L’équipe de France rentre dans une phase de reconstruction post-olympique. On savait qu’une page se tournerait avec la retraite de Pierre-Édouard Bellemare, la retraite internationale de Sacha Treille et possiblement de Stéphane Da Costa. S’y sont ajoutées les blessures de Dylan Fabre, Charles Bertrand et finalement Anthony Rech qui a dû quitter le camp en cours de route. La descente en D1A mondiale, qui débute deux semaines plus tôt que l’élite, rajoute aussi mécaniquement des absences : Alexandre Texier joue le premier tour des playoffs NHL et Justin Addamo s’est qualifié pour les play-offs de Liiga finlandaise.
Ce sont donc 8 des 13 attaquants titulaires aux derniers JO qui ne sont pas là. Le sélectionneur Yorick Treille a aussi été privé de l’option du principal jeune attaquant qu’on aurait attendu, Mathias Bachelet. Par ses déclarations, Tim Bozon a aussi condamné le chemin du retour en bleu. Faute d’alternative, le contingent offensif est donc sans surprise. Les derniers retranchés ont été les moins expérimentés (Téo Sarliève, Teemu Loizeau, Paul Joubert et Tommy Perret) mais ceux qui restent n’ont pas toujours un grand vécu en bleu. Des joueurs comme Simonsen et Bruche vont forcément se retrouver très vite avec des responsabilités importantes.
La défense évolue quant à elle sans Yohann Auvitu indisponible et sans Florian Chakiachvili, handicapé en playoffs par une pubalgie. L’ultime renfort encore possible pour les Bleus est Enzo Guebey qui joue la finale suisse. La dernière arrivée de Jules Boscq a sorti Lucien Onno.
Dans les cages, c’est le retour du grand absent olympique Quentin Papillon, revenu à son meilleur niveau avec le titre de champion de France de Bordeaux. Il est titularisé lors de ce dernier match de préparation contre la Pologne, qui est à la fois le pays-hôte et l’adversaire clé du Mondial de D1A qui s’annonce.

Rappelons que la Pologne a été reléguée en 2024 en perdant contre la France. Son passage en élite avait été bref avec une défense hors d’âge dont les 5 joueurs de plus de 35 ans ont évidemment pris leur retraite entre-temps. Le niveau des arrières était donc l’inquiétude mais les Polonais n’ont encaissé que 1,5 but de moyenne durant leurs six rencontres de préparation (un des jeunes défenseurs Eryk Schaefer s’est néanmoins cassé une côte au dernier match face à la Slovénie).
Ce bilan indique un système solide de Pekka Tirkkonen. La nomination de ce Finlandais comme sélectionneur a aussi été un choix économique : il est le coach du GKS Tychy, dont le président Krzysztof Woźniak a pris la tête d’une fédération polonaise endettée qui n’a plus les moyens d’un entraîneur à plein temps.
L’équipe de France prend plutôt le contrôle du jeu face à une équipe qui conforme son bon positionnement défensif. Mais c’est la première contre-attaque rapide qui fait mouche. Jordann Perret décale côté gauche Louis Boudon qui tire sous la barre transversale (0-1). Les Polonais enchaînent ensuite trois pénalités… et c’est pourtant elle qui finit par marquer à 4 contre 5 ! Paweł Zygmunt, qui vient d’arriver dans le camp polonais après avoir maintenu Litvínov en Extraliga tchèque, a le bon coup d’œil pour envoyer en échappée Patryk Krężołek – un joueur actuellement en quête d’un club – qui gagne son face-à-face avec Quentin Papillon (1-1).
L’intensité physique s’élève en deuxième période. La France commet ses premières fautes mais résiste pendant 20 secondes à 3 contre 5. L’infériorité numérique va bien… mais la supériorité numérique, avec des joueurs différents des JO, est toujours le gros point noir. Une erreur de Hugo Gallet permet à Jakub Ślusarczyk de partir à son tour en breakaway face à Papillon (2-1).
Les Bleus égalisent en toute fin de tiers grâce à Mathieu Mony qui dévie parfaitement au ras du poteau le palet servi dans le slot par Bruche. Après le premier point dimanche dernier, c’est le premier but international pour le défenseur d’Amiens, qui n’a débuté en bleu qu’en décembre (2-2).

Le troisième tiers-temps voit les gardiens s’illustrer. Papillon, qui n’a concédé que des échappées, est solide sur sa ligne. En face, Michał Kieler repousse des tentatives d’Aurélien Dair et Baptiste Bruche dans l’enclave. En prolongation, la meilleure occasion est pour Guillaume Leclerc qui se présente en un contre un avec Kieler mais voit son tir bloqué. De l’autre côté, Wronka tire de peu à côté et Papillon repousse de l’épaule le tir le plus dangereux d’Alan Łyszczarczyk.
S’ensuit alors un marathon de 14 pénaltys. Baptiste Bruche en réussit deux. Jordann Bougro est tout proche de faire pareil mais son second tir est sauvé in extremis par un formidable réflexe de Kieler. La Pologne célèbre immédiatement sa victoire contre un favori pour la montée et engrange de la confiance. Ce match servait à son ultime processus de sélection. Juste après la fin, trois joueurs sont renvoyés à la maison : Jakub Lewandowski, Sebastian Brynkus et Mateusz Michalski.
Cela veut donc dire que la Pologne n’a pas aligné son équipe idéale. Il manquait le centre Patryk Krężołek, jeune révélation de la saison internationale avec ses jolis buts tout en vitesse. Elle sera donc légèrement modifiée dimanche quand les deux pays se retrouveront au deuxième jour du Mondial.
Bien sûr, même rajeunie, même battue ce soir, la France se doit de remonter dans l’élite mondiale. Rappelons que l’autre relegué, le Kazakhstan, jouera sans son meilleur défenseur Valeri Orekhov et son meilleur attaquant Nikita Mikhailis, tous deux en play-offs de KHL avec Magnitogorsk. Mais les Bleus devront arrêter de se saborder – comme aux JO – lorsqu’ils sont en avantage numérique.
Commentaires d’après-match (FFHG) :
Yorick Treille (entraîneur de la France) : « La préparation a été courte, mais on commence à construire notre identité avec ce groupe et tout le monde a hâte que la compétition débute. Malgré la défaite face à la Pologne, nous avons été en contrôle la plupart du temps, mais il reste des points à régler, notamment sur certaines gestions de palet et sur les situations d’avantage numérique. Le positif, c’est que les joueurs commencent à se sentir en confiance dans notre système. Nous savons que la base de notre succès passera par notre jeu défensif, notre capacité à protéger notre cage, puis à utiliser notre vitesse. Chaque match sera une grosse bataille : dominer ne suffit pas toujours pour gagner, et cette rencontre nous apporte beaucoup d’enseignements avant le début du Mondial. »
Pologne – France 2-2 (1-1, 1-1, 0-0, 0-0) / 4-3 aux tirs au but
Mercredi 29 avril 2026 à 17h45 à Bytom. 1138 spectateurs.
Arbitres : Bartosz Kaczmarek et Michał Baca assistés de Michał Żak et Łukasz Sośnierz (POL).
Pénalités : Pologne 8’ (6’, 2’, 0’, 0’) ; France 6’ (0’, 4’, 2’, 0’)
Tirs : Pologne 20 (3, 10, 5, 1) ; France 28 (9, 10, 7, 1)
Évolution du score :
1-0 à 08’23” : Boudon assisté de J. Perret
1-1 à 18’18” : Krężołek assisté de Zygmunt (inf. num.)
1-2 à 33’34” : Ślusarczyk assisté de Krężołek et Górny (inf. num.)
2-2 à 39’35” : Mony assisté de Bruche et J. Perret
Tir au but gagnant : Wałęga
Pologne
Attaquants :
Patryk Wronka – Dominik Paś – Alan Łyszczarczyk (-1)
Jakub Lewandowski – Kamil Wałęga (2’) – Patryk Krężołek (+2)
Aron Chmielewski (-1) – Filip Komorski (-2, 2’) – Paweł Zygmunt (-1)
Mateusz Michalski – Mikołaj Syty – Sebastian Brynkus
Jakub Ślusarczyk (+1)
Défenseurs :
Bartłomiej Pociecha (+1) – Mateusz Bryk (+1)
Kamil Górny (+1) – Michał Naróg (+1, 2’)
Bartosz Ciura (-2) – Jakub Wanacki (-2)
Patryk Hanzel
Gardien :
Michał Kieler
Remplaçant : Tomáš Fučík (G). En réserve : Maciej Miarka (G), Karol Biłas (D), Krzysztof Maciaś, Mateusz Gościński, Christian Mroczkowski (A).
France (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Tomas Simonsen (-1) – Louis Boudon (C, -1) – Jordann Perret
Baptiste Bruche (-1) – Jordann Bougro (+1) – Guillaume Leclerc
Aurélien Dair – Fabien Colotti – Valentin Grossetête
Floran Douay – Nicolas Ritz – Kévin Bozon
Kaylian Leborgne, Flavian Dair
Défenseurs :
Enzo Cantagallo – Jules Boscq (-1, 2’)
Charles Schmitt (+1) – Hugo Gallet
Kévin Dusseau – Yohan Coulaud
Mathieu Mony (+1, 2’) – Thomas Thiry (+1)
Gardien :
Quentin Papillon
Remplaçant : Martin Neckar (G). En réserve : Antoine Keller (G).






































