Après avoir égalisé dans la série lors de l’acte précédent, le HC Davos accueillait Fribourg-Gottéron dans son antre avec la ferme intention de prendre les commandes de cette finale. De leur côté, les Dragons, plombés par une inefficacité chronique en avantage numérique, abordaient ce déplacement avec une mission claire : fermer les vannes et ne plus offrir de cadeaux à l’adversaire.
Treize secondes de liesse
Le début de rencontre est placé sous le signe de la prudence. Si les deux premiers duels avaient été marqués par une tension électrique et des escarmouches systématiques après chaque coup de sifflet, l’entame de ce match 3 s’avère bien plus policée. L’intensité, paradoxalement, rappelle davantage une joute automnale qu’une finale nationale. Les gardiens passent un premier tiers relativement tranquille, seulement sollicités par des tentatives lointaines sans grand danger.
Le match sort de sa torpeur à la 15e minute : Juuso Arola provoque un revirement de Tino Kessler au niveau du demi-cercle des arbitres. Lucas Wallmark hérite du disque et renverse magnifiquement à l’opposé vers Marcus Sörensen. Le Suédois s’avance jusqu’au point d’engagement et nettoie la lucarne de Sandro Aeschlimann d’un lancer chirurgical (0-1, 14’48”). La joie fribourgeoise sera pourtant de très courte durée. Sur l’engagement qui suit, Chris Egli remporte son duel ; le palet est envoyé en fond de zone où Julian Parrée et Egli travaillent fort le long des bandes pour servir Simon Knak, oublié au marquage devant le filet par Jacob De La Rose. L’international suisse contrôle, pivote sur son revers et égalise instantanément (1-1, 15’01”). Fribourg n’aura mené que treize petites secondes.
Le réalisme tchèque et la frustration grisonne
Discret depuis le début de la finale (aucun point au compteur), le Top Scorer Matej Stransky se signale enfin au retour des vestiaires. À la 24e minute, il se défait avec autorité du marquage de Maximilian Streule pour reprendre une offrande de Simon Ryfors, mais Reto Berra ferme la porte. Quelques instants plus tard, Wallmark lance Sörensen à la limite du hors-jeu ; le Suédois se présente seul face à Aeschlimann, mais le portier grison a cette fois le dernier mot du bout de la botte.
Le tournant du tiers intervient lors d’une infériorité numérique fribourgeoise. Michael Kapla échoue à dégager son camp, alors que ses coéquipiers amorcent un changement de ligne. Aeschlimann relance immédiatement sur Yannick Frehner qui propulse Filip Zadina en orbite. Seul face à Berra, le Tchèque ajuste le portier entre la botte et la mitaine (1-2, 28’08’’). Davos manque de peu d’enfoncer le clou : toujours en supériorité numérique, Calle Andersson envoie un missile lointain. Masqué par l’écran de Brendan Lemieux, Berra accorde un rebond juteux que Tino Kessler, en position idéale face au but ouvert, ne parvient pas à convertir (33e). Fribourg tente de réagir par Attilio Biasca, idéalement servi par Simon Seiler au milieu de la défense adverse, mais Aeschlimann reste impérial (35e).
Wallmark remet les compteurs à zéro
Davos maintient la pression à l’entame de la dernière période. Yannick Frehner, très remuant, pousse Jeremi Gerber à la faute. Sur le jeu de puissance qui s’ensuit, Kessler manque à nouveau le cadre de peu (44e). Mais Fribourg a de la ressource, et c’est Lucas Wallmark qui va endosser le costume de sauveur. Lancé le long de la bande par Yannick Rathgeb, le Suédois s’infiltre dans la zone, s’approche d’Aeschlimann et lève subtilement le palet du revers. Le disque passe par dessus l’épaule du gardien, touche la transversale avant de retomber derrière la ligne (2-2, 47’28”). Alors que le spectre des prolongations se dessine, Juuso Arola se porte en soutien de l’attaque fribourgeoise, efface Lukas Frick sur un service de Nathan Marchon, mais sa tentative finit sa course sur le poteau (59e).
Un marathon au bout de la nuit
Si le temps réglementaire a parfois manqué de rythme, la prolongation s’avère d’une intensité folle. Davos tire de tout bois (14 tirs cadrés lors de la première séance supplémentaire) et force Reto Berra à multiplier les arrêts de grande classe. Dominé, Gottéron procède par fulgurances et touche les montants à deux reprises par Biasca (66e) puis Sörensen (73e), avant que Jan Dorthe ne manque l’immanquable à bout portant (77e).
La décision tombe finalement lors de la seconde période de prolongation. Le match bascule dans la tension lorsque Lucas Wallmark se rend coupable d’un coup de canne vicieux derrière le genou de Zadina, un geste qui échappe au corps arbitral (et qui aurait certainement mérité une pénalité majeure) mais provoque la fureur du public grison. C’est finalement Julien Sprunger, le capitaine emblématique, qui va délivrer les siens. Grâce à un pressing acharné en zone offensive, il récupère un palet contré et le loge avec sang-froid dans le haut du filet (2-3, 88’47”). Fribourg s’impose au bout du suspense et reprend l’avantage dans cette finale au terme d’un véritable marathon.
Épilogue : L’énigme de la glace à domicile
Malgré une domination territoriale écrasante (36 tirs à 19), Fribourg-Gottéron a laissé échapper l’acte 4 de cette finale. Il aura suffi d’une réussite précoce de Julian Parrée dès la 5e minute et d’une prestation étincelante de Sandro Aeschlimann — impérial pour signer un blanchissage — pour voir le HC Davos recoller au score dans la série (2-2).
Illustrations de Pierre Maillard (site internet)
HC Davos – Fribourg-Gottéron 2-3 après prolongation (1-1, 1-0, 0-1, 0-0, 0-1)
Mercredi 22 avril 2026 à 20h00. 6547 spectateurs (guichets fermés).
Arbitres : Michaël Tscherrig et Loïc Ruprecht assistés de Zach Steenstra et Michael Stalder.
Pénalités : Davos 6’ (0’, 2’, 0’, 0’, 0’) ; Fribourg 8’ (0’, 4’, 2’, 2’, 0’)
Tirs : Davos 41 (9, 10, 4, 14, 4) ; Fribourg 27 (10, 6, 5, 3, 3)
Évolution du score :
0-1 à 14’48” : Sörensen assisté de Wallmark et Arola
1-1 à 15’01” : Knak assisté de Egli et Parrée
2-1 à 28’08” : Zadina assisté de Frehner et Aeschlimann (sup. num.)
2-2 à 47’28” : Wallmark assisté de Sörensen et Rathgeb
2-3 à 88’47” : Sprunger assisté de Seiler
HC Davos
Attaquants :
Brendan Lemieux (-2) – Simon Ryfors (-2, 2’) – Matej Stransky (C, -2)
Filip Zadina – Rasmus Asplund – Niklas Aebli
Tino Kessler (-1) – Beni Waidacher (-1) – Yannick Frehner (-1)
Chris Egli (+1) – Julian Parrée (+1) – Simon Knak (+1)
Défenseurs :
Klas Dahlbeck (-1) – Lukas Frick (-1)
Sven Jung (-1) – Calle Andersson (-1)
Davyd Barandun – Michael Fora puis Nico Gross
Gardien :
Sandro Aeschlimann (24/27, 88,9%)
Remplaçants : Laurin Solèr (G), Enzo Guebey. Absents : Ludvig Claesson, Adam Tambellini, Roope Taponen, Tim Minder (surnuméraires), Rico Gredig, Luca Hollenstein, Valentin Nussbaumer, Enzo Corvi (blessés).
Fribourg-Gottéron
Attaquants :
Attilio Biasca (-1) – Henrik Borgström – Christoph Bertschy
Nathan Marchon (+2) – Lucas Wallmark (+2) – Marcus Sörensen (+2)
Jamiro Reber (-1) – Jacob De la Rose (-1) – Jeremi Gerber (-1, 2’)
Jan Dorthe (+1) – Samuel Walser (+1) – Julien Sprunger (C, +1)
Arrières :
Michael Kapla (+1) – Yannick Rathgeb (+1)
Maximilian Streule (4’) – Simon Seiler (+1)
Benoit Jecker (+1) – Juuso Arola (+1)
Ludvig Johnson
Gardien :
Reto Berra (39/41, 95,1%)
Remplaçants : Loïc Galley (G), Kevin Nicolet. Absents : Patrik Nemeth, Daniel Ljunggren, Kyle Rau, Sandro Schmid, Ty Rattie, Andrea Glauser.








































