’47” : Mik assisté de Noebels et Vikingstad (cage vide)
1-4 à 58’50” : Michaelis assisté de Gawanke et Mattinen (sup. num.)
Adler Mannheim
Attaquants :
Marc Michaelis (-3) – Kristian Reichel (-3) – Alexander Ehl (-2)
Tom Kühhackl (-2) – Luke Esposito (-1) – Matthias Plachta (-2)
Kris Bennett – Zach Solow – Anthony Greco
Défenseurs :
Lukas Kälble (-1) – Leon Gawanke (-2)
Dan Renouf – Nicolas Mattinen (2′, -1)
John Gilmour (-2) – Hayden Shaw (-1)
Tobias Forhler (-1)
Gardien :
Johan Mattsson [sorti de 52’47” à 54’31”, de 54’36” à 57’48”, de 58’09” à 60’00”]
Remplaçants : Maximilian Franzreb (G), Max Calce [« Penkin »], Yannick Proske (A). Absents : Justin Schütz (genou), Kevin Bicker (jambe), William Worge Kreü, Maximilian Heim (commotion), Brendan O’Donnell, Alexander Ruuttu, Samuel Soramies (surnuméraires).
Eisbären Berlin
Attaquants :
Frederik Tiffels (+2) – Jean-Sébastien Déa [puis Wiederer] – Ty Ronning (+2)
Marcel Noebels (+2) – Andreas Eder (2′, +1) – Liam Kirk (+2)
Yannick Veilleux – Markus Vikingstad (+1) – Leo Pföderl (+2)
Erik Hördler, Manuel Wiederer
Défenseurs :
Jonas Müller (+2) – Adam Smith (+1)
Mark Niemeläinen (+1) – Mitch Reinke (+2)
Erik Mik (+1) – Les Lancaster (4′, +1)
Gardien :
Jonas Stettmer
Remplaçants : Lennart Neisse (G), Moritz Kretzschmar (D), Lennard Nieleck (A). Absents : Jake Hildebrand (G, jambe), Korbinian Geibel (opéré de l’épaule), Blaine Byron (jambe), Patrick Khodorenko (genou), Lean Bergmann (genou), Kai Wissmann (suspendu).










































