Brest assure sa place de leader malgré tout

Les Albatros battent de l’aile
Les deux équipes sont engagées dès le début de rencontre puisque cela brasse déjà un peu après seulement 18 secondes de jeu après le premier arrêt de Landry Macrez. Les Bélougas ne sont visiblement pas venus là pour faire de la figuration. Ils sont néanmoins dominés dans un premier temps mais Thomas Picavet est là pour sortir des arrêts de grande classe sur les occasions chaudes brestoises.
Pour une fois les Albatros ne vont pas faire la différence sur leur jeu de puissance puisque la première pénalité du match purgée par Antoine Pelisse est tuée (7’54’’). Néanmoins l’ouverture du score intervient peu de temps après sur un excellent travail de Nicolas Motreff dans le coin droit pour conserver la rondelle face à Harold Ten Braak. Le jeune Breton fait le tour du but et décale pour Nelson Vargas Dias qui glisse le palet sous la jambière de Picavet (1-0 à 10’09’’). Sur l’action, Jérémy Cormier est projeté au sol et saigne, mais c’est bien lui qui est puni pour cinglage.
Voilà les affaires bien embarquées pour les protégés du public avec cette ouverture du score. Pourtant ils vont vite déchanter. La suite est un bien mauvais scénario. La fin de tiers est laborieuse et finit par déboucher sur l’égalisation toulousaine. Rémi Peronnard s’introduit tranquillement dans la défense brestoise grâce à un marquage extrêmement laxiste de Slavomir Vorobel et Francis Ballet, avant de glisser le palet derrière Macrez (19’09’’).
Ce but avant la pause fait mal, et visiblement sonnés, les Albatros ne sont pas au bout de leurs peines lors du retour sur la glace. David Norström emporte une mise en jeu en zone offensive. Le disque arrive sur Jérémy Pradel qui profite d’une nouvelle grossière faute de marquage de Vorobel pour s’en aller battre Macrez (1-2 à 20’58’’).

À la traîne encore sur le plan défensif, Brest se fait surprendre par un contre en deux contre un de David Norström en compagnie de Kirk Golden. Vladimir Holik est bien seul pour défendre et ne peut constater les dégâts quand l’attaquant suédois envoie un tir précis en pleine lucarne (1-3 à 29’07’’).
Brest, visiblement nerveux, enchaîne les prisons par la suite. Les Bélougas sont bien en place et profitent très bien des errances d’un adversaire en plein doute. Il y a de la place pour l’exploit, ils y croient de plus en plus et le capitaine Maurice Rozenthal montre la voie. Parti de sa ligne bleue, il entre en zone offensive avec Slavomir Vorobel en opposition. L’ancien joueur de l’équipe de France tire, le palet ricoche sur la jambière du défenseur slovaque et revient sur Rozenthal. Ce dernier tire à nouveau et cette fois il trouve la lucarne adverse (1-4 à 33’38’’). Ce n’est décidément pas la soirée de l’ancien Caennais.
Un show télévisé
La messe est dite, se dit-on à juste titre dans les gradins où l’on continue néanmoins d’encourager les bleus et rouges. Et pourtant les quatre dernières minutes de ce tiers jusque là calamiteux vont tout relancer. C’est encore un jeu de puissance qui remet les Albatros dans le bain. Michal Dian est à la conclusion d’un jeu en triangle initié par Martin Gascon avec comme intermédiaire Francis Ballet (2-4 à 36’48’’).
Cette étincelle d’espoir se transforme en flamme deux minutes plus tard avec une entrée de zone sur l’aile gauche de Sébastien Gauthier. Antoine Pelisse fait le pressing mais l’attaquant canadien parvient à trouver son compère Vargas Dias qui ramène son équipe à un petit but dans une ambiance qui s’embrase (3-4 à 39’47’’). Les visiteurs s’approchaient de l’exploit mais ces deux derniers buts encaissés en l’espace de peu de temps font très mal.
La pause ne calme en rien les ardeurs locales. L’égalisation, attendue au vu de la dynamique de la rencontre depuis la fin du précédent tiers, intervient rapidement. Elle est de toute beauté. Michal Dian, posté derrière le but de Picavet, sert Vargas Dias, omniprésent encore une fois, qui décale immédiatement à gauche d’un brillant revers pour son capitaine Gascon. Le meilleur pointeur de D1 slape sur réception et propulse le palet dans la lucarne d’un Thomas Picavet furieux (4-4 à 42’06’’).
Le forcing continue avec des Albatros déchaînés qui ne tournent plus qu’à deux lignes d’attaque. Ils doivent néanmoins rester vigilants sur des percées pas si rares que cela de la part de Bélougas loin d’être assommés et qui parviennent à donner des frayeurs aux supporters dans les gradins. Picavet tient bien son Fort Alamo et pousse les siens vers une prolongation.

André Peloffy déclare en plaisantant que ce scénario était prévu juste pour la télé. Trêve de plaisanterie, c’est une remontée et une « happy-end » à l’américaine que les Albatros nous ont offert ce soir. Quoi de plus normal pour ce show télévisé ? Les Bélougas de Toulouse-Blagnac sont logiquement déçus de cette issue malheureuse pour eux, mais cela ne les empêche pas de saluer chaleureusement le kop brestois et leurs supporters qui ont fait le déplacement. L’exploit était à portée de crosse et il n’y aurait eu pas grand chose à redire au vu de la physionomie des quinze premières minutes du deuxième tiers.
C’était sans compter sur l’obstination de cette mouture 2010-2011 des Albatros qui s’est encore affichée ce soir. C’est une victoire courageuse obtenue au bout d’un bel effort collectif qui a laissé des traces visibles sur un capitaine Gascon complètement en sueur au terme de la rencontre. Cette belle remontée ne doit pas faire oublier tout de même les largesses défensives entrevues ce soir qui ne pardonneront certainement pas en play-off. Il y a encore du travail et se sont des avertissements à prendre sérieusement en compte. Mais pour l’instant place au repos et à la fin de la saison régulière sans pression. Les retours prochains de plusieurs blessés feront sans nul doute beaucoup de bien.
Commentaire d’après match (sur l’antenne de Tébéo)
André Peloffy (entraîneur de Brest) : « Avec cette victoire on est champion de la saison régulière, c’était un de nos buts cette saison. Maintenant, c’est la montée en Magnus. Tout ce que je peux dire, c’est que ces joueurs-là ont le cœur à la bonne place. Ça fait un mois qu’on joue à douze joueurs, treize maximum et ces gars-là n’ont jamais abandonné, jamais baissé les bras. C’est un groupe dont je suis extrêmement fier et vive Brest bordel ! »
Brest – Toulouse-Blagnac 5-4 après prolongation (1-1, 2-3, 1-0, 1-0)
Samedi 19 mars 2011 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1200 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Peronnin assisté de Jérémie Douchy et Charlotte Girard.
Pénalités : Brest 10′ (2′, 6’, 2′), Toulouse-Blagnac 18’ (4’+10′, 2’, 2’).
Évolution du score :
1-0 à 10’09’’ : Vargas Dias assisté de Motreff
1-1 à 19’09’’ : Peronnard assisté de Golden
1-2 à 20’58’’ : Pradel assisté de Norstrom
1-3 à 29’07’’ : Norstrom assisté de Hernandez
1-4 à 33’38’’ : Rozenthal (sup. num.)
2-4 à 38’08’’ : Dian assisté de Ballet et Gascon (sup. num.)
3-4 à 39’47’’ : Vargas Dias assisté de Gauthier et Ballet
4-4 à 42’06’’ : Gascon assisté de Dian et Vargas Dias
5-4 à 68’00’’ : Dian assisté de Volkov
Brest
Gardien : Landry Macrez.
Défenseurs : Vladimir Holik (A) – Francis Ballet (A) ; Slavomir Vorobel – Peter Cintala ; Alexey Volkov.
Attaquants : Nelson Vargas Dias – Martin Gascon (C) – Michal Dian ; Alexandre Lefebvre – Sébastien Gauthier – Serge Toukmatchev [puis Motreff à 40’] ; Nelson Vargas Dias – Nicolas Motreff – Jérémy Cormier.
Remplaçants : Pierre Pochon (G), Clément Gonzales. Absents : Jaroslav Prosvic (blessure à l’épaule), Matus Petricko (suspendu), David Hennebert, Tristan Lemoine (claquage).
Toulouse-Blagnac
Gardien : Thomas Picavet.
Défenseurs : Damien Gadiot – Terry Prunier ; Tommy Flinck (A) – Maxime Michaud ; Harold Ten Braak.
Attaquants : Sébastien Savajol – Antoine Pelisse – Alexis Codevelle ; Maurice Rozenthal – Remi Peronnard – Jérémy Pradel ; François Hernandez – David Norström – Kirk Golden ; Anthony Wagret ; Remi Doroginsky.
Remplaçant : Pierre Mauffrey. Absents : Benoît Pourtanel, Chistophe Ribanelli, Augustin Gillardin.









































