
Le Kazakhstan, quant à lui, est annoncé plus fort que jamais. Il a un nouvel sélectionneur en la personne de Vladimir Krikunov, aussi réputé pour ses entraînements inhumains que pour sa rigueur défensive et son attachement à la discipline. Et ils ont tenté de se renforcer par des naturalisations opportunes, sans toujours maîtriser les règlements. Déclarés dans l’effectif préliminaire, Aleksei Bondarev, Konstantin Rudenko et Maksim Spiridonov sont tous considérés russes et inéligibles.
Mais aussi incroyable que cela paraisse, Kevin Dallman, lui, est bien là ! Oui, celui-là même qui avait quitté le Kazakhstan en raison des propos tenus sur un blog par sa femme concernant la corruption dans le pays ! Il n’a même pas besoin d’y revenir durablement, il enfile juste le maillot pour concrétiser son rêve olympique. Pourtant, le Kazakhstan interdit normalement la double nationalité, et on ne croit pas Dallman prêt à abandonner la nationalité canadienne pour celle de cette formidable démocratie d’Asie centrale… Mais l’avantage de ce genre de régime est que les règles peuvent y être manipulées. Les plus hautes autorités du pays ont fait en sorte qu’il obtienne ce « passeport » théoriquement interdit. Avec Dallman, le Kazakhstan obtient un défenseur organisateur de premier plan.

Amar et ses collègues ne se sont pas encore mis dans le rythme et sont pris de vitesse : à 2 contre 1, la passe d’Aleksandrov pour Belyayev est mal ajustée, mais la séquence est poursuivie en zone offensive par la quatrième ligne du Kazakhstan. Huet sauve d’abord un rebond dangereux, mais l’engagement est gagné par Ilya Solarev face à Laurent Meunier. L’inévitable Kevin Dallman patiente intelligemment pour servir parfaitement Konstantin Romanov au poteau droit (0-2). Est-il sûr et certain de ne pas vouloir rester canadien ?
Konstantin Pushkaryov s’amuse avec une feinte entre ses jambes et Moisand le fait trébucher quand il passe derrière la cage. Le Kazakhstan peut déjà tuer le match : heureusement, Hecquefeuille enlève un rebond face à Krasnoslobodtsev et Huet s’interpose face à deux joueurs asiatiques. À son tour en avantage numérique, la France s’appuie sur Yohann Auvitu pour canarder la cage, mais la première période s’achève avec deux buts de retard.
Au deuxième tiers-temps, les hommes de Dave Henderson prennent la mesure du match et imposent leur jeu. Mais ils se heurtent au 1-4 des familles mis en place par Krikunov. C’est une véritable muraille dressée par le Kazakhstan, qui ne cherche plus qu’à dégager le palet. Kevin Hecquefeuille en entrée de zone est accroché par Litvinenko en tentant le franchissement, mais en supériorité numérique, les Français n’arrivent à aucun moment à s’installer. Le seul tir, signé Hecquefeuille, est envoyé de la zone neutre.

Pour ne rien arranger, Morant retourne en prison aussi sec. Il doit encore s’adapter à la discipline requise au niveau international, comme d’autres (Bonnard par exemple) avant lui. Les entraîneurs le remplacent d’ailleurs par Manavian pour une présence, mais le barbu se fait cueillir à froid par une longue passe dans son dos et Morant finira le match. Dans cette fin de deuxième tiers, Huet arrête mal un tir de Savenkov, qui passe à côté de sa cage. La France s’est essoufflée après les pénalités.
En troisième période, par contre, les tricolores donnent tout sans jamais lâcher. Mais ils doivent faire face à une équipe du Kazakhstan appliquée à détruire toutes les actions, avec quatre joueurs à la ligne bleue, et à contrer et écarter le moindre palet. La domination au tirs (18 à 3) ne suffit pas devant un Vitali Kolesnik qui a une bonne vue des lancers et ne laisse pas de rebonds.
Face à une telle organisation défensive, la solution peut venir des arrières. Johann Auvitu est le plus apte, on le voit même percer la ligne serrée du Kazakhstan lors de la seule supériorité numérique du tiers-temps (les arbitres avaleront leur sifflet dans les dernières minutes). Kevin Hecquefeuille, par sa vitesse, peut aussi déstabiliser le bloc adverse, mais il est sur la même paire qu’Auvitu (privé de son habituel partenaire Besch) et leurs effets ne s’additionnent pas. C’est donc Baptiste Amar, à moins de trois minutes de la fin, qui se charge d’aller chercher un palet dans le coin pour repiquer à la cage sans opposition et lever le palet dans le haut du filet (2-3, photo de gauche).

Après ce départ manqué, fatal face à une équipe aussi regroupée que le Kazakhstan, il faut donc bien penser à la suite. Les deux premières lignes ont eu un temps de jeu si conséquent cet après-midi qu’il faudra d’abord battre les Britanniques en utilisant les quatre lignes, un Nicolas Ritz ayant convaincu sur ses présences aujourd’hui. Et surtout, il faudra croiser les doigts et espérer que la Lettonie batte le Kazakhstan demain soir pour tout relancer…
Désignés joueurs du match : Yohann Auvitu pour la France et Vitali Kolesnik pour le Kazakhstan.
Commentaires d’après-match
Dave Henderson (entraîneur de la France) : « Le Kazakhstan a joué un bon match. Au premier tiers, ils étaient devant nous. Deçu de ne pas avoir commencé le match comme il fallait. Ensuite ils ont bien joué défensivement. Ils méritent leur victoire. »
Vladimir Krikunov (entraîneur du Kazakhstan) : « Le match était peut-être intéressant pour les spectateurs. Pour nous, beaucoup moins. On était nerveux. On s’est ajusté au début puis on a gardé le résultat. On a fait un bon résultat au premier tiers-temps et ça a déterminé le reste de la partie. »
Julien Desrosiers (attaquant de la France) : « Grosse déception, c’est sûr, ça aurait pu passer. Au 3e tiers, ils n’étaient pas toujours calés, on a eu des bonnes occasions. Je suis sur la glace au deuxième but. C’est un problème de couverture sur l’engagement. On leur donne les deux premiers buts et après c’est dur de revenir au score car ils nous ont attendus tout le match. Ce n’est pas terminé. On va essayer de gagner les deux derniers matches et ensuite on verra. Aujourd’hui on se complique la vie encore une fois. On dirait que c’est notre habitude dans des tournois comme ça. »
Pierre-Édouard Bellemare (attaquant de la France) : « C’est dans nos têtes qu’on perd ce premier match. Est-ce qu’on a pris à la légère le premier match ou le fait qu’on joue en Lettonie et que c’est la grosse nation ? Je ne sais pas. Mais ce qui est sûr, c’est qu’on n’a pas commencé de la façon qu’il fallait. »
France – Kazakhstan 2-3 (0-2, 1-1, 1-0)
Jeudi 7 février 2013 à 15h30 à l’Arena Riga. 852 spectateurs.
Arbitrage d’Antti Boman (FIN) et Danny Kurmann (SUI) assistés de Maksims Bogdanovs (LET) et Nicolas Fluri (SUI).
Pénalités : France 6′ (2′, 4′, 0′) ; Kazakhstan 6′ (2′, 2′, 2′).
Tirs : France 38 (10, 10, 18) ; Kazakhstan 19 (9, 7, 3).
Évolution du score :
0-1 à 07’00 » : Starchenko assisté d’Upper
0-2 à 11’31 » : Romanov assisté de Dallman
1-2 à 32’17 » : S. Treille assisté de Bellemare
1-3 à 34’40 » : Zhailauov assisté de Polishchuk (sup. num.)
2-3 à 57’42 » : Amar
France
Gardien : Cristobal Huet.
Défenseurs : Vincent Bachet (A, +2) – Baptiste Amar (+2) ; Yohann Auvitu (-2) – Kevin Hecquefeuille (-2) ; Johann Morant (4′) – Maxime Moisand (2′) ; Antonin Manavian.
Attaquants : Julien Desrosiers (-2) – Laurent Meunier (C, -1) – Yorick Treille (-2) ; Damien Fleury (+2) – Pierre-Édouard Bellemare (A, +1) – Sacha Treille (+2) ; Charles Bertrand – Brian Henderson – Damien Raux ; Valentin Claireaux – Nicolas Ritz – Anthony Rech.
Remplaçants : Fabrice Lhenry (G), Loïc Lampérier.
Kazakhstan
Gardien : Vitali Kolesnik.
Défenseurs : Kevin Dallman (A, +2) – Vitali Novopashin (+2) ; Roman Savchenko (-2) – Aleksei Litvinenko (-2, 2′) ; Evgeni Blokhin – Aleksei Troshchinski (C).
Attaquants : Konstantin Savenkov (2′) – Dmitri Upper (A, +1) – Roman Starchenko (+1) ; Talgat Zhailauov (-1) – Fyodor Polishchuk (-1) – Vadim Krasnoslobodtsev (-1) ; Maksim Belyayev – Andrei Gavrilin (2′) – Viktor Aleksandrov ; Konstantin Romanov (+1) – Ilya Solarev – Konstantin Pushkaryov.
Remplaçants : Vitali Eremeïev (G), Evgeni Fadeev, Mikhaïl Rakhmanov.











































