Dans une finale où la logique semble être restée aux vestiaires, ce match 5 a basculé dans une dimension purement irrationnelle. Alors qu’aucune des deux équipes n’avait encore réussi à s’imposer sur ses terres, la BCF Arena s’attendait à une réaction d’orgueil des Dragons, restés muets deux jours plus tôt. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Fribourgeois n’ont pas déçu l’attente de leurs partisans, entamant la rencontre pied au plancher.
Tout réussi à Fribourg
Dès la 2e minute, Jacob de la Rose allumait une première mèche, avant de croire à l’ouverture du score à la 8e minute. La liesse fut toutefois de courte durée : après consultation de la vidéo, les arbitres annulaient la réussite pour un hors-jeu de Marcus Sörensen en début d’action. Ce n’était que partie remise. À peine deux minutes plus tard, ce même Sörensen concluait avec sang-froid un contre d’école orchestré par la première ligne des Dragons (0-1, 11’08’’). Gottéron, transfiguré, enfonçait le clou en supériorité numérique, mettant fin à une disette de plusieurs matchs dans cet exercice : Lucas Wallmark, bien servi par Henrik Borgström, profitait d’un cafouillage défensif pour doubler la mise (0-2, 12’05’’).
Complètement dépassé, le coach du HCD Josh Holden demandait immédiatement un temps mort. Mais la tempête fribourgeoise ne s’essoufflait pas. À la 16e minute, la quatrième ligne acculait les Grisons dans leur zone : le centre-tir de Jan Dorthe était alors dévié involontairement par Calle Andersson dans son propre filet (0-3, 15’44’’). Le portier Sandro Aeschlimann ne masquait pas son dépit. Pourtant, Andersson allait sonner la révolte en se rachetant de sa bévue : d’un tir précis au-dessus de l’épaule de Reto Berra, il redonnait espoir aux siens juste avant la première sirène (1-3, 19’26’’).
Le réveil de la bête grisonne
Ce but change totalement changer la physionomie du match. Dès le retour des vestiaires, Yannick Frehner sautait sur son propre rebond pour ramener le HCD à une petite longueur (2-3, 22’23’’). Fribourg, fébrile, multipliait les fautes sous la pression. En supériorité numérique, Rasmus Asplund puis Adam Tambellini faisaient passer des frissons dans le dos de Berra. L’égalisation tombait finalement des crosse de Sven Jung, idéalement servi à l’opposé par Tambellini (3-3, 30’52’’).
Davos prenait même l’avantage grâce à son Top Scorer, Matej Stransky. Jusqu’ici discret, et peut-être diminué physiquement, le Tchèque profitait d’un revirement de Borgström en zone neutre pour crucifier Berra sur un service d’Enzo Corvi (4-3, 35’02’’). Abattus, les Dragons ? Loin de là. Dans un scénario décidément fou, un tir anodin de Wallmark passait entre les jambières d’Aeschlimann pour une égalisation inespérée (4-4, 36’31’’).
Tambellini, le revenant providentiel
Après quarante minutes de feu d’artifice offensif, les défenses serraient les rangs au troisième tiers. Filip Zadina faisait parler sa vitesse en contre, mais son tir venait s’écraser sur le poteau de Berra (45e). Quelques minutes plus tard, un nouveau tir du Tchèque fracassait le masque du gardien fribourgeois, obligé d’en changer (52e). Gottéron aurait pu s’imposer sur le fil, mais Jan Dorthe, après avoir effacé plusieurs défenseurs, butait sur un Aeschlimann impérial (58e).
Le couperet est finalement tombé en prolongation. Sanctionné d’un retard de jeu après seulement deux minutes supplémentaires, Nathan Marchon laissait ses coéquipiers à 4 contre 5. Le jeu de puissance davosien ne se faisait pas prier : après un engagement remporté, Zadina trouvait Adam Tambellini dont la reprise de volée instantanée offrait la victoire au HCD.
Un dénouement cruel pour Fribourg, d’autant que Tambellini, surnuméraire lors des quatre premiers actes, a justifié à lui seul son insertion dans l’alignement. Désormais dos au mur et menés 3-2, les Dragons devront impérativement s’imposer mardi soir à domicile pour espérer ramener cette finale à Davos pour un acte VII de tous les dangers.
Illustrations de Pierre Maillard (site internet)
HC Davos – Fribourg-Gottéron 5-4 après prolongation (1-3, 3-1, 0-0, 1-0)
Dimanche 26 avril 2026 à 20h00 à la zondacrypto-Arena. 6547 spectateurs (guichets fermés).
Arbitres : Marc Wiegand et Mark Lemelin assistés de Dominik Schlegel et David Obwegeser.
Pénalités : Davos 6′ (4′, 2′, 0′, 0′) ; Fribourg 4′ (0′, 2′, 0′, 2′).
Tirs : Davos 40 (15, 15, 9, 1) ; Fribourg 32 (13, 8, 11, 0).
Évolution du score :
0-1 à 11’08” : Sörensen assisté de Marchon et Wallmark
0-2 à 12’05” : Wallmark assisté de Borgström et Sörensen (sup. num.)
0-3 à 15’44” : Dorthe assisté de Streule et Marchon
1-3 à 19’26” : Andersson assisté de Frick et Corvi
2-3 à 22’23” : Frehner assisté de Egli et Andersson
3-3 à 30’52” : Jung assisté de Tambellini et Kessler
4-3 à 35’02” : Stransky assisté de Corvi
4-4 à 36’31” : Wallmark assisté de Kapla et Berra
5-4 à 63’18” : Tambellini assisté de Zadina et Stransky (sup. num.)
HC Davos
Attaquants :
Adam Tambellini (+2, 2’) – Simon Ryfors (+1, 2’) – Yannick Frehner
Filip Zadina (+1) – Rasmus Asplund – Beni Waidacher
Tino Kessler (+1) – Enzo Corvi (+1) – Matej Stransky (C, +1)
Julian Parrée (-1) – Chris Egli – Simon Knak (-1)
Défenseurs :
Klas Dahlbeck (+1) – Lukas Frick (+2)
Sven Jung (+1) – Calle Andersson (+1)
Davyd Barandun – Nico Gross
Enzo Guebey
Gardien :
Sandro Aeschlimann (28/32, 87,5%)
Remplaçant : Laurin Solèr (G), Niklas Aebli. Absents : Ludvig Claesson, Brendan Lemieux, Roope Taponen, Tim Minder (surnuméraire), Rico Gredig, Luca Hollenstein, Valentin Nussbaumer (blessés).
Fribourg-Gottéron
Attaquants :
Attilio Biasca (-1) – Henrik Borgström (-3) – Christoph Bertschy (-2)
Nathan Marchon (+1, 2’) – Marcus Sörensen (+1) – Lucas Wallmark (+1)
Jamiro Reber (-1, 2’) – Jacob De la Rose – Jeremi Gerber (-1)
Jan Dorthe (+1) – Samuel Walser (-1) – Julien Sprunger (C, -1)
Défenseurs :
Michael Kapla (-1) – Yannick Rathgeb (-1)
Maximilian Streule (-1) – Simon Seiler (+1)
Benoit Jecker – Juuso Arola (-2)
Ludvig Johnson (-1)
Gardien :
Reto Berra (35/40, 87,5%)
Remplaçant : Loïc Galley (G), Kevin Nicolet. Absents : Patrik Nemeth, Daniel Ljunggren, Kyle Rau, Sandro Schmid, Ty Rattie, Andrea Glauser.







































