Les deux adversaires du jour dans le Mondial des moins de 18 ans – France et Italie – doivent gagner pour rester dans la course à la montée. Une course pour l’instant menée par l’étonnante Lituanie. Après sa victoire en ouverture sur la France, elle a battu les deux pays qui jouent le maintien, l’Estonie et la Corée du Sud, qui seront les deux derniers adversaires des Bleuets. Un calendrier certes plus facile, mais si la Lituanie continue de tout gagner, elle pourrait créer l’immense surprise.
Avant de se préoccuper des autres, il faut déjà s’occuper de soi. Éric Blais a intégralement reconduit la composition d’équipe qui a battu l’Autriche, y compris le gardien formé à Nice, Thomas Boursier, en titulaire devant les filets.
L’équipe de France des moins de 18 ans nous a habitués dans ce Mondial à des débuts de match assez tonitruants. Ce n’est pas le cas aujourd’hui face à l’Italie, où l’intensité n’est pas extrême. On sent néanmoins que les Bleuets, après un temps d’observation, prennent la mesure de leurs adversaires et repèrent les opportunités. Curieusement pour des joueurs aussi jeunes, les poulains de Blais paraissent surtout faire preuve de… métier. Ils ne cèdent jamais d’espace à leurs vis-à-vis et cela leur permet de glaner de plus en plus de palets récupérés au fil des minutes.
Les adversaires sont empêchés de dérouler leur jeu. Après un dégagement interdit des Italiens, on engage dans leur zone et Ferretti dégage au-delà des limites de la zone de jeu. L’équipe de France obtient ainsi son premier avantage numérique : après un bon jeu en triangle initié par Monarque et Lassini, la reprise en bonne position de Kayliss Bizat n’a pas la puissance voulue. C’est cette conviction dans le dernier geste qui a manqué dans ce premier tiers-temps maîtrisé. La poussée française se maintient et provoque une seconde pénalité, contre Tommaso Levis pour dureté, à 21 secondes de la sirène.

La récompense du travail accompli arrive dès le retour des vestiaires. Nolan Terglav s’éloigne sur l’aile droite pendant un engagement à l’opposé en zone neutre et sert de point d’appui à une combinaison lancée par Arthur Daubeuf qui transperce la défense italienne. Gianny Gaillard se retrouve ainsi lancé seul au but et bat Lorenzo Crepaz côté mitaine (0-1). Quarante secondes plus tard, Killian Alves Pereira et Malik Lahssini conquièrent un palet dans la bande et le ressortent pour Kayliss Bizat qui ajuste Crepaz au-dessus de la botte droite (0-2).
Ce score obtenu en une minute conforte le plan de jeu tricolore. On sent les Bleuets fermement en contrôle du match et de la rondelle. Ceci dit, cela semblait aussi le cas contre la Lituanie et l’avance précoce de deux buts avait été un cadeau empoisonné. La vigilance reste donc de rigueur. Les jeunes Français se montrent justement très concentrés, et techniquement très propres. Servi par son frère après le passage de la ligne bleue, Nolan Terglav vient tester Crepaz en face-à-face direct. Mais hormis cette occasion directe, on voit surtout de longues séquences de possession de l’équipe de France, y compris dans le camp adverse, et une Italie qui patine vainement à sa poursuite.
La seule chose qui manque aux jeunes tricolores, c’est d’être un peu plus tranchants. En début de troisième période, quand Gaillard centre pour la déviation de Mathias Lemaire à bout portant, Maxime Bertrand voit ainsi le rebond se perdre dans ses patins alors qu’il arrive sans opposition. Si on peut regretter les occasions manquées de la France, on ne regrettera pas… que l’Italie n’en ait aucune ! Le match ressemble de plus en plus à un attaque/défense en contrôle total.

Le compteur de tirs cadrés affiche 10 à 0 dans ce troisième tiers-temps au moment où Andrea Meunier fait trébucher Andrea Vaccarino alors que le palet est parti loin. Dans cette supériorité numérique, ce même Vaccarino s’avance entre les cercles et décoche un slap… qui fait un grand bam dans la balustrade ! À la fin de la pénalité, cela fait donc toujours 10-0 !
À trois minutes de la fin, Darcy Terglav récupère un palet en zone neutre, reçoit la passe de Meunier, passe la ligne bleue et décale sur la droite son frère qui place un tir croisé au-dessus de la jambière de Crepaz (0-3). Ferretti vient se placer au milieu des réjouissances entre les frangins et prend deux minutes pour comportement antisportif. Cela permet à la France de reprendre le jeu à 5 contre 4. Crepaz lâche un rebond sur un tir du cercle droit d’Alves Pereira. Darcy Terglav essaie d’en profiter du revers mais c’est le second rebond saisi par Bizat qui finit au fond (0-4). Une dernière pénalité de Chabanet ne change plus rien. Cette fois, les quatre Français s’appliquent à préserver le blanchissage dont Boursier avait été privé dimanche sur une ultime infériorité.
Il reste maintenant à espérer que cette équipe italienne soit plus à son avantage jeudi midi pour faire chuter la Lituanie, ce qui arrangerait bien la France. Mais savourons déjà ce succès.
C’est une véritable démonstration qu’a livré l’équipe de France dans le duel transalpin. Ce qui est presque le plus important pour l’avenir du hockey français, c’est que cette totale maîtrise de la possession a trouvé son origine dans la qualité technique des défenseurs, Paulin Hostein et Arthur Daubeuf en tête. Voilà un tableau d’un bleu éclatant qu’on aimerait voir plus souvent, dans toutes les catégories.
Désignés joueurs du match : Alberto Talamini pour l’Italie et Paulin Hostein pour la France.

Italie – France 0-4 (0-0, 0-2, 0-2)
Mardi 28 avril 2026 à 16h00 à la Tondiraba Jäähall de Tallinn. 175 spectateurs.
Arbitres : Michael Fritschi (SUI) et Daniel Soos (HON) assistés de Nurlan Alpyspayev (KAZ) et Maxime Ferland (CAN).
Pénalités : Italie 8’ (4’, 0’, 4’) ; France 6’ (0’, 0’, 6’).
Tirs : Italie 14 (6, 5, 3) ; France 35 (11, 8, 16).
Évolution du score :
0-1 à 20’15” : Gaillard assisté de N. Terglav et Daubeuf (sup. num.)
0-2 à 20’57” : Bizat assisté de Lahssini et Alves Pereira
0-3 à 56’46” : N. Terglav assisté de D. Terglav et Meunier
0-4 à 57’57” : Bizat assisté de D. Terglav et Alves Pereira (sup. num.)
Italie
Attaquants :
Pietro Viel – Lorenz Steiner (A) – Alberto Talamini
Philipp Winkler (C, -1, 2’) – Victor Meneghetti (-1) – Lorenzo Ferretti (-2, 4’)
Andrea Rigoni – Andrea Vaccarino (-1) – Angelo Zandegiacomo Mistrotione (-1)
Christian Inama – Noe Fontanive – Luca Torchio
Samuele Trenti
Défenseurs :
Luca Pomella (-2) – Tommaso Levis (2’)
Ben Zublasing (-1) – Riccardo Cominato (A, -1)
Michael Achmueller – Liam Bianco
Nicolo Chiabrando
Remplaçant : Manuel Bempi (G).
France
Attaquants :
Nolan Terglav (+1) – Darcy Terglav (+1) – Andrea Meunier (+1, 2’)
Malik Lahssini (+1, 2’) – Alexandre Monarque – Kilian Alves Pereira (+1)
Gianny Gaillard (C) – Maxime Bertrand – Mathias Lemaire (A)
Thibault Muffat-Méridol – Kayliss Bizat (+1) – Titouan Gautier
Neelan Obninsky
Défenseurs :
Paulin Hostein (+1) – Cyriac Trollet (A, +1)
Arthur Daubeuf – Alban Chabanet (+1, 2’)
Paul Belval – Côme Laprun
Izzy Favarin (+1)
Gardien :
Thomas Boursier
Remplaçant : Loïs Gonnard (G).




































