Un grain de sable dans l’engrenage des Pingouins
Petite affluence au Coliseum en ce mardi soir, pour une rencontre qui apparait pourtant comme le début des choses sérieuses : les Gothiques d’Amiens font leur entrée dans les play-offs pour cette première confrontation face aux Pingouins du HCMAG.
En face, les supporters amiénois ont été quelque peu « chahutés » dans cette saison régulière chaotique, où les Gothiques ont alterné les moments de grâce et les trous noirs inexplicables. Auréolés d’une sixième place au général, ils se présentent en position apparente de force, mais savent qu’ils sont bien plus attendus au tournant que leurs adversaires des trois prochaines rencontres au minimum.
Au moment d’entrer sur la glace, les rouges enregistrent le retour face à ses anciens coéquipiers de Johan Ohlsson, mais sont toujours privés de David Bastien. En tout cas les premières minutes sont physiques et on retrouve une grosse intensité dans les contacts, les joueurs ont à cœur d’impressionner et le banc amiénois contribue au chambrage. Le premier tir remarquable de ce match est à mettre à l’actif de Peter Szabo sans que celui-ci n’atteigne la cage, mais le match peine clairement à démarrer dans le jeu. Très peu d’occasions, mais ces quelques rares opportunités sont au crédit des visiteurs, comme le déboulé d’Hudson sur lequel Sopko est vigilant, ou encore un bon lancer de Doyle à mi-tiers capté par le portier slovaque.
Le match trouve une occasion de se débloquer quand Dusseau est sanctionné pour une charge contre la bande. Si la séquence démarre sur un lancer rapide d’Hudson, Amiens ne s’en laisse pas compter et Leclerc, qui a retrouvé un rang de substitut du fait du retour d’Ohlsson, mais toujours aussi précieux sur ces phases de jeu qu’il maitrise à merveille, chipe un palet et se retrouve tout proche de tromper Hare. L’arbre qui cache la forêt dans cette domination plutôt rhône-alpine qui aboutit quelques instants plus tard : à la bleue Numa Besson remet rapidement le palet devant la cage. Il trouve Jones, plus prompt que Romain Bault, qui se charge de tromper le gardien amiénois pour l’ouverture du score (0-1, 11’04’’).

La toute fin de tiers est pourtant plutôt amiénoise, et Hare met en échec Bouchard puis Ohlsson, dans des derniers instants qui furent finalement les seuls dans ce tiers où Amiens a su porter un relatif danger devant la cage d’une équipe morzinoise bien en place.
Comme sur un plateau…

Après une méconduite pour Josselin Besson, les joueurs locaux demeurent anesthésiés et semblent vraiment sans solution. On se dit alors que la lumière viendra peut être du premier power-play sur une grossière erreur des Pingouins : après des discussions sur une mise au jeu, Whitelaw n’est pas en place et écope de deux minutes pour retard de jeu. Ce qui est très souvent considéré comme la plus idiote des pénalités qui soient, trouve certainement ici l’un de ses plus remarquables exemples… Le fait est que cette pénalité va tout simplement changer le cours du match.

Un power-play aussi salvateur pour les Gothiques que dévastateur pour les Pingouins, pleinement désorganisés à présent alors qu’ils avaient clairement la main sur la rencontre, bien plus proches de doubler la mise que d’être rejoints au score. La brèche est ouverte et les Gothiques ne relâcheront plus leur proie. Les deux numéros 18 de la rencontre s’essaient tour à tour, mais les rouges sont plus mordants. Ils poussent à la faute le jeune Mora (faire trébucher). Une pénalité qui amène le deuxième but amiénois sur un nouveau coup du sort : sur un palet anodin qu’Hare joue derrière la cage, le gardien tente une relance haute. Opportuniste, le finlandais Salmivirta se trouve sur la trajectoire, il saute pour attraper le palet au vol et le repose sur la glace où il n’a plus qu’à le pousser au fond d’un filet laissé libre (2-1, 30’09’’).

Pour parachever le nouveau cauchemar des visiteurs, nous assistons alors à un condensé de ce qui a pu faire perdre le fil aux Pingouins dans cette rencontre. Temps mort demandé et mise au jeu en zone offensive pour Morzine. Béron discute avec ses coéquipiers pour une mise en place avant de se présenter sur le face-off. Il le remporte, remet le puck derrière… mais l’équipe n’a pas suivi ! Ouimet prend alors le palet et part seul vers la cage adverse. Il dribble sans mal le gardien adverse pour s’offrir un triplé personnel (4-1, 31’39’’).
Quelques minutes auront changé la donne du tout au tout. Et c’est clairement miraculeux de retrouver une avance de 3 buts côté amiénois, alors qu’ils n’avaient pratiquement pas réussi à porter le moindre danger pendant une petite moitié de match. Derrière Hare se rachète un peu de confiance devant Salmivirta puis Ouimet. Le HCMAG tente malgré tout de réagir, d’abord par Hudson, puis sur un centre de Nabb pour Papa, et enfin sur un beau lancer du local Béron, mais ses tentatives sont infructueuses. La frustration se fait ressentir en toute fin de période et on s’explique véhément sur la sirène, qui vient mettre fin à ce tiers que Morzine aura sans doute plus perdu qu’Amiens gagné…
Prises de rendez-vous pour le lendemain…

Seulement en face les Gothiques se sont faits une spécialité du jeu en contre cette saison, et le prouvent encore quand, sur leur seule sortie de cette phase de jeu, Serer accélère sur le côté, repique dans l’axe, résiste au retour de Goz et condamne le gardien canadien à ces dernières secondes sur la glace du Coliséum (5-1, 45’20’’).

On passe même à deux doigts du troisième but visiteur peu de temps après, le palet franchit certes la ligne mais après que la cage a été désoclée. Un frisson parcourt alors les travées du Coliséum, mais la suite est plutôt rassurante pour les fans des Gothiques car le jeu s’équilibre et Amiens fait mieux que résister en défense en se créant également des opportunités. Il faut notamment un réflexe de la jambière de Macrez pour stopper un lancer d’Arnaud. Il est également question des réflexes du gardien français quand Bouchard est oublié au poteau. De l’autre côté, Nabb voit Sopko s’imposer sur sa tentative tandis que les minutes défilent en faveur des Picards.

Macrez sort de sa cage à la minute restante pour créer le surnombre. Et alors que les trois arbitres s’affèrent autour d’une énième cage désoclée (la spécialité locale), dans leur dos démarrent deux véritables bagarres entre d’un côté Bouchard et Hudson, deux joueurs qui se seront échangés des amabilités durant tout le match, de l’autre Arnaud et Whitelaw. Le temps de réaction du trio offre un sacré spectacle au public, et les deux premiers cités terminent la rencontre sur le banc de pénalité.
Comme face à Rouen, ou de manière particulière dans cette rencontre sur son but du tiers médian, Salmivirta prouve à nouveau qu’il est le spécialiste des cages vides. De loin, il envoie un palet glissé pas des plus rapides mais précis et efficace pour conclure le score (6-3, 59’39’’).

Amiens remporte la première manche de cette rencontre étrange, au goût bien amer pour les Pingouins et ceux qui les suivent. D’une situation parfaitement sous contrôle, bien aidée il est vrai par l’apathie des Gothiques du début de rencontre, une pénalité si idiote (mais justifiée) aura fait basculer le match, et nul doute que sans celle-ci le scénario, qui ne les préservait pas forcément d’une défaite, aurait dans tous les cas été moins cruel.
Quant aux Gothiques, ils ont conscience de l’importance de cette entrée en série et de ces deux rencontres à la maison qu’il faut négocier de la plus prudente des manières. Si Heikki Leime a pu se faire peur parfois dans ce match, l’essentiel est là mais ils devront montrer un autre visage s’ils veulent réaliser un beau parcours en play-offs. Et dans l’absolu, rien à ce jour ne préserve les Gothiques d’une surprise telle que les Pingouins savent en réserver.
Amiens – Morzine-Avoriaz-Les Gets 6-3 (0-1, 4-0, 2-2)
Mardi 18 février 2014 à 20h à la patinoire du Coliséum, 2300 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Hauchart assisté d’Aurélien Smeeckaert et Yann Furet.
Pénalités : Amiens 6′ (2′, 0′, 4′), HCMAG 18′ (0′, 14′, 4′)
Tirs cadrés : Amiens 21 (5, 10, 6), HCMAG 36 (8, 14, 14)
Évolution du score :
0-1 à 11’04 » : Jones assisté de Besson et Nabb (sup. num.)
1-1 à 27’51 » : Ouimet assisté de Salmivirta et Gascon (sup. num.)
2-1 à 30’09’’ : Salmivirta (sup. num.)
3-1 à 31’08’’ : Ouimet assisté de Bault et Fauchon
4-1 à 31’39’’ : Ouimet
5-1 à 45’20’’ : Serer assisté d’Arnaud
5-2 à 45’57’’ : Whitelaw assisté d’Ozolins et Brodin
5-3 à 58’34’’ : Béron assisté de Szabo et Linkomaa
6-3 à 59’39’’ : Salmivirta (cage vide)
Amiens
Gardien : Ramon Sopko.
Défenseurs : Aziz Baazzi – Jimi Santala ; Kévin Dusseau – Johan Ohlsson ; Vincent Bachet (C) – Romain Bault ; Nicolas Leclerc.
Attaquants : Ilpo Salmivirta – Martin Gascon (A) – Danick Bouchard ; Fabien Kazarine – Valentin Claireaux – François Ouimet ; Quentin Fauchon – Marius Serer (A) – Mathias Arnaud.
Remplaçants : Léo Bertein (G), Rémi Thomas, Romain Carpentier. Absents : Fabien Bourgeois, David Bastien (luxation de l’épaule).
Morzine-Avoriaz-Les Gets
Gardien : Andrew Hare puis Landry Macrez à 45’20’’.
Défenseurs : Numa Besson – Teemu Linkomaa ; Charlie Doyle – Carl Hudson ; Balazs Goz – Mickaël Brodin ; Simon Barbero.
Attaquants : Kim Nabb – Cyril Papa (C) – Chris Jones (A) ; Grégory Béron – Peter Szabo (A) – Josselin Besson ; Loïc Gaydon (alternance avec Loïc Mora) – Jon Whitelaw – Janis Ozolins.
Remplaçant : Kevin Maso.










































