Grenoble sur le fil du rasoir

Mais les apparences sont trompeuses car la dynamique de fin de saison n’est pas du tout la même : Grenoble a terminé avec trois défaites au cours des quatre derniers matchs alors que Gap s’est extirpé de la zone des play-downs grâce à une fin de saison en boulet de canon (six victoires au cours des huit derniers matchs). Alors, même si les deux voisins dauphinois se sont affrontés déjà à cinq reprises cette saison en match officiel pour une seule victoire gapençaise (en coupe de France à Pôle Sud, souvenir douloureux pour les Grenoblois), difficile de dire que Grenoble est le favori indiscutable de cette série, surtout à la vue du jeu produit par les Brûleurs de Loups depuis le retour de la trêve internationale.

Passé ce début de match compliqué, les Brûleurs de Loups se relance à l’assaut des cages de Mike Garman. Mais les attaques grenobloises sont très timides et les prises de risques très limitées. Comme Gap n’est pas non plus très offensif, il n’y a pas vraiment d’occasions franches à se mettre sous la dent pendant une bonne dizaine de minutes si ce n’est une bonne opportunité de Stéphane Gervais en position idéale face au slot mais qui manque de précision dans le dernier geste.

La deuxième période débute sans Mickaël Perez côté gapençais, touché dans un choc. Vondracek le remplace sur la deuxième ligne gapençaise. Plus dominateurs que lors du premier tiers, les Grenoblois vont monopoliser la rondelle pendant la quasi-totalité de cette seconde période. La pression est forte sur la cage de Garman, mais tour à tour Petit, Sivic et Charland ratent d’excellentes opportunités face à la cage, manquant de lucidité dans le dernier geste. Les vieux démons grenoblois en attaque refont surface et le constat est le même que lors des précédentes rencontres disputées à Pôle Sud : Grenoble domine mais ne marque pas.
Cette stérilité offensive empêche les Brûleurs de Loups de prendre ses distances avec une équipe gapençaise repliée en défense et qui attend une situation favorable en contre-attaque. Les Rapaces bénéficient même d’une supériorité numérique après une faute de Gervais, mais ils n’arriveront guère à inquiéter Bonvalot qui passe parfois plusieurs minutes sans voir le palet. Lorsque Bedin ne parvient pas à pousser le palet qui passe au ralenti devant la ligne de but, on se dit que les Grenoblois sont définitivement maudits et qu’ils n’arriveront pas à marquer dans ce tiers. Et puis, sur un palet remis par Petit, Charland s’y reprend à deux fois pour finalement mettre le palet en lucarne d’un joli revers (2-0, 38’58 »). Ce fut difficile et laborieux, mais les Brûleurs de Loups tiennent finalement une avance de deux buts après quarante minutes.

Ce but remet un coup de pression aux Brûleurs de Loups soudain fébriles en défense. Moins d’une minute plus tard, Arrossamena tire à la cage, et le palet, mal dégagé par la défense et perdu de vue par Bonvalot, glisse tout doucement derrière la ligne de but (2-2, 47’59 »). En moins d’une minute, toute l’avance péniblement accumulée par les Grenoblois a fondu comme neige au soleil.
Et puis le miracle grenoblois se produit : une remontée de palet rageuse du capitaine Baptiste Amar, un lancer sur la cage et Matthieu Le Blond parvient à glisser le palet dans un trou de souris, profitant au passage d’un écran de Baylacq (3-3, 58’04 »). Un but contesté par les Gapençais qui réclamaient une obstruction sur leur gardien.
Après ces retournements de situation, place à la prolongation pour départager les deux équipes qui ont vu tour à tour la victoire de près. Et cette « loterie » à quatre contre quatre sourit à Grenoble qui parvient à forcer la décision grâce à Luc Tardif qui entre en zone offensive avec le palet et ajuste Garman d’un tir précis à ras de glace (4-3, 62’06 »). Encore une fois, les Gapençais contestent ce but, demandant encore une obstruction sur Garman qui avait perdu sa crosse après avoir été bousculé avant que Tardif ne déclenche son tir.

Gap n’est pas passé loin de réaliser un magnifique « come-back » au troisième tiers-temps et coiffer Grenoble sur le fil. Et les Rapaces peuvent même avoir des regrets à la vue du but égalisateur et du but vainqueur grenoblois. Pourtant peu en vue offensivement pendant deux tiers-temps, ils ont su profiter de la fébrilité adverse pour marquer sur leurs opportunités quand elles se sont présentées. Ils savent désormais l’exploit possible et revenir avec une victoire dans les Hautes-Alpes semble dans leurs cordes. À suivre demain.
Désignés meilleurs joueurs du match : Francis Charland (Grenoble) et Radim Valchar (Gap)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Grenoble – Gap 4-3 après prolongation (1-0, 1-0, 1-3, 1-0)
Mardi 18 février 2014 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 1800 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assistés de Matthieu Barbez et Guillaume Florentin
Pénalités : Grenoble 6′ (4′, 2′, 0′, 0′), Gap 4′ (4′, 0′, 0′, 0′)
Tirs cadrés : Grenoble 25 (9, 8, 5, 3), Gap 18 (6, 3, 9, 0)
Évolution du score :
1-0 à 16’37 » : Le Blond assisté de Gervais et Charland
2-0 à 38’58 » : Charland assisté de Petit et Sivic
2-1 à 47’05 » : Valchar assisté de Vondracek
2-2 à 47’59 » : Arrossamena assisté de Tekel
2-3 à 57’33 » : Valchar assisté de Vondracek
3-3 à 58’04 » : Le Blond assisté de Amar et Baylacq
4-3 à 62’06 » : Tardif assisté de Lessard et Amar
Grenoble
Gardien : Antoine Bonvalot
Défenseurs : Pierre-Luc Lessard – Baptiste Amar (C) ; Stéphane Gervais (2′) – Maks Selan ; Jason Crossman – Quentin Scolari.
Attaquants : Luc Tardif Jr – Toby Lafrance (A) – Yorick Treille (A) (2′) ; Mitja Sivic – Felix Petit – Francis Charland (2′) ; Julien Baylacq – Mathieu Le Blond – Joris Bedin ; César Joffre – Sébastien Delemps.
Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Nicolas Antonoff, Christophe Tartari. Absents : Kévin Martenon (rechute), Jordann Perret (genou).
Gap
Gardien : Mike Garman
Défenseurs : Kai Syväsalmi (2′) – Pasi Hirvonen (2′) ; Etienne Chiappino – Milan Tekel (A) ; Alexandre Cornaire (C) – Jérémy Baridon.
Attaquants : Jouni Virpiö – Collin Circelli (A) – Colin Moore ; Radim Valchar – Mickaël Perez [puis Vondracek à 20’00 »] – Nicolas Arrossamena ; Niklas Nilsson – Roman Vondracek [puis Paul Schmitt à 20’00 »] – Mathieu André.
Remplaçants : Guillaume Duquenne (G), Yoanne Lacheny, Jacques Evrard, Guillaume Michelon, Charly Brugière. Absents : Brice Mansouri (suspendu), Niko Mäntylä (blessé), Lucas Savoye (blessé).








































