Si les Slovènes continuent de prendre des points à tout va, l’Italie ne pourra plus se permettre d’attendre le dernier match pour décrocher son maintien. Elle devra elle aussi accrocher plus gros qu’elle. Mais en est-elle capable ? Même si Jukka Jalonen lui a donné une cohérence collective et défensive, elle reste limitée par ses capacités offensives. Sur ses cinq dernières rencontres en compétition officielle, aux Jeux olympiques et ici, elle a inscrit… 1 but.
Face à cette attaque qui ne fait pas vraiment peur, on est étonné de voir l’entraîneur tchèque Radim Rulík aligner pour la première fois ses huit arrières. Jan Ščotka a eu un simple avertissement sans être suspendu pour son coup de crosse (il a plaidé avec succès un réflexe à chaud sans intention de nuire), une clémence qui sonne comme un cadeau d’anniversaire puisqu’il fête ses 30 ans aujourd’hui. Michal Kempný est revenu en santé après avoir manqué un match. Le meneur défensif Filip Hronek, qui soignait une blessure avant la compétition, est là aussi alors qu’il a manqué les deux entraînements facultatifs d’hier et de ce matin. C’est lui qui connaît son corps, explique-t-on.
L’Italie s’en remet surtout à son gardien, Damian Clara, qui joue enfin son premier match. Gardé en réserve par Anaheim pendant les play-offs NHL, il a absorbé le décalage horaire mais doit aussi se remettre dans le rythme car il n’a plus joué de match depuis quatre semaines (en AHL). Le début de match l’aide. Le géant couvre très bien dans la cage et cela suffit à arrêter 15 tirs tchèques, tous sans danger. La défense bleue interdit parfaitement l’accès à l’enclave.
Ce premier tiers est d’une monotonie absolue. Seul moment d’émotion, Jiří Černoch reste étendu après une mise en échec de Cristiano DiGiacinto en sortie de zone. Les arbitres vont consulter la vidéo… et constatent qu’il s’agit d’une charge épaule contre épaule qui ne mérite même pas deux minutes. L’Italo-Canadien ressort donc du banc de la prison. C’est Marek Alscher qui prendra la première pénalité, pour avoir retenu ce même DiGiacinto dans un coin alors que le palet s’était éloigné. Mais la boîte tchèque ferme totalement l’axe : deux lancers excentrés et un tir de Carmine Buono bloqué par Lukáš Sedlák au sacrifice. À une minute de la pause, voilà enfin une position de but : Sedlák sert Matěj Blümel juste devant près de la cage, mais Saracino lui enlève le palet avant qu’il ne puisse tirer. Zéro occasion notable en 20 minutes, donc.
Luca Frigo retient Kubalik dans le coin dès le début de la deuxième période. Les Tchèques obtiennent leur premier avantage numérique. Même ce point fort usuel ne l’est plus trop. La véritable occasion arrive après 26 minutes : une excellente passe de David Tomášek dans l’intervalle entre Nitz et Saracino sert Jakub Flek à la ligne bleue pour un breakaway. Le tir de l’attaquant du Kometa Brno est détourné par le manche du bâton de Damian Clara, qui a beaucoup de chance sur cette action. On s’approche quand même. Chmelar se débarrasse de Spornberger qu’il balance au sol et reçoit le palet près de la cage, mais Clara pare son revers… puis voit le tir au rebond de Beránek arriver droit sur lui alors qu’il y avait de la place pour mieux viser.
C’est quand on commence à rater des occasions qu’on les regrette… L’Italie n’en a besoin que d’une, un tour de cage de Saracino. Dominik Pavlát est au mauvais poteau, il y a cinquante centimètres d’espace libre. Saracino ne rabat pas tout à fait son palet, repoussé par la botte du gardien sur le poteau ! Une chance de cocu ? En direct, les arbitres n’ont pas vu le palet rentrer. Mais au ralenti, si (0-1).
Les Tchèques accentuent la pression en zone offensive. Marek Alscher centre pour Roman Červenka seul devant la cage, le capitaine ne peut pas manquer ça… mais Damian Clara pare de justesse du bouclier ! Un autre lancer de Červenka, du cercle gauche, sera ensuite dévié de l’extrémité de la mitaine… Maintenant, cela bombarde de toutes parts, les lancers sont bien plus puissants et dangereux, mais Clara est chaud. Chaud comme la braise, même. Le jeu ne quitte plus la zone italienne. Daniel Mantenuto retient Tomášek pendant une longue présence. Clara reste un mur en infériorité numérique, et même quand il laisse des rebonds, le puck paraît ensuite comme maraboutée. On en est à 40 arrêts…
Les Tchèques sont victimes de Clara et de leur propre maladresse. Tomáš Galvas rate ainsi nettement une cage ouverte. Mais alors qu’il reste un quart d’heure à jour, la délivrance arrive. Daniel Voženílek occupe le défenseur Gregorio Gios et bloque le gardien et permet à Marek Alscher d’être absolument seul pour recevoir la passe croisée de Jiří Ticháček et marquer dans une cage vide (1-1). Débat intense sur le banc italien : on n’utilise pas le challenge pour ne pas prendre le risque de tout perdre. Les arbitres sont sans doute jugé, à raison, que c’est Gios qui a poussé Voženílek sur son gardien en essayant vainement de déloger la masse du Tchèque.
La pénalité qui ne vient pas d’un challenge perdu, elle viendra d’une crosse haute de Mattias Mantinger sur Kubalík (il hurle en même temps que Jalonen en voyant les images car il semble que ce soit Kempny qui lui a soulevé la crosse). Pendant l’avantage numérique, nouvelle passe fantastique de Tomášek pour Flek en zone neutre, à travers toute la glace cette fois, et… nouvel échec du numéro 19 face au gardien. Au retour à 5 contre 5, l’Italie se procure une magnifique occasion : passe de derrière la cage de Tommaso De Luca pour le lancer entre les cercles d’Alex Trivellato… que le gant de Pavlát dévie, juste ce qu’il faut, sur la barre transversale !
L’Italie aurait donc pu reprendre l’avantage… et elle cède moins de deux minutes plus tard. Encore une passe de Tomášek pour Flek, en zone offensive ce coup-ci. Le tir sur réception, bien que lointain, fait mouche à la faveur du travail d’écran de Dominik Kubalík (2-1). La joie des supporters tchèques est à la hauteur de la très longue attente. Ils ne sont pas encore au bout de leurs peines, car Jalonen sort son gardien pour une dernière poussée italienne. Ils peuvent enfin souffler avec le but en cage vide de Kubalík quand Saracino perd le palet devant Tomášek.

Les Tchèques n’ont pas leur efficacité habituelle, par manque de vrais buteurs, David Tomášek ayant plutôt revêtu le costume de passeur de grande classe. Ils en ont donc soupé face aux petits pays, mais ils restent bien placés avec 10 points sur 12 pour jouer un quart de finale à Fribourg. Ils ont maintenant deux jours de repos avant d’affronter la Slovaquie, adversaire peut-être plus favorable avec un jeu ouvert. L’Italie, elle, devra gravir une autre montagne : la Suède, vendredi soir. Damian Clara a un jour pour se reposer de son match à 55 arrêts.
Désignés joueurs du match : Filip Hronek pour la Tchéquie Damian Clara pour l’Italie
Commentaires d’après-match :
Marek Alscher (défenseur de la Tchéquie) : « C’est vraiment dur après autant de tirs. Je pense que c’est là que le match contre la Slovénie a aidé, nous savions que nous devions juste rester calmes et continuer de tirer. J’ai juste essayé de tirer tout ce que je pouvais, c’est que tout le monde essayait de faire. C’est 3-1, cela aurait pu être 2-1 ou 10-1, on prend. »
Damian Clara (gardien de l’Italie) : « Parfois, on joue à son meilleur quand on ne réfléchit pas trop, on sort, on joue et c’est tout. Il faut avoir des joueurs qui travaillent dur devant moi, ils m’ont beaucoup aidé aujourd’hui. Ce n’est pas faisable si votre équipe ne joue pas, et il faut de la chance aussi. C’est une combinaison des trois. […] Je n’ai rien vu de l’action, mais en voyant le ralenti, c’est assez clair qu’il [Gios] tamponne le joueur tchèque sur moi, donc il n’y avait pas d’opportunité de challenge selon moi. »

Tchéquie – Italie 3-1 (0-0, 0-1, 3-0)
Mercredi 20 mai 2026 à 16h20 à la BCF Arena de Fribourg. 4517 spectateurs.
Arbitres : Mikko Kaukokari (FIN) et Michael Tscherrig (SUI) assistés de Renars Davidonis (LET) et Patrick Laguzov (ALL).
Pénalités : Tchéquie 2’ (2’, 0’, 20) ; Italie 8’ (0’, 4’, 4’).
Tirs : Tchéquie 58 (15, 24, 19) ; Italie 15 (5, 3, 7).
Évolution du score :
0-1 à 29’20” : Saracino assisté de Frycklund
1-1 à 45’14” : Alscher assisté de Ticháček et Blümel
2-1 à 51’05” : Flek assisté de Tomášek et Hronek
3-1 à 59’05” : Kubalík assisté de Tomášek (cage vide)
Tchéquie
Attaquants :
Roman Červenka (C, -1) – Lukáš Sedlák (A, -1) – Matěj Blümel
Daniel Voženílek (+1) – David Tomášek (+2) – Jakub Flek (+2)
Dominik Kubalík (+2) – Matyáš Melovský (+1) – Martin Kaut
Ondřej Beránek – Jiří Černoch – Jaroslav Chmelař
Défenseurs :
Tomáš Galvas (+1) – Filip Hronek (A, +2)
Michal Kempný (+1) – Tomáš Cibulka
Jiří Ticháček (+1) – Marek Alscher (+1, 2’)
Libor Hájek (-1) – Jan Ščotka (-1)
Gardien :
Dominik Pavlát
Remplaçant : Josef Kořenář (G). Non équipés : Michal Kovařčík, Jan Mandát (A)
Italie
Attaquants :
Tommaso De Luca (-1) – Matt Bradley (-1) – Matthias Mantinger (2’)
Nick Saracino (-1) – Mikael Frycklund (-1, 2’) – Marco Zanetti
Luca Frigo (-1, 2’) – Daniel Mantenuto (A, -1, 2’) – Tommy Purdeller (-2)
Cristiano DiGiacinto – Bryce Misley – Ivan Deluca
Défenseurs :
Luca Zanatta (A) – Phil Pietroniro (-1)
Alex Trivellato (C) – Dylan Di Perna (+1)
Peter Spornberger (-2) – Gregorio Gios (-2)
Carmine Buono (+1) – Gabriel Nitz
Gardien :
Damian Clara [sorti de 58’13” à 59’05”]
Remplaçant : Jacob Smith (G). Non équipés : Davide Fadani (G), Alessandro Segafredo, Niccolo Mansueto (A).






































