Ren-ver-sant !

Le repos aura servi à la Suède à compter ses blessés : un de ses meilleurs attaquants, Gabriel Landeskog, est d’ores et déjà forfait pour le tournoi. Mais surtout, depuis hier, la rumeur d’une possible absence d’Adam Larsson circule. L’espoir annoncé comme le plus grand défenseur suédois des prochaines années a des problèmes d’adducteurs dans ce tournoi. Il est pourtant présent, et ô combien ! Larsson va réaliser un match impérial, avec une solide présence physique dans sa zone.
Tarasenko trouve le point faible
La Suède semble plus fraîche et se crée la première occasion par un tour de cage de Patrick Cehlin. Les techniciens russes sont pour l’instant discrets… mais ils vont convertir leur première action dangereuse ! Après une tentative de Tarasenko, Styrman prend le palet à Sobchenko et dégage le long de la bande. L’ailier droit Carl Klingberg ne sort cependant pas le palet de sa zone et se le fait prendre par Valuitski, qui le rend aussitôt à son capitaine. Pour cette seconde chance, Vladimir Tarasenko se montre plus filou et tire de derrière la ligne de but – photo de gauche – pour faire rebondir le palet dans la fesse droite du gardien Robin Lehner (0-1, 06’37 »).

La Russie peut ainsi faire le dos rond et repasser à l’attaque. Le duo Kuznetsov-Kitsyn tente de prolonger sa fin de match de rêve d’hier, puis Bocharov prend un mètre d’avance sur le défenseur Bertilsson et provoque la première supériorité numérique, très animée : Yuri Urychev – avec Sobchenko au rebond – et Dmitri Orlov allume des mèches de la ligne bleue, mais la plus belle action est la passe d’Urychev pour Tarasenko au second poteau. Robin Lehner prend sa revanche sur le capitaine russe avec une superbe parade-réflexe du gant. Friberg part alors à 2 contre 1 sur la contre-attaque, mais tire droit sur le gardien. Les Russes dominent nettement la fin de tiers et quittent la glace en tête et en confiance, comme s’ils avaient oublié toute fatigue.
Dégagement interdit… annulé !

Le jeune entraîneur Roger Rönnberg n’en finit plus de crier sur son banc. Les arbitres ont jugé que les Suédois n’ont pas fait l’effort d’aller vers le palet et ils ont donc annulé le dégagement interdit. Une décision très discutable…
Dos au mur, la Suède bouscule les Russes qui n’arrivent plus à sortir de leur zone. Inévitablement, Berezin finit par accrocher Cehlin. Le jeu de puissance scandinave est longtemps inoffensif, mais dans les dernières secondes, Adam Larsson s’avance pour un slap puissant côté plaque (1-2, 37’59 »).

La Russie n’accuse pas le coup et repart de l’avant. Yuri Uryshev trouve une relance magnifique vers Semyon Valuiski sorti du banc qui part en breawakay et place un tir entre les jambières du grand gardien suédois… mais trop croisé de quelques centimètres – photo de gauche ! Le chant du cygne avec Tchaïkovsky en bande sonore ?
Ces Russes ne meurent jamais

Les jaunes patinent beaucoup plus, les rouges sont à court de jus. Dmitri Orlov est pénalisé pour un cinglage qui a désarmé un adversaire de sa crosse. Petite pénalité, grandes conséquences : Johan Larsson masque le gardien et Patrick Cehlin lève sa crosse jusqu’au ciel pour mettre toute sa force dans son slap (3-2, 56’41 »).
Tout semble cuit pour les Russes, mais comme hier, leur deuxième ligne y croit jusqu’à la fin. Dans une bataille confuse dans le slot, le numéro 21 Sergei Kalinin plonge pour propulser le palet entre les bottes de Lehner – photo de droite (3-3, 58’33 »). Incroyable renversement de situation !
La Suède domine la prolongation, avec Patrick Cehlin en joueur le plus dangereux, mais en vain. Elle s’est réveillée trop tard dans cette partie et doit en passer par la loterie des tirs au but, celle qui lui avait réussi contre le Canada.

La Suède a vu s’envoler la finale et peut regretter autant ce fameux icing que le match manqué de sa première ligne défensive Erixon-Nemeth, présente sur les trois buts encaissés.
Battue de peu par les Suédois en poule, la Russie prend sa revanche en gagnant encore au courage un match apparemment perdu. Elle revient au premier plan après quatre ans sans finale au prix d’un véritable parcours du combattant. Ce qu’elle a perdu en force physique, elle l’a peut-être gagné en force morale.
Commentaires d’après-match
Robin Lehner (gardien de la Suède) : « Ces putains d’arbitres crient icing et ensuite l’annulent. Ce n’est pas un niveau d’arbitrage dans un tournoi comme ça. Cela ne serait pas arrivé si le Canada jouait, ça c’est sûr. »
Vladimir Tarasenko (attaquant de la Russie) : « Nous avons beaucoup donné ces derniers jours, mais nous en avions réservé pour ce championnat du monde. Y compris pour la prolongtion. Le moment le plus dur a été d’encaisser le troisième but. C’est dans ces situations qu’une vraie équipe se montre. Cela me procure un grand plaisir de jouer avec ces gars. Sur mon but, j’ai tiré exprès de cet angle. Au Sibir, nous avions comme gardien Tom Lawson [NDLR : 196 cm, trois de plus que Lehner], donc je connais les faiblesses des grands gardiens. Dans ces situations, il reste toujours une zone vulnérable. Mon père [entraîneur] m’a toujours dit qu’il fallait tirer dans ces cas-là. Je me suis parfois exercé avec Lawson. »
Suède – Russie 3-3 (0-1, 1-1, 2-1, 0-0) / 0-1 aux tirs au but
Lundi 3 janvier 2011 à 15h30 à la HSBC Arena de Buffalo (USA). 13435 spectateurs.
Arbitrage de Georgij Jablukow (ALL) et Pat Smith (CAN) assistés de Jonathan Morrison (USA) et Jesse Wilmot (CAN).
Pénalités : Suède 6′ (2′, 4′, 0′, 0′), Russie 8′ (0′, 6′, 2′, 0′).
Tirs : Suède 49 (13, 16, 15, 5), Russie 32 (14, 7, 9, 1).
Évolution du score
0-1 à 06’37 » : Tarasenko assisté de Valuiski
0-2 à 27’09 » : Golubev assisté de Bocharov et Panarin
1-2 à 37’59 » : A. Larsson assisté de Rakell et Thörnberg (sup. num.)
2-2 à 41’20 » : Järnkrok assisté de Fasth et A. Larsson
3-2 à 56’41 » : Cehlin assisté de A. Larsson (sup. num.)
3-3 à 58’22 » : Kalinin assisté de Kitsyn et Orlov
Tirs au but
Suède : O. Lindberg (arrêté), Wannström (arrêté), Lander (poteau).
Russie : Tarasenko (arrêté), Golubev (réussi).
Suède
Gardien : Robin Lehner.
Défenseurs : Tim Erixon (A) – Patrik Nemeth ; Klas Dahlbeck – John Klingberg ; Fredrik Styrman (A) – Adam Larsson ; Simon Bertilsson.
Attaquants : Johan Larsson – Calle Jarnkrok – Jesper Fasth ; Sebastian Wannström – Oscar Lindberg – Carl Klingberg ; Patrik Cehlin – Anton Lander (C) – Max Friberg ; Jesper Thörnberg – Johan Sundström – Rickard Rakell
Remplaçant : Fredrik Wentzel (G). Absent : Gabriel Landeskog (pied).
Russie
Gardien : Dmitri Shikin.
Défenseurs : Yuri Urychev – Dmitri Orlov (A) ; Nikita Pivtsakin – Georgi Berdyukov ; Andrei Sergeyev – Maksim Berezin ; Maksim Ignatovich.
Attaquants : Semyon Valuiski – Danil Sobchenko – Vladimir Tarasenko (C) ; Maksim Kitsyn – Evgeni Kuznetsov – Sergei Kalinin ; Anton Burdasov – Artyom Voronin – Nikita Dvurechenski (A) ; Artemi Panarin – Denis Golubev – Stanislav Bocharov.
Remplaçants : Igor Bobkov (G), Nikita Zaïtsev (main).








































