Quels étaient les objectifs réels de cette équipe de France U20 au moment d’entrer dans ces Mondiaux de Division 1 A ? La promotion en élite semblait plus qu’illusoire, et les deux défaites d’entrée face aux favoris à l’accession norvégiens puis autrichiens ont clairement rappelé cette réalité. Un maintien serein aurait tout au plus été une vraie satisfaction, mais la rencontre de ce mercredi face au Kazakhstan s’est avérée un tournant peu vertueux. Nettement dominateurs au cours du premier tiers, les hommes d’Olivier Dimet ont ensuite perdu le fil, leur jeu et leurs nerfs dans de nombreuses pénalités, jusqu’à couler à pic dans le dernier vingt pour recevoir une correction en bonne et due forme (14-6).
Avec un zéro pointé après 180 minutes et la pire défense de très loin (26 buts encaissés), c’est dans le plus mauvais des contextes que les Bleuets se retrouvent au pied du mur à tenter de sauver leur place, pour une génération qui a déjà connue plus jeune une relégation. En face pour cette avant-dernière rencontre, le pays-hôte peut quant à lui s’assurer le maintien en cas de succès. C’est donc une vraie performance qui est attendue de la France, autant qu’une réaction d’orgueil après la déroute. Celle-ci devra s’opérer en l’absence d’Alexandre Monarque, suspendu pour un match par l’IIHF.
Le début de partie est équilibré. Une pénalité est appelée contre Djian mais Špari Leben rejoint à son tour le banc. À 4 contre 4 et sur une remontée de palet en solitaire, Dufour arme et lance dès l’entrée en zone bleue, touche le poteau et trompe Hebar (0-1, 06’01”). Les deux formations peinent ensuite à créer des opportunités, le jeu passant d’une zone à l’autre sans véritable chance. Les Bleuets ont a minima l’avantage de remporter les mises au jeu, s’offrant ainsi la majeure partie du temps de jeu avec la rondelle. C’est pourtant sur une nouvelle action plutôt individuelle qu’ils doubleront la mise, toujours par Dufour : le Briançonnais de naissance inscrit un but assez proche du premier, face à un repli défensif qui manquait clairement de tranchant (0-2, 13’03”).
Tout se passe au mieux pour la France, mais une frayeur apparaît quand Schoch reste quelques secondes au sol suite à un contact avec un adversaire, puis rejoint le banc. Boudet vient le suppléer sur la glace, alors que Terglav est pénalisé. Peu en veine la veille, le jeune gardien du Mont-Blanc doit de suite affronter une situation de tension… et s’incline rapidement, sur une finition proche de la ligne de Špari Leben (1-2, 14’56”).
Schoch retrouve sa place une minute plus tard, et l’intensité se développe. Les Slovènes gagnent en rythme, mais les Bleus semblent plus en jambes et sont toujours aussi tranchant dans les entrées de zone même s’ils n’aboutissent pas toujours à un lancer. Malheureusement, ils se retrouvent en infériorité en toute fin de tiers, pour une faute du capitaine Finé en zone offensive. Ils tiendront tout de même la mène jusqu’à la sirène.

Il n’y a guère alors que les supériorités numériques qui peuvent relancer la Slovénie. Cela tombe bien, la France reste assez indisciplinée, et Dufour est rappelé par la patrouille. Cette fois encore, la défense tient le choc et Schoch réalise un petit exploit en intervenant loin de sa cage pour couper une dangereuse ligne de passe. La Slovénie garde tout de même le palet en zone offensive mais confond vitesse et précipitation à plusieurs reprises. Ses efforts seront tout de même récompensés d’un lancer de Groznik venant de la gauche, sur lequel Schoch est masqué au déclenchement (2-4, 30’14”).
Les joueurs d’Olivier Dimet restent sous la menace, et voient avec soulagement Petrovič rejoindre le banc de pénalité. À l’aise en supériorité dans cette partie, ils tiennent là une nouvelle occasion de reprendre trois buts d’avance, mais malgré un jeu de puissance installé, Glavič et les siens résistent. Une bien mauvaise situation pour la France car sur la première ressortie slovène au retour à cinq, le palet circule dans la latéralité jusqu’à Špari Leben qui trompe le gardien de Borås d’un lancer puissant (3-4, 33’35”). Cela aurait pu être la correctionnelle pour l’équipe de France qui subit à présent énormément. Schoch intervient à plusieurs reprises, quand ce n’est pas la maladresse slovène qui empêche Berc de s’offrir un face-à-face. Totalement sous pression, les Bleus tiennent leur respiration quand Janežič se met bêtement à la faute, alors que sa sélection tenait le puck. Toujours un but d’avance pour la France au retour aux vestiaires, mais que ce fut compliqué devant la montée en gamme d’une équipe à présent poussée par un public qui a lui-même mis du temps à entrer dans son match.
En reprenant avec un joueur supplémentaire, les Bleus tentent de rebasculer vers un jeu d’attaque. Mais malgré un lancer de Djian capté par Glavič ou une série de lancers sur lesquels l’adversaire de Dufour en BCHL se mit en évidence, ils ne capitalisent pas et s’exposent même aux contres, Schoch faisant la parade devant Petrovič. Après avoir tué la pénalité, ce sont les Slovènes qui profitent à leur tour d’une supériorité, quand Pfirter se mit à la faute. Après plusieurs essais dangereux, c’est finalement Maks Berc un peu oublié au deuxième poteau qui posa la genouillère au sol pour équilibrer son lancer et inscrire le but égalisateur (4-4, 43’31”).
Malgré le coup au moral, la France tente de repartir de l’avant : un astucieux tour de cage de Nsonsa Kitala aurait pu trouver la faille mais Glavič était vigilant, comme sur le lancer de Terglav qui suivit. Très remuant, Djian trouva la possibilité de s’approcher, mais fut empêché dans sa prise de lancer. En face, Schoch n’est plus inquiété durant de longues minutes, jusqu’à un déboulé adverse annihilé par un accrochage de Paulin Hostein. Le palet passe les deux minutes en zone offensive slovène, mais les tentatives sont stériles et peu cadrées. Malheureusement, le retour à cinq ne permet guère de remettre la main sur la rondelle, et les minutes s’égrènent sans retrouver de véritables opportunités, contrairement à Tevž Mlakar qui chauffe les gants de Schoch. Pire encore, dans les toutes dernières secondes, c’est Le Lem qui met trop d’engagement à la conquête et laisse ses coéquipiers à un de moins. La prolongation est déjà synonyme de maintien pour la Slovénie.
Pas de relâchement pour autant dans ce temps supplémentaire, que les locaux attaquent avec une grande conviction. Schoch brille devant Hrobat Plemelj à deux reprises, mais le joueur de Jesenice attend le retour au complet pour crucifier l’adversaire, d’un palet qu’il lui est passé à la bleue, d’un départ sur la diagonale et d’un lancer précis au côté opposé (5-4, 63’14”).
Une fois encore, la France a semblé avoir les cartes en main, en menant notamment de trois buts. Mais le mental a une fois de plus fait défaut. Trop friables, les Bleuets ont connu des moments de panique qui ont conforté la Slovénie dans un espoir de retour. Ils paient cher par ailleurs leur indiscipline, dépassant une nouvelle fois les 10 minutes de pénalité, et concédant deux buts dans cette disposition. Malgré un rebrassage des lignes, la défense a encore fait défaut : avec une moyenne de 7,75 buts encaissés par match depuis le début du tournoi, témoignage de difficultés qui vont bien au-delà du naufrage kazakh, la France est à sa place, et le point obtenu ne change en rien l’équation. Sa chance, c’est de ne pas avoir été éliminée à distance de la course : l’Ukraine s’est de nouveau inclinée (9-2 face à l’Autriche), ce qui offre une finale de maintien durant laquelle les Bleuets n’auront d’autre choix que de s’imposer en temps réglementaire pour se sauver, au sortir d’un tournoi qui restera dans tous les cas un souvenir fort désagréable.
Désignés joueurs du match : Žan Špari Leben pour la Slovénie et Mathis Dufour pour la France
Slovénie – France 5-4 après prolongation (1-2, 2-2, 1-0, 1-0)
Jeudi 11 décembre 2025 à 19h30 à la Ledena Dvorana de Bled (SLO). 235 spectateurs.
Arbitres : Rasmus Ankersen (DAN) et Tyler Hascall (USA) assistés de Christopher Dehn (NOR) et Kenneth Englisch (ALL).
Pénalités : Slovénie 8’ (2’, 6’, 0’, 0’) ; France 14’ (6’, 2’, 6’, 0’).
Tirs : Slovénie 45 (7, 15, 17, 6) ; France 23 (9, 7, 7, 0).
Évolution du score :
0-1 à 06’01” : Dufour assisté de Haag et Pfirter
0-2 à 13’03” : Dufour assisté de Nsonsa Kitala
1-2 à 14’56” : Špari Leben assisté de Petrovič et Goličič (sup. num.)
1-3 à 23’30” : Dufour assisté de Guidoux et Djian (sup. num.)
1-4 à 24’50” : Le Lem assisté de Vidal
2-4 à 30’14” : Groznik assisté de Gruškovnjak
3-4 à 33’35” : Špari Leben assisté de Sodja Zalokar
4-4 à 43’31” : Berc assisté de Bizjak et Mlakar (sup. num.)
5-4 à 63’14” : Hrobat Plemelj assisté de Goličič et Petronijevič Lepša
Slovénie
Attaquants :
Nik Christian Petrovič (C, 2’, +1) – Žan Špari Leben (A, 2’) – Aljaž Hrobat Plemelj
Maks Berc (-1) – Gal Sodja Zalokar (-1) – Joc Bukovec (-1)
Svit Habjanič – Ian Petronijevič Lepša – Martin Bizjak (-1)
Tristan Konobelj (2’, +1) – Nik Šturm (+1) – Luka Gruškovnjak (+1)
Défenseurs :
Jan Goličič (A) – Aljaž Zupančič (-1)
Miran Janežič (2’) – Tevž Mlakar
Gaber Zupan Škrlj – Mark Groznik
Din Kovačević
Gardien :
Gal Hebar (9/13) puis à 24’50” Bor Glavič (10/10)
En réserve : Jan Ceric (A)
France
Attaquants :
Paul Le Lem (A, 2’, +1) – Tom Vidal (-1) – Robinson Djian (2’, +1)
Noa Nsonsa Kitala (+1) – Mathis Dufour (2’, +1) – Hugo Cal
Nathan Riu – Antonin Fine (C, 2’) – Darcy Terglav (2’, -1)
Arthur Hostein (-1) – Noa Besson (-1) – Kilian Alves Pereira (-1)
Défenseurs :
Maurice Zwikel (A) – Ewen Jribi-Chauvière (+1)
Robin Guidoux – Paulin Hostein (2’, -1)
Yannick Haag – Jolan Pfirter (2’, +2)
Ilmari Vial
Gardien :
Guillaume Schoch (40/44), remplacé par Baptiste Boudet entre 13’34’’ et 15’50’’ (0/1)
En réserve : Maxim Lavoie (G). Suspendu : Alexandre Monarque (A).







































