Grenoble encore trop juste

Bonne nouvelle en revanche du côté de l’infirmerie avec le retour très attendu de Francis Desrosiers même si Dufour prend quelques précautions en l’alignant seulement en quatrième ligne au coup d’envoi. Si l’on ajoute les retours de Sébastien Raibon et Suzzarini, cela signifie que seul Anthony Aquino manque désormais à l’appel dans les rangs grenoblois.
Les Dijonnais ont déjà pu se remettre dans le rythme en jouant leur quart de finale retour de la coupe de la ligue mercredi contre Rouen. Un match qui leur a laissé un goût amer puisqu’ils ont remonté leur handicap de deux buts du match aller mais ont finalement cédé la qualification pour les demi-finales au bout de la prolongation. Il reste donc à voir dans quel état de fraîcheur seront les Ducs après ce gros match de près de soixante-dix minutes dans les jambes.

Les attaques dijonnaises sont plus tranchantes et la défense grenobloise se fait souvent surprendre par la vitesse des visiteurs. Les Brûleurs de Loups parviennent malgré tout à porter le palet en zone offensive et Le Blond obtient ainsi une pénalité en se faisait retenir par Kevorkian. Mais encore une fois, le power-play grenoblois manque de percussion et de précision avec un absence de tirs réellement dangereux. Loup Benoît retourne en prison après avoir fait trébucher Erwan Pain et il est très vite rejoint par Alexandre Rouleau qui fait grossièrement le ménage devant la cage de Quemener en chargeant Rob Jarvis dans le dos. À 5 contre 3 pendant 1’30 », les Dijonnais ont l’occasion rêvée de prendre les devants au score. Mais les Grenoblois, héroïques en défense, s’accrochent et parviennent à perturber le jeu de puissance dijonnais avec une boîte bien compacte. Les Ducs se contentent de tirs lointains et ne parviennent pas à créer de décalage. Grenoble s’en sort bien en rentrant au vestiaire avec seulement un but de retard à la pause.

Si Grenoble est efficace en défense, on ne peut pas en dire autant de l’attaque toujours aussi brouillonne et qui manque vraiment de créativité. Une charge dans le dos de Quessandier le long de la bande permet à Grenoble d’évoluer pour la quatrième fois en supériorité numérique. Les Isérois ne parviennent toujours pas à construire un power-play convaincant, avec Tartari, Baylacq, Arrossamena ou Avenel régulièrement alignés sur la première unité spéciale. Pire même, alors que Nicolas Ritz rentre sur la glace après avoir effectué la substitution de Quessandier (qui a pris 2’+10′), Kevorkian part en contre puis s’appuie sur Rob Jarvis qui bénéficie d’un contre manqué de Crossman. Le tir du défenseur canadien est repoussé sur… Nicolas Ritz qui marque au rebond pour sa première présence sur la glace (0-2, 36’37 ») ! Grenoble continue de vendanger en attaque avec Le Blond qui rate une cage grande ouverte puis une contre-attaque à trois contre un qui se termine incroyablement par un hors-jeu. Les deux équipes rentrent donc au vestiaire avec une avance de deux buts pour Dijon.
Le troisième tiers débute mal pour Grenoble car Julien Baylacq se fait sanctionner pour avoir fait trébucher Erwan Pain après un engagement. Riendeau se retrouve dans la même position que Kevorkian au premier tiers mais voit son tir contré in extremis par Rouleau. Dijon parvient à maintenir le palet dans la zone défensive grenobloise et fait passer quelques sueurs froides à Quemener. Grenoble s’en sort malgré tout et Baylacq peut revenir sur la glace. Sur une action anodine en zone offensive, Alexandre Rouleau récupère le palet le long de la bande et son tir sans grande conviction surprend Sopko, pas très inspiré sur le coup (1-2, 44’11 »). Ce but redonne des espoirs aux Grenoblois qui commençaient à désespérer de trouver le fond des filets adverses. À l’inverse, Sopko n’est pas totalement revenu dans la partie, ce dont profite Nicolas Arrossamena pour tromper le portier dijonnais au-dessus de l’épaule sur un tir excentré côté gauche (2-2, 44’38 »). Ces deux buts en trente secondes donnent des ailes aux Brûleurs de Loups qui font voler en éclat la défense dijonnaise. Les brèches se multiplient et Grenoble rate encore quelques grosses occasions de prendre les devants au score pour la première fois du match.

Ce troisième tiers tout fou est loin d’être terminé car Francis Desrosiers, repositionné sur la troisième ligne, récupère le palet à l’entrée de la zone défensive dijonnaise et tire instantanément sur le côté gauche de la cage. Il profite de la fébrilité affichée par Sopko sur ce côté pour égaliser d’un tir entre les jambes (3-3, 51’20 »). Une belle façon de fêter son retour de blessure pour l’attaquant québecois ! Ouimet met ensuite au supplice la défense dijonnaise et provoque une faute de Kyle Hardy. Le jeu de puissance aurait pu permette à Grenoble de passer devant mais les Grenoblois se montrent décidément bien inefficaces dans ce domaine. À peine de retour sur la glace, Hardy retourne en prison. Grenoble réclame une deuxième pénalité pour une faute sur Tartari mais M.Bergamelli ne donne qu’un simple avantage numérique à Grenoble. Cela ne sera pas suffisant pour forcer la décision. Les Brûleurs de Loups poussent dans les dernières secondes, sans succès.
Place à la prolongation. Les deux équipes sont d’abord prudentes même si Dijon est plus entreprenant avec un tir de Hardy et une déviation d’Arnaud à bout portant alors que Grenoble se content d’un raid de Sivic. Mais deux énormes occasions vont venir pour les Brûleurs de Loups : tout d’abord Tartari rate le KO devant une cage vide sur une erreur de relance de la défense dijonnaise. Le palet va d’une cage à l’autre et les occasions de tuer le match se multiplient : sur un 2 contre 1, Sivic oublie Ouimet sur sa gauche et bute sur Sopko. Kyle Hardy met fin au suspense avec un tir lointain en lucarne que ne peut capter Quemener, masqué par le trafic devant lui (3-4, 66’19 »).

Le power-play fut en dessous de tout ce soir avec un 0/6 catastrophique. Les Brûleurs de Loups manquent à l’évidence de talent pour organiser le jeu de puissance et trouver le décalage comme Broz savait le faire en son temps. Les talents offensifs ne sont pas légion dans cette équipe et seuls François Ouimet, à l’origine de la plupart des actions dangereuses, et Francis Desrosiers, dont le temps de glace a augmenté au fil de la rencontre, semblent vraiment capables de débloquer une situation. À l’inverse, le jeu défensif est plutôt bien rodé, notamment en infériorité numérique. Mais là est vraiment la seule satisfaction qui ressort de ce match révélateur des insuffisances de l’effectif grenoblois cette saison. Scotchés à la onzième place, les Brûleurs de Loups ont vraiment du mal à décoller… Inquiétant avant un derby de tous les dangers samedi prochain à Villard.
Dijon pour sa part repart avec les deux points de la victoire ce qui leur permet d’accrocher la sixième place, bien calé derrière les cinq équipes de tête. Une victoire méritée sur l’ensemble du match pour les Ducs qui ont été plus constants dans leur jeu, plus précis aussi dans leurs gestes que leurs adversaires. Même si Riendeau et Gascon n’ont pas marqué, ils ont effectué un gros travail de sape en attaque. Seule ombre au tableau, le trou d’air de Sopko avec trois buts évitables encaissés au troisième tiers-temps. Une défaillance qui a relancé les Grenoblois alors que les Ducs semblaient se diriger tranquillement vers un succès sans histoire. La défense a ensuite paniqué en montrant quelques signes de fébrilité. Mais le tir précis de Hardy a finalement permis à Dijon de s’en sortir sans dommage…
Désignés meilleurs joueurs du match : Alexandre Rouleau (Grenoble) et Aram Kevorkian (Dijon)
(photos www.hockey-passion.com)
Commentaire d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Alexandre Rouleau (défenseur de Grenoble) : « Une nouvelle défaite à Pôle Sud, c’est décevant. On peut retenir le point qu’on ramène mais c’est rageant parce qu’on avait les occasions de chercher la victoire. On a réagi dans le troisième tiers quand on était au pied du mur. »
Grenoble – Dijon 3-4 après prolongation (0-1, 0-1, 3-1, 0-1)
Samedi 19 novembre 2011 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Guillaume Gielly et David Courgeon
Pénalités : Grenoble 14′ (6′, 2′, 6′, 0′), Dijon 22′ (4′, 4’+10′, 4′, 0′)
Tirs cadrés : Grenoble 45 (11, 10, 20, 4), Dijon 32 (7, 10, 10, 5)
Évolution du score :
0-1 à 04’18 » : Kevorkian assisté de Borjesson et Decock
0-2 à 36’37 » : Ritz assisté de Jarvis et Kevorkian
1-2 à 44’11 » : Rouleau assisté de Avenel et Ouimet
2-2 à 44’38 » : Arrossamena assisté de Tartari et Crossman
2-3 à 47’58 » : Guttig assisté de Gascon (double sup. num.)
3-3 à 51’20 » : Desrosiers assisté de Baylacq et Rouleau
3-4 à 66’19 » : Hardy assisté de Guttig et Pain
Grenoble
Gardien : Ronan Quemener.
Défenseurs : Baptiste Amar (A) – Kévin Dusseau ; Jason Crossman (A) – Sylvain Dufresne ; Alexandre Rouleau – Michael Steiner ; Rémi Colotti.
Attaquants : Graham Avenel – Christophe Tartari – Nicolas Arrossamena ; Mitja Sivic – Mathieu Le Blond – François Ouimet ; Joris Bedin – Loup Benoît [puis Desrosiers à 40’00 »] – Julien Baylacq (C) ; Elie Raibon – Mathieu Briand – Francis Desrosiers ; Maxime Suzzarini.
Remplaçant : Sébastien Raibon (G). Absent : Anthony Aquino (épaule).
Dijon
Gardien : Ramon Sopko.
Défenseurs : Benoît Quessandier – Rob Jarvis ; Kyle Hardy – Fredrik Borjesson ; Andrej Mrena – Cédric Custosse.
Attaquants : Anthony Guttig (A) – Martin Gascon (C) – Yannick Riendeau ; Thomas Decock (A) – Aram Kevorkian – Gabriel Da Costa ; Erwan Pain – Stephen Dugas – Mathias Arnaud ; Nicolas Ritz.
Remplaçant : Joffrey Pingrit (G).







































