La série entre Berlin et Straubing est un défi surpuissant et indécis. Après une victoire initiale impressionnante de Straubing (5-1), le niveau s’est resserré dans toutes les manches. Les Eisbären ont remporté les trois matchs suivants. Les Bavarois ont ensuite fait le forcing dans la match 5. Erik Mik avait pourtant ouvert la marque dans le premier tiers pour les Berlinois, mais c’est Elis Hede qui a arraché la victoire en mort subite (2-1). Sur les cinq matchs disputés jusqu’à présent, cinq joueurs de Straubing ont chacun inscrit trois points. Tyler Madden est en tête de ce groupe avec deux buts et une passe décisive.
Ty Ronning demeure le meilleur buteur des Eisbären de Berlin en séries éliminatoires. L’attaquant compte quatre buts et trois passes décisives à son actif. Il est clairement le joueur indispensable du groupe.
Berlin peut se qualifier à domicile mais Jonas Müller est conscient des erreurs du passé : « Jeudi, nous avons perdu trop de duels et nous avons perdu le palet trop facilement. Samedi, nous devons mieux jouer ensemble, être plus solides et gagner les duels. Si nous y parvenons, je suis optimiste quant à la possibilité de terminer la série avec succès. »
À peine le match débute-t-il que Lean Bergmann se retrouve en prison pour avoir occasionné une charge à la tête. La pression est intense et le jeu de passes rapide. Mike Connolly fait la reprise, mais Jonas Stettmer l’arrête dans un déplacement rapide (1’00). La mise au jeu suivante est gagnée par les blancs et Loibl se précipite à la cage. Il passe à Connolly et un nouvelle fois Stettmer ferme la porte (1’16). Straubing continue à mettre la pression et maintient le jeu en zone offensive. Dans un ultime coup de force, un rebond laissé libre crée la panique mais les Berlinois parviennent à nettoyer la zone (2’54).
Les Bavarois sont agressifs et bloquent le jeu de l’équipe de Serge Aubin. On note l’énorme travail de Wade Allison pour remonter le palet et installer le jeu en zone offensive. De plus, les blancs sont meilleurs dans les duels. Du côté défensif, l’équipe de Craig Woodcroft parvient à tuer deux pénalités successives de Scott et Zimmermann avec un jeu serré et rapide sur le porteur du palet. Tim Brunnhuber parvient même à s’échapper en infériorité et à placer un tir sur Stettmer. Sur un nouveau tir bloqué, Straubing hérite du palet et Marcel Brandt s’enfuit avec deux Berlinois dans les patins. Malgré ce pressing, Il évite le portier et place le palet dans les filets (0-1).
Il ne faut pas beaucoup de temps pour que Berlin réagisse. Le palet est relancé depuis la zone défensive et en deux passes Yannick Veilleux est alimenté. En faisant la différence, il passe la défense, et contourne le portier (1-1). Enfin, les Eisbären enfoncent le clou. En supériorité, Eder place le palet sous la barre, en passant devant Henrik Haukeland (2-1). Mis en difficulté, le groupe de Serge Aubin a su réagir et renverser la situation. De son côté, Craig Woodcroft a du travail pour donner plus d’efficacité à son équipe dans la concrétisation des occasions.
À la reprise, Ryan Merkley chipe le palet et place un tir qui passe au ras du poteau (20’38). Mais le sursaut est de courte durée car Adam Smith, défenseur canadien de Berlin, s’avance dans la zone offensive et place un tir dans le trafic (3-1). Les Eisbären ont fait le break et on pense qu’ils vont maintenant dominer la partie. C’est à ce moment que Straubing démontre toutes ses qualités de combat, même si Berlin utilise un puissant échec-avant. Halloran concrétise, ensuite, une pénalité d’Andreas Eder (retenir) avec un tir en angle fermé (3-2).
Et le festival continue, car Marcel Brandt s’échappe dans un 2 contre 2. Le repli défensif berlinois fait le reste, il n’y aura pas de shoot face à la cage ouverte (28’45). Mais c’est Adrian Klein qui délivre son équipe avec un puissant tir, de la bleue, qui transperce le trafic (3-3).
On assiste ensuite à un jeu de duels, de combat et deux échecs-avant se faisant face. Jonas Stettmer douche les espoirs avec un double arrêt hallucinant, suite à deux tirs successifs (35’55). L’énormissime Ty Ronning fait encore preuve de tout son talent. Il s’échappe, repique vers le gardien, et feinte la passe, se laissant la possibilité d’ajuster le gardien et placer le palet entre le poteau et Haukeland (4-3).
Ce match est un mano a mano d’anthologie. Straubing ne lâche pas mais encaisse un mauvais but en toute fin de période, avec un tir lointain de Jonas Müller qui traverse le trafic. Les arbitres vérifient à la vidéo. Ils accordent le but, sous les réclamations de Haukeland protestant pour une possible gêne devant lui. À nouveau les Bavarois sont revenus au score. Pourtant les Eisbären démontrent leurs qualités pour marquer aux moments décisifs.
Troisième tiers. Jean-Sébastien Déa sort de prison et s’enfuit seul avec le palet. Son tir frappe la barre. Dans l’autre sens, Nick Halloran se débarrasse de son garde défensif et place le palet devant le gardien, qui se jette au sol pour geler la rondelle (45’55). L’équipe berlinoise renforce son pressing défensif pour bloquer les tirs et couper les passes. Mais c’est sur une pénalité de Markus Niemeläinen (faire trébucher) que les Eisbären subissent de nouveau la pression. Si Halloran, très en vue ce soir, voit son one-timer passer hors cadre, côté gauche en angle très fermé, la deuxième tentative au même endroit est victorieuse. Tim Fleischer envoie le palet dans la cage après un ricochet sur le patin de Stettmer. Le gardien enrage de voir ce but rentrer (5-4).
Ceci n’empêche pas Berlin de contenir son adversaire. C’est même un feu nourri sur Haukeland, lors d’une pénalité de Fleischer. Même au retour à cinq, la séance de tirs continue. La pression est énorme sur la cage de Haukeland. Tout est fait pour tenir le jeu à l’avant et garantir la victoire. Pourtant, sur une éclaircie, Tim Connolly s’avance dans la zone offensive mais voit son tir frapper la barre. Il est temps pour Craig Woodcroft de prendre son temps mort et sortir le gardien. Après l’installation d’un jeu de puissance, alors que la zone n’a pas été fermée, Straubing doit ressortir de la zone offensive. Au même moment, Merkley fait la passe à travers la ligne bleue et Halloran traverse le rideau défensif. Il prend de vitesse la défense berlinoise. Seul, il place le palet entre les jambes de Stettmer. C’est la folie dans le kop de Straubing (5-5).
Les Tigres ont de nouveau fait le forcing pour revenir au score et ne sont pas décidés à lâcher ! Mais Fleischer donne des sueurs froides à son équipe en écopant d’une pénalité (faure trébucher). La pression est étouffante. Berlin fait le maxi et shoote tous azimuts, mais ne score pas. Il va falloir en venir à la mort subite.
La tension est maximale pour ce début de mort subite. Chaque équipe est en place et a des chances de tir mais on constate un manque d’espace. Un puissant shoot de Filip Varejcka frappe la balustrade derrière la cage et revient percuter le bras de Jonas Stettmer. Le palet retombe juste à côté de la cage. Les Straubing Tigers sont passés tout près de la victoire (64’30). Sur une mise au jeu en zone défensive, les Berlinois captent la rondelle et Wiederer hérite du palet. Il s’échappe et décoche un tir tendu que Haukeland arrête en deux temps (65’53).
On est passionné par cette prestation. Les deux équipes ajustent chaque geste, chaque transmission de palet. L’habileté et le contrôle du puck est à son maximum pour ne donner aucune occasion à l’adversaire. Les gestes défensifs sont également intenses et précis. Straubing domine le jeu mais bute sur un bloc défensif hermétique. La force des Berlinois, c’est leur capacité à se projeter rapidement et il faut toute l’attention de Haukeland pour détourner une nouvelle contre-attaque. Il sort de sa cage pour repousser le palet à l’aide d’un poke-check, puis Danjo Leonardt se jette pour dévier la reprise qui suit (73’48).
On arrive à la fin de cette séquence de mort subite et comme en NHL, les périodes de prolongaton se succèderont jusqu’à ce qu’une équipe trouve la faille. Mais sur un coup de force, les Berlinois imposent un pressing intenable en one offensive. Chaque porteur est agressé et le palet est laissé libre dans la balustrade. Lean Bergmann revient derrière la cage et remet le palet devant les filets. C’est Markus Vikingstad, dans un rare espace libre, qui libère son équipe et le public (6-5).
Straubing a exécuté un match quasi parfait, mais les détails ont fait la différence. Berlin sort d’un défi titanesque qui a coûté une somme d’énergie et de tension incroyable. La déception est immense du côté des Bavarois qui ont touché du bout des doigts la possibilité de ramener un match 7 à domicile.
Deux géants ont marqué ce match avec le Canadien berlinois Ty Ronning et le Canadien bavarois Mike Connolly, qui termine sa carrière à l’issue de cette partie. Il est congratulé par l’ensemble des joueurs et des adversaires. Il a maintenant marqué à jamais l’histoire du club et de la DEL avec le plus grand nombre de points inscrits au club (532). Il est le plus grand fournisseur d’assistances (306) et conclut sa carrière comme deuxième meilleur buteur de l’histoire de Straubing (126). Après 11 saisons chez les Tigres, il a enfin le deuxième plus grand nombre de matchs joués avec ce maillot (539), derrière Sandro Schönberger.
À l’issue de cet immense défi, Berlin va retrouver Cologne dans une série revanche de la finale de la saison précédente. Dans l’autre quart se jouant le même jour, Munich s’est sorti d’un autre défi hallucinant. Le derby bavarois entre Ingolstadt et Munich a été un festival offensif permanent avec 53 buts inscrits en six rencontres. Cette fois les Red Bulls reviennent en demies en faisant sauter la banque à Ingolstadt (3-7). Après avoir mené 3-1, la défense locale a explosé ! Munich retrouvera Mannheim pour un défi qui sera un grand classique.
Commentaires d’après-match :
Serge Aubin (entraîneur-chef de Berlin) : « Je pense que la première série éliminatoire est toujours la plus difficile. Contre Straubing, ce fut une série très disputée, et je suis content que nous ayons trouvé le moyen de l’emporter. Après la défaite initiale, nous avons pris de l’élan et réussi à enchaîner trois victoires. Jeudi, nous avons perdu en prolongation. Aujourd’hui, nous avons laissé filer deux fois une avance de deux buts. Il faut en tirer des leçons. Mais nous sommes restés calmes et, heureusement, nous avons réussi à nous en sortir. Maintenant, un défi de taille nous attend à Cologne. Nous allons nous préparer pour être prêts. »
Markus Vikingstad (attaquant de Berlin) : « On a offert un match palpitant aujourd’hui. On savait dès le départ que la série contre les Straubing Tigers serait intense et disputée. Et ça s’est confirmé. Mon but est le fruit d’un bon pressing et d’une passe de Lean Bergmann. Maintenant, on se prépare pour les Kölner haie. Ça promet d’être une série passionnante. »
Berlin – Straubing 6-5 après prolongation (2-1, 3-2, 0-2, 1-0)
Samedi 4 avril 2026 à 17h30 à Uber Arena. 14 022 spectateurs.
Arbitres : André Schrader et Jackson Kozari (USA) assistés de Maksim Cepik et Tobias Schwenk
Pénalités : Berlin 8’ (2’, 2’, 4’, 0’) ; Straubing 10’ (6’, 0’, 4’, 0’).
Tirs : Berlin 35 (13, 7, 6, 9) ; Straubing 36 (14, 9, 10, 3).
Évolution du score :
0-1 à 16’19” : Brandt assisté de McKenzie
1-1 à 17’12” : Veilleux assisté de Bergmann et Wissmann
2-1 à 19’35” : Eder assistés de Vikingstad
3-1 à 22’05” : Smith assisté de Ronning et Tiffels
3-2 à 27’38” : Halloran assisté de Merkley et Brandt (sup. num.)
3-3 à 29’15” : Klein assisté de Connolly et Loibl
4-3 à 36’19” : Ronning assisté de Pföderl et Wissmann
5-3 à 39’52” : Müller assistés de Ronning
5-4 à 48’57” : Fleischer assisté de Hede et Merkley (sup. num.)
5-5 à 58’12” : Halloran assisté de Merkley et Leonardt
6-5 à 66’30” : Vikingtad assisté de Bergmann et Smith
Eisbären Berlin
Attaquants :
Ty Ronning (+3) – Leonhard Pföderl (+2) – Fredrik Tiffels (+3)
Liam Kirk – Andreas Eder (2’) – Jean Sébasten Déa (-1, 2’)
Yannick Veilleux – Markus Vikingstad (+2) – Lean Bergmann
Eric Hördler – Manuel Wiederer – Lennard Nieleck
Défenseurs :
Jonas Müller (+1) – Kai Wissmann
Erik Mik (+2) – Les Lancaster (+1)
Markus Niemeläinen (+1, 2’) – Adam Smith (+1)
Moritz Kretzschmar
Gardien :
Jonas Stettmer
Remplaçant : Jake Hildebrand (G). Absents : Korbinian Geibel (opéré de l’épaule), Mitch Reinke (haut du corps), Blaine Byron (jambe), Patrick Khodorenko (genou), Marcel Noebels (surnuméraire)
Straubing Tigers
Attaquants :
Elis Hede (-3) – Danjo Leonardt (-2) – Tylr Madden (-1)
Mike Connolly – Stefan Loibl (+2) – Nicholas Halloran (+1)
Filip Varejcka (-2) – Justin Scott (2’) – Tim Fleischer (2’)
Skyler McKenzie – Tim Brunnhuber (-4) – Wade Allison
Défenseurs :
Marcel Brandt (2’) – Mario Zimmermann (-1, 2’)
Nicolas Beaudin (-3) – Alex Green (-3)
Adrian Klein – Ryan Merkley (+2)
Simon Seidl
Gardien :
Henrik Haukeland [sorti de 57’00” à 58’12”]
Remplaçant : Florian Bugl (G). Absents : Linus Brandl (blessé), Stephan Daschner, Zac Leslie, Josh Melnick (surnuméraires).













































